Non, les hommes ne nous haissent pas!...

Non, les hommes ne nous haissent pas! Posté par Nadia Lamlili le 30 avr 2012 dans De par le monde | 10 commentaires J’ai eu du mal avec l’article de la journaliste égyptienne Mona El Tahawy paru dernièrement sur Foreign Policy. Certes, l’article a créé un buzz mondial car il révèle plusieurs vérités, mais en arriver jusqu’à dire que les hommes haissent les femmes est trop exagéré, limite provocateur. http://www.rue89.com/2012/04/30/pourquoi-nous-haissent-ils-une-blogueuse-egyptienne-denonce-le-machisme-des-hommes-arabes Les problèmes de la femme arabe résultent plus d’une incompréhension entre les sexes que d’un quelconque sentiment de haine à leur égard. Si on va plus loin, on constatera que cette incompréhension résulte avant tout de l’interdiction de la mixité et de cette envie maladive qui existe chez nos régimes arabes de diviser la société : les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. En divisant les sexes, les régimes arabes veulent empêcher la tentation sexuelle. Or, en réalité, le fait de séparer les sexes n’enlève pas la tentation. Au contraire, il l’exaspère, l’amplifie et aboutit à des actes de violence dans les rapports hommes-femmes. S’il y a bien une révolution à faire dans les sociétés arabes, ce n’est pas en priorité la révolution sexuelle comme le pense Mona El Tahawy, mais plutôt la révolution éducative. Le problème de nos sociétés réside dans l’ambiguité des relations hommes-femmes. Les femmes sont amoureuses de leurs fils pas de leurs maris et les hommes sont amoureux de leurs mères, pas de leurs femmes. Cette ambiguité des relations vient du fait que les deux sexes ne sont pas suffisamment fréquentés ou dialogués dans le respect des droits et des libertés individuelles. Certes, les lois rigides et le machisme ambiant aggravent cette incompréhension, mais gardons à l’esprit qu’il y a plein de femmes qui ont éduqué leurs enfants avec...

Ne me jugez pas ! Avr27

Ne me jugez pas !

  Très souvent, on me pose des questions à propos de mon expérience : « Pourquoi l’écriture ? Qu’est-ce qui vous a inspiré ? Est-ce une écriture engagée ? Féministe ou seulement féminine ? Et puis, pourquoi ce titre ?» J’écris parce qu’il y a des choses que je veux dénoncer, réclamer, rappeler. J’écris pour être sûre que ces choses ne deviennent pas banales. Je veux toujours m’indigner, me poser des questions. Écrire, c’est ma manière de réagir. Je fustige les comportements qui nous font régresser. Et puis, je ris, j’ironise, j’exagère, parce que beaucoup de choses passent mieux quand on en rit. Je crie, à ma manière, pour faire changer des choses dans l’esprit des gens. Je ne suis pas QUE féministe. Pour moi, il n’y a pas une seule bataille à mener, mais plusieurs. Mes personnages sont des femmes, des hommes, des enfants, des jeunes, des vieux. Ce qui les relie, c’est qu’ils veulent vivre leurs vies, sans qu’on les juge. Alors oui, je suis engagée ! Je suis engagée à ce que les gens se battent pour leurs idées, pour leurs styles de vie, même si ceux-ci sont différents et qu’ils sortent de la norme. Le titre de mon livre « Ne me jugez pas ! », c’est le cri de mes personnages qui veulent vivre selon leur propre conception. C’est notre grain de folie qu’il faut cultiver. Ce sont nos artistes qui doivent être célébrés, nos femmes protégées, nos hommes radoucis, nos réflexions réformées. J’appelle à la tolérance, à l’amour, à l’entraide, à housn al jiwar*, à l’amitié, au pardon. Je suis romantique et positive, et je pense qu’il y a suffisamment de générosité, de verve et de courage pour faire évoluer notre pays. Alors, à bon entendeur, salut !...

Nod t9ra Avr26

Nod t9ra

  À l’occasion de la journée internationale du livre, le collectif « Nod t9ra », « نوض تقرا », organise, le 29 avril à 17 h, dans les villes d’Agadir, Casablanca, Errachidia, Fès, Fnideq, Marrakech, Rabat, Tétouan et Tanger, une séance de lecture collective d’une durée d’une heure. L’objectif de cette manifestation exempte de toute idéologie est de célébrer le livre en pleine rue, lui donner la place qu’il est censé occuper, faire valoir le rôle de la lecture au sein de la société. Cet évènement, qui contribuera, nous l’espérons, à briser les chaînes qui entravent la lecture au Maroc, sera ponctué d’échanges autour de nos expériences avec les livres, de nos lectures et de nos propositions. Par ailleurs, le collectif, dans le but de pérenniser ces moments de plaisir et de partage, vous proposera des rendez-vous mensuels de lecture dont le programme sera communiqué sur notre page Facebook, accessible depuis le lien suivant : https://www.facebook.com/#!/events/339109486156841/. À Casablanca, la manifestation « Nod T9ra » aura lieu place des Nations Unies, devant le tribunal de première instance. En ce qui concerne les autres villes, toutes les informations sont disponibles sur la page Facebook « Noud Te9ra ». Soyez nombreux à nous rejoindre ! Et bonnes lectures ! Collectif Nod...

J’accuse le consulat français de Casablanca d’avoir volé mon droit de vote Avr25

J’accuse le consulat français de Casablanca d’avoir volé mon droit de vote...

J’accuse le consulat français de Casablanca d’avoir volé mon droit de vote Posté par Hanane Oulaillah le 25 avr 2012 dans Droit | 5 commentaires Lettre ouverte à Monsieur Pierre Voillery, Consul de France à Casablanca. Fait à Casablanca, le dimanche 22 avril Monsieur Voillery, Je m’appelle Hanane Oulaïllah, je suis Française d’origine marocaine installée au Maroc. Je vous écris aujourd’hui pour vous manifester mon immense colère et frustration parce que je n’ai pas pu voter dimanche 22 avril lors du premier tour des élections présidentielles au Lycée Lyautey à Casablanca et j’accuse le consulat français de Casablanca d’avoir volé mon droit de vote à cause d’une erreur administrative. Cela fait 5 ans que je suis installée au Maroc et enregistrée auprès du consulat français de Casablanca. Lorsqu’on m’a annoncé que je n’étais pas sur les listes des votants, je n’y ai pas cru mes oreilles. Colère et larmes m’ont soudainement envahi. L’ironie dans cette affaire est que l’employé du consulat qui m’a reçu au bureau des réclamations au Lycée Lyautey, censé se charger des dossiers des personnes qui n’ont pas voté, est le même employé qui avait renouvelé mon passeport quelques mois plus tôt au consulat. Lors de ce rendez-vous pour mon passeport, je lui avais demandé de vérifier si j’étais bien inscrite pour les Présidentielles et Législatives. Il m’avait répondu que j’étais bien inscrite et que je n’avais pas de souci à me faire. Mais alors comment expliquer que je n’ai pas pu voter lors du premier tour ? Ce même employé m’avouera, avec un petit sourire narquois, que c’est une erreur administrative. Une erreur grave du consulat qui m’a volé ce que j’avais de plus cher en tant que citoyenne française : mon droit de vote. Je me suis sentie vidée,...

Les « Prassons » du Royaume ! Avr23

Les « Prassons » du Royaume !...

Vous avez tous regardé ou entendu parler de la vidéo du « Prasson », celle où deux petits écoliers Marocains, très fanatiques du football, parlent innocemment à un jeune homme entrain de les filmer. Ce jeune, demanda à l’un de ces enfants de lire ce qui est écrit sur le t-shirt de son copain, le petit commença à épeler les lettres   , « êtes = Z, D= T, i=L … », et le tout selon lui, donne « LE PRASSON ». Alors qu’il s’agissait en fait  de «  ZIDANE ». Cette vidéo qui provoque autant de  rire que d’effarement, n’est pas unique en son genre, vous  trouverez facilement une dizaine d’autres sur internet, où des Marocains  ayant eu « la chance » de comprendre le Français, mènent des discussions avec des enfants moins chanceux, qui représentent un bon nombre de victimes de notre système éducatif national, juste pour le plaisir et le fun. Le fameux Prasson a créé un véritable buzz, au point de  réussir à  rencontrer  certains  joueurs du Raja , son équipe  favorite, et à prendre des photos avec eux. Des jeunes sont même allés jusqu’à lui dédier une page officielle sur Facebook. Dans cette même vidéo, le petit môme montre à la caméra son bras pleins de cicatrices, témoignant de son usage de la drogue ou « l’kala » d’après ses  innocentes affirmations.  Comme tous ceux qui ont regardé la vidéo, j’ai eu un énorme fou rire. Mais peu de temps après, je me suis posée la question de savoir ce qui pourrait m’amuser en voyant un petit garçon, soit disant écolier, incapable de lire des lettres alphabétiques, et en parfaite connaissance des résultats du Raja. Ce garçon est un  échantillon très représentatif de beaucoup d’enfants  de son âge, j’en ai rencontré des dizaines lors des ateliers que j’encadrais dans des écoles publiques,...

Les islamistes (v)ont-ils volé(er) la révolution ?...

  Réponse à l’article   « Démocratie » ou «   dictature de la majorité » ? Suite à la lecture de l’article proposé par M. Kamal Abdelilah, je me devais de réagir face à tant de contre-vérités et d’analogies faites sans aucune contextualisation ni même preuve d’une quelconque connaissance du contexte iranien. Les progressistes médiatiques hégémonistes ont tendance à relayer l’idée qu’après le printemps arabe, est venu l’hiver islamiste.Pour se faire je répondrai point par point, en inversant enfin le regard accusateur porté sur les islamistes. Non pas que je sois islamiste, au contraire, militant politique dans un parti de gauche, jeune issu de la classe moyenne supérieure, poursuivant des études universitaires et féministe, je suis ce que l’on peut appeler un héritier, profondément séculier, mais également profondément attaché au principe d’honnêteté intellectuelle : pour changer les choses, il faut d’abord se changer soi-même et profondément, en lutte contre le « ce n’est pas moi, c’est les autres ». L’auteur se réfère à la révolution française de par sa popularité au sein de la société civile. C’est en effet ce qui a manqué aux révolutionnaires partout dans la zone Maghreb/moyen-orient pour parvenir à dessiner une société plus juste. Ceci étant dit, cela est-il la faute des partis islamistes ? Non absolument pas, ces mêmes partis islamistes, que l’on diabolise, servent à masquer la pauvreté intellectuelle et militante de celles et ceux qui se prétendent « élite ». En effet, les partis islamistes via des associations caritatives ont su s’organiser pour aider les plus démuni-e-s. Et ce notamment en période de catastrophes naturelles, de grande misère au quotidien, là où les élites progressistes se réunissaient dans les salles fermées à débattre des idées. L’auteur tente la comparaison, trop évidente, avec l’Iran d’après 1979. Il est profondément facile, hasardeux et...

Vos papiers s’il vous plaît ! Avr18

Vos papiers s’il vous plaît !...

Vos papiers s’il vous plaît ! Posté par Fayrouz Lamani le 18 avr 2012 dans Droit | 28 commentaires C’est aujourd’hui un fait avéré : Nous vivons dans une société rongée par la schizophrénie et gangrénée par la corruption. Evoluant dans un contexte à deux vitesses, entre tabous et libération des mœurs, entre traditions et modernité, nous avons développé une personnalité à géométrie variable en accord avec notre société. Quelque part au milieu de ce marasme, se trouve notre rapport ambigu à la mixité. Les relations hommes-femmes sont toujours difficiles à gérer au Maroc. Elles sont souvent suspectes si elles n’entrent dans aucunes de ces deux cases : Liens de mariage – liens de parenté. Elles sont d’ailleurs tellement suspectes que beaucoup ont déjà vécu ce moment surréaliste où on se retrouve à justifier, devant un agent de police, pourquoi l’être en notre compagnie est de sexe opposé, alors que rien de légal ou familial ne nous lie à lui. N’ayant jamais vécu ce moment tragi-comique, je demande autour de moi. Les expériences fusent. Une collègue mariée, me dit avoir été accusée d’atteinte à la pudeur parce qu’elle a fait la bise à son mari en le déposant à la gare. « Mon mari est resté calme, mais au final, ce qui nous a évité le passage au commissariat, c’est que l’agent a fini par remarquer que j’étais enceinte et nous a donc laissé partir après une leçon de morale !». Une copine célibataire m’explique : « Tu vas rarement arriver à la case commissariat, ce n’est pas le but, le but est de te faire peur et de te faire raquer. Tu sais que tu ne fais rien de mal, tu tentes l’argumentaire de la raison ou tu expliques qu’on vit dans une...

Qui me protège de la police?...

  « La police est au service du peuple », dit-on. Le tout est de savoir de quel peuple il s’agit ! « Ne t’énerve pas Fedwa. ça devait bien t’arriver une fois dans ta vie… », me dit le pauvre ami qui m’a rendu le service de me ramener chez moi, au lieu de me laisser prendre ce taxi patibulaire. Il essayait certes de rigoler pour apaiser la tension, surtout après toutes les menaces à peine masquées qu’il s’est pris de la part de deux racketteurs en uniformes. La soirée était décidément trop bien pour finir en beauté. L’anniversaire d’une amie, une bande d’amis hilares et un dernier verre chez elle pour achever de lui souhaiter tout le bien qu’elle mérite. En sortant, vers les coups de 2h du matin, j’évite à des amis de faire le grand détour pour me déposer, en demandant ce service à la personne qui habite le plus près de chez moi. Quoi de plus normal? Très cher ami, pardon ! Je n’ai jamais pu imaginer que je puisse une tare. Je n’ai jamais cru pouvoir être un motif de menace de foutre ta carrière en l’air, ni de te trainer menotté au commissariat. Mais que veux-tu? Je ne suis qu’une femme moi… Je ne peux qu’être de moeurs légères et de vertue aussi petite que ma robe, n’est-ce pas ? Dès que nos deux motards nous demandent de nous arrêter, je sors le plus naturellement de la voiture pour assister à l’examen de nos pièces d’identité et pour répondre aux éventuelles questions de routine. À peine le nez dehors, le plus gros d’entre les deux, me demande de regagner la voiture en employant un ton grossi pour l’occasion. Je n’ai pas encore le temps de rétorquer, que...

« Démocratie » ou « dictature de la majorité » ? Avr16

« Démocratie » ou « dictature de la majorité » ?...

  Parler de « printemps» pour décrire les soulèvements dans les pays arabes est, pour le moins qu’on puisse dire, trop optimiste. L’euphorie de la victoire contre des régimes dictatoriaux est en train de céder la place au cafouillage politique, au désenchantement social et à la montée déferlante des forces les plus conservatrices et les plus rétrogrades dans ces pays. Les grandes révolutions dans le monde (telles que la révolution française, la révolution bolchévique, la révolution chinoise, la révolution en Afrique du Sud, etc….) ont été souvent adossées à un référentiel idéologique, à une philosophie avant-gardiste et à une vision claire de ce qu’on voulait construire (abstraction faite de la justesse ou de l’opportunité de ces idéologies). Ces révolutions étaient aussi menées par des guides et des personnalités qui bénéficiaient d’un large soutien populaire et d’une aura – méritée ou usurpée – ce qui leur donnait en tout cas une marge de manœuvre pour sortir leurs pays du chao qui suit inévitablement les révolutions violentes. Les révoltes arabes de 2011 quant à elles, avaient (et ont encore) pour but de faire tomber des régimes, mais sans avoir aucun projet fédérateur alternatif, et sans avoir une vision unanime relativement à la suite des événements. Chaque groupe, chaque organisation, chaque individu, avait et a toujours sa propre conception plus ou moins précise de ce que l’avenir devrait être. Une situation similaire a été vécue lors de la révolution Iranienne de 1979, à laquelle avaient contribué les communistes, les libéraux et les défenseurs des droits de l’Homme, avant de se faire tous massacrer ou museler par le pouvoir théocratique des Mollah. Le même scénario peut se répéter dans les pays arabes car nous sommes en présence d’ingrédients semblables : 1) la grande majorité de la population vit...

Betty et le divorce Avr13

Betty et le divorce

Betty et le divorce Posté par Ghita Lamharzi le 13 avr 2012 dans Focus | 10 commentaires Nom : Batoule pour ses parents et l’état civil, Betty pour le reste du monde. Âge : Ça fait des années que son horloge biologique s’est arrêtée à 26 ans. Statut : Divorcée mais ouverte aux propositions. Nationalité : Marocaine mais quand ça l’arrange. Hobbies : Le chouffing et pratique de temps à autre le nguirisme. Divers : Se dit ouverte d’esprit, émancipée, autonome, et indépendante sur tous les points, quand ça l’arrange aussi. Mais dépendante de sa mère, du chocolat, du shopping, de la cigarette et des culbutes. Ca y est enfin, je me réveille et je suis DI-VO-R-CEE. Ca a été dur avec cette nouvelle Moudwana, car maintenant c’est mon mari qui demande la pension alimentaire : ewa safi hia li b9ate!!!!! Je me réveille le cerveau en compote mais plein de bonnes résolutions. C’est à peine si je peux siroter mon café, siffler ma cigarette du matin et me préparer pour le boulot. Il faut dire qu’il était temps. Quand même, un mois de congé essayant de sortir de ma pseudo-dépression, allant voir mon psy chaque jour et le harcelant au téléphone à tout bout de champs ; à croire que c’est lui mon ex, quoique j’aurais bien aimé me taper mon psy… Mouhim passons ! Après les « saluts » et les « fayene ghbourek», les questions sur mon nouveau statut fusent et infusent. Entre les « meskina,tu es encore jeune et tu es non seulement célibataire mais pire DIVORCEE » ou encore les « c’est toi qui l’a cherché ! Quand même tu aurais pu tsebri… inna allah ma3a sabirine!!! ». Passons aussi les regards prédateurs des mâles de ma boîte :...

Le regard assassin

Le regard assassin Posté par Un homme le 12 avr 2012 dans Qandil’homme | 15 commentaires « L’Enfer, c’est les Autres », disait le grand Sartre (Jean-Paul, du prénom) … Aujourd’hui, on pourra presque attribuer ce « autres » aux Marocains. La tentation est on ne peut plus grande. Très souvent, une vue d’ensemble sur la société Marocaine permet de dresser un constat macabre : Cette société est malade, malade d’un complexe et d’un malaise profond vis-à-vis de l’autre, et plus spécialement du regard de cet autre. A vrai dire, les gens ont du mal à assumer leur faits et gestes, voir leur idées. Tout leur agissements restent donc tributaires du « socialement correct » et de sa bénédiction, une hypocrisie, un conformisme pesant, rétrograde, voir meurtrier qui s’installe dans les mœurs… Dans un tel environnement, se revendiquer de choses tel que l’humanisme, les droits de l’homme, la laïcité, voir du féminisme est susceptible d’attirer les foudres de tout ces yeux à l’affut : Il faut bien un certain courage et une indépendance vis-à-vis de la pensée unique pour ne pas se sentir obligé d’adhérer à la « norme » traditionaliste, tellement le poids de la société et de l’impact de son regard est présent et pesant sur la vie de tout les jours de tout un chacun. Nous avons la les symptômes d’un renfermement, un « communautarisme » , et un ordre moral ambiant, un état de fait qui a été meurtrier dans le cas d’une certaine Amina Filali , par exemple… Ce qui me révolte le plus dans cette tragédie, ca n’est pas l’arrogance d’une Hakkaoui qui minimise les faits, ni un Ramid qui, lors d’un plateau télé, défend le mariage des mineurs (ou alors, disons le clairement : la pédophilie !...

يومياتي مع رجال...

الثامنة صباحا… من كل يوم جاري، منذ سنة و أنا أعبر أمامه كل صباح الدّرج و لا أعرف اسمه و لا تفاصيل وجهه و لا يعنني ذلك لكنّ كلّما تقاطعت خطواتنا صعودا أو نزولا التفتت إلى لحيته الكثة مرتديا جلابيب تقصير ذو سحنة سمراء يبادلني باقتضاب السلام و يغطُّ رأسه أسفل الدّرج ثم يلتصق بالحائط و يمرّ تاركا لي رسائل احترام كبير و بغض بصر يتحاشى جسد الشهوة العابر بسرعة نحو الباب .. ليلا على الشرفة أجد الكثير من أعقاب سجائره على الأرض ، وحين أصعد في كل مرة لأشتكي لزوجته عن معاناتي الكبيرة من دخان السجائر و بقاياه التي لا أدري كيف تبيح له لحيته فضميره أن يلقي بها على شرفتي دون أن يكون في ذلك وقار و احترام يدّعي الإنكار و بأنه لا يتوجب علي التحدث معه لكوني حرمة ! تكتفي زوجته البشوش بالاعتذار و بتسويف و تغديد..أن الغد سيكون دون سجائر.. الثامنة و عشر دقائق زميلي عبد العزيز المدرس الذي يسكنه الحشيش من الوريد إلى الوريد، رجل يتعدى عمري أضعافه يستقبلني و الصباح بابتسامته البشوشة المصطنعة بفعل التخدير ،وأثناء رحلاته المكوكية إلى عالم الإدمان يحكي لي كثيرا عما رآه في حياته ،أعتبره قناة ناشيونال جيغرافيك متنقلة !! لا يكفّ عن إلقاء خطب الحديث و القرآن و عن المرأة و عن الإحتباس الحراري، و فعلا رغم عيوبه التي لا تعد و لا تُحصى و رغم مشاحناته اليومية مع المدير فإنّي لم أر رجلا يحترم و يقدر زوجته مثله ! كلّ مرة يعدني فيها بأن يزوّجني ..و في كلّ مرة أمازحه : أين الرجل؟ يجيب بنبرة ساخرة ..لا أحد سيستحقّكْ (ولستُ متأكدة من ذلك حقّاَ)) الإستراحة أستاذة أستاذة..عبد الغني ضربني و قال لي كلاما فاحشا أهرول ..آجي انتَ ! لما في كلّ مرة أضطر لأن أفهمك أنه يجب علينا احترام أخواتنا و صديقاتنا ، هاته المرة طفح الكيل فلتأتِ بوليّ أمرك ! يهزّ...

Je suis Tunisienne et j’ai le CHOIX...

  « Le seul mauvais choix est l’absence de choix. » Je suis tunisienne Je ne suis pas voilée, je ne porterais pas le voile : c’est mon choix. Je respecte celles qui le portent, elles ont leur raison, c’est leur choix. Je fume, c’est mauvais pour ma santé, je continue à le faire, c’est mon choix. J’aime me sentir belle, être belle, coquette, bien habillée et à la mode : c’est mon choix. J’ai fait des études car mes parents m’ont expliqué (et je l’ai compris plus tard) que c’était la seule voie de sortie, la meilleure manière d’être autonome et aussi le moyen le plus intelligent et efficace de m’impliquer au développement de mon pays : j’ai passé des heures et des heures à assister au cours, réviser, lire ; m’informer… pour enfin décrocher un travail… Je travaille et mon boulot ; je ne le cèderais JAMAIS à un homme sous prétexte que cela permettra de résoudre le problème du chômage : je dis NON et c’est mon choix. J’ai des amis hommes : des copains d’enfance, des voisins, des confidents, je les aime et je tiens à eux : c’est mon choix. J’ai des amies femmes : elles sont toutes aussi différentes les unes des autres : de la timide, sage, intellectuelle, intelligente, sotte, rigolote, dévergondée, zaabana, tahfouna, bahbouha, tayara, kafeza et j’en passe …je les aime pour ce qu’elles sont…c’est leurs choix. Mes amies sont des battantes : elles travaillent (certaines sont femmes de ménage, d’autres travaillent dans des usines, d’autres sont infirmières, médecins, fonctionnaires), ou ne travaillent pas : c’est leur choix. J’ai des amis de toutes confessions : on se respecte mutuellement, on ne parle pas forcément de religion quand on a l’occasion de se voir : on...

3 questions à Catherine Graciet (co-auteur de « Le Roi prédateur ») Avr09

3 questions à Catherine Graciet (co-auteur de « Le Roi prédateur »)...

  Quelles sont les conséquences pour la société marocaine de l’absolutisme économique que vous décrivez dans votre livre ? La première d’entre elle est de transformer les citoyens marocains en clients des entreprises royales. C’est absolument scandaleux et cela ne passe d’ailleurs plus auprès de pans de plus en plus larges de l’opinion publique marocaine comme on a pu le voir sur les pancartes des manifestants du 20 Février et comme on le voit lors des émeutes qui explosent régulièrement dans différentes villes du royaume. Autre conséquence de l’absolutisme économique : un climat des affaires malsain, ce qui constitue clairement un frein aux investissements étrangers au Maroc. Et cela se voit au niveau des chiffres : selon l’Office des changes marocain, les investissements directs étrangers (IDE) au royaume ont chuté de 35% en 2011. C’est énorme et cela ne s’explique pas uniquement par la crise économique. En effet, l’absolutisme économique de la monarchie marocaine fait que les entreprises royales qui interviennent sur des secteurs rentables ne tolèrent aucune concurrence sérieuse. Le jeu est faussé d’avance. C’est par exemple le cas avec La Centrale Laitière qui mène depuis longtemps une véritable guerre contre Jaouda ou de Lesieur (avant sa vente) qui a tenté d’éjecter Savola du marché de l’huile. Pour parvenir à leurs fins, les entreprises de Sa Majesté n’hésitent de surcroît pas à instrumentaliser la justice pour obtenir gain de cause lorsqu’un concurrent en réfère aux tribunaux. Ces mauvaises manières rebutent les investisseurs qui sont lucides. Dans quelle mesure les revendications de l’année 2011 au Maroc ont-elles été comprises et prises en compte par le Palais ? En 2011, les manifestations du mouvement du 20 Février et l’onde de chocs des révolutions en Tunisie, en Egypte, en Libye et au Yémen ont contraint le...

Nadia, célibataire, ignorante, enceinte…...

Ce qui suit est une histoire vraie. Ce n’est pas une histoire sur l’avortement, c’est une histoire sur l’ignorance et le manque d’éducation sexuelle qui a brisé la vie d’une jeune femme. Dans une société où « Hchouma! » est le maître mot. Éduquer nos petites filles doit devenir une priorité. « Je m’appelle Nadia. J’ai 33 ans, je suis femme de ménage chez une famille à Casablanca. Je m’occupe de leur petit, fais le ménage et la cuisine. Je viens d’une famille très pauvre. J’ai 3 grands frères chômeurs, je suis la seule à subvenir aux besoins de ma famille. A 33 ans, je rêve encore de me marier et de fonder une famille. Je regarde toutes ces séries turques et mexicaines qui passent à la TV et je me dis que mon prince existe quelque part à Casa. Je l’ai rencontré un dimanche, il prenait soin de moi. On s’est vu à plusieurs reprises. Il m’a promis le mariage, il avait l’air sérieux. Un jour, il m’a proposé d’aller chez lui. Euphorique à l’idée qu’il puisse devenir mon mari, j’ai accepté. Une fois chez lui, je me suis laissée aller à ses caresses. C’était tout nouveau pour moi. Personne ne m’en avait jamais parlé auparavant.  Il ne m’a pas violé. Non, il n’y a pas eu acte sexuel. On s’amusait, c’est tout. Je continuais de le voir chaque dimanche comme d’habitude. Un jour, j’ai commencé à avoir mal au ventre. Je n’avais plus eu mes règles depuis plus de deux mois. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je vomissais tout le temps sans raison. Ma patronne m’envoya voir un médecin. Le verdict tomba : j’étais enceinte. Mon dieu, mes frères me tueraient au bled. Mon père me renierait… Mais on va se marier, tout ira bien....

Nadia, célibataire, ignorante, enceinte…...

Ce qui suit est une histoire vraie. Ce n’est pas une histoire sur l’avortement, c’est une histoire sur l’ignorance et le manque d’éducation sexuelle qui a brisé la vie d’une jeune femme. Dans une société où « Hchouma! » est le maître mot. Éduquer nos petites filles doit devenir une priorité. « Je m’appelle Nadia. J’ai 33 ans, je suis femme de ménage chez une famille à Casablanca. Je m’occupe de leur petit, fais le ménage et la cuisine. Je viens d’une famille très pauvre. J’ai 3 grands frères chômeurs, je suis la seule à subvenir aux besoins de ma famille. A 33 ans, je rêve encore de me marier et de fonder une famille. Je regarde toutes ces séries turques et mexicaines qui passent à la TV et je me dis que mon prince existe quelque part à Casa. Je l’ai rencontré un dimanche, il prenait soin de moi. On s’est vu à plusieurs reprises. Il m’a promis le mariage, il avait l’air sérieux. Un jour, il m’a proposé d’aller chez lui. Euphorique à l’idée qu’il puisse devenir mon mari, j’ai accepté. Une fois chez lui, je me suis laissée aller à ses caresses. C’était tout nouveau pour moi. Personne ne m’en avait jamais parlé auparavant. Il ne m’a pas violé. Non, il n’y a pas eu acte sexuel. On s’amusait, c’est tout. Je continuais de le voir chaque dimanche comme d’habitude. Un jour, j’ai commencé à avoir mal au ventre. Je n’avais plus eu mes règles depuis plus de deux mois. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je vomissais tout le temps sans raison. Ma patronne m’envoya voir un médecin. Le verdict tomba : j’étais enceinte. Mon dieu, mes frères me tueraient au bled. Mon père me renierait… Mais on va...