Le printemps à-ras-bord Déc30

Le printemps à-ras-bord...

On y avait cru… Tous cru… Avouez ! Un jeune homme qui met fin à sa vie de misère en s’immolant avec le feu… Un pays qui s’embrase… Un président qui dégage, qui s’en fuit comme le misérable voleur qu’il était ! Un autre pays… Des milliers et puis des millions qui prennent d’assaut une place mythique… Une place dont le nom invite à la liberté et à la dignité… l’armée « tire »… Tue… Exécute… Avant de déposer les armes et rejoindre « le peuple » ! Et rebelote… Le président dégage… De son trône de pharaon sacré… Il perd son trône, le laisse entre les mains de cette même armée. Il abandonne sa vie et en devient malade… Il quitte sa place et on a juste le temps de verser quelques larmes de joie, avant d’en verser d’autres… de tristesse et de dégoût ! Des églises brûlées, des hommes, femmes et enfants tués… Parce que dans le pays des pharaons, certains n’attendaient que « ce moment » que le chaos jaillisse, pour se débarrasser de ces « ordures » qui se permettent d’adorer un homme accroché à une croix ! Et puis, dans les mosquées, ce n’est pas la joie non plus… Des Imams prêchent la haine, alors que d’autres essayent de calmer les enfants du Nil ! Et puis, c’est l’Apocalypse selon Saint-Jean … Et Al Jazeera ! Les Egyptiens ne s’aiment plus… Ils ne sont plus « un »… Mais plusieurs !!! On s’envole pour un autre pays… Et un autre… et un autre.. : On suit les informations, en priant pour ces âmes qui se livrent à un combat contre le monde. On prie pour ces jeunes qui meurent pour la dignité et le droit à la décence ! Entre une limasse qui se fait brûler le visage… déjà visage d’ogre… qui part se faire soigner… Et revient ! Et puis...

Tous ces guides qui me connaissent Déc28

Tous ces guides qui me connaissent...

« Marre d’oublier à chaque fois de baisser le store avant de dormir !!! » pestai-je excédée encore une fois, d’être réveillée aux aurores par la lumière du jour.  J’avais pourtant pris soin la veille de donner un congé payé à mon radio réveil et de condamner mon téléphone à faire vœu de silence. Je  tentai de me rendormir sans succès. Renonçant à lutter contre le sommeil, je pris le livre qui attendait depuis des jours à mon chevet, et qui désespérait d’être lu : « devenir leader en 10 étapes». « Encore un livre donneur de leçons !! », pensai-je. « Mais au moins ça c’est du pratique ! Ça te change des «  rencontrez votre double lumineux » et « l’art de la méditation », me répondit ma petite voix intérieure. «  Oui c’est vrai, il n’y a rien de tel que ces manuels à l’américaine pour vous replonger dans la vie pratique ». Je m’installai confortablement, bloquai mes oreillers derrière ma tête et entamai la première page «  Être un leader commence par la connaissance de soi. Cette première étape primordiale est souvent incomprise, et mal expliquée. Connaître ces limites ou ne pas en avoir, jouer un personnage ou rester soi-même, tant de questions qu’un leader doit se poser…. ». Connaissance de soi ? N’est-ce pas ce que j’essaie de faire depuis que j’ai eu 35 ans? La moitié de la vie Il y a un an de cela, je me suis réveillée et j’avais 35 ans ! On a souvent parlé de la crise de la trentaine, de la quarantaine mais avez-vous entendu parler de celle de la trente-cinquaine ? Non ? Et pourtant, elle existe vraiment, elle est bien réelle, foi d’une ex- trentecinquagénaire !!! A 35 ans on se dit qu’on est à la moitié de sa vie ( en espérant vivre jusqu’à...

Gouvernement : Ben alors? Déc26

Gouvernement : Ben alors?...

Cette histoire de gouvernement traîne tellement que ça en devient lassant. Ce qui est le moins sympa dans cette affaire, c’est tous les journaux, web ou papier, qui se déchaînent sur les touches de notre ascenseur émotionnel, nous ballottant entre espoirs et frayeurs avec leurs fausses listes bouffeuses de clics et de sous ! Même nos amis boycotteurs, qui s’en foutent royalement (il n’y a pas de jeu de mots) de la composition de la nouvelle team, s’amusent comme des petits malins à partager « l’infaux »… Moi, je propose autre chose. Pour rester honnête avec le lecteur et pour diluer ludiquement cette insupportable tension, je propose de faire la bookmaker et de prendre vos paris ! A 1000 dhs le pari, celui qui arrive à deviner les noms exacts des 30 « heureux élus » remporte la cagnotte qui lui permettra de s’envoler au Caraïbes! Oui, nous savons tous que c’est dur. Nous savons qu’il n’est pas facile de traiter avec des dinosaures dont les écailles ont râpé les pauvres sièges du gouvernement.  Nous savons même que Benkirane finira par courber l’échine sous le joug de ces colosses à la machine rodée, rodées à la machination et qui le feront sauter si jamais il s’obstine. Nous ne nous faisons pas d’illusions. Enfin, nous n’en faisons plus. C’est à peine si la victoire spectaculaire du PJD nous a secoués, que les souffrances de Benkirane ont fini par calmer nos espoirs. Comprenez l’espoir d’avoir de nouveaux interlocuteurs, d’abord qui écoutent (même de travers), qui répondent (en langage humainement compréhensible) et puis qui réagissent, même de façon réac, aux revendications du peuple. Ce retard dans les « négociations » n’augure rien de bon. A supposer que le gars ne soit pas un autre assoiffé du pouvoir, qu’il soit muni de toutes les...

Un poème interdit Déc25

Un poème interdit

Tu t’insinues entre moi et moi tu pénètres en moi tu progresses en moi tu m’envahis comme un liseron tu te répands dans mes cellules tu frissonnes la jouissance pulvérises dans mon sang la joie tu grandis encore plus tu contractes décontractes ma matrice tu fais se soulever ma peau de sur mes os injectes la délectation dans mes valves tu aères mes sens les habites respires dessus l’ambre et le benjoin tu tires mes cris de leur terreau tu laboures mon sol le fertilises tu me pénètres encore progresses dans moi comme un arbre tu grandis tu me mets en désordre et m’ordonnes à nouveau tu allumes mon ciel d’un arc flamboyant tu ériges mes seins reformes mes fesses d’un galbe de ta main tu me cribles d’impacts tu rentres loin dans moi tu souffles ta salive dans ma bouche tu lustres mes lèvres tu me tiens par en haut par en bas tu tires mes jambes vers toi tu creuses ton baiser au plus lointain de moi mes seins fleurissent contre la rosée de ta poitrine je règle mes battements à tes battements j’explore ton corps je me laisse glisser je suis envahie de toi je n’ai d’autre saveur que la tienne tu rassembles mes cheveux dans ta main ils n’exhalent plus que ton odeur ils suent leur henné leur lavande ne se souviennent que de toi je suis toi je me remplis à plus soif de toi je m’enfonce je ferme les yeux ta chair est ma chair tu m’attires à toi tu rentres aussi loin si loin nous luttons tous deux nous sommes deux et un tu ensemences ma matrice de ton orgasme je bourgeonne je m’ouvre je me referme j’éclos je bats comme un cœur je flamboie je me...

Du racisme en tube Déc24

Du racisme en tube

Nous avons tous déjà entendu des formules de la sorte : “Ma peau est maintenant éclatante, parfaite”, “Ma peau est plus claire, plus lumineuse”, “Pour une peau blanche, naturellement”, “Allez chercher cette peau parfaite”… Slogans tant de fois rabâchés qu’ils passeraient pour anodins. Nous n’avons que trop regardé de ces publicités où, par un pur hasard, une femme asiatique ou africaine vante les mérites de crèmes qui lui redonnent assurance et confiance en éclaircissant son teint. Un point commun à toutes ces mises en scènes est cette expression de détresse qu’exhibe l’actrice en regardant son teint brun au miroir, et sa grande satisfaction dès lors que celui-ci blanchit. Quoi de plus étonnant, ce genre d’industries ayant toujours prospéré grâce à ce sentiment d’insécurité qu’elle suscite chez les femmes. Sous couvert d’”unifier le teint” et de ”supprimer les tâches”, ces produits sont largement plébiscités par les consommatrices de par le monde. Ce commerce prend parfois des dimensions dramatiques, notamment au Sénégal, où les crèmes éclaircissantes à base de corticoïdes et d’agents dépigmentants très puissants commencent à avoir un succès fou, causant infections sévères et cancers de la peau, un véritable problème de santé publique. Et n’oublions pas l’effet psychique que peut avoir la promotion de ce genre de produits, créant complexes et frustrations chez les femmes ne correspondant pas au standard occidental.  Les PDG de ces compagnies s’entêtent à affirmer que leurs marques sont parfaitement en phase avec les codes de beauté locaux, et à multiplier les actions pour promouvoir la diversité afin de contourner les critiques qui leurs sont assénés depuis quelques années. Mais les publicités n’en suggèrent pas moins le contraire, rappelons-nous de ce fameux panneau publicitaire, avec un mannequin tirant la fermeture éclair sur sa peau mate pour en dévoiler une nouvelle...

Toutes des Latefa ! Déc23

Toutes des Latefa !

Latefa Ahrrare la bien nommée, que cette jambe – que vous avez de bien jolie d’ailleurs – et pour laquelle certains exhortent à vous éliminer – foule fièrement ce même tapis rouge l’an prochain, vêtue d’un caftan encore bien plus échancré, que dis je, d’un maillot deux pièces épuré, en jambe de nez à tous ces censeurs mal léchés. Que les tribulations insensées de cette meute de frustrés, jalou(ses)x, aigris et bornés vous fasse une belle jambe ma jolie ! Que leurs fatwas et autres appels à l’assassinat glissent sur vos jambes sans jamais, votre coeur, toucher ni, votre âme, ébranler ! Comme disait Goscinny  » ils ne connaissent rien à l’art ces ignares », tout comme ils ne connaissent rien, hélas, à cette belle et noble religion qui a pour nom PAIX et dont ils se sont indûment autoproclamés les GARDIENS. Ne dit-on pas qu’ »ALLAH EST BEAU,  qu’il AIME LA BEAUTE » et vous Latefa, la bien nommée et prénommée, vous l’artiste talentueuse et renommée, vous êtes belle de corps et de cœur et cela se sait et sur votre visage transparaît. Laissez donc leurs mauvaises langues se délier ; laissez-les éructer, ce ne sont là que les relents aigres – durs et pas mûrs de leur désirs des lustres durant frustrés ! Vivent vos jolies jambes dénudées, cachées, tendues ou croisées! Vivent vos jambes qui sont désormais le symbole écorché de votre liberté d’ÊTRE et de penser, qui est celle de toutes les femmes et filles de mon pays! Oui aujourd’hui, « Nous sommes toutes des Latefa Ahrrare »*, alors à vous qui souhaitez « tuer Latefa pour sauver un peuple »**, sachez que pour cela il faudra toutes nous tuer. Vous qui souhaitez sauver ce peuple, auriez vous oublié que nous avons un pays à construire, relever? Des générations à sauver ?...

Blessure d’Arménie Déc22

Blessure d’Arménie...

Petite fille, j’ai rêvé un jour qu’ils se rencontraient tous les deux, mon ‘Ba-Sidi paternel, farouche Filali, venu de M’Hamid, le sabre battant son flanc, le teint sombre et les yeux en colère et mon Grand-père maternel Krikor Ian, arménien chrétien orthodoxe, échappé miraculeux du génocide perpétré par les Turcs en 1915 et dont les descendants, aujourd’hui, se défendent d’avoir jamais commis. Frappant à la porte de l’Europe, ils clament leur innocence et menacent aujourd’hui la France des pires représailles diplomatiques pour la promulgation de la loi punissant pénalement tout déni du massacre des Arméniens de 1915. Krikor est né dans les dernières années de ce XIXe, qui couvait déjà les drames qui allaient s’abattre sur le monde un peu plus tard, et il vit à Samsoun, petite ville portuaire de la villayat de Trébizonde, partie intégrante du puissant empire Ottoman, dans une famille d’Arméniens enrichis dans le commerce des tabacs d’Orient et qui sont aux Turcs qui les entourent ce qu’étaient les Juifs au Maroc : Travailleurs, solidaires entre eux, bien intégrés mais cultivant jalousement leurs particularismes ethniques, culturels et religieux. On se marie bien sûr entre Arméniens et mon arrière grand-père Mourad a épousé une fille de riches propriétaires de manufactures de cigarettes, dont j’ai retrouvé la trace des comptoirs même ici à Hambourg, datant de 1894… On vit paisiblement, en bonne intelligence avec les Turcs même si des remous secouent parfois la cohabitation, tels les massacres de 1894 à 1896, où déjà plus de 150 000 morts sont dénombrés parmi les Arméniens et qui leur montrent la précarité de leur état, liée à leur religion chrétienne et à leur réussite matérielle. Mourad, grand homme d’affaire en liaison permanente avec l’Europe, sent que la guerre est proche et que les Arméniens de...

Nocturne Déc22

Nocturne

Peu à peu la nuit tombait  sur cette Sodome de carte postale. Le soleil, strié par les palmes, rougissait, en s’inclinant, les vitrines ; et l’asphalte, chauffé à blanc, encore bouillant, menaçait d’exploser, de fuser comme l’encre ou le sang. La fournaise expirait vers le couchant et crachait tout un peuple d’ombres, suintant une boue ocre, des tisons et de la cendre. Sur une immense estrade montée par des tour-operators, une horde d’anges empruntés à La Bible et au Coran jouaient une apocalypse apocryphe, au milieu des nénuphars, des nymphéas, des cactus, des bougainvillées, dans un jardin on eût dit Le Majorelle. L’orage éclatait. Dieu déféquait la fulgurance. Une diarrhée foudroyante, fugace, lumineuse, diluvienne. L’alphabet, s’en maculant, s’en affûtant, explosait entre mes phalanges. Plus tard, des êtres diaphanes affluaient vers le terminus des calèches. Ils avaient passé toute l’après-midi à se baigner dans des jacuzzis pétillant, comme des geysers, de champagne et du sang des chérubins qu’ils enculaient. Bientôt, on les transférait vers le bloc opératoire, à la périphérie de la ville. Ici, on bazardait désormais un sexe inouï. A l’orée de la grande place, accroupi au seuil d’un bureau de change, un homme flanqué de deux filles enceintes, que je supposais être les siennes, demandait l’aumône. Barbe blanche, crâne dégarni, mains décharnées, lépreuses, tremblant, il était tout en haillons. Comme acculé à jamais dans sa détresse. Son visage présentait bizarrement les mêmes traits que Loth dans le tableau de Goltzius. A cette nuance près que sa peau était parcheminée et très foncée, irradiée par le soleil. La main tendue avec négligence, il scrutait avec des yeux chassieux le ciel au cas où le soufre, qu’il implorait en geignant de toutes ses forces, se mettrait à pleuvoir sur la ville. A l’intérieur, l’agent décontracté, chemise...

Lettre ouverte à Monsieur Le Consul de France à Casablanca Déc21

Lettre ouverte à Monsieur Le Consul de France à Casablanca...

Lettre ouverte dʼune citoyenne marocaine à Monsieur Pierre VOILLERY Consul de France à Casablanca Casablanca, le 17 Décembre 2011. Monsieur le Consul, Je vous écris pour vous faire part de mon indignation quant au traitement que j’ai subi lors du dépôt de mon dossier pour une demande de visa, de la part de vos agents du Service Consulaire des visas du Consulat de France à Casablanca. Méprisant, humiliant, odieux, et inacceptable sont les qualificatifs pour décrire lʼaccueil et le service offerts par vos agents. Ce même traitement est réservé à la plupart de mes concitoyens dès lors quʼils traitent avec le service de demande de visas. Il vous suffirait de passer devant l’entrée du consulat pour entendre les plaintes et les commentaires de tous ceux et celles qui attendent du côté extérieur du portique, ne supportant plus le mépris et le comportement de vos agents. L’agent de sécurité m’avait pourtant prévenu :  » Surtout baissez la tête, ne leur répondez pas, restez polie quelles que soient les circonstances, et une fois sortie de lʼenceinte, vous faites comme tout le monde: exprimez tout le mal que vous pouvez penser d’eux ». Ce qui suit est mon amère expérience vécue cette semaine. Je vous laisse juge. Jʼai appelé quelques jours avant au bureau des visas pour convenir dʼun rendez-vous et soumettre mon dossier de visa, le mercredi 14 décembre à 8h00. En arrivant au guichet 2, lʼagente ne répondant pas à mon bonjour, je tente d’expliquer que je suis conjointe de français, mais que je dépose un dossier pour un visa normal de circulation, dʼune durée 5 jours car je n’ai pas encore obtenue la transcription de l’acte de mariage ainsi que le livret de famille – documents demandés pour effectuer une demande visa de conjoint français....

Ma rencontre avec la Consule Générale adjointe Déc21

Ma rencontre avec la Consule Générale adjointe...

Je fais suite à la lettre ouverte que j’ai adressée à Mr Pierre VOILLERY, Consul de France à Casablanca le 17 Décembre 2011, lettre où je me suis vivement indignée du comportement désobligeant des agents du service consulaire en charge des visas. http://www.qandisha.ma/2011/12/17/lettre-ouverte-a-monsieur-le-consul-de-france-a-casablanca/ Tout d’abord, je tiens à remercier toutes les personnes qui ont lu et relayé cette lettre ainsi que ceux qui ont partagé leur expérience. Les réactions ont été nombreuses et immédiates, ce qui montre que mon cas n’est pas isolé et ne se limite pas uniquement au service des visas. Elle a aussi donné l’opportunité de soulever d’autres problèmes ou dysfonctionnements différents de ce je que j’ai évoqué. La réponse du consulat de France à Casablanca ne s’est pas non plus faite attendre. Cela représente un début louable, et un signal fort que le message a été entendu. J’ai été en effet contactée par Mme la Consule Générale adjointe, Evelyne SENGSUWAN, qui m’a reçue avec beaucoup d’écoute et de courtoisie. Je lui ai réitéré que l’objet de ma lettre ouverte ne concernait nullement le résultat ou le processus interne de traitement d’obtention ou de refus des visas mais portait exclusivement sur l’accueil, la qualité de service et l’interaction de certains agents du service des visas avec le public. Je la remercie pour sa réaction rapide- je ne suis pas sûre que d’autres administrations auraient pris la peine de me contacter ni même de me recevoir aussi rapidement. Mme SENGSUWAN a fortement regretté le comportement inapproprié de certains agents. Elle m’a expliqué que la qualité de service du traitement des visas figure parmi les chantiers d’amélioration du service consulaire. Une attention plus particulière sera portée quant à l’accueil et l’interaction avec le public, m’a-t-elle communiqué. Pour ma part, j’espère vivement que ces...

Moul Rmouk… Déc21

Moul Rmouk…

28 ans, veuve depuis 8 ans, 2 enfants de 11 et 8 ans. Profession : Femme de ménage. L’histoire commence le soir où j’ai croisé Moul rmouk… Il était grand, baraqué, beau ! Je l’ai rencontré à la station des taxis blancs où j’attendais depuis 2 heures pour rentrer voir mes enfants. Il m’a regardée, m’a parlé, j’ai craqué. Moi qui me suis mariée à l’âge de 16 ans, avec celui que j’ai vu pour la première fois le soir de ma nuit de noces et qui fut mon compagnon de route pendant seulement 4 ans avant de mourir, j’ai enfin compris ce que veut dire « être amoureuse». Moul rmouk était avenant, charmeur, tombeur ! Très vite je lui ai fait confiance. Je lui ai donné mon numéro de téléphone, je lui ai raconté ma vie et j’ai passé la nuit avec lui dans le rmouk après avoir raconté un drame imaginaire à ma famille. Tiens, parlons-en de ma famille, ou plutôt des gens du Douar dans lequel habite ma famille. Ces gens-là qui me traitent de fille facile. Non, ce n’est pas le bon mot, ils me traitent de PUTE. Pute, de travailler en ville pour nourrir mes enfants, mon père, ma mère, mon frère au chômage, sa femme et leur nouveau rejeton. Pute de m’habiller en pantalon et de ne pas respecter leurs standards en venant leur rendre visite. Pute, d’insister pour que ma fille continue d’aller à l’école au lieu d’aider sa grand-mère et de lui interdire de porter le hijab comme les autres petites filles de sa classe. Pute d’avoir refusé de me marier avec l’homme le plus riche du village qui faisait travailler mon père, parce qu’il a 70 ans et des enfants de mon âge. Moul rmouk était...

الحڭرة (hogra’ttitude ) Déc19

الحڭرة (hogra’ttitude )...

الحكرة…  مصطلح جزائري الأصل نتداوله نحن المغاربة بشكل كبير في حياتنا اليومية ، وهو يرمز إلى السلطوية و الإستعلاء اللذان يعامل بهما كل ضعيف لا جاه له و لا قوة.   1 تستمد هذه المفردة مصدرها من كلمة  » الحقر » وهي تعرف في قاموس لسان العرب بالذلة والتصغير والإحتقار ، سلوكات تلخص تعامل المغاربة مع أنفسهم أحيانا ومع بعضهم أحيانا أخرى .   1 الحكرة قد تكون سلوكا فرديا أو جماعيا من طرف فئة أو طبقة تجاه أخرى .. ولكي يحتقر فرد ما إنسانا آخر،يجب تكون هناك فوارق اجتماعية أو ثقافية أو مادية لها طابع سلطوي بالمعنى المجازي أو المادي تؤدي الى  » تبرير » الحكرة أو الاحتقار من طرف من يمارسه كما تؤدي الى الشعور بالإهانة والمذلة من طرف الذي يعاني من السلوك الاحتقاري.  1 لقد ترسبت بدواخلنا عقد كثيرة مرتبطة بحب المال والجاه والنفوذ والسلطة ، فغدونا نعاني الأمرين : نقسو على أنفسنا باللجوء إلى عوالم المظاهر والبذخ بكل الوسائل، متجاوزين بذلك كل القيم الإنسانية النبيلة التي أصبحت تندثر شيئا فشيئا من مجتمعنا ، ونقسو على من هم أضعف منا بإخضاعهم للإهانة والطاعة ، انتصارا لكبرياء حطمه من هم أقوى منا وانتقاما لعقد النقص التي تنخر كياننا . إنها رقصة الديك المذبوح التي نتفنن في استعراضها … 1 و إذا تعمقنا في تحليل هذه الظاهرة ، سنجد لها أبعادا تاريخية و أخرى ثقافية : 1 في أحد تصريحاته ، قال المفكر المغربي المهدي المنجرة أن ما دفعه إلى اختيار  » الإهانة » كعنوان لكتابه، هو موقف أثر فيه إبان الإستعمار الفرنسي ، حيث شاهد وهو جالس في مقهى كيف أهان أحد الفرنسيين ماسح أحدية مغربي وصفعه لمجرد أنه عرض عليه خدمة,وعوض أن ينصفه ، قام شرطي مغربي بطرده…1 لقد رسخ فينا الإستعمار عقدة الإحساس بالنقص والدونية ، يكفي أن تدخل أحد المرافق التجارية مصحوباً بأجنبي لترى كيف سيعامل كل منكما ، الأولوية تكون دائما...

Desperate housewives : Saison Maroc Déc17

Desperate housewives : Saison Maroc...

21 H 30…C’est l’heure ! Cela fait trois jours que j’attends avec impatience ce rendez-vous. Il ne s’agit pas d’un rendez-vous galant, loin de là, en plus je suis déjà prise. C’est bien plus agréable et plus excitant que ça ; avec mes trois copines « Leila », « Samia », et «Meryam », on a prévu de se revoir après une année de : « le petit dernier a une vilaine fièvre »,  » je serai en déplacement cette semaine », « je n’ai plus de bonne, je suis débordée », ou encore « je suis en instance de divorce, je sors très peu, pour ne pas qu’il en profite pour me jouer un sale tour » ! Ce soir, on va un peu forcer le destin, ce sera nous quatre, devant un petit verre dans notre piano bar d’avant, quoi qu’il arrive et coûte que coûte ! A la porte, l’accueil est chaleureux : bisous et accolades. Normal ! Le gérant et les serveurs sont les mêmes, c’est comme si j’avais remonté le temps. On me conduit gentiment à ma table, où Samia est confortablement assise devant sa deuxième bière (déjà ?!). Confortablement… façon de parler, je me demande comment est-ce qu’elle a pu fourrer son corps dans cette robe ? Je suis sure que le soir, au lieu de l’ôter, elle devrait l’éplucher, mais passons, c’est bien elle ! Après les habituels « tu as maigri », « tu as bonne mine », « j’adore ta nouvelle coupe de cheveux », (entre femmes on a le devoir de se remonter le moral), le temps de descendre deux Martini et d’une troisième bière pour Samia, arrivent ensemble Meryam et Leila. Que la soirée commence ! Samia se met alors à raconter les périples de son récent divorce : « Vous...

Aït Kala : ces enfants qui ne meurent jamais…...

A Aït Kala et Aït Maghlif, le décès des enfants est rarement déclaré. L’enfant mort est automatiquement remplacé par celui qui vient après. Quant aux filles mariées, elles ne se présentent pas directement devant le juge ou l’adoul. C’est l’élu qui s’improvise intermédiaire. Cause principale : l’enclavement de ces douars et l’absence de routes goudronnées ou aménagées. Récit. La Fondation Ytto vient de revenir d’un autre périple dans ce « Maroc inutile » dont personne ne parle. Cette fois-ci, c’est vers la province d’Ouarzazate que la caravane de la Fondation s’est dirigée, plus précisément à Aït Kala et Aït Maghlif où résident pas moins de 7000 habitants. «Quand on est parti voir le président du tribunal de Ouarzazate, lui-même ignorait l’existence de ces deux villages. Il a fallu qu’il se renseigne autour de lui pour qu’il prenne conscience qu’Aït Kala et Aït Maghlif faisaient partie de la province », lance d’emblée Najat Ikhich, présidente de la Fondation Ytto. Tout d’abord, c’est pour traquer le phénomène du mariage coutumier et celui des mineurs que l’association a choisi cette destination. Mais, les caravaniers allaient découvrir d’autres phénomènes liés directement à l’enclavement de cette région. Une région abandonnée par l’Etat et par les autorités locales.   Aït Kala est une région très difficile d’accès. La route est goudronnée de Ouarzazate jusqu’à Tidili. Puis c’est le règne des pistes impraticables où même des véhicules 4X4 peinent à se frayer un chemin. Les 26 km de Tidili à Aït Kala prennent une heure. Plus d’une heure pour les douze kilomètres reliant Aït Kala à Aït Maghlif. Durant la période hivernale, ces populations restent emprisonnées pendant de longues semaines. Non seulement à Aït Kala et Aït Maghlif, mais aussi dans les douars d’Aït Hmane, Tagdourte, Tilemsine, Anemmid, Agroulaoune. La caravane a...

Devenez Qandisha ! Déc14

Devenez Qandisha !

Qandisha actuelle, profession : strip-teaseuse de l’âme féminine Cette semaine, je me suis découverte Qandisha ! Moi, l’électron libre qui ne me veux d’aucun courant, d’aucune doctrine, qui n’ai d’autre religion que la « pensée libre », j’appartiens à une famille !!! En quoi suis-je une Qandisha ? Et pour commencer, au-delà du mythe du fantôme « hommenivore », qu’évoque pour moi cette appellation? Qandisha était une belle femme qui aurait vécu au Maroc. Elle était belle certes, mais les femmes marocaines étaient réputées pour leur grande beauté. En quoi était-ce exceptionnel ? Qandisha osait exhiber sa beauté, elle se baladait dans les rues en portant pour tout voile, son sourire et sa grâce. Elle n’était autre qu’une femme libre qui, quand les autres osaient à peine glisser un œil craintif derrière leurs fenêtres, osait sortir la tête découverte. N’est-ce pas ce que nous faisons toutes, tous les jours? A l’instar de qandisha qui a tombé le voile, nous autres aussi tombons le masque. Ce ne sont pas nos cheveux que nous montrons, mais notre âme. Nous nous découvrons et ce faisant, nous nous dé-couvrons, à nous- mêmes et aux autres. Nous dévoilons nos envies, nos peurs, notre fragilité, notre différence… Quand d’autres les emmitouflent dans des draps d’ego, de « qu’en-dira-t-on », de « bent ennas » . Nous sommes des strip-teaseuses de l’âme !!!! Alors bien entendu, il y a ceux que ça intrigue : « c’est donc ça la femme ? », il y ceux à qui ça fait peur : « cachez cette femme que je ne saurai voir », il y a ceux ( ou celles) que ça rend jaloux(ses) : « elles n’ont rien qui soit digne d’être montré ». Et il y a ceux chez qui ça...

Pour un séjour sans carte...

Jamais je n’aurais pu imaginer que cela aurait pu être un problème, jamais je n’aurais soupçonné la difficulté d’être marocaine dans ce monde. Ce n’est pas une tragédie, ce n’est pas un problème en soi, c’est juste des difficultés supplémentaires dans un monde déjà difficile d’accès. Je vais vous raconter pourquoi. Un jour heureux, il y a 30 ans, je naquis tranquillement dans un beau pays tranquille, où la langueur de vivre était agréable, les fruits délicieux, les ambitions modestes et des défauts humains pleins les caractères. Rien d’exceptionnel à vrai dire, juste une sublime terre marocaine où il faisait bon vivre sans trop de spasmes. Les années passèrent dans un pur confort psychologique, mon cerveau s’enrichissait de lectures diversifiées de par le monde, des images Incas, Grecques, Olmèques, Cherokees, Samouraïs, Gauloises, Massaïs, Celtes, Maoris peuplaient mon imagination. Un jour, j’irai voir leur terre me disais-je. Un jour, je mettrai mon sac sur le dos et je parcourrai humblement les traces de nos ancêtres les Hommes sur cette Terre. Ah ce que je pouvais être naïve. Je ne savais pas que je ne pourrais faire un pas sans justifier de ma bonne foi à chaque poste frontière, je ne savais pas que les séjours n’étaient possibles que sous réserve de la validité d’une carte et de ses nébuleuses infinies d’autorisations aussi absurdes les unes que les autres. Pourquoi absurde ? Et ben, moi je suis une grande naïve comme je l’ai déjà dit. J’ai lu un jour le discours qu’aurait tenu le Grand Chef indien Cree, le Grand Seattle, face aux pressions violentes que subissait son peuple pour déguerpir et laisser la place aux blancs. Le sage homme soutenait face aux Yankees qu’il ne pouvait leur vendre sa terre puisqu’elle ne lui appartenait pas…que la...

Le cliché de la Marocaine dans les médias Déc12

Le cliché de la Marocaine dans les médias...

Les résultats de l’étude, portée sur l’image des femmes marocaines, réalisée par le cabinet LMS-CSA et présentée lors du Somment arabe des nouvelles technologies et de l’équité des genres à Rabat, sont très éloignés de la réalité et ne reflètent pas l’image de la gent féminine marocaine. «Écervelées», «manipulatrices», «soumises», «peu instruites», «victimes», «inexpérimentées»… sont les termes qui sont ressortis le plus souvent par les 1500 femmes interrogées âgées entre 15 et 55 ans. Selon ce rapport : «L’image des femmes véhiculée par les médias n’est pas représentative de la place réelle qu’elles occupent dans la société et de la pluralité des rôles, professionnel, familial et social qu’elles remplissent ». Source : http://www.lesechos.ma/medias/16383-limage-des-femmes-un-cliche-.html Depuis la nuit des temps, les femmes sont les piliers des familles. Nos grand-mères sous leurs airs de femmes soumises, ont toujours pris les grandes décisions qui orientaient et cadraient tous les hommes de la famille. Elles ont toujours su arrondir les angles pour garder le ciment qui unit tous les membres « du clan ». Ce sont ces femmes qui ont porté, nourrie, élevé, éduqué, transmis les valeurs … Aujourd’hui, la femme est une tête à plusieurs casquettes. Et selon la position du soleil dans le ciel, elle passe d’un rôle à l’autre. Au réveil, elle est maman, épouse et maîtresse de maison, le temps que tout son petit monde commence sa journée. Elle se met ensuite dans la peau de la femme active où elle retrouve ses dossiers, ses réunions et ses patrons tout en jonglant, à chaque fois qu’il le faut, avec les autres rôles qui lui sont assignés. La fin de la journée retrouve la maîtresse d’école en faisant les devoirs, la chef cuisto, la belle-fille, la fée du logis, la psy… Alors comment peut-on retrouver un aussi...

La Marocaine, pute par défaut ! Déc11

La Marocaine, pute par défaut !...

Ceci est un témoignage, un coup de gueule d’une mère marocaine indignée. Si les petites Fräulein parisiennes ont la cote ici en Allemagne comme étant délicieusement olé-olé, les Marocaines, elles, sont devenues aux yeux de beaucoup d’Arabes le synonyme de filles légères et vénales sans qui l’industrie du sexe oriental ferait relâche, si j’ose m’exprimer ainsi, de Rabat au Qatar en passant par l’Arabie saoudite. Les Saoudiens, parlons-en, justement, de ces croyants zélés et vertueux qui ne laissent même pas le volant à leurs épouses, comme s’il s’agissait d’un sex-toy qui pourrait faire concurrence à leur virilité ou profiter à la vile concurrence de leurs compatriotes, tous lubriques et en état permanent de rut, par définition. C’était par un de ces jours de grisaille comme il y en a tant sur Hambourg, que mon amie marocaine Zaina et moi avons rencontré par hasard dans un café un Saoudien esseulé et mélancolique qui, l’oreille attirée par notre dialogue en arabe, nous adressa la parole pour émouvoir ensuite nos coeurs d’artichauts: il venait de conduire sa femme en stade final de cancer dans une grande clinique de la ville où la technique de pointe du know-how médical allemand devait tenter l’impossible. Cette clinique, spécialement construite par les Allemands pour les richards du pétrole, est d’un luxe inouï et abrite aussi, on ne s’en étonnera pas, une petite mosquée, la tentation éventuelle de l’islamophobie reculant immédiatement devant les exigences du porte-monnaie. Un jour que j’y rendais visite à un ami d’enfance pied-noir venu se faire opérer, je me fis intercepter par huit patients du Moyen-Orient qui, désoeuvrés et trainant la savate dans les couloirs de la clinique,  m’abordèrent sans ménagement, me sommant de leur dire « si l’homme que je voulais voir était bien mon mari!!!!! » Ma darija...

Quand les femmes s’en foot!...

Depuis qu’il a lu sur Internet que le Maroc était issu d’un “affluent méditerranéen”, Brahim se disait que Sumériens qui auraient débarqué à Oualidia un mardi auraient très bien pu donner le nom de leur Dieu Soleil à sa province. “Hélios” ca faisait plus classe que “Tlat Sidi Bennour”, sa cité expériale comme disait Brahim qui en avait marre de ces marocains de la télé qui semblaient tous venir de cités aussi impériales les une que les autres. Brahim partageait sont temps entre son boulot de prof de sport, celui d’entraineur de l’équipe de foot des jeunes d’Hélios, les bandes dessinées qu’il pouvait trouver et Internet. Il allait au cyber deux fois par jour et y faisait le tour du monde à chaque fois. Brahim allait aussi au café du centre pour prendre son petit-déjeuner ou voir les matchs de foot qui y étaient retransmis. Il y croisait souvent Si Fettah, l’adjoint du Caid, et parfois l’Haj Miloud, l’imam de la grande mosquée ainsi que le Fqih Allal, imam de la petite mosquée et chef des Huns en gandoura afghane à Hélios.   Les yeux de tous les clients du café étaient rivés sur le petit écran. L’Angleterre avait ouvert le score très vite, mais la France avait outrageusement dominé avant l’égalisation dans les toutes dernières minutes du match. Le suspens de la séquence de tirs aux buts était insoutenable. Le pénalty décisif marqué par la France s’accompagna de cris de joie dans la salle. Brahim savait que cet enthousiasme n’avait rien à voir avec les bienfaits de la colonisation à Hélios, mais que c’était lié au fait que le but de l’égalisation et le dernier pénalty avaient été marqués par El Hadaoui, RabiaEl Hadaoui, native d’Angers et capitaine de l’équipe de France.  ...

Lalla… la tolérance de nos aïeux Déc10

Lalla… la tolérance de nos aïeux...

Mon enfance franco-marocaine dans les années 60 à Marrakech fut la naissance lente et douloureuse d’une rébellion. Ballotée entre les traditions solidement ancrées d’une famille bourgeoise construisant sa fortune au lendemain de l’Indépendance et la discrète modernité d’une mère française féministe avant l’heure, j’ai vécu dans une maison où deux femmes régentaient, main dans la main, notre petit monde: ma grand-mère paternelle, femme d’un Maroc immémorial et ma mère, Parisienne cosmopolite qui avait vécu son enfance dans les fastes de l’Indochine coloniale. Maroc insolite, Islam plein de douceur parfois : ces deux femmes s’aimaient! Y-a-t-il encore au Maroc des femmes comme Lalla aujourd’hui en 2011? Elle était née probablement avec le siècle (3am l’boun…) à Marrakech et pauvre, elle devait filer la laine pour aider à subvenir aux besoins de la famille jusqu’au jour où elle tomba sur son métier à filer: on soigna son oeil blessé comme on le faisait en ce temps-là : en le recouvrant de miel… elle le perdit, et avec lui sa « valeur » sur le marché matrimonial. Ni la blancheur de sa peau, ni ses formes plantureuses ne purent la sauver d’un mariage à la sauvette avec un farouche vieillard au teint sombre, déjà marié, venu, en burnous avec sabre, de son Tafilalet natal s’établir à Marrakech. Sept enfants dont seuls un fils et une fille survécurent, normal en ces temps-là, puis elle se retrouva veuve. Quelle ne fut sa fierté de pouvoir marier sa fille Fatim-Zahra à 12 ans déjà, mais que dire de son chagrin ensuite quand la femme-enfant mourut de la fièvre puerpérale en donnant naissance – à 13 ans – à une petite-fille! Lalla, brisée de chagrin, acheta une chèvre, nourrit le bébé et s’en occupa avec ferveur jusqu’au jour où, respectueuse des convenances, elle...