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Des questions pour nos champions

Quel sort pour les femmes et les libertés ???

Après une longue attente ponctuée de suspens et de spéculations de tous genres, le 30ème gouvernement a été enfin nommé. Pas de grandes surprises quant aux postes ministériels : le PJD détient la part du lion. Cependant  certaines interrogations s’imposent.

Premier constat, Bassima Hakkaoui est nommée ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, soit… sauf que c’est l’unique femme au sein du gouvernement. La représentativité féminine se voit ainsi reculer. C’est le cas de dire, que le principe de parité adopté constitutionnellement est tout sauf respectédu point de vue pratique. Est-ce encore une fois l’éternelle paralysie qui consiste à promulguer une règle et être dans l’incapacité de l’appliquer, ou bien il n’y a-t-il tout simplement pas assez de femmes capables de s’imposer dans un gouvernement de type islamiste ??? Loin de moi l’idée de tirer des conclusions rapides ou simplistes, j’avoue sentir un parfum de machisme voir même de misogynie dans ce nouveau gouvernement. Notons au passage que Bassima Hakkaoui PJDiste confirmée, sera certainement fidèle au référentiel conservateur de son parti. Reste à savoir, jusqu’à quel point le sera-t-elle ???

 

D’un autre côté Mustafa Ramid est ministre de la justice mais aussi des libertés ! Alors qu’en est-il des libertés individuelles??? Si on se réfère aux déclarations d’Abdalilah Benkirane, le choix vestimentaire -par exemple-est une liberté que son parti et son gouvernement ne chercheront absolument pas à confisquer. A travers cette déclaration Benkirane cherchait à rassurer l’opinion publique mais cherchait aussi à faire oublier à ceux dont la mémoire est solide, le fameux incident qui remonte à une dizaine d’années. Rappelez-vous cette jeune journaliste qui s’est faite insulter à cause de sa tenue jugée indécente (débardeur) en pleine séance parlementaire ! Espérons alors que notre ministre se penchera surtout sur la réforme de la justice, qui est tout sauf juste au Maroc.

« Nous avons besoin de médias démocratiques, libres, professionnels et innovateurs ». Là aussi, une déclaration qui se veut rassurante de Mustafa Elkhalfi, nouveau ministre de la communication et porte parole du gouvernement. Cependant, l’efficacité  de cette déclaration ne pourra être vérifiée que dans l’avenir. J’aimerais bien croire qu’en matière de liberté d’expression les prochaines années seront mieux que celle du fameux khalid Naciri. Le mandat de ce dernier a été caractérisé par un maximum d’interdictions et le Maroc a chuté dans différents classements internationaux concernant la liberté de presse. Mais Concrètement, Pourrait-t- on, dorénavant, parler librement des sujets tabous sans avoir la notion des«constantes » penchée sur nos têtes telle l’épée de Damoclès ?  Pourrai- t-on parler de liberté de conscience, des mères célibataires, de la liberté sexuelle ??? Le tout sans verser dans un populisme et dans une démagogie de pensée unique très chère à notre société et à  nos dirigeants ??

Certains diront que toutes ces inquiétudes sont injustifiées et que le défi majeur du nouveau gouvernement est d’ordre économique : gestion de l’impact de la crise mondiale sur l’économie marocaine, réduction du taux de chômage, réforme du système de retraite, ect…

Ma Réponse : Oui, mais la liberté  et l’égalité ne sont pas moins importante que le pain. D’ailleurs C’est la seule réponse que je pourrais formuler avec certitude, pour le reste je croise les doigts.

 

Par Myriam Khouchouaa