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La virginité : un fantasme socio-masculin

La virginité : un fantasme socio-masculin

Posté par Hanane Almajidi le 14 mar 2012 dans Focus | 15 commentaires

La question des rapports de genre prend de plus en plus d’ampleur particulièrement quand elle est liée à la perception du féminin. A l’heure actuelle, les femmes font toujours face à une image figée qui les dépossède de leur corps et le transforme en une propriété publique. Des croyances et pratiques s’érigent en codes et lois imposant aux femmes un comportement approprié. En effet, on leur indiquant un code comportemental, les femmes l’incorporent et l’inscrivent sur leur corps. Cette stratégie serait un fantasme patriarcal dédoublé en raison de sa visée à la fois spatiale et corporelle.

La chasteté est une vertu qu’on inculque aux filles depuis leur jeune âge, elle est donc un élément constitutif dans la construction de l’identité féminine. De ce fait, un ensemble de pratiques rituelles accompagne les filles et s’accentue vers l’âge de la puberté. Précieuse autan que la vie, cette partie intérieure du corps doit être protégée pour celui qui la mérite. Cette membrane qui obstrue l’intérieur du sexe féminin est d’une importance toute particulière dans la mesure où elle détermine la vie non seulement conjugale de la femme mais aussi sa vie sociale. En revanche, les hommes ne sont pas concernés par cette « pureté sexuelle », s’autorisent des relations sexuelles avant le mariage et ne sauvegardent aucune partie de leur corps pour leur future mariée.

Il appert que la question de la virginité soit la résultante de nombreuses représentations sociales qui mettent les femmes dans un carcan orthodoxe. Alors que le texte religieux condamne toutes les relations sexuelles hors l’institution du mariage, la société s’en prend seulement aux femmes. De ce point de vue, la virginité comme code social n’a de légitimité que dans le patriarcat comme idéologie dominante. Hanté par le corps féminin, le patriarcat cherche à renvoyer ce corps derrière les fourneaux afin de garder une homogénéité de la cité dans laquelle seul l’ordre du Un règne. C’est dans ce sens que la virginité pourrait être un outil efficace. D’un autre côté, le patriarcat tend à contrôler et à dominer le féminin qui est prêt à prendre son envol sans préavis.

Certes, cette conception antinomique de la sexualité qui contrôle les femmes et libère les hommes nous met face à une structure sociale fragmentée et fragilisée. D’une part, cette distorsion sociale influence le code juridique étant donné qu’elle détermine son application. D’autre part, Les lois sont imprégnées de ce système de pensée inculpant la non-virginité des femmes. Dans ces conditions, une relecture qui lève le voile sur l’ambigüité des articles du code pénal s’impose.

Qu’elle soit consentante ou non, celle qui « perd sa virginité » est taxée d’abjection et fait face à un rejet social. Lorsqu’une jeune de 16 ans est violée et maltraitée, la juridiction préfère de la marier à son violeur. Ceci est bien entendu pour sauver l’honneur du père et des frères. La victime, de la société en premier lieu, se réduit au silence à tout jamais et ensevelit ses souffrances. Ainsi, les rôles sont renversés la victime devient le coupable et inversement.

Les femmes et les hommes sont égaux devant tous les codes exempt le code social que beaucoup d’individus portent et auquel ils accordent une grande importance. Si nous avons un combat à mener c’est celui de la lutte contre tout rigorisme et traditionalisme inégalitaire vis-à-vis des deux sexes. Car, les hommes aussi, avant qu’il soit à l’image d’un moule préconçu des virils invincibles, ils sont prisonniers de cette vision qui les fragilise et les ampute.