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Nous ne voulons plus d’autres Amina !

Nous ne voulons plus d’autres Amina !

Posté par Ranya Lamhamdi le 22 mar 2012 dans Focus | 15 commentaires

Hallucinant : Madame Bassima Hakkaoui, la Ministre Marocaine de la Femme, de la Famille, de la Solidarité et du Développement social vient de déclarer aujourd’hui que le mariage de la violée à son violeur ne lui porte pas un réel préjudice.

Certes, une telle affirmation provenant d’une Ministre conservatrice n’est pas très surprenante. Toutefois, le fait d’être à la tête d’un ministère censé défendre les droits de la femme et instaurer une certaine solidarité sociale, exige que l’on ait plus de rigueur et de vigilance vis-à-vis de tout acte portant atteinte à la dignité des femmes et déstabilisant l’ordre social, ce qui est en parfaite incohérence avec les agissements et les propos de Madame la ministre.

Marier une victime à son violeur, c’est camoufler un crime par un autre. Le plus grand préjudice que puisse subir une Femme, est de ne pas lui rendre justice, en s’abstenant de mettre derrière les barreaux celui qui l’a violée de sang-froid.

L’affaire d’Amina Filali ,la jeune fille âgée de 16 ans, ayant mis fin à sa vie en absorbant de la mort aux rats après avoir été forcée d’épouser son violeur , a fait couler beaucoup d’ancre et a suscité la fureur des féministes et activistes des Droits de l’Homme. Cette adolescente a été à la fois violée par un pédophile, par les traditions injustes de la société et par l’article 475 du code pénal, qui protège implicitement l’agresseur en l’épargnant de la poursuite judiciaire, au cas où il accepte d’épouser sa victime.

L’origine de ce malheur, n’est autre que la volonté de masquer un crime, qui ne fera que culpabiliser la victime et nuire à l’honneur de toute une famille.

Au lieu de se rejoindre aux mouvements et associations dénonçant cette injustice, Mme la ministre nous surprend par une déclaration aussi choquante et indue. Je comprends que dans notre société, rares sont les personnes qui osent dénoncer les actes de viols subis par leur proches, pour s’être épargnés du jugement de l’autre, du déshonneur, et la « f’diha ». Néanmoins, je me demande combien d’Amina faut-il pour apprendre aux gens à briser les tabous ?

Une autre question ne cesse de me hanter : si la victime était un garçon, dans ce cas ,quelle peine aurait prononcée le juge ?

Amina a été forcée d’épouser son violeur, parce que c’est une fille, et le déshonneur chez nous s’est toujours accordé au féminin…

La mort de cette jeune adolescente nous responsabilise tous , Hommes et Femmes, société civile et autorités. Soyons donc unis pour une fois, brisons le silence, agissons pour pas qu’il y ait d’autres Amina !