A Fatima

Je n’ai pas connu Fatima Mernissi. Pas personnellement j’entends. Pour moi, c’était quelque chose qui pouvait attendre, puisqu’elle était éternelle. C’était comme une sorte de pensée magique… ou alors la conviction inconsciente que je la rencontrais chaque jour dans les rues de mon pays. Dans les visages des femmes délivrées des harems. Du moins, des murs de béton, car les murs de âme demeurent souvent infranchissables. Je la rencontrais aussi dans mes prises de position, quelques fois irréfléchies et me disais que c’est parce que des femmes comme Fatima ont tenu tête au premier jet de pierre que je peux aujourd’hui m’aventurer dans l’arène sans armure. Un jour, en 2012. On m’invita à un panel organisé par le CNDH avec des gens au très lourd passif militant. J’étais censée représenter la génération de féministes en herbe. Des bébés râleuses dont la conscience s’est tout juste réveillée par les premières brises du printemps arabe. Je n’avais rien contre, même si je n’avais jamais eu le militantisme tenace. Mais, avec des femmes, on avait créé une sorte ce blog collaboratif pour déverser nos ires et nos rires. On l’avait appelé Qandisha. Une dame, dont j’ai malheureusement oublié le nom, me demanda pourquoi ce nom de Qandisha. Je m’apprêtais à répondre avec lassitude à cette question redondante chez moult bonne gent qui s’effarouchait de l’évocation de la diablesse, quand j’aperçus une lueur intrigante dans les yeux de la dame. Je lui racontai donc consciencieusement comment l’idée de ce nom nous était venue. Comment on avait prédit qu’en parlant d’autre chose que de la beauté, la mode et la cuisine, on allait à l’encontre de l’idée qu’on se faisait de nous et que le pire que l’on pouvait subir, c’était d’être accusées de traitrise, stigmatisées de mille noms...

Ma petite fille, victime d’inceste… Mai13

Ma petite fille, victime d’inceste…...

Je suis maman de deux petites filles, deux petits anges, et comme toute maman normalement constituée, mes filles sont la prunelle de mes yeux, ma raison de vivre! Et si une personne venait à essayer de leur faire du mal, je les défendrais corps et âme au péril de ma vie. C’est ça être maman : aimer, prendre soin de ses enfants et les protéger. Seulement aujourd’hui, mon coeur saigne! J’ai une blessure qui ne pourra jamais cicatriser! … Un monstre a fait du mal à ma fille aînée qui avait lors des faits 3 ans! Un homme l’a sexuellement agressée à plusieurs reprises! Que feriez vous à ma place? Et lorsque cet être diabolique, son bourreau n’est autre que son « PAPA »! C’est un mot qu’il ne mérite pas de porter. Un papa ne peut pas faire ça, il devrait au contraire la protéger envers et contre tout au lieu de commettre l’irréparable! Le ciel m’est donc tombé sur la tête il y a deux ans, lorsque la pédo-psychiatre du CHU Ibn Rochd de Casablanca a certifié qu’il n’y avait aucun doute, que ma fille était bien la victime d’un père incestueux! L’inceste c’est quelque chose à laquelle on ne pense pas et on ne veut pas penser car c’est tellement contre nature, tabou! Malheureusement, ça existe, et c’est ma réalité, celle de ma fille! Ni mes parents avec lesquels je vis ni moi ne pouvions penser à une chose pareille. Mais lorsque vous y êtes confronté, c’est la où on se rend compte que cela n’arrive pas qu’aux autres et que ce n’est pas que dans les films! Sans vouloir vous effrayer, cela pourrait être votre nièce, votre cousine, votre petite voisine! … Ma fille avait commencé à avoir des changements dans son comportement, des attitudes...

Le corps des femmes, cet enjeu géopolitique Mar09

Le corps des femmes, cet enjeu géopolitique...

La rédaction du texte présent fait suite aux récents déchaînements de haine relatifs aux violences sexiste et sexuelle à l’endroit des femmes; et au silence dissonant autour de ces événements intolérables. Au moment où j’écris ce ressenti, je pense à Özgecan Aslan, jeune étudiante turque de 20 ans. Sauvagement violée, assassinée à coups de barre de fer, mutilée (amputation des bras pour effacer toute trace d’ADN), brûlée, et dont le corps a été jeté au bord d’une rivière par le chauffeur du minibus qui l’accompagnait chez elle, avec la complicité de deux autres aliénés criminels, à Mersin, au sud de la Turquie. Violence inouïe. Des réactions d’indignation, oui. Des lois qui empêchent radicalement de trouver des circonstances atténuantes à ces criminels, toujours pas. Une révolution drastique des mentalités, indispensable. Taire les violences, c’est y participer. Et un silence de plomb pèse sur nos dignités de femmes. Un silence à la fois lié à la pesanteur de certains tabous mortels, à l’illégitimité d’en parler, et à la nature des discours publics qui libèrent des pensées parasite et toxique. Il en résulte ainsi une banalisation et une normalisation des violences symbolique, verbale, physique, sexiste, sexuelle, raciste, etc. Or, une violence qui fait perdre l’intégrité physique et psychologique d’une personne ne peut être amnistiée, sous aucune condition. Ce contexte de haine et de misogynie est la traduction sociale et politique d’un système millénaire d’exploitation et de domination, le patriarcat. Ce témoignage n’a pas pour objectif d’analyser les ressorts et les idéaux du modèle patriarcal en ce qu’il assujetti les femmes à des normes masculiniste qui déterminent leur existence avant même d’avoir poussé leur premier cri. Il vise à démontrer à travers cette donne, et une réflexion personnelle, comment les corps des femmes peuvent constituer un véritable enjeu...

IVG : À quand la fin de la clandestinité? Mar09

IVG : À quand la fin de la clandestinité?...

Si la décision de démettre le Professeur Chraibi de son poste de chef de service de la mythique maternité « les orangers » du CHU de Rabat a suscité un véritable tollé, par médias interposés, et un élan de solidarité tous azimuts avec ce courageux médecin, ceci a surtout remis en surface l’un des sujets tabous de notre société : l’avortement ou la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Pour rappel, cette décision ministérielle a été expliquée par le tournage non « autorisé », pour le compte de la deuxième chaine française, d’une enquête sur les conséquences de la pénalisation de l’avortement qui devient ainsi une pratique clandestine aux conséquences fâcheuses, aussi bien pour la femme qui y recourt et pour toute la société. L’avortement, un mot qui systématiquement renverrait, même pour des têtes d’apparence bien constituées, à débauches, obscénités, légèreté de mœurs… Pourtant, et ce n’est pas moi qui vais vous l’apprendre : recourir à l’IVG peut être salvateur dans des cas où le risque pour la santé physique et psychique aussi bien de la mère que de l’enfant à naître, est avéré. Voir ce débat refaire surface me rappelle les cas d’avortement que j’ai vécus auprès d’amies et proches, instruites, mariées et pour certaines mêmes voilées. Des femmes responsables qui, se trouvant face à une grossesse non désirée, se doivent trouver au plus vite une solution, les maris préférant faire l’autruche, en attendant que leurs courageuses femmes leur annoncent la fin du cauchemar. Voir ce débat refaire surface me rappelle le jour où j’ai accompagné l’une d’entre elles, sur conseil d’une femme de ménage, chez un vieil herboriste dans la vieille médina pour acheter des herbes qui n’ont de miraculeux que la description qu’en a faite notre conseillère du jour. Cela me rappelle aussi notre haletante...

Bilan d’incompétence Mar09

Bilan d’incompétence...

Comme l’heure est aux résultats des évaluations annelles et aux bilans de compétences… et comme les campagnes électorales approchent, dressons un bilan de nos incompétences. On y va par ordre chronologique : Il faut dire qu’on joue à un drôle de jeu avec mère Nature. D’abord nous déplorons la sécheresse, ensuite nous prions inlassablement pour la pluie, pour finalement pleurer nos morts frappés par les intempéries et ramassés dans des camions poubelle. Mais est-ce vraiment la faute de mère nature ? Dans mon travail, quand les organismes font face à des crises et à de mauvaises gestions de crise, je commence par des descriptifs et une carte de responsabilités, et je termine par un bilan de compétences, qui peut au final s’avérer un vrai bilan d’incompétence. Pour définir la carte des responsabilités, posons-nous quelques questions : Qui est responsable des routes, ponts, et sous ponts ? Qui est responsable des cahiers de charge et appels d’offres qui définissent la qualité des œuvres ? Qui est responsable du suivi technique et de la validation de la conformité des ponts et routes aux normes de sécurité, avant de les ouvrir au passage public ? Qui doit connaître par cœur les régions à risque, et les zones touchées par le passé par des accrues ? Et sur la base des informations concernant les zones à risque, qui doit établir un plan préventif de secours et d’évacuation en cas de catastrophe ? Gagné, j’ai nommé Monsieur le Ministre de l’équipement. Et force est de constater que l’on est drôlement bien équipé, au point où nous transportons nos morts dans des bennes à ordures ! J’explique cela dit, pour les éventuels questionnements à propos de la nature et du coût de ce plan préventif (je sais anticiper, moi) : ça ne coûte absolument rien, pas un rond, si ce n’est...

Le célibat : fatalité ou sagesse ? Mar09

Le célibat : fatalité ou sagesse ?...

A quel moment prenons-nous conscience du caractère dramatique de notre propre célibat ? Lorsque notre dépendance affective active la sonnette d’alarme de la solitude ? Ou lorsque nos ami(e)s, nos sœurs, nos mères, les voisines et les amies de nos mères se mobilisent pour nous ouvrir les yeux sur le No Man’s Land de notre vie affective ? Nous sommes bien trop nombreuses et nombreux à penser qu’il n’est pas normal d’être célibataire. Mais normal pour qui et par rapport à quel référentiel ? Quand il ne suscite pas la pitié, le célibat éveille les soupçons. Un homme vivant seul sera soupçonné d’être gay ou impuissant. Une femme indépendante inspirera les propos les plus absurdes pour justifier son incompétence à trouver un mari : « Ghat koun mes7oura meskina… » (Elle doit être envoutée la pauvre…) dira-t-on en messes basses. Le célibat a dans nos esprits une connotation de rejet et de marginalité. C’est une honte que nous combattons à tout prix pour ne pas être pointé du doigt. Pour accomplir cette « Sounate al 7ayate » (règle de vie) qu’impose notre culture musulmane, nous sommes prêts à nous soumettre à toutes les absurdités du marché matrimonial, à commencer par fréquenter la mauvaise personne pour les mauvaises raisons. « Au Maroc, si tu n’es pas « la fille de » ou « la femme de », tu n’es rien ! », s’avoue-t-on souvent entre femmes. Pourtant, vivre en couple uniquement pour exister aux yeux de la société, pour se détacher du foyer parental, pour se libérer des consignes rébarbatives des proches ou pour se faire faire un enfant, est loin d’être une preuve d’indépendance. C’est en réalité un symptôme de dépendance et de soumission qui nous fait beaucoup plus souffrir qu’il ne nous apporte...

L’autre moitié du ciel : une réflexion sur la journée de la femme...

  Le principe d’une célébration de la femme tel jour de l’année me paraît aussi sympathique qu’absurde et insuffisant. Il y a dans cette institution symbolique une condescendance masculine implicite qui me dérange et qui a régulièrement empêché en moi tout lyrisme militant. La femme mérite bien davantage qu’un rite annuel. Pour faire bonne mesure, il eut fallu qu’on institue pareillement une journée de l’homme avec un petit « h »… Du fait qu’elle a été arrachée par des féministes radicales, cette concession me parait aussi porter irrémédiablement la marque d’une sensibilité, d’une représentation des rapports hommes-femmes et d’un style de combat datés, dont le credo mériterait d’être reformulé. La lutte des féministes pour l’égalité juridique, politique et économique, qui a globalement porté ses fruits aujourd’hui, est probablement très, très ancienne. On aurait tort de le faire remonter aux vociférations des féministes américaines des années 60, ou à Olympe de Gouges, figure humaniste de la Révolution française, à laquelle ses écrits avant-gardistes valurent la pendaison. Sans être historien, je peux affirmer qu’il y a eu, à toutes les époques, des féministes, c’est à dire des femmes soucieuses d’équité et de justice et sceptiques quant au fondement divin de la domination masculine. Qu’elles aient assumé en conscience le risque d’être châtiées ou qu’elles se soient emmurées dans un silence réprobateur, ces femmes lucides dont l’histoire n’a pas gardé trace doivent se compter par millions. Les Arabes du VIIème siècle n’étaient pas en reste. Le très beau livre de l’écrivaine algérienne Assia Djebbar, « Loin de Médine », en atteste. Tordant le cou aux stéréotypes usuels (occidentaux et islamistes) de la femme musulmane éternellement voilée et cloîtrée, et rappelant que le féminisme n’est pas l’apanage de l’Occident, elle y brosse le portrait de contemporaines du prophète...

JE ME révolte donc NOUS sommes! Mar08

JE ME révolte donc NOUS sommes!

  Pour le 08 Mars, j’avais envie d’écrire : « Au Maroc, circulez, il n’y a rien à voir » !Mais je n’ai pas pu en rester là, quand j’ai vu que les radios et les chaînes de TV marocaines s’entêtent à inviter- à quelques exceptions près- des personnes non habilitées à parler des Droits des femmes et des Droits humains tout court, pour nous entretenir encore de clichés que nous croyions pourtant dépassés, quand elles ne ronronnent pas de satisfaction ! Le choix de ces personnes est en lui-même une offense aux femmes militantes qui – au lieu de capitaliser leurs ‘’acquis’’- aussi dérisoires soient-ils- et d’avancer- sont aujourd’hui réduites à vouloir uniquement sauver les meubles en voyant leurs efforts anéantis et leurs’’ acquis’’ grignotés au quotidien ! Je passe sur les commentaires qui nous mettent en garde parce qu’une marche pour les Droits des femmes, diviserait le Maroc en deux ! Ben voyons ! N’y a-t-il pas de ‘’divisions’’, de fractures sociales au Maroc, dont les femmes sont justement les premières victimes ??? De même que je passe sur ceux qui, dès qu’on aborde ce sujet, s’empressent de nous entretenir de la ‘’sécheresse’’, de la ‘’grippe aviaire’’ et j’en passe ! Les plus pathétiques sont ces propos qui nous expliquent que les femmes peuvent avoir des droits, mais sous réserve, parce qu’il y aurait des ‘’spécificités’’ les concernant!!! Dans le même sens, je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi certains hommes se croient obligés de parler au nom des femmes, de leur dire ce qu’il faut qu’elles pensent ou pas, ce qu’il faut qu’elles fassent ou pas… comme si la femme était un simple pendant au sexe masculin ! Pourquoi s’arrogent-ils ce privilège que personne ne leur confère ? Il nous faudra une bibliothèque immense pour ranger nos archives, celles où seront relevées toutes les conneries entendues ces derniers jours et à chaque fois qu’il est question de droits des femmes ! Faut-il que les femmes prouvent jusqu’à la fin des temps qu’elles sont capables de penser par elles-mêmes, en inventant- par leur présence au monde- leur citoyenneté au même titre que les hommes ??? J’ai honte de devoir rappeler des évidences ! Faut-il encore répéter que la garantie et le respect des droits des femmes n’est pas uniquement une affaire de femmes et que l’Egalité est un droit fondamental et inaliénable, sans lequel, AUCUN autre droit ne pourra s’exercer ! Sur quel ton, dans quelle langue et combien de fois faut-il le pérorer ??? En fait, ce qui doit changer, ce n’est pas seulement le rapport à la femme, mais aussi le rapport avec l’humain tout court… Et cela doit passer par une refonte globale du système des relations sociales. En d’autres termes, les droits des femmes, partie intégrante des droits humains, sont intimement liés à la construction d’un Etat de Droit. C’est donc une révolution INSTITUTIONNELLE que le pouvoir en place doit engager d’urgence pour mettre fin à cette farce grotesque que nous jouent des turlupins tout aussi grotesques! Trêve de rhétorique et de discours creux émaillés de clichés sur les ‘’Droits humains’’ alors que lesdits droits continuent de dépérir au fil des années et que ceux qui prétendent les défendre n’en connaissent même pas l’abc ! Les femmes en ont assez d’être en prise avec un environnement politique illisible, assez du gargarisme verbal, assez de la sidération où on veut les maintenir et assez de devoir re-faire acte de naissance tous les jours ! Les discriminations à leur encontre sont déjà un scandale en soi ! Elles sont un cauchemar lorsque la loi les protège et les encourage ! Toutes les femmes et tous les hommes qui ont profondément compris qu’une société est forcément boiteuse quand elle est amputée d’une grande partie d’elle-même – sont là le 8 Mars après avoir épuisé toutes les possibilités ! (communiqués, doléances,mémorandums…) Sortir dans la rue n’est donc...

Le personnage de Châaibia, un féminisme new âge Mar08

Le personnage de Châaibia, un féminisme new âge...

Dans toutes les chaumières et les maisons existe le personnage de Châaibia Mokhlis cette image archétypale de la femme rurale dans toute sa splendeur, marque notre inconscient collectif, présente dans toutes les tribus, mais sous des habillages différents. S on patronyme n’est pas anodin. Sa posture non plus. Ce personnage qu’incarne Dounia Boutazout m’a toujours émue et touchée. Non loin de tenir tête à son cher et tendre époux qu’elle soutient malgré tout, elle supporte ses assauts moqueurs plus d’une fois, mais elle sait faire preuve de lucidité et retourne souvent la situation en sa faveur. Cette image de femme est innovante et ancienne à la fois. Elle montre à quel point les femmes dans le monde rural sont loin d’être des gourdes qui disent amen à leurs compagnons. Mais qu’elles savent faire front et tenir tête et se battre pour leur dû. Non, nous n’avons pas l’apanage du combat nous les femmes citadines. Elles sont nos compagnes dans la lutte pour la dignité et le respect. Ma grand-mère ressemble beaucoup à ce personnage. Mariée à l’âge de 13 ans, elle a toujours été pour moi un symbole de force. Elle a toujours imposé le respect par sa personnalité fougueuse et tranchante. Mon grand-père a toujours été doux, tendre et maternant. Elle a grandi dans la campagne verdoyante de Ben Ahmed. Et là-bas les femmes ont de fortes personnalités. Elles sont connues pour leur côté sanguin et passionné. Dans la campagne, les codes sont différents de la ville. Il n’est pas aisé pour une femme de s’y faire une place, mais à l’instar du personnage de la série L’couple, elles se sont battues pour y arriver et s’affirmer intelligemment, comme elles le peuvent. C’est à ces femmes là que je veux rendre hommage. Jour...

حنا محجوبة Mar28

حنا محجوبة

آخر مرة رأيتك فيها، كانت قبل موتك بثلاثة أيام.1 أذكر أنني جلست بالقرب منك على الكنبة، ربت على كتفي، وأعطيتني كيسا بلاستيكيا ملأته بالخضر والفواكه، « خذي يا صغيرتي، هذه من أجلك أخواتك ». شكرتك، وقبلت جبهتك ويدك الطاهرة، وغادرت دون أن أودعك، لأنني لم أكن أعرف أنها المرة الأخيرة التي سأراك فيها.1 جدتي محجوبة.. ما زلت أذكر كل شيء: حبك وحنانك وصبرك وحكاياتك وأغانيك وضفيرتيك الحمراوين الطويلتين. عشت معك عمرا بكامله، ورحلت بصمت تاركة وراءك شذرات من حياتك كنت تحكينها لي، بحكم أنني كنت مولعة بالقصص وأستمع إليك باهتمام بالغ…1 حنا محجوبة أخذوها من أمها بعد أن مات والدها في الحرب. في الريف، كانت العادة السائدة أن تطرد عائلة الزوج زوجة ابنهم حين يموت زوجها، ويأخذون منها أبناءها.. رعت جدتي الغنم في صغرها، وكانت تقوم بالأشغال المنزلية وعمرها أربع سنوات. عانت من استغلال عمتها لها ومن الضرب المبرح الذي كانت تتعرض له إن لم تقم بعملها كما يجب. كانت تنام على الأرض العارية، وتتغذى على التين المجفف، وتغتسل بالماء الذي ينزل من الميزاب، أي مياه الأمطار المتراكمة..عاشت جدتي محجوبة حياتها تحترق ألما على أمها التي حرمت من حنانها… أمها التي حاولت مرارا أخذ أبنائها من أعمامهم لكنها لم تفلح. أحد أبنائها هو جدي من أمي. التقت جدتي أمها بعد زواجها، كانت قد أصيبت بالصم والعمى… الوجع والدمع يقتلان.1 لكن « حنا محجوبة » عاشت ما يقارب الثمانين عاما، وكانت معروفة بنشاطها وتيقظها وذكائها وحبها للناس، لدرجة أن كل الحي الذي سكنته بكى حرقة عليها يوم موتها، ومرض جدي بعد رحيلها.. كانا قد قضيا معا 60 سنة من الزواج. جدتي تجرعت جروح حرب الريف، والذكورية، والفقر، والجهل، وفيما بعد المرض، حيث مرضت بالقلب والسكري. لكنها كانت امرأة رائعة وتقدمية وحداثية، رغم أنها لم تدخل المدرسة يوما. كانت جدتي تحب الرقص والحناء وحكي القصص وأختي الصغيرة أسماء التي تشبهها حد الجنون، وكانت تغني « إيزران...

Malika Mar22

Malika

  Malika m’a élevée. Dans tous les sens du terme. Malika avait 18 ans quand je suis venue au monde. Je lui ai fait rater son bac cette année là. L’année d’après, elle ne s’était même pas présentée aux examens. J’avais contracté la coqueluche et pour je ne sais quelle raison, elle se sentait coupable. L’instinct maternel sans doute. Elle avait veillé sur mes insomnies et mes quintes de toux. Elle avait perdu davantage de poids, aux dires de ma mère qui angoissait du coup pour nous deux. Malika avait échappé de peu à un misérable destin en rencontrant cette cousine éloignée qui ne pouvait se résoudre à laisser une jeune fille toute maigrichonne passer à côté d’une scolarité normale et porter sur sa frêle ossature le poids d’un ménage dans une maison de riches. Il n’était pas question que ma mère paie la sienne pour l’avoir. Ce n’était pas une domestique, mais une cousine qui allait avoir peut-être une chance de s’en sortir, contrairement à ses soeurs. Elle avait donc dix ans lorsqu’elle a rejoint le jeune couple à El Jadida, où elle a pris le chemin de l’école. Je suis née 8 ans plus tard. Dans mes tout premiers souvenirs de Malika, j’ai en tête l’image de ce sourire indélébile, ces joues qui rougissaient comme des tomates, ce teint bronzé que j’aimais tant et des yeux tellement bridées que j’en étais fascinée. Jamais Malika ne me refusait une demande ou un caprice. Mon bonheur à mon retour d’école était de me retrouver seule avec elle et de profiter de toutes ses faveurs avant le retour des autres. Elle avait toujours quelque chose pour moi : une gaufrette, un fruit, une glace, des caramels ou, à défaut, de gros câlins qui couvrent la...

Nous, femmes contorsionnistes Jan06

Nous, femmes contorsionnistes...

« Wili, kouni t7echmi ! » (Voyons, sois pudique !) « Kouni merdiyate el walidine » (Soit digne de la bénédiction de tes parents) « Kouni bent ennass » (Comporte-toi comme une jeune fille de bonne famille) « Twalo lik errejline ? » (Où penses-tu aller comme ça ?) « Wili, ach ghay goulou ennass » (Voyons, que vont dire les gens ?) « M3amen tchawerti ? » (A qui as-tu demandé l’autorisation ?) « 7emri lya lewjeh » (Rends moi fier de toi) « Khassek telqay li setrek » (Tu dois trouver un mari qui te couvre) « Choufi laliyatek ach darou ! » (Prends exemple sur celles qui te dépassent de loin !) « Kouni mra ou gadda ! » (Comporte-toi comme une femme capable !) Voici certaines des nombreuses injonctions contradictoires que les femmes marocaines supportent de l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Au sein d’une société arabo-musulmane servile et culpabilisante, déchirées entre tradition et modernité, nous sommes tantôt encouragées à devenir des femmes fortes et exemplaires, tantôt assujetties à l’autorité parentale, sociétale ou spirituelle. Générations après générations, les familles cultivent ce besoin furieux de guider minutieusement leurs filles dans le moindre de leurs choix, le moindre de leurs actes. La plus subtile incartade ou tentative d’expression personnelle est considérée comme un affront honteux qui doit être dissimulé. De plus, la religion musulmane donne un statut prestigieux aux mères en affirmant que « Le Paradis est sous les pieds des mères ». Malheureusement, cette parole prophétique est souvent détournée pour faire d’elles des martyrs à qui on ne peut rien refuser, pas même de s’immiscer dans nos choix  les plus intimes. Dans une culture où les mots « liberté », « opinion », « choix personnel », « intimité » et « intégrité » sont considérés comme des propos blasphématoires, quelle place reste-t-il à l’épanouissement de notre véritable personnalité ? Nous nous démenons pour répondre à des diktats de toutes sortes, afin d’apaiser ces voix qui n’ont de cesse de creuser de...

الجميلة والذئب...

  كانت محامية مبتدئة جميلة مفعمة بالحياة ولكنها خلافا للعديدات كانت ترفض الدردشة مع الأفراد المنتمين للجنس الاَخر لأنها كانت تجد الأمر مخالفا لمبادئه1 لم تكن ترتدي الحجاب وكانت تعشق موسيقى البوب والريغي وتحب رقصتي التونغو والصالصا وتتعاطى لكتابة النصوص الرومانسية في أوقات فراغها.. ولكنها كانت تحافظ على صلواتها وتصون شرفها بشراسة محاربات الأمازون وعزم مقاتلي الماساي في مواجهة الأسود..1 ذات صباح رمادي, أرسل لها مدير الشركة التي تعمل فيها ابنة عمها طلب صداقة على موقع تواصل اجتماعي.. شاب سبق له أن سلم عليها ذات يوم عرضا وهي في مقهى مع قريبتها.. فخجلت أن ترفض وهي التي لاتقبل عادة سوى طلبات معارفها..1 طرح عليها في بادئ الأمر تساؤلات قانونية بطريقة راقية ومهذبة جعلتها ترد عليه بإسهاب.. تناسلت بينهما الأحاديث ثم أصبح لقاؤهما الإفتراضي شبه يومي.. كان الوقت بصحبته يمر بسرعة الضوء.. أعجبها جموحه الهادر وانجذبت لروحه المتوثبة..1 أفلح فيما فشل فيه غيره ونجح في اختراق حصنها واجتياز الأبراج التي شيدتها لحماية خصوصيتها..1 أخبرها فيما بعد أنه استطاع أن يفلت من فخ الوظيفة وأن يفرض واقعه الخاص وسط مجتمع لا يعرف إلا منهج التقوقعات الفكرية والسكيزوفرينيا المنهجية والتيه الانتمائي وتردي الإرادة وتدهور الضمير وبأنه حقق قفزات في طريق النجاح العملي قلما تتحقق لمن هم في مثل سنه..1 بدا واثقا من نفسه يرفض الحلول الجاهزة والوصايا القبلية وقد كانت شركته الصغيرة واعدة بحق..1 عزا بقاءه بدون زواج رغم قدرته على الباءة إلى عدم عثوره على المرأة المناسبة معددا شروطا لم يفته أن يعترف بندرة توفرها في المرأة المغربية التي تنحصر جل اهتماماتها حسب زعمه في التفكير في الزواج والانجاب وتحسر على ضعف ثقافة النساء و على اكتفائهن بالرجل كهدف يلهيهن عن تحقيق أي إنجازات فردية..1 صارحها منذ الوهلة الأولي بأنها مختلفة عن كل من قابلهن وأكد لها بأنه وجد فيها أخيرا ندا له يحاوره ويناقشه .. وبإعجابه بكونها فتاة لا تكتفي بدور المستمع..1 ذاد عن ليبراليتها...

My Close Death, my blessing...

Many people from my entourage criticise me for the fact that I am not getting a job, any job I find, with a steady income and all of that in order to be, as they say, « a normal person »; and that it is dangerous that I do not think seriously to prepare for the future aged life that is usually full of problems and hardship (that money will magically solve); and that I will face great risks of having a future miserable life without big savings… I do not blame them. They are sunk in the bubble of conformism. I am not against the idea of having a job and a routine life. However, I guess sitting 8 hours in an office doing things we do not like to do every day, complain about it, pretend it’s gonna be okay after, and still do it anyway for years doesn’t seem as a good deal for me. Yet there is a reason behind all this, besides being lazy or financially fulfilled that some of you might think is the reason.. It is not ! Back in the days during my childhood, I was taught about the fundamentals of my religion, Islam, by my grandfather (may he rest in peace). He was the only one in my family talking to me about this, maybe because my parents were not that religious or because they preferred to leave the matter for a wiser man. I have been taught by my grandpa that life goes on, then it ends. It is precious, because it ends. The time is important and is to be spent doing the right things. Nobody knows when it is going to end and there is wisdom in that by the Creator so...

Quoi mon voile? Qu’est ce qu’il a mon voile? Déc05

Quoi mon voile? Qu’est ce qu’il a mon voile?...

  Oui c’est bien à toi que je m’adresse. Toi qui me dévisages. Toi qui envisages de me coincer au coin d’une rue ou d’un couloir pour me dire que je ne le porte pas bien. Je m’adresse à toi qui trouves que je fais honte à l’étoffe qui couvre ma tête. Toi qui mesure ma piété et mon respect du droit chemin par la longueur de mon étole et de sa totale opacité. Toi qui m’accuses de porter un voile dévoilé en oubliant qu’avant tout, toi et moi sommes des êtres humains qui commettons des erreurs et devrons plutôt s’acharner pour nous faire pardonner. Qu’est ce qu’il a mon voile ? Toi qui écarquilles les yeux, qui murmures à ton voisin ta consternation en en me voyant manifester ma joie sur les gradins pour encourager mon équipe favorite ou en entendant des insultes ou injures qu’un automobiliste me force à proférer. Toi qui me regardes du coin de l’œil quand je mets mon voile après une séance de sport déchainée ou de soins chez le salon de coiffure. Qu’est ce qu’elle a ma tête voilée, toi la vendeuse de la boulangerie huppée qui balbuties pour demander, dans un français approximatif, la commande aux clients devant moi et qui une fois, mon tour arrivé, me dis en arabe/darija « oui lalla ». Encore cette situation me fait sourire ainsi que celle du Stewart de notre compagnie nationale qui avec un faux sourire demande aux passagers ce qu’ils désiraient dans la langue de Molière, sachant que le vol desservait un pays germanique et bien sur une fois à mon niveau, me lance sèchement « chrifa djaj oula lham » autrement « poulet ou bœuf ». J’ai manqué de lui répondre : « Chiken for me...

La mort au ventre : un suicide à petites bouchées Nov22

La mort au ventre : un suicide à petites bouchées...

Ecrasées par le poids des attentes de nos familles, soumises aux regards critiques de nos voisins et enchaînées par la perception qu’a le monde de la femme parfaite et accomplie, nous nous plions tant bien que mal à toutes ces exigences oppressantes. Pourtant, étouffer ses aspirations en faveur de la bienséance contribue à de nombreux ravages psychologiques. Outre les troubles de la personnalité et les dépressions qu’engendre cet état de fait, les thérapeutes identifient également des symptômes moins décelables tels que les troubles de l’humeur et les troubles du comportement alimentaire (TCA). Les TCA regroupent des troubles tels que l’anorexie mentale, la boulimie, l’hyperphagie, l’orthorexie ou encore la néophobie alimentaire. Il ne s’agit là que de symptômes qui révèlent un mal-être bien plus profond chez les malades. Pourtant, ils sont d’autant moins détectables qu’ils sont parfaitement cachés par leurs victimes. Ces maladies touchent essentiellement des femmes, mais ne se limitent pas à celles-ci. Terrifiées et honteuses, très peu d’entre elles osent en parler au risque de s’entendre dire « jem3i rassek ou diri 3aqlek ! » (Ressais-toi et mûris). Pourtant, les personnes souffrant de TCA ne manquent ni de volonté ni d’ambitions. Trop longtemps étouffées, elles manquent seulement d’estime pour elles-mêmes et d’une identité qu’elles aliènent à leurs familles, leurs maris, leurs employeurs ainsi qu’à la société toute entière. Les TCA ne connaissent aucune barrière sociale et peuvent se révéler à l’adolescence ou à l’âge adulte. Mais en général, les causes à l’origine de ces maladies apparaissent dès la petite enfance au sein du foyer. Brimades, jugements, privations, culpabilisations, sobriquets péjoratifs et violences ordinaires, sous couvert de l’humour ou de l’éducation, alimentent le terreau où germent les TCA. L’anorexie mentale, qui consiste à réduire drastiquement l’apport de nourriture ou à se priver de celle-ci,...

Il faut de tout pour faire un monde...

  Il faut de tout pour faire un monde, une société, une vie… Un pays. « Il faut de tout », une phrase qui renvoie à un certain équilibre des « choses », à toute cette diversité qui fait la richesse d’un monde, d’une société, d’une vie… D’un pays. Une expression qui sonne comme une évidence, qui reflète tout ce dont nous pourrions rêver, nous, habitants de cette tendre terre… Qui appelle à toute cette tolérance, dans son sens le plus absolu : L’acceptation et le respect de l’autre. Je pourrais m’arrêter sur le sens du respect et en faire mon projet de vie, une dissertation qui ne finirait jamais, une éternelle succession de mots, d’idées, de constats et de coups de gueule. Car le respect semble revêtir un tout autre aspect, lorsqu’il s’agit de ces libertés que nous sommes aujourd’hui réduits (es) à quémander , alors qu’elles figurent NOIR sur BLANC dans toutes les conventions que NOUS avons signées pour draguer les « autres », pour solliciter ces autres, pour paraître grands… Ce respect devient « religieux », ou, pour être plus précise, ce respect se laisse pousser la barbe, prône la tolérance, en remuant un foulard. Ce respect devient « autre », lorsqu’il ne concerne que ceux qui « répondent aux critères » d’un bon, d’un « juste » précepte sorti du LIVRE… Ou bien sorti de ce livre qui paraît nouveau, différent de celui qu’on connait depuis des siècles. Il faut de tout pour faire ce monde, cette société, cette vie… Ce pays. Même s’ils deviennent trop nombreux, même si l’on apprend aux plus jeunes comment faire pousser la barbe, comment remuer le foulard et ne respecter que ceux qui font comme eux… Les marchands de foulards, hommes et femmes… Ceux...

Ma jolie école Nov18

Ma jolie école

  L’école, cet endroit magique qu’on chante dans l’enfance, qu’on cherche à fuir à l’adolescence et dont on rêve d’y retourner une fois happé par tumultueux monde des adultes. L’école, que de souvenirs entre ses murs et devant sa porte. A cette école que j’ai candidement aimée, parfois vénérée, je voudrais dire que je lui reproche bien des choses. On dit bien : qui aime bien châtie bien. je n’ai jamais voulu saisir le sens réel de cet adage mais je trouve qu’il convient au contexte. je me rappelle avoir chanté que mon école était fort jolie, qu’elle m’apprenait à être polie… Ma jolie école m’a bien appris certaines formes de politesse mais j’aurais voulu qu’elle m’apprenne que la société dehors est une vraie jungle où politesse est interprétée en faiblesse. J’aurais aimé qu’elle m’apprenne en cours d’éducation civique que dehors, les règles minimales du civisme sont bafouées au vu de tout le monde. Elle aurait dû m’aviser que les obligations du civisme ne s’appliquent pas à tous et que certains sont même confortés dans leur violation quotidienne des règles qu’elle nous disait inviolables. Elle aurait dû tôt m’apprendre qu’on n’est pas tous égaux en droits. Ma jolie école aurait dû m’aviser que dehors, en dépit des apparences, l’ignorance bat son plein : que les citoyens ne savent pas ce que veut dire une fil d’attente, ne savent pas attendre patiemment leur tour, ne savent pas vivre en copropriété, ne savent pas le vrai sens de respect, de tolérance, d’hygiène… J’aurais voulu qu’elle sache ce qu’elle veut réellement m’inculquer dans les interminables et ennuyeux cours d’éducation islamique. Ma jolie école n’a jamais été laïque. Pourtant, elle balbutiait dans son enseignement de la religion. Jolie école, pourquoi passer par plusieurs chemins pour arriver nulle part....

!محمد زفزاف الذي أنقذني Nov15

!محمد زفزاف الذي أنقذني...

بلا شك نحن في أجمل بلد في العالم ؛ حيث المهرجانات الموسيقية العالمية تتناوب في كل المدن ؛ أرقى الموسيقى و أعذبها .. أغلى الفرق و أشهر مغنيّو العصر يأتون من كل بقاع العالم حتى يحتفلوا مع البؤساء أمثالنا بأنغام يُقال أنها توحّد الروح و تسمو بهرطقات المجتمع ؛ على أن الموسيقى هي تراتيل معتّقة ملائكية تغسل حزن الجسد و بؤس العالم من حوله ..1 هكذا كان يبدو لي ؛ فأغادير المدينة التي تحتفي ب »التسامح » تحت شعار « المودة و الصداقة » ! كنتُ قد تساءلتُ -بمنأى عن جمالية الشعار- وبعمق حول ماهية دولة تحتفي بشعار عميق و مؤثر كالذي زُيّنت به أزقة و شوارع المدينة الصامدة في وجه الزلزال ؛ التسامح الممتزج بالمودة و الصداقة ؛ قد تشي الغاويات الممدات على طول الكورنيش بمشروعية التساؤل و قد تلاحظ بلا جهد كبير آثار البؤس من على جبين مقطب لفتاة لم تتجاوز بعد عقدها العاشر و هي تشاكس المحبين مجيئا و ذهابا على مقربة المرينا بورود حمراء بلا رائحة ؛ محاولة بذلك إرباك العاشق ليشتريها مضطرا آسفٍ على ابتزاز عاطفي .. و أمام اللافتات الكبرى للمهرجان المزخرفة بيد « التسامح » لا يسع العاشقين إلا أن يمضوا حاملين معهم وردة علّها سدّت رمق الأسر المُعالة تحت ستار الحّبّ..و المودّة !1 إلى حدود الساعة كنت كمن يصوب بندقيته على طريدة مُنشَقّة عن سربها ؛ كل الأشياء اللامنطقية بدت تباعا على شكل أثمنة مُتضخمة بلا رقيب ؛ زيت أركان التي أغرت تجاعيدنا و داعبت جيوبنا كي نشتريها بثمن البائع ؛ حتى تلك القهوة في مقاهي مارينا كانت تزيد من بؤس الطبقات المسحوقة ؛ كان الزائرون يعدون خطواتهم على ممشى البحر آملين في مهرجان مجاني كُلّه تسامح و بهجة.. حيث الفرح في أنغام قيثارات فرقة « الجبسي كينغ » أو حتى في أغاني الحب اللامفهومة ل »داني بريو » أو في جدبات فرقة « الفناير ».. كل ذلك و لا يهم ؛ فالتسامح و المودّة تقتضي أولا أن...

On ne naît pas femme Nov14

On ne naît pas femme...

« On ne naît pas femme, on le devient », disait Simone De Beauvoir. Elle n’aurait pas dit mieux, si elle était encore parmi nous aujourd’hui, mais dans un autre sens peut-être.Mais alors, y’aurait-il des femmes qui ne sont pas finies, qui sont nées de sexe féminin, mais qui auraient raté leur vocation de devenir une femme ? Personnellement, je commence à croire que certaines femmes, ennemies de la femme, n’ont pas achevé leur cheminement personnel pour devenir une femme parmi leurs sœurs. Des exemples ? Des preuves pour appuyer cette théorie ? Deux noms bien de chez nous : Mayssa, la dilettante prêcheuse, et Bassima, la parachutée au mauvais ministère. Deux illustrations parfaites de la femme qui assume complètement son côté « masculin » et phallocratique, jusqu’au machisme et la misogynie. Jusqu’à la rupture totale avec toute notion de féminisme, de féminité, ou d’appartenance au sexe féminin. J’ajouterais à ces deux noms, une longue liste de femmes, ennemies et traîtresses, vis-à-vis de leurs propres sœurs et filles. Ayant assisté au procès de deux jeunes filles ayant subi un viol, et en déambulant dans le couloir du tribunal ou devant la porte en attente d’une sentence qui tarde à venir, parce que la méthode dilatoire marche encore, et on n’y voit que du feu, j’ai eu l’occasion d’entendre des aberrations des inepties et des discours surannées, et pourtant ruminés encore et toujours. Un discours sur fond de jugement et de culpabilisation des victimes et de leurs familles. Dans le style « qu’est ce qu’elles portaient ? Que faisaient-elles là ? Que font les parents ?… ». Comme si la tenue, le lieu où l’on se trouve, ou l’éducation « ouverte ou pas » que l’on reçoit, pouvait excuser un viol ! Depuis quand, peut-on...

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