Le gamin est en vacances ! Jan31

Le gamin est en vacances !...

Coup de gueule d’une mère indignée: Que les fabricants prennent leur responsabilité et cessent de concevoir des jouets inadaptés pour nos bébés! Les faits sont têtus et révèlent que toutes ces montagnes de plastiques colorés sont parfaitement contre-intuitives pour nos chérubins. Comment supporter de voir les legos éparpillés dans tous les sens alors qu’il est si simple de les emboîter les uns dans les autres ? Ça paraît pourtant clair ! Comment tolérer que le pompier playmobil ne soit jamais installé dans son camion alors qu’il est évident que le pot de yaourt n’est pas un véhicule ? Le livre de bébé qui permet d’apprendre la différence entre la pluie et la neige, la caravane de la fusée, de localiser son nez et le vélo rouge, n’a pour seul intérêt que la distance à laquelle petit Einstein l’a lancé (si d’aventure, il ne vous est pas déjà arrivé dans l’œil bien entendu). Comment deviner que le bureau de bébé avec son éphémère tablette blanche est en fait un dangereux escabeau mobile ? Pourquoi créer de la tendre pâte à modeler bio au délicieux arôme de fraise si c’est pour s’évertuer à lui en interdire l’accès à sa bouche ? Qu’on se le dise, ces jouets sont trop sophistiqués pour l’état de leur psyché plus enclin à produire du désordre et du bruit que de la finesse et de la beauté. Bienvenus aux pots de compote, aux serviettes en papier, aux brosses à dents, sans oublier les casseroles ainsi que toute la gamme de Tupperware, la poubelle et la brosse à toilette, tellement plus fun et pas cher ! Coming-out d’une mère indigne: Vendredi, c’est vendredi afternoon, youpi ! Je pars chercher mon gamin à la garderie, d’un pas léger et heureux en ce vendredi de fin de semaine béni, tout était...

Racisme ordinaire

Ça s’était passé en juin dernier. Bourg-la-Reine est une commune de la banlieue sud de Paris, dans le département cossu des Hauts de Seine (92). C’est une ville que je ne connaissais pas, mais tout laissait croire que c’était une ville plutôt bourgeoise. Le bâti était ancien. Le centre était animé d’une foule qui me parut aisée. La présence de ce grand Monoprix, où je devais accompagner mon amie à un entretien, semblait confirmer mes assertions. Ne trouvant pas de place aux alentours, je laissais celle-ci devant le grand établissement commercial, et me mit en double file un peu plus loin. La présence de policiers municipaux qui verbalisaient à tour de bras me fit changer de place, pour m’éloigner dans une partie un peu plus vide et calme de l’avenue. Par la faveur d’une voiture qui venait d’en sortir, je trouvais vite une place et traversai toute la largeur des 3 voies de la route pour m’y accoler. J’attendrais ici l’amie, n’ayant plus de monnaie pour prendre un ticket à l’horodateur, et craignant, si je sortais la rejoindre, un autre passage des municipaux. Dans la Renault 21, j’en étais tout à la lecture du Parisien, en écoutant une cassette de Chabba Zahouania, quand je vis ce vieux couple passer. Le vieil homme portait un béret beige et une veste de velours de la même couleur. Sa femme ressemblait à toutes les vieilles bonnes femmes qui se promènent dans les rues de banlieue. Elle promenait un caniche blanc qui frétillait sur ses pattes comme s’il marchait à pile. Ils me regardaient bizarrement, avec une insistance gênante… J’essayais de ne pas faire attention. Je baissais même la musique que j’avais mise peut-être un peu forte. Sans doute n’étaient-ils pas des familiers de ma Zahaouaniyette, et que...

L’amour du troisième œil...

Aux sceptiques qui s’apprêtent à lire ce qui suit avec demi-sourire goguenard, je leur dis sans ambages de passer leur chemin. Ou alors d’accepter d’ouvrir leur esprit à quelque chose de pas cartésien, de pas tridimensionnel. Certes, cela peut leur demander un effort démesuré, mais qu’ils se rassurent : ce n’est pas impossible. Alors oui, Sabine est médium. Oui, elle tire les cartes. Sa réputation est bien établie, et dans son petit pavillon, elle reçoit le tout-Rabat, ce que la capitale compte comme âmes en peine, âmes en questionnement, âmes curieuses. Avec elle, pas de cérémonial, pas de regard perçant ni pénétrant. Elle vous ouvre la porte, souvent de noir vêtue. Vous entrez alors dans son monde, un univers pastel fait de fleurs séchées, d’adorables petits bibelots, d’une table et d’une banquette où vous vous asseyez. Un sourire, une parole gentille, des nouvelles de la famille si vous êtes une habituée, et elle sort son jeu de cartes, vous demande de les battre. Face à elle, vous les étalez. L’échange peut commencer : c’est parti pour une séance d’introspection avec cette accoucheuse de conscience. Si c’est le hasard qui vous fait désigner cette carte et pas une autre, elle, elle y voit votre âme. Ce qui se passe aujourd’hui. Ce qui a eu lieu hier. Et, parfois, ce qui risque d’advenir. Des détails, parfois futiles. Des révélations étonnantes, qui vous laissent bouche bée. Et des prédictions bien souvent d’une incroyable justesse. Sabine déborde d’amour. Elle en a fait sa profession de foi. Profondément croyante, musulmane, elle cite la sagesse soufie, Ibn Arabi, et fait régulièrement référence à Dieu. Elle vous serre dans ses bras, avec dans le regard une infinie tendresse. Elle se réclame de la lignée de Amma, cette sage bouddhiste qui parcourt le monde en...

Les droits de la femme, c’est pour quand?...

Dès son annonce, l’ex -nouvelle Moudawana n’avait relevé aucun obstacle politique. Mais elle s’était vite heurtée à une forte contestation populaire. Ça continue aujourd’hui, et cela retarde gravement l’application de ladite réforme. La Marocaine, peut dorénavant, se marier envers et contre tous. Ce n’est évidemment pas désirable, mais il n’est pas impossible qu’un père mal éclairé gêne à tort le bonheur de sa fille. De telles situations sont légion. Pour autant, avez-vous, ne serait-ce qu’entendu l’histoire d’une demoiselle qui aurait bravé l’interdiction familiale, depuis 7 ans que la Moudawana est applicable ? Celle-ci risquerait bien pire que les foudres du tribunal : essakht (la malédiction) de sa mère. L’intimidation serait tellement insupportable qu’aucune, à ma connaissance (et surement à la vôtre), n’a encore tenté l’expérience interdite (pas comme le film). En plus, le devoir partagé des parents, particulièrement au regard des dépenses de la maison, est maintenant posée en principe légal. Pourtant, la plupart des Marocaines considèrent toujours qu’il est du devoir du conjoint d’entretenir sa bien aimée et que même si celle-ci bosse, il est de son droit de décider de son revenu comme elle le souhaite. La plupart des mâles pensent pareil. Et s’ils associent leurs épouses aux frais communs, c’est toujours dû aux conditions financières du couple et toujours avec un fond de culpabilité… Le droit modifiera-t-il la société ? Seulement si la volonté politique y est. Faire évoluer la Moudawana, c’était souhaitable – très souhaitable, même. Mais il reste énormément à faire pour que les comportements suivent. Il fallait décrasser les programmes, à l’école, de fond en comble, c’était indéniable. Mais il fallait aussi – voire surtout – instrumentaliser lourdement la télévision et la radio, seuls médias populaires dans un pays encore considérablement analphabète. Il fallait vulgariser au maximum les dispositions de...

Pr Chafik Chraïbi : l’avortement peut sauver la mère du suicide social Jan25

Pr Chafik Chraïbi : l’avortement peut sauver la mère du suicide social...

New York Times a consacré un article, il y a plus d’une semaine, à la question de l’avortement et à la position favorable du leader du Parti islamique marocain à la légalisation de cet acte, dans les cas extrêmes. Pour ceux qui suivent de près les activités de l’AMLAC (Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin), ce n’est pas un scoop. Le site de l’association* en parlait depuis des mois.  Curieuse d’en savoir plus, Qandisha interviewe Dr Chafik Chraïbi, Professeur de gynécologie à la faculté de médecine de Rabat, Chef de service à la maternité des Orangers au CHU de Rabat et Président de l’AMLAC.    L’avortement, un sujet jusque-là tabou au Maroc, sort de l’ombre et bénéficie de l’attention du gouvernement et des médias. Vous, qui militez depuis plusieurs années pour ce sujet, que pensez-vous de cette avancée? Nous militons depuis plusieurs années pour la libéralisation de l’avortement sous « conditions » et plusieurs débats ont été entamés autour de ce sujet mais les choses n’avançaient pas vraiment sur le plan politique. Mais depuis octobre dernier, je peux dire que nous sommes sur la bonne voie : d’abord, Mme Nouzha Skalli, ex-ministre de Développement social, de la famille et de la solidarité s’était prononcée en faveur d’une légalisation « partielle » de l’avortement et avait exprimé officiellement son souhait de faire de cette loi une priorité du gouvernement. Comme vous avez pu le constater, M. Mustapha El Khalfi, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, a confirmé aux médias que le Premier ministre souhaitait autoriser l’avortement en cas de viol et d’inceste, fait qui a été largement repris par la presse nationale et même la presse internationale puisque le New York Times y a consacré un article la semaine dernière. Aujourd’hui, on ne peut plus faire la sourde oreille...

Qui suis-je? hommage à Zaydoune...

Qui suis-je ? Un bébé , je viens à peine de naître. je regarde autour de moi ,c’est le flou total, une odeur nauséabonde me monte dans les narines, un décors macabre s’étale devant moi, une vision que je ne trouve pas rassurante de ce nouveau monde….je saurais plus tard que ce coin si dérangeant s’appelle « hôpital marocain ». Qui suis-je ? Je suis un ado, plein de rêves et d’espérance, je scrute le ciel en songeant à un avenir glorieux. Des fois, je me vois chercheur connu dans le monde entier recevant un prix… et d’autres, je me vois peintre de renommé expliquant son art aux grands de ce monde. Entre mes flirts et mes rêveries , je me pose beaucoup de questions : pourquoi mon collège ne ressemble pas à celui que je vois dans les sit-com américains ? pourquoi dois-je me précipiter en classe pour ne pas me retrouver sans place ? pourquoi n’ai-je que « rass derb » comme activités extra-scolaire ? J’introduis mon dirham dans le jeu de voiture qui se trouve dans notre club qu’on appelle « moul billard » , et je m’évade avec ma Ferrari imaginaire dans les rues de Los Angeles. Qui suis-je ? Un étudiant, assis sur les bancs de la faculté… Pour être arrivé jusqu’aux études supérieures, je fais partie des veinards. J’ai perdu beaucoup de camarades sur la route, obligés de subvenir aux besoins de leur familles ou perdus dans les ténèbres ruelles de Casanegra et ses soucis. Mon amie et moi, nous asseyons sur le banc du jardin public, main dans la main, nous bâtissons notre nid, nous songeons à notre petite famille, nous rêvons notre futur vie. Un coup de frein du bus retentit pour freiner notre imagination, nous allons...

Communiqué de l’ADFM : Un programme gouvernemental inconstitutionnel Jan25

Communiqué de l’ADFM : Un programme gouvernemental inconstitutionnel...

Communiqué de l’Association Démocratique des Femmes du Maroc en marge du programme du gouvernement: L’Association Démocratique des Femmes du Maroc a suivi avec grand intérêt la présentation du programme du gouvernement au parlement, non seulement parce que le programme est une feuille de route pour ceux à qui incombe la gestion des affaires du pays, mais parce qu’il intervient dans un contexte particulier caractérisé par les avancées qu’a connues le Maroc dans plusieurs domaines, y compris celui des droits des femmes, ainsi que l’adoption d’une nouvelle Constitution. C’est dans cette conjoncture que nous réagissons à cette déclaration et apportons les remarques suivantes : + On ne peut pas parler d’un réel programme gouvernemental, dans la mesure où dans la présentation qui en a été faite, les indicateurs qualitatifs et quantitatifs font largement défaut. Ces lacunes structurelles empêchent le suivi des réalisations et de l’état d’avancement des plans d’action et ne permettent, par conséquent,  aucun contrôle ni reddition de comptes. Par ailleurs, le programme gouvernemental brille par la confusion entre finalités, objectifs,  moyens et vœux pieux. + La domination du discours idéologique et moralisateur qui met l’accent sur le concept d’une identité marocaine unique, spécifiée dans la dimension religieuse et l’identité islamique. Ce qui rend le premier axe inacceptable dans le programme de tout gouvernement, tant que la Constitution, une référence pour tous, a défini l’identité marocaine dans la variété et la diversité, et a fait de la citoyenneté active dans l’État de droit, le fondement du  projet sociétal, qui doit mobiliser marocains et marocaines. + Le confinement des femmes dans l’espace privé/ famille par opposition à l’espace public, en noyant leurs droits et leurs libertés fondamentales dans des considérations de cohésion ou de dissolution familiale dont la femme/épouse/mère endosserait la totale responsabilité. Cette conception...

Qu’est ce que vous avez foutu les féministes ?...

Il y a un an à peine certaines d’entre vous se levaient, fières et arrogantes, pour me jeter des cailloux et me traiter d’anti-féministe lorsque je réclamais le droit de rester à la maison pour m’occuper des enfants ! J’étais dans mon petit paradis de combat de maman à quémander plus de droit pour celles, qui comme moi, décident de leur pleine volonté d’arrêter de travailler pour choyer leur progéniture. Je déclamais mes idées selon lesquelles la place de la femme est à la maison près de ses enfants à faire des gâteaux et des bisous les premières années de vie des petits pious-pious. Je m’armais de courage pour proposer que les mères au foyer reçoivent une rémunération pour service rendu à la nation. Que des formations gratuites soient dispensées pour apprendre à accoucher, à allaiter, à devenir de bonnes mères, de bons parents. Et j’étais heureuse de recevoir les objections des « travailleuses » qui par leurs efforts du quotidien ramenaient de l’argent sur la table après maintes sacrifices pour monter dans l’échelle sociale. Je savais que l’équilibre existait et donc que mon discours trouvait son adversaire dans un débat équitable permettant de décider librement.   Aujourd’hui, je ne peux plus ! Mon combat est en chômage technique parce que vous n’avez pas fait votre travail, bande d’Incompétentes ! Je me retrouve alors à venir grossir les rangs des « féministes » moi qui vomie cette appellation que je remplace toujours par humaniste. Le féminisme est aujourd’hui rendu obligatoire pour tous, hommes ou femmes, parce que personne n’a vérifié que la parité serait bien au rendez-vous de la formation du gouvernement. Où étiez-vous quand le gouvernement se formait ? Moi j’étais à ma place de femme au foyer militante pour mes collègues femmes au foyer. Je...

في لقائنا القادم Jan21

في لقائنا القادم...

في لقائنا القادم سأدخن لسانك وأثمل بعينيك سأعيد رسم خارطتي بأناملك واغرق في شايك الأبيض…1 كطفلة سأركض بين زنابقك الثلجية وسأنصهر كشمعة على عرقك في لقائنا القادم سأؤذن لك، وآذان لك وستدورني كمسبحتك وتحيلني حطاما كسيجارتك…1 سآخدك موجا وتعيدني زبدا وستصرخ مدد ، مددا !!1 سيموت الزمان بين يدي,1 وبين يدي سيحيى ألم، وأنين، ودخان في لقائنا القادم…1   Lamiaa...

Gender and the politics of representation in the new moroccan government Jan20

Gender and the politics of representation in the new moroccan government...

The recent parliamentary elections in Morocco have led to the creation of the first ever elected Islamist government in Morocco’s history. After winning more than forty percent of the votes in the November 25th elections, the Party of Justice and Development (PJD) led by Prime Minister Abdelilah Benkirane formed a coalition government with the socialist Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), the nationalist Istiqlal party and the royalist Mouvement Populaire (MP). Benkirane’s first task as Prime Minister was to form the government by appointing ministers. After much speculation and many rumors in the press and social media, Benkirane finally introduced his cabinet on January 3, 2012 at the royal palace in Rabat where he was summoned by King Mohammed VI. The newly formed government is surprising in some respects but predictable in others. It includes controversial PJD members like Mustapha Ramid, an outspoken activist and critic who was appointed Minister of Justice despite rumors in the press that he was blacklisted by the palace. A polygamous man and the father of six children, Ramid has spoken out against limitations on freedom of the press and has argued in favor of limiting the powers of the king. A lawyer by training, he has expressed his support for the February 20th youth movement, has represented Salafi political prisoners as well as journalists like Rachid Nini, the editor of Almassae newspaper who was sentenced to one year in jail for criticizing the unfair trials of Islamists. However, the government of Benkirane, which had to be approved by the king, also includes the usual technocrats and palace loyalists who will ensure that the new government does not deviate much from the palace line or challenge the interests of the country’s elites. While there is much that could...

Libertés au Maroc: Sale temps pour les muezzins!...

Pour une fois que j’avais commencé à aimer Qandisha, voilà que le ton me fait grincer des dents! Ce n’est jamais simple de faire de l’opinion dans ce bled, je sais, mais il est simple de faire dans le ridicule, et là, ma foi, c’est du sacré bon travail, gratuit quoi que signé de belle griffe. J’ai lu le billet, l’ai relu, dans tous les sens, mais je n’ai pas trouvé d’alibi suffisant à valider la patte blanche de monsieur qui se moque/plaint de son muezzin! J’ai aussi peiné à comprendre comment est ce que, selon le commentaire de la rédaction, ce billet serait un appel à un débat de société…Alors de deux choses l’une: ou je ne comprends plus rien à rien, au plus beau pays du monde, ou alors, c’est monsieur Abdelhadi Saïdqui s’est trompé! Vous m’en direz quelque chose!   Dans son article du 17 Janvier 2012, notre poète s’indigne du dérangement que lui cause l’appel à la prière du Fajr, et je l’aurais compris s’il s’était limité à la qualité des voix des muezzins au Maroc, car c’est là une petite problématique (petite oui, parce qu’elle ne mérite pas tout ce tapage) qu’il mériterait une autant petite penchée de la part du ministère de tutelle. En effet, et au vu de leur rôle très significatifs, les muezzins doivent être sélectionnés sur une base de critères, dont une belle voix et une parfaite maîtrise des gammes musicales. Point! Un appel dans ce sens, ne saurait dépasser cette remarque, car au delà, la malversation est vite commise, et qu’elle par préméditation ou inadvertance, elle ne fera qu’alimenter un faux débat sur la liberté de culte et je ne sais quoi d’autre.   Maintenant, pour répondre à monsieur Abdelhadi Saïd, dont je respecte autant la...

فلنتذكرهم بفرح...

ذات ثلاثاء بينما كنا مستغرقين في تقليب خلافاتنا البسيطة منها والعميقة بينما كانت صراعات السياسة والمناصب تشغل البعض في حين يضيق بنا السجن الكبير ، غادرانا دون أن يتركا رسالة وداع لا لنا ولا للسجان ، لم يطرقوا حتى الباب مرة أخيرة ، كان الموت قد تأخر فعلا ولم يصدقوا مقدمه حتى خرجوا لاستقباله بحضن دافىء كيوم عيد، إنه مجد طاردوه في حياة قضياها ناسكين زاهدين بكل ما يحمله الزهد من معاني النبل ، نريد أن نبكي ولكن لا نستطيع أن نخالفهما فالموت لم يكن أبدا نهاية بالنسبة لهم وحتى الحياة لم تكن أبدا لا انتصارا ولاامتيازا بالنسبة لهما ، يريدوننا أن نتذكرهم في يوم الرحيل بفرح ، لا مكان للجنائز وللمآتم ، اليوم مغنى ، اليوم عيد ننشد فيه أغانيكما مرات ومرات ، يحق لهما أن تكون الساعات القادمة مسجلة حصريا باسميهما ، هذا أقل ما يمكن أن نفعله ونحن نرى المشهاب ينطفىء و جبال الأطلس شامخة أوتارها تصوم اليوم عن النحيب لأنه الزمن .1 أخد الاثنان حيزا من حيوات كثيرة ، بمسحات الحزن على ملامح كل مقهور ومغبون ، لكن لسنا يتامى اليوم و رويشة الذي تساءل في أغنيته  » شكون يفهمني ؟ » يحيا من جديد ، نعم يحيا مع الوتر في قلوب أثخنها الضيم والانتظار ، يحيا مع الزمن الذي لم يعد كالزمن ، محمد سوسدي سيذهب بعيدا أيضا عن كل هذا الوهم الذي يسيطر علينا في الصباح ويقتلع فراشنا في الليل كما تقول رائعة  » الغادي بعيد  » ربما بحثا عن الخليل الضائع ، وحدهم الرائعون يغادرون ويستقلون الرحلة المجانية التي لا يعرف موعدها لا إنس ولا جان .. لا يوضبون لا حقيبة سفر ولاهم يحزنون في حين يمهل الزمن الفاجر أنصاف الرجال ليمرحوا بتاريخ يكتب وينشر ثم يحتفى به ، في حين يرحل أبناءنا الشرعيون والصمت يصوت بمقاطعتهم ، هل لنا أن نذرف شيئا من الدمع على « السي محمدين »...

Lettre ouverte à mon muezzin...

Cher muezzin, Je voudrais t’annoncer officiellement, au cas où tu aurais encore un doute, que cela va faire bientôt une année que je ne dors plus. Ou presque. En effet, depuis que je me suis établi dans cette rue funeste au prolongement de ta mosquée, chaque nuit, alors que je viens d’accéder paisiblement à la phase la plus réparatrice de mon bien mérité repos quotidien, te voilà qui pousses tes cantillations au plus juste de mon tympan. N’as-tu pas honte de faire ainsi voler en éclat, jour après jour, la quiétude d’un homme honnête, ton voisin de surcroît, qui ne t’a jamais fait de mal ni de près ni de loin ? Nous sommes en vérité plusieurs dans mon cas, autant dire la majorité des habitants du quartier et un jour, tôt ou tard, tu devras répondre de tes actes. Autre fait fâcheux : J’ignore sur la base de quel critère tu as été recruté à ton poste, mais une chose est sûre : ce ne peut pas être ta voix. Ah, ta voix! Ta voix, elle est, comment dire, oppressante ! Ce dont tu es loin apparemment de te douter. Il n’est que de voir la jubilation qui sourd (si j’ose écrire – en fait, sourd, tu m’as appris à aspirer à le devenir) de ta façon de lever ton adhan si fabuleusement dépourvu d’harmoniques, de ton contentement insensé devant l’air impie comprimé dans tes poumons et transformé bientôt en nuisance sonore. C’est quelque chose quand même si tu te prends pour Bilal l’Abyssin ! « Enseigne l’Adan à Bilal, car il a une voix plus douce que la tienne », avait recommandé le Prophète à Ibn Zayd, avant de confier le minaret (enfin, le toit de la mosquée, à l’époque…) à Bilal...

Lettre à mon futur mari Jan16

Lettre à mon futur mari...

Cher Monsieur, Je vous écris comme on écrit au Père Noel. Je ne vous ai jamais rencontré et je n’ai aucune preuve de votre existence. Et comme pour le Père Noel, j’ai également atteint l’âge où l’on commence à douter de votre existence. Je vous écris parce qu’on m’a dit aujourd’hui qu’il fallait que j’apprenne à cuisiner des tagines aux petits pois et aux pommes de terre. On m’a dit qu’il se pourrait que vous aimiez ça et que si je ne savais pas en faire, cela risquait de me poser de sérieux problèmes, notamment avec votre mère. J’aimerais vous demander, Monsieur, si en effet, vous aimez ce tagine, mais comme je n’aurai sûrement pas de réponse, je vais me contenter de vous dire cela : Monsieur, je n’aime pas le tagine aux petits pois et aux pommes de terre et je ne vois donc pas pourquoi j’apprendrai à en cuisiner.   Et puis, qui sait ? Peut-être que vous aussi, vous n’aimez pas du tout les petits pois. Peut-être bien que vous n’aimerez jamais mes tagines et que vous préférerez ceux de votre maman chérie. Peut-être même que vous savez en faire, vous, des tagines aux petits pois et aux pommes de terre. Peut-être que vous savez cuisiner bien mieux que moi ! Où est-ce que je veux en venir ? Monsieur, je ne vous connais pas, je ne sais même pas si vous existez, alors pourquoi dépenserais-je de l’énergie à apprendre à faire quelque chose qui ne me servirait à rien personnellement, uniquement parce ce que cela pourrait éventuellement –mais pas certainement- vous faire plaisir ? (et puis sincèrement, entre nous, si la seule chose qui vous ferait plaisir, c’est une bonne petite femme qui vous fait de bons petits plats, il y a de fortes chances...

j’avorte…

Il est 8h30, le ciel vient de me tomber sur la tête. Assise dans ce café à côté du laboratoire d’analyses où je viens de confirmer ma grossesse, mon cerveau carbure à 200 à l’heure. Moi, qui pendant 3 ans de mariage, j’ai tout essayé pour tomber enceinte, voilà que ce fœtus dont j’ai rêvé, que j’ai imaginé, est bien installé au fond de mon utérus au moment où je ne peux pas l’accueillir. Que faire ? A qui le dire ? Comment m’en débarrasser ? Le simple fait de penser à cette dernière éventualité me fait monter les larmes aux yeux…  Mais c’est la seule option possible. Sinon comment annoncer à ma famille que j’ai un petit être innocent dans mon ventre qui ne demande qu’à vivre. Vivre, sans être traité de bâtard, sans que sa maman ne soit la pestiférée du quartier. Impensable, inimaginable, c’est tout simplement impossible. Toujours devant mon café froid, j’ai commencé à envisager toutes les possibilités pour enlever ce bébé. Tout d’abord, qui appeler ? Le père ? Pour risquer de me faire jeter comme une malpropre voulant le piéger? Non. Ma mère ? même pas dans les rêves. J’ai donc décidé d’appeler, ma meilleure amie, celle qui s’est toujours trouvée à mes côtés et qui partage tous mes secrets. A deux, entre deux crises de larmes, festival des hormones oblige, nous avons élaboré, puis écarté, puis repassé plusieurs plans d’action pour cette mission délicate et surtout très douloureuse. Option 1, la moins coûteuse : Ingurgiter des tisanes à base de clou de girofle, menthe, thym et cannelle pour déclencher les contractions de l’utérus ou préparer des décoctions d’herbes sèches (lhantita, essalmia) ou de grains de Harmel. Option 2 : Se laver le vagin en introduisant du savon...

Le vrai combat de Bassima Hakkaoui Jan13

Le vrai combat de Bassima Hakkaoui...

Au delà du fait qu’elle soit la seule femme du gouvernement Benkirane, Bassima Hakkaoui est au centre d’un grand débat sur ses véritables intentions quant au chantier de la femme au Maroc. Des féministes de tout bords, mais aussi toutes les forces progressistes du pays, doutent sérieusement de sa capacité à faire avancer la modernisation entamée depuis la célèbre réception accordée par le Roi aux militantes féministes, il y a 10 ans, et qui a balisé le terrain à l’arrivée de la Moudawana et de la loi sur la nationalité. Ces craintes ont même poussé le gouvernement pjdiste à répondre solennellement «qu’il n’y aura pas de recul sur les acquis». Entendons-nous bien : Il n’y aura pas de recul, mais il n’y aura pas d’avancées non plus, en tout cas, pas dans le sens de l’émancipation féminine selon le schéma universel. Car il faut rappeler que Mme Bassima Hakkaoui, une des têtes pensantes de ce qu’on appelle «le féminisme islamiste», a une référence idéologique à l’opposée des idées de la gauche qui est, historiquement, le socle du militantisme féministe au Maroc. Ce militantisme féministe historique se réfère à la charte internationale des droits de l’homme qui est, elle même, une résultante des systèmes politiques laïcs en Occident. Tandis que le féminisme du PJD a un référent typiquement religieux, assaisonnée à la culture marocaine. Il est presque impossible que ces deux façons de voir et de concevoir les droits des femmes soient compatibles. Au moment où les associations féministes d’inspiration universelle défendent l’autonomie de la femme et sa liberté intrinsèque, le féminisme islamiste veut émanciper la femme dans le cadre de la famille. Ce n’est pas un hasard si le programme électoral du PJD veut instaurer d’abord «une famille sereine» et ensuite «une femme reconsidérée»....

Des plateaux télé… « sexy » !...

Quatre, cinq… ? Les spéculations sur le nombre des femmes dans le gouvernement Benkirane s’animent dans les chaumières ! Jour J: Gueule de bois et douche froide généralisée! Le fatidique chiffre « 1 » tombe tel un couperet… Esseulée la Bassima Hakkaoui ! L’unique femme du gouvernement de la nouvelle alternance sauve la mise, in extremis, nous rassurera-t-on ! L’abdication de l’Istiqlal, du PPS et du MP fera date… Le soir même, une messe cathodique est prévue sur une chaîne de la place pour radoter autour du gouvernement « barbu » ! Ils étaient quatre gaillards soumis à l’interrogatoire mené « Gants de fer, mains de velours » par la journaliste bcbg ! Un barbu, un moustachu, deux imberbes et… zéro nana. Un énième scénario qui se répète dans les talkshows de nos chaîne de télé! Incompétentes aussi devant les caméras ? « Euh… elles ne sont pas toujours dispo pour venir sur les plateaux ! Vous comprenez une femme… euh, c’est brushing, permission de son mec… » Mais les partis dans tout cela ? « Chiche ! On a demandé aux partis de nous proposer aussi leurs dames ! Niet. Ils sont formels : Les hommes d’abord !» Oui mais… en attendant nos femmes sont moins fréquemment interviewées, le point de vue féminin ne fait pas l’objet de traitement spécifique, l’image des femmes véhiculée est le plus souvent stéréotypée, réductrice … Basta ! Haro sur cette représentation que nos médias font des femmes marocaines, au jour le jour: femme victime, assistée ou enfermée dans des rôles traditionnels, ou femme « pseudo moderne », souvent hyper sexualisée… Le peuple veut des plateaux télé plus sexys ! De la parité cathodique quoi !   Par Nadia Ghalia...

Ma Kahina Jan11

Ma Kahina

Je l’imaginais belle et fière, le regard charbonneux et défiant, véhémente dans sa tunique rouge et chevauchant à la tête de ses troupes. Figure de résistance, je l’imaginais tenace, intrépide et irrévocablement libre. Mais ça, ce ne sont que les élucubrations d’une jeune maghrébine en mal d’idéal à sa mesure. La Kahina, de son véritable nom Dihya, était une reine guerrière amazighe qui résista farouchement à l’occupation des Omeyyades au VII siècle. Elle tenta d’unifier les amazighs de par Afriqa Umalu. Aussi fine politicienne soit-elle, son intransigeance et quelques fautes stratégiques désagrégeront cette unité si durement conquise. Son histoire se termine sur le champ de bataille où l’ennemi la condamne à mort, sous couvert d’accusations de sorcellerie selon certains. Ce qui retient le plus mon attention dans cette histoire, c’est que sous le règne de Dihya proliférait un syncrétisme tout particulier, mêlant judaïsme, christianisme et paganisme. Ceci offrait des possibilités inouïes de diversité et de liberté des mœurs. C’est une symbolique qui me semble très actuelle, à l’heure où les débats flambent sur la question des identités nationales, notamment au Maroc avec la montée du conservatisme. Il ne s’agit pas ici de déplorer l’influence de la culture arabo-musulmane, qui est une partie intégrante de la culture marocaine. Il ne s’agit pas non plus de s’adonner à l’uchronie, cela relèverait d’un donquichottisme risible. Il s’agirait tout d’abord de considérer la question différemment. Michel Serres nous apporte un éclairage original qui remet en cause la notion même d’identité nationale. Oui, car peux-t-on vraiment parler d’une « identité nationale » ? Pour le philosophe français, il s’agit là d’une erreur logique. L’identité renvoie au “je”, à l’individu. Cet individu a certes un certain nombre d’appartenances, il appartient à une nation, il appartient à une communauté culturelle ou...

Tourabi ou l’Evoé du désaveu…...

Il aura fallu qu’un effronté téméraire ose aborder de manière non émotive la représentativité féminine au sein du gouvernement pour que l’alliance des femmes sans frontières lui tombe dessus à bras raccourcis et talons aiguilles aiguisés. Du coup, toute la pertinence de la « femme » se retrouve résumée à ce cri « d’orfraie » arpentant le côté obscur du « féminisme », venant donner raison à cet égaré de la cause féministe qui pourtant ne faisait que pointer du doigt cette façon«échevelée » dans l’expression même de ce féminisme acariâtre auquel bon nombre de femmes refusent de s’identifier. Si l’on prend ne serait qu’une petite aune de recul, on remarquerait que les esprits ont été remodelés avec une accélération notoire afin d’appréhender une nouvelle conception, disons plus universaliste, de “l’humain” depuis la date fatidique du 11 septembre, événement dont l’exploitation à outrance a permis de fabriquer des “cerveaux disponibles”. Personnellement, je ne suis pas contre cette universalisation de l’« humain », je suis même pour, si la motivation première en était la pacification de l’espèce en respect du droit de chacun conformément aux principes de l’éthique et de la morale, notions de plus en plus subjectives de nos jours. Le sens même de l’éthique et de la morale a été détourné à des fins inavouées causant par là même une putréfaction de la valeur humaine, amenant les esprits à “catégoriser” instinctivement les populations qui à leur insu sont en train d’être regroupées en “tribus“sous de fausses bannières unificatrices (femmes, occidentaux, orientaux, islamistes, homos…etc). Lors de la formation du précédent gouvernement, j’avais émis cette crainte de voir la nomination des sept femmes dans notre gouvernement se limiter qu’à une victoire de la “tribu femme” faisant office de révélateur dans cette marche, aussi désordonnée soit-elle,...

Souffrez monsieur !

Monsieur est souffrant, monsieur se meurt, monsieur s’étrangle de nous voir nous offusquer, nous indigner, geindre, râler, pester – dit-il, contre la présence d’une seule femme au sein du nouveau gouvernement de l’akh Benkirane ! Et bien cher monsieur, souffrez notre indignation, souffrez notre rage et nos écrits ;  souffrez que les choses ne soient pas si simples et que nous ne soyons pas ces petites sottes écervelées, geignardes et nombrilistes à souhaits que, dans votre papier, vous avez brossé ! Souffrez cher monsieur, ou investissez dans une bonne paire de boules-quiès car je peux vous assurer, que nous ne cesserons ni de geindre, ni de crier ! Nous ne cesserons jamais de nos droits réclamer et pour notre dignité, parité, égalité nous enflammer ! Souffrez cher monsieur, qu’aucun gouvernement, qu’aucun fait accompli ou mâle faussement zélé, ne soit à même de nous museler ou de nos yeux voiler ! Si vous étiez né femme dans le pays du soleil couchant monsieur, si vous deviez vous battre et travailler plus pour gagner moins, représenter plus de la moitié de la population de votre pays et  n’être représenté que par une seule femme au gouvernement, hériter d’office deux fois moins ; peut-être alors auriez vous été moins tenté de nous traiter de nombrilistes, d’arrogantes, de pleurnichardes ! Peut-être alors auriez vous mesuré vos palabres et nuancé vos propos, que je me permets de démonter tout de go : Qui a dit que Bassima Hakaoui avait le tort de défendre une vision conservatrice de la cause féminine ou d’accepter d’être soumise à la domination masculin ? Libre à elle de se soumettre à tout va, libre à elle de se sentir inférieure à l’homme, d’accepter l’idée que sa fille de treize ans puisse convoler en juste noce car sa poitrine aurait subitement doublé de volume...