Oui, je suis homosexuel, mais pas que…...

Petit, je n’aurais jamais imaginé que ma vie serait ce qu’elle est maintenant. Je n’aurais jamais imaginé que j’aurais à faire des choix et des compromis que personne ne devrait avoir à faire. Je n’ai jamais voulu que mes choix de vie représentent la moindre cause, quelle que soit sa nature. Je suis quelqu’un d’extrêmement individualiste et j’aurais aimé avoir le droit de le rester. Malheureusement, la vie en a voulu autrement. Devant cette situation, le rationaliste que je me targue d’être, sait qu’il n’y peut rien et que la résignation est la seule façon d’avancer, mais l’être humain que je reste, malgré tous mes efforts de distanciation, ressent une amertume et une aigreur indescriptibles. Cette amertume que l’on ressent devant l’aléatoire des choses, cette aigreur qui vous annihile jusqu’à l’envie de vivre. Je suis en colère. Je suis en colère, et c’est triste, mais ceci ne changera rien du tout. Je suis en colère contre le monde entier. Je suis en colère contre moi-même, surtout. Je m’en veux de ne pas avoir quitté le Maroc quand j’en ai eu l’occasion ; je me console en me disant que, à 18 ans, on ne sait pas vraiment prendre les bonnes décisions. Toutefois, l’amertume demeure. Que c’est malheureux de se retrouver réduit à voir les gens vivre leurs vies ! Et, en tant que jeune homosexuel marocain, c’est essentiellement tout ce que je fais. Mes ambitions, mes désirs sont conditionnés par une pléthore de paramètres que je ne peux contrôler. L’arbitraire est si dur à accepter. Devoir jongler entre famille, connaissances, camarades de classe, amis d’enfance, amis récents, amis tout court, voisins, etc. est consumant. Savoir que toutes ces relations humaines, durement bâties et entretenues, peuvent s’écrouler au moindre  »faux-pas » de ma part est dévastateur....

المزيــدُ من أَمِينــــات…المزيـــدُ من وأد الأُمْنيّــــات 
 Mai28

المزيــدُ من أَمِينــــات…المزيـــدُ من وأد الأُمْنيّــــات 
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و الدور آتٍ على منْ؟؟ أظنّ أنّ كل امرأة هي الآن مشروع للإغتصاب بامتياز؛ فقدتُ تلك النظرة الورديّــة في العيش مع نصفي الثاني بكرامـــة، فأنا اليوم مطالبة بالحذر أكثر، بتّ أصعَدُ سلم العمارة و كلي وساوس من مترصد لي خلف الطوابق، و إن ركبت الحافلة و جلس بجانبي رجل طلبتُ من السائق رجاء إبدالي حيث تجلس فتاة و حتى حين أتجول بتّ لا أتعدى الساعة السادسة (وقت خروجي من العمل أصلا) حتى لا أحاسب نفسي عن التجول في مدينة لا نورٌ في شوارعها و لا ذكر واعٍ.  1 صدّقوني تفاصيل الخوف لم يكن وليد مرض نفسي عابر أو نتاجا لموقف سخيف وجب علي تجاوزه ؛ فروايات عديدة بلسان المتحرشات و في الأخبار جعلت الأمر متفشّ لدرجة أنه لم يمر عليّ يوم واحد عن ضجة أمينة لأجدني في موقف لا يحسد عليه، و ترجع الوقائع ليوم سبت حين تعرّضت للتحرش من »صغير » يسكن بحيّنا ؛ كنتُ أعتقدُه « صغيراَ » لولا موقف تحرشه هذا ؛ فما علمتُ قطّ متى تربت له ذقن الخشونة و متى تنامت عضلات الإهانات ؟  ربما كان التقاطي لمثل هاته التغيرات الجسمانية نقص معلومات و تربية ؛ فهم علّموني من وظيفتي أن أكون بين تلامذتي كأُمّ مُربيّــة لا كمُدرّسة ؛ و كأخت في العمل قبل أن أكون الزّميلة ؛ أعاملُ الكلّ بابتسامة استباق النيّة الحسنة كما تربينا أن « الإبتسامة في وجه أخينا المسلم..صدقة ». كُنتُ أظنني بابتسامتي العادية جدّاَ قادرة على إضفاء الهدنة على من أعرفهم و من لا أعرفهم، هي ابتسامة ككل النساء الكادحات بحجاب أو بدونه، ككل أقنعة الروتين حين نرسم القليل من السلام على وجوهنا المتعبة /الفرحة، كنتُ أظنّ أني أبتسم لهذا الولد « الصغير » في نظري، « الفحل » في نظره و كأنني أنظر إلى تلامذتي ممن داهمتهم المراهقة على غفلة منّي و كبروا مرة واحدة دون أن أعي و دون أيضا أن ترى الأم الساكنة بين أضلعي أن صغارها يظلون صغارا مهما فرُع...

Bassima : parle pour toi! Mai24

Bassima : parle pour toi!...

Bassima, j’avais besoin de me raconter et de le dire, c’est comme une thérapie : « Bassima, tu m’énerves ! tu m’énerves ! tu m’énerves ! » Ce n’est pas faute d’avoir essayé, je te promets, j’ai essayé de comprendre, de déchiffrer, de te donner une seconde chance pour que tu t’expliques, que tu te rattrapes. Mais à chaque fois que tu t’affiches, tu t’enfonces, tu t’enfonces tellement que pour arriver à t’atteindre, il faudrait des cours de plongée et un scaphandrier ! Bassima, j’avais déjà rompu avec toi depuis la première bourde : « une fille de 13 ans, paraît-il, est mariable si elle a un corps de femme ! » Ayant eu mes règles très tôt, et le corps de femme qui va avec, je peux te dire qu’à treize ans, sous l’apparence « lolita », on a toujours le cœur et l’esprit d’une enfant. Ce corps qui nous échappe est déjà un drame en soi, il nous limite, vole d’une certaine manière nos plaisirs d’enfant, avec les regards libidineux du voisin de pallier de « moul piceri », de notre crétin de camarade et de quelques professeurs… on nous confisque notre enfance et notre innocence d’un seul coup. Alors un mariage reviendrait simplement à « assassiner » l’enfant en nous pour toujours. Quel horrible crime ! Puis, je me suis dite que : bon, on dérape tous à un moment de notre vie, notre pensée peut nous dépasser, ou être mal formulée ou mal comprise, allez ! J’attends une autre sortie médiatique ou une déclaration qui rattrapera la bévue. Et là, le coup de massue, la déclaration surannée et surréaliste qui fait que ma rupture avec toi est définitivement consommée : « il paraît, que marier une violée à son violeur ne porte...

Moi, femme, marocaine, musulmane et esclave...

On a tous fait un jour ce rêve d’un long couloir sombre avec à son terme la lumière, une lumière inaccessible, si proche et pourtant si lointaine. J’ai l’impression de vivre dans ce rêve. Pour certains, ce songe tiendrait plus du cauchemar que du rêve, pourtant c’en est un de rêve, car je caresse l’espoir de pouvoir atteindre, un jour, cette lumière tant convoitée. Si elle venait à s’éteindre, les choses en seraient certainement autrement, mais pour l’heure, elle est là cette lumière, elle est en chacune d’entre nous. Cette révolte pour une égalité morale et spirituelle. Moi, femme, marocaine, musulmane et esclave. Femme et marocaine, je le suis, musulmane je l’ai choisie, mais esclave je n’y consens ! J’ai le malheur d’être née femme dans un pays où seuls les hommes ont le droit au choix. Victime de la misogynie, j’ai laissé mon cœur et mon âme manifester leur mécontentement. Je me suis découverte féministe le jour où j’ai découvert le désir. Un désir si profond de vivre, d’avoir le choix, d’aller au-delà de ce que les autres se sont sentis le droit de m’imposer. Aujourd’hui, je me rêve en femme libre de son corps et de son esprit, capable de renverser l’état des choses et se proclamer libre. Cette femme que je suis au fond et qui jusqu’ici n’a pas eu le courage de manifester son existence au monde. A la fois rongée par le remord de ne pas être à l’image de ce que l’on attend d’elle et pourtant jubilant d’avoir su enfin faire l’effort de réfléchir par elle-même et de dire non, quand tout ce que l’on attend d’elle c’est qu’elle consente sans s’indigner. J’ai ouvert la porte, je me suis laissée pénétrer par cette conviction, si forte et si profonde, que j’étais...

Le viol disiez-vous? Mai17

Le viol disiez-vous?

Dernièrement, avec le cas Filali, on parle de plus en plus du “viol”, ce mot est scandé sans cesse. Un tabou jusque-là scellé, entre culpabilisation et honneur, s’est montré au grand jour. Mais les Marocains comprennent-ils vraiment la signification du mot ? En regardant un micro-trottoir sur une chaine marocaine, j’ai commencé à en douter sérieusement. “Le viol est inacceptable, même lorsqu’il est voulu…”, “Le violeur et la fille doivent tous deux être punis »… et j’en passe de phrases contradictoires entendues auprès du Marocain lambda. Alors c’est ainsi que conçoivent les Marocains le viol? Sans vouloir insulter l’intelligence de qui que ce soit, c’est bel et bien le cas d’une tranche encore très large de la société marocaine. Ce problème de compréhension n’est pas une déficience, c’est un produit culturel complexe. Reste que ce genre d’incompréhension est le plus souvent criminel. Grande confusion : le viol et le rapport sexuel Ce qui ressort dans la plupart des témoignages est une confusion majeure entre le viol, qui est un acte sexuel subi, non voulu, qui est une forme de violence imposée à autrui, et le rapport sexuel qui, comme son nom l’indique, évoque l’idée d’une réciprocité et donc d’un acte librement choisi. Pour ce Marocain (et cette Marocaine!) là que j’ai entendu au fil des témoignages, le viol désignerait tout rapport sexuel prémarital, voulu ou non, ou plus exactement : toute rupture de l’hymen par laquelle l’honneur de la femme en question (et donc sa valeur, s’entend) se retrouve dégradée. Dans cette conception-là, on résume arbitrairement la valeur d’un être humain – à savoir la femme – dans une partie minime et intime de son anatomie. Risible, vous ne trouvez pas ? Résumer la valeur d’une personne à quelques centimètres de sa chair … « Mais...

Viole-moi, futur époux!...

Il y a quelques mois, Amina El Filali, une jeune fille âgée de 16 ans native de Larache s’était donnée la mort après avoir été forcée d’épouser son violeur. Aujourd’hui, c’est Safae, tangéroise de 14 ans qui a été mariée contre son gré à son violeur par un juge. Cerise sur le gâteau : ce mariage est parfaitement légal selon l’article 475 du code pénal marocain qui garantit l’immunité au violeur tant que le mariage n’est pas annulé ! Les us marocains offrent un piédestal à la notion d’honneur et de virginité, notions dont les corrélations diffèrent d’un milieu à un autre. Cependant, cela ne peut justifier en aucun cas le recours à des mariages forcés pour cacher « la honte ». Les sanctions pénales ont pour dessein de rectifier les dérapages qui émanent des individus vis-à-vis du contrat social qui nous lie. Mais donner au violeur le subterfuge du mariage avec sa victime devient alors une aberration à l’encontre de la victime, de sa famille et de la société. Le tort revient unanimement au violeur qui doit être châtié pour la débauche de sa virilité. Comment peut-on le marier à une fille qui a été violée à un âge où son corps continue de croître ? Le mariage précoce est fortement condamnable, que dira-t-on du mariage précoce et forcé à son violeur ? L’article 475 condamne, oui, mais il condamne la victime et non le bourreau. La société marocaine est amenée à évoluer et à dépasser ses coutumes rétrogrades qui offrent un refuge aux pervers. Sous le couvert du silence et de l’honneur, plusieurs viols et cas de pédophilie sont perpétrés, le coupable tire profit de cette situation pour récidiver encore et encore. Le nombre des victimes augmente, les séquelles physiques guérissent tandis...

الفصل 475 : قصة البنية الي قتلها القانون Mai14

الفصل 475 : قصة البنية الي قتلها القانون...

كان ياما كان،في سابق العصر و الأوان،1 كان واحد الفصل من القانون، اسمه الفصل 475 فصل يا ناس بحال هذيك الفصول الي كانت في هذاك الزمان تقهر و تضلم و تحكر جميع النساء. 1 هاذ الفصل ا سيادنا تيسمح لشي واحد إلا اغتاصب شي بنت صغيرة يفلت من العقاب !! كيفاش يفلت من العقاب ؟ 1 يتزوجها…  1 بحلا شي ما سار… 1 و هاكذا يحميو شرف البنية و شرف العائلة و القبيلة.1 شحال من بنت عانات و شحال من بنت من الحكرة و الضلم تقتلات… 1 في يوم من الأيام، واحد البنت يا ناس، شابة صغيرة و جميلة و مازال قدامها الحياة، بغات تقرا و تنجح و تزيد لقدام… 1 تغتاصبت… 1 و كان الي كان… الأم ملي ساقت لخبار بكات و حزنات… 1 1  كيفاش ندير ياناس، بنتي تعرضات للاغتصاب، اش نقول لباها واش نقول لأهل الدوار؟ ملي الأب ساق الأخبار، قرر يرفع دعوة القاضي. يرجع حق البنت و يرد ليها الاعتبار… 1 القاضي خمم و اقترح اقتراح، يزوجو البنت لمول الفعلة و هكذا ينقدوا شرف البنت و العائلة و القبيلة. 1 عيب يتسمع بأن البنت تغتاصبات و فقدات العذرية! 1 أما لي اغتاصب فهو راجل ما عليه خطية… و حتى واحد ما ينعت فيه ولا يقول فيه شي كلمة ماشي هي… 1 و هاكذا تزوجات البنية… 1 ودعت المدرسة و صحاباتها و صبحت امرأة، تتشقى و تخدم و تاكل العصا حتى هي… 1 وليديها اديهم مكبلين، بنتهم عايشة الذل و الحكرة و ما باليد حيلة… 1 في واحد النهار من الايام، ضاق بها الحال… لا حد يسمع ليها ولا يأخذ بيدها : صبري أبنتي هاذ هو حال النساء. و ماتنسايش راه طلع ولد الناس و قبل يتزوج بيك و ماخلاكش مرمية. 1 الحاصول يا ناس، البنية من كثرة الضلم شربت السم، باش تموت و تهنى من هاذ العيشة لي ما فيها هنية…...

« Hmara, parle en arabe ou bien fous le camp du Maroc ! » Mai11

« Hmara, parle en arabe ou bien fous le camp du Maroc ! »...

Quand notre travail, nos reportages, nos chroniques d’opinion sont publiés, ils sont par définition exposés au public. Quand on s’expose, on s’expose à la critique, c’est comme ça, c’est normal, ce n’est pas un problème et c’est souvent même nécessaire. Car s’exposer, c’est partager avec le plus grand nombre, c’est prendre le risque de ne pas toujours plaire à tout le monde, c’est s’inscrire dans un projet de débat public. Je suis photographe, journaliste, réalisatrice, et depuis peu présentatrice télé. Mes émissions sont diffusées en prime time sur 2M, chaine télévisée nationale marocaine qui a fait le choix d’être bilingue et de diffuser ses programmes en arabe et en français. Elle est un des reflets de notre identité culturelle plurielle. Cela n’a jamais été un problème ni une source de conflit. Pourtant j’ai reçu un message qui suscite une interrogation. Une personne, sous couvert d’anonymat, m’a écrit : « Hmara, parle en arabe ou bien fous le camp du Maroc ». Les choses sont-elles en train de changer ? Cette insulte marginale ne me touche pas à titre personnel. En revanche je me demande s’il faut y voir ou non le symptôme et les prémices d’une pathologie culturelle, sociale, contagieuse. Merci d’avoir partagé vos commentaires et surtout merci d’avoir participé au débat, d’avoir contribué à cette réflexion collective, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Car vous comprendrez, je le sais, que ce débat lancé en partageant avec vous un commentaire qui m’a été fait, en demandant votre avis et en vous demandant de réagir, c’est bien de cela qu’il est question. Il ne s’agit pas de me défendre, moi en tant que personne, même si ce soutien me touche car oui, votre soutien donne des ailes et me pousse… Mais il s’agit de défendre nos...

Réfléchir

Ma réflexion guide ma vie. C’est mon regard sur le monde, ma façon d’évaluer le monde, les gens, les thèmes et la vie de manière générale. Le monde influe sur moi mais ma réflexion me permet de comprendre ce qui s’y  passe, de m’y intégrer et d’agir convenablement  et librement. C’est une gestion rationnelle et même sentimentale de ma vie, et c’est ma contribution à ce monde où je vis et par lequel je passe.  comprendre analyser et produire la réaction adéquate me permet d’apporter le fruit de mes idées au monde ou je vis. Je cesse d’être l’acteur passif et le consommateur égoïste et inopérant. j’integre les changements dans ma vie, et je fais un tri convenable pour ne pas être entraîné dans le flot considérable de nouveautés, de plaisirs, de productions tous azimuts, et mon bonheur réel et  profond est au prix de la réflexion et de la distinction. Je suis un être humain, c’est moi l’acteur de tout ce qui fait l’image et la réalité de mon monde. Mais en même temps, c’est un droit inaliénable que celui de mériter  le bonheur, et de ne pas être esclave du monde artificiel complexe qui s’est créé à travers les générations. Jai le droit de défendre mon unicité, mais j’ai le devoir aussi de protéger le monde dans lequel je vis. Faire taire l’autre ne peut que créer des tensions, des sentiments d’injustice et des volontés de chercher des échappatoires à  ses cris  et à son expression libre. l’accumulation de l’expérience humaine et des tentatives de comprendre et d’évoluer sont dignes de respect ,d’étude,  de compréhension et d’intégration à mon être. Mais vouloir faire abstraction de cette activité humaine, et s’accrocher coûte que coûte à une idéologie donnée, à une vision unique du...

Moi, femme sans identité...

Voilà je les ai soufflé ses fichues bougies ! Oui trente six et ans et pas toutes mes dents, je me suis cassé pas mal de dents il faut dire, dans le sens propre et mal propre d’ailleurs, beaucoup de mythe au passage, et quelques théories avec. Bref le chantier est énorme. Trente six ans cette semaine, et sur le coup, je me retrouve à me poser des questions existentielles du genre « qui suis-je réellement ? ». Mince alors, je pensais que ce genre de crise arrivait à partir de la quarantaine, je suis apparemment précoce en tout même en crise de mitan. Si je me pose la question très souvent ces derniers temps c’est que je n’arrive plus à me reconnaître dans aucune des catégories et nulle part sur la carte de notre sociogramme. Commençons par le commencement : je suis Moi, femme… Femme ? Mais quelle femme ?   Je suis féministe, mais pas tant que ça d’après mes amies féministes. C’est que je suis féministe féminine, pour ce qui est des droits je suis intraitable, cela dit je subis la torture de mon épilateur électrique pour faire jolie dans ma robe printanière et je corresponds au cliché des cinquante paires de chaussure et autant de sacs à main et alors ? Féministe qui trouve que la féminité est un beau cadeau que je reçois avec gratitude. Féministe mais, je ne veux pas être l’égal de l’homme, je veux des droits adaptés à mon statut de femme, parce que le congé maternité de deux mois je trouve cela injuste et révoltant surtout comparé à nos sœurs outre-mer qui jouissent d’un congé maternité de douze mois avec possibilité de reprendre le travail à mi-temps, ça c’est du droit : avoir le choix et des options. Féministe, mais je trouve que l’égalité...

Je me casse de chez vous ! Mai07

Je me casse de chez vous !...

Vivre chez ses parents à 40 ans peut sembler banal, voire évident dans notre société et tout naturellement fatal quand on est née dans le sexe faible. Car au Maroc, tant que tu n’es pas casée, tu es traitée en être jeune, irresponsable et potentielle source à problèmes, ben voyons ! Pas étonnant en un sens. Une société à la sexualité refoulée ne peut qu’associer liberté à débauche. Je me suis longtemps demandé, comme tout le monde je suppose, pour quelle raison l’homme échappait à ces restrictions. Je suis partie dans toute une analyse à la noix que j’ai dissoute dans un bol de hrira un jour de grosse déprime. Mais ça, c’est une autre histoire. En parlant de restrictions, je pense en ce moment à la liberté de vivre seule, au bled. J’ai passé la nuit à imaginer la scène où je leur dirai que je vivrai seule. Ma mère me regardera avec dédain comme si j’avais dit une énième bêtise qui ne ferait que renforcer le manque d’estime qu’elle a pour moi. Parce que le manque d’estime est quasi indissociable du statut de vieille célibataire : vieille fille c’est certainement une invention féminine, seule une femme peut et sait blesser une autre femme ! Passés les « Meskina » et les « llah ydir li fiha lkhir », on se retourne pour se délecter du petit confort de sa petite vie de famille (même si pas confortable pour un sou !) en remerciant le tout puissant de nous avoir évité cette poisse. Non pas poisse… ce n’est même pas pris pour une malédiction mais pour une incompétence, un échec, une incapacité à attirer, à séduire, à donner envie à un homme de faire sa vie avec toi. Même si c’est toi qui...

Les quatre saisons

Les quatre saisons Posté par Un homme le 4 mai 2012 dans Texticules | 11 commentaires Le printemps J’ai écrit mon premier poème quand j’avais douze ans. C’était un poème d’amour en arabe. Eh oui ! Déjà à cet âge, les filles me tournaient la tête. Pas n’importe lesquelles, pas les petites morveuses de mon âge, non ; j’étais fou des grandes filles qui faisaient trois fois mon âge et dont les rondeurs étaient déjà parfaites, les courbes biens dessinées et la sensualité provocante. Mais c’était en secret, c’était mon secret à moi. Si maman l’avait su, elle m’aurait cassé la tête ! Et si papa l’apprenait, il allait me la fracasser ma tête ! C’est pourquoi je me contentais de raconter mes histoires secrètes sur des bouts de papier. Je leur dévoilais ma flamme et mes désirs, mes envies et mes soupirs, les meilleurs comme les pires. Les petits bouts de papier étaient discrets, ils n’allaient pas divulguer mon intimité et ils n’allaient jamais me trahir. Ils étaient mes confidents. Si je me souviens aujourd’hui de ces missives jamais postées, auxquelles j’avais livré des choses que je n’oserais pas répéter, c’est qu’en fait un jour j’en avais oublié une dans la poche de mon pantalon. Maman avait l’habitude de vider les poches de tous les habits avant de les plonger dans la bassine pleine d’eau mousseuse et savonneuse. C’était un ange ma mère, mais elle était analphabète. Maman était un ange analphabète ! Ne sachant pas ce que contenait le petit papier sur lequel j’avais griffonné mon premier poème, elle le tendit à mon père pour en évaluer l’intérêt. Au premier coup d’œil, son visage, déjà brun, brunit encore davantage. « Oh le petit voyou ! » cria-t-il, « Oh le salaud !...

Bibliophobie

Bibliophobie Posté par Un homme le 2 mai 2012 dans Qandil’homme | 2 commentaires Le 23 Avril 1616, deux des plus grands écrivains que cette terre (pourtant féconde de médiocrité) ait porté, passaient la plume à gauche, Cervantès et Shakespeare. C’est chaque année à cette même date Ô combien symbolique que sera des siècles plus tard célébrée la journée mondiale du livre. Une journée dédiée à la promotion du livre et de la lecture, en particulier chez les jeunes et les enfants, car le virus de la lecture doit être inoculé dès l’enfance, un virus heureusement incurable et qui donnera à son hôte l’envie et la joie de lire le restant de sa vie. Dans le quasi désert culturelle qu’est le Maroc, on s’imaginerait que l’État déploie des moyens titanesque, que nos bienveillants dirigeants ont perdu le sommeil et qu’ils s’échinent à trouver le moyen de sortir du marasme que les chiffres ne cessent de mettre en évidence surtout ceux concernant l’analphabétisme. Détrompe-toi compagnon d’infortune, la vérité est tout autre, elle est même tout à fait à l’opposé de ce que nous imaginions. Récit des faits Comme beaucoup de facebookeurs j’ai eu vent d’une initiative fort sympathique : amener son livre, se réunir dans une place et le lire dans le calme et la bonne humeur, ceci afin de célébrer cette fameuse journée du livre. C’était sans compter sur l’extrême vigilance des forces de l’ordre établi (et du désordre culturel), qui font preuve d’un zèle légendaire en matière de répression de toute initiative citoyenne et d’un laisser-passer tout aussi légendaire quand il s’agit de rendre justice aux citoyens lésés par le système. Ces forces de l’ordre ont décidé dans leur infinie sagesse de disperser ce rassemblement en invoquant un motif à leur hauteur, la...

Femme, noire, chrétienne et occidentale au Maroc...

Femme, noire, chrétienne et occidentale au Maroc Posté par Carole Hofbauer le 1 mai 2012 dans Etats dames | 26 commentaires L’occident ? Le mal. Le noir africain ? La misère, la pauvreté, la délinquance… La femme ? Le mal, le vice, la perversion ! Le chinois ? L’envahisseur ! Depuis quelques années que je pratique le Maroc, je me demande si la religion est réellement un élément de tolérance et d’ouverture, de paix et d’harmonisation sociale. C’est en effet le premier pays dirigé par la religion dans lequel je vis et c’est donc le seul exemple que j’ai. J’ai œuvré pour ce pays et je continue à le faire. Non pas que je l’aime spécialement. Je sais qu’il est de bon ton pour les étrangers de clamer la chaleur de l’accueil des marocains, mais je me demande si cette bienveillance envers l’étranger de ne se limite pas aux mois de juin, juillet et aout, réservés aux touristes et leurs rentrée d’argent salvatrice… Non, j’œuvre pour ce pays comme je le ferais dans n’importe quel pays où je me trouverais. J’aime la terre, partout et les gens quel qu’ils soient. Et il est dans ma nature d’œuvrer à l’effort commun. Sauf que. Le commun ici me demande beaucoup plus d’effort pour avoir le droit d’œuvrer. Au départ je me suis dis que je devais faire preuve de patience pour espérer m’intégrer. Ensuite je me suis dis que je devais faire preuve d’abstraction de mes codes habituels pour essayer de comprendre. Et puis j’ai tout simplement laissé tomber quand j’ai compris. Combien de fois m’a t-on renvoyé à mon pays ? Je ne compte plus. J’ai été choqué de la façon dont on parlait à ma mère, noire, dehors. J’ai été enragée et triste d’entendre...