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Maroc : le bateau ivre…

On savait que 2012 serait l’année de tous les dangers, elle est en train de tenir toutes ses promesses.

Pour être plus précis, elle est en train de payer le prix des promesses non tenues du 9 mars 2011. Incapable de véritable despotisme, mais totalement récalcitrant à la démocratie, le Makhzen est maintenant aux commandes d’un bateau entre la voile et la vapeur, mais dépourvu de gouvernail. Un bateau ivre. Cruelle ironie que celle de cette ivresse quand on a appelé à son secours… des islamistes. Mais l’heure est à la gueule de bois.

Emeutes, jacqueries, insurrections, rébellions, révoltes : les colères collectives prennent toutes les formes. Feux de forêts qui menacent de converger en un gigantesque incendie.

Les colères individuelles, quant à elles, ne prennent de plus en plus qu’une seule forme, celle de la torche humaine. Une, puis cinq, puis dix, puis on ne compte plus… Obsession Bouazizi. Abbas éteignait ces incendies en les aspergeant de dirhams, mais il n’y plus de dirhams. Pauvre Abdelilah.

Mais il n’y a pas que le feu de la colère qui se propage, celui de l’irrévérence aussi : Mouad L7a9ed, Abdessamad Haidour, Walid Bahomane… les jeunes franchissent toutes les bornes. faites les taire, ressucitez la sacralité, vite , vite, au diable le 9 mars!

Pendant ce temps, Ramid se substitue au procureur. Ministre ou substitut du Procureur ?

Il faut offrir du sang au peuple en colère. Benallou, Alioua. Petit gibier qui sent le ranci, mais le gros gibier est encore une espèce protégée… il faut faire avec ce qu’on trouve sous le bras.

Il ne reste plus que cinq mois de devises ? Vite, il faut économiser le salaire de Gerets ! Avec ça, on pourra payer au moins une journée d’importations du Morocco Mall. Et dix minutes de salaires de fonctionnaires en grève. Mais pour cela , encore faut-il connaître le salaire de Gerets. Impossible, secret d’état. Le peuple ne comprendrait pas. Ou bien il s’évanouirait : Ach khassek al 3aryane !

Économie, vous avez dit Économie? Désolé, on ne parle pas les langues étrangères, et puis, on a des choses plus importantes à faire.

Karim Tazi