Le maure vivant Juin27

Le maure vivant

Venons en au fait, et laissons la simagrée aux coqs servir de crête. Je ne ferai ni fier ni beau ni abuserai de mots bêtes pour vous dire le fond de ma pensée ni ce qui m’embête. Juste un ou deux mots, sans vous prendre la tête… Venons en au fait, et parlons de nos quêtes…non pas de celles au bord d’un quai qui font bite d’amarrage accrochant l’adieu à la valse des mouchoirs, illusoire danse conjurant l’absence. Je n’ai jamais compris les partir, les autrement et les ailleurs, chérissant le rester, l’immuable et le conséquent, acceptant mes co-errances pour retrouver la mienne de cohérence. Venons en au fait et parlons rien qu’une fois, sans fioritures ni mots débiles à l’absurde tournure, de ce profond qui nous anime… qui envenime J’aurai voulu que la mer soit rouge pour laver le sang des morts sans que le ciel s’indigne J’aurai voulu que les morts soient blancs pour qu’une fois saignés ils deviennent feuilles J’aurai voulu que la pluie soit noire pour qu’une fois tombée elle devienne mots Et que les mots sur la feuille blanche racontent les morts pour indigner le ciel J’aurai voulu que le ciel pleure ma honte pour faire rougir la mer Et je serais le vent Et je serais levant, père du soleil qui chantera aux morts « ce n’est qu’un maure parmi les vivants ! »… Le poète Khalid...

La sexualité doit être libre !...

Like a bird in a tree, la sexualité must be free! Malgré tous les aspects de modernité qu’on pourrait voire évoluer au Maroc, la société marocaine reste profondément attachée à la tradition. Les marocains d’aujourd’hui vivent leur libertés en débit de lois qui les étouffent ou du moins essayent de le faire. Profiter d’une liberté personnelle dans notre société représente une forme de contradiction flagrante entre la réalité de la pratique et le théorique de la morale, qui se manifeste par une hypocrisie sociale dans plusieurs champs de liberté. La sexualité fait généralement partie de ces champs de liberté individuelle que la société marocaine ne reconnait que dans un cadre légal, moral et religieux, le mariage. Le mariage est donc une forme de contrat social qui stipule que deux personnes sont libres de vivre leur sexualité exclusivement dans le cadre de règles bien précises dictées par la société et la famille. Ce cadre est, à l’origine, un gage de préservation des valeurs de la famille, essentielles à toute société. Mais placer cette liberté qui est fortement individuelle exclusivement dans un cadre moral qui concerne un groupe de personnes, en l’occurrence, toute la famille, est en quelque sorte une forme de liberté biaisée. Une liberté identique à celle que l’on pourrait offrir à un oiseau enfermé dans une cage : « tu es libre, mais ne t’avise pas de t’envoler au delà des limites que nous t’avons fixées. » La sexualité d’un individu devient alors l’affaire de toute une famille. En évoquant la tradition, nous pouvons comprendre ce type de raisonnement lequel, un jour, avait peut- être ses raisons d’être. La stabilité de la société était anciennement fondée sur la stabilité de plusieurs familles évoluant au sein de différents groupements ou tribus. Le mariage avait...

Et si nous donnions la vie ? Juin22

Et si nous donnions la vie ?...

J’y réfléchis depuis un bon moment. Ça ne me coûte rien et ça fera beaucoup de bien à beaucoup de monde. Un petit déplacement au tribunal de première instance de ma ville et une signature. Autour d’un café avec un ami assez « moderne » et « 9ari » (les deux mots à redéfinir), j’ai eu la conversation suivante : Moi : Et si je décidais de faire don de mes organes après ma mort ? Mon ami : Mais tu es sérieuse ?! Moi : Et pourquoi je ne le serai pas ? Tu sais, une fois sous la terre, il semble que je n’aurai plus besoin de mes yeux, ni de mon cœur, ni de mes reins… Mon ami : Tu imagines un peu ce que c’est d’être découpé en morceaux ? Moi : Je n’ai pas besoin d’imaginer, je serai morte. Mon ami : Et tu as pensé à ta famille ? A la peine qu’ils auront quand au lieu d’aller enterrer en paix le corps de leur fille aimée ils enterreront un corps vide ! Moi : De toutes les façons je serai un corps vide. Je suis morte. Mon ami : Ils refuseront de laisser faire, j’en suis certain. Moi : Ils ne s’y opposeront pas, j’en suis certaine. Et puis…C’est bien de mon corps qu’il s’agit, et j’ai bien tout les droits d’en faire ce que je veux. Et tu imagines toi, combien de corps reviendront à la vie « grâce » à ma mort ? Tu imagines combien de visages s’illumineront de sourires, combien de larmes sécheront et combien de cœurs trouveront la paix ? Tu imagines ce que c’est de pouvoir redonner la vie à un être quand nous même l’avons perdue ? Mon ami : Oui, j’avoue que sauver une vie est une chose formidable. Et puis…c’est vrai, c’est de ton corps qu’il s’agit et tu as bien le droit d’en faire...

Et s’il existait vraiment? Juin19

Et s’il existait vraiment?...

Je suis cette femme enfant qui a réglé tous ses soucis psychologiques, y compris ceux de son horloge biologique, puisque j’ai un magnifique bébé de 3 ans, je me suis séparée de son père quand j’étais enceinte de 4 mois et nous ne sommes jamais aussi bien entendus que depuis le divorce. Je suis cette femme enfant qui peut s’offrir tout ce qu’elle veut, et qui de toute façon n’a pas besoin de grand-chose (de matériel en tout cas), qui a appris à changer ses joints de robinet toute seule, qui fait de la Zumba trois fois par semaine pour pouvoir se passer de muscles masculins au quotidien, qui n’a pas forcément besoin d’une présence 24h/24 pour la rassurer sur sa capacité de séduction, qui a des amis pour la faire rire et s’inquiéter pour elle, qui fait ses courses toute seule ou se fait livrer, qui est entourée par sa famille et totalement comblée par une vie professionnelle stimulante, qui plaît, séduit (en tout cas pour le moment), qui n’a aucune pression familiale du genre  « ewa imta ghadi tjouwji ? » (alors tu te maries quand?) ou du style  » Ewa ouldek khessou chi rajel f ddar » (ton fils a besoin d’un homme à la maison), bref une femme de 36 ans qui est parfaitement heureuse, comblée et épanouie …. Et pourtant,  il manque quelqu’un… quand elle se sent fragile et qu’elle a peur. Il manque quelqu’un quand elle est heureuse et a envie de le dire (pas forcement avec des mots), quand elle a envie de sentir un parfum masculin sur son oreiller, quand elle a besoin de se sentir en sécurité dans ses bras… ou tout simplement le regarder cuisiner pour elle et l’écouter lui raconter sa journée en se disant… c’est LUI…...

!لوْ كنتُ… وزيرةً للثّقافـــــة Juin13

!لوْ كنتُ… وزيرةً للثّقافـــــة...

خطر ببالي .. لو كنت وزيرة للثقافة لـــ : – لكانت مؤلفات كُتّــابنا تدخل المنهاج الدراسي داخل النصوص التعليمية و سيرة حياة كتابنا الشباب في آخر صفحة منه. -لعممت المكتبات المدرسية الفصليّة ؛ حيث كل تلميذ هو معني بقراءة قصة تدخل ضمن امتحاناته و تلخيصها و البحث عن سيرة كاتبها… -لكان لزاما عليّ أن أكتب جداريّـات الشعر و خواطر الفلاسفة في محطات القطار و وصلات الإشهار متناوبة مع « ضامات البنة « … – لعمدت لشراء تجربة ألمانيا في إنجاز مكتبات عمومية قرب محطات الطرامواي و المواصلات لتمكين المنتظرين من القراءة بدل التبركيك.. -لكان المعرض الدولي معرضا تتناوب على احتضانه المدن جميعها دون حيف أو تمييز هذا دون استثناء المعارض الجهوية بالدواوير و القرى و أن يكون للكتاب نفس قيمة الخبز و الزيت (بلا متحطموا تفاؤلي / استمروا في قراءة البرنامج )… -لدعمّت حملات « نوض تقرا » عبر تمكين الحدائق و زائريها من تخصيصها يوم الأحد للقراءة و للحملة… -لكانت الجائزة الكبرى للأدب لكاتب شاب مغمور أو لمثقف ناضل في الخفاء دون أن يحتاج لدهن أو رفاق مصالح تشجيعا لهم لإكمال مسيرة الإنتاج الأدبي… – لخصصت الطبع و النشر للمبدع الموهوب الذي لا يملك إلا قوت يومه و ليست له استطاعة لأن تتاجر فيه دور نشر خارجية… -لأمرت بإحصاء استعجالي لكلّ دور النّشر بكل المدن المغربية و العمل على إنشاء دورات و مؤتمرات وطنية و دولية للاستفادة من باقي الدول في تجربتها لكيفية الطبع و النّشر و كيفية الخروج بحلول و وصايا للنهوض بالكتاب كسلعة ذات جودة . -كنت لأحث الكُتـّـاب على فتح صالونات أدبية لخلق النقاش تطويرا للأدب و الثقافة. -لـعملت على اجتماع طارئ مع كل مندوبي وزارة ثقافتنا في كل الأقاليم الجهوية لدراسة المشاكل و العقبات التي تقف في وجه كل عمل ثقافي بمدنهم و لأمرتهم بتيسير تمكين الشباب لدور الشباب و لدعم جمعيات المجتمع المدني ثم لأن يكون لكل مندوب برنامج سنوي واضح حول...

ça cogne au parlement! Juin11

ça cogne au parlement!...

  Dessin de : Curzio   Par un Homme.

Lettre à Benkirane Juin11

Lettre à Benkirane

« ما فهمتكش و ما غديش نفهم » Monsieur Benkirane, Premièrement, je tiens à vous dire que je n’ai pas voté pour vous et je ne voterai pas pour vous, ni pour aucun autre parti… mais voilà, vous êtes le chef de notre gouvernement et je me dois de l’accepter et vous vous devez de m’écouter. Vos vidéos circulent sur internet et font rire les gens, moi je n’ai pas envie de rire… c’est vrai qu’au début je me suis amusée comme tout le monde – ça me rappelait les temps de Bourguiba, bien que la comparaison ne soit pas juste- , mais maintenant, je prends conscience que vous avez le pouvoir de changer notre vie, chaque jour,  vous et votre gouvernement ajoutez un ingrédient amer qui passe de plus en plus difficilement… vous voyez pourquoi je n’arrive pas à rire de vos jolies sorties, bien que je comprenne mes co-citoyens :  galik 9out al ham kaddehek. Le ridicule tue… –       Le ridicule de compter une seule femme dans votre gouvernement… et quelle femme et pour quel ministère ! Alors que des milliers d’enfants sont dans les rues, que d’autres meurent pour ne pas avoir trouvé dans le Maroc la légitimité de naître, que des femmes et des filles sont maltraitées, battues, présentées  par les  institutions en offrande aux criminels, que des personnes vivant avec des handicaps sont enfermées dans leur incapacité à se considérer comme des citoyens… votre ministre nous abreuve chaque jour par des balivernes à réveiller les morts, nos ancêtres doivent bien rire de nous. –       Le ridicule de compter le nombre effarent d’enfants analphabètes, sans soins, sans encadrement, sans avenir, qui un jour seront des jeunes, des hommes et des femmes sur lesquels on ne peut pas compter, mais que vous allez...

Qandisha pire… ratée Juin07

Qandisha pire… ratée...

Le 5 juin, Qandisha a été piratée par des hakers marocains.   Dessin de Curzio Malaparte   Par un Homme.

Moi, Qandisha, Femme normale Juin07

Moi, Qandisha, Femme normale...

« Femme normale ». Le mot est lâché… Est-ce normal cela dit, que je le ressente comme une agression ? Je vous explique : c’est que j’ai horreur des étiquettes et des moules préconçus. L’OVNI que je suis, se sent à l’étroit dans un moule, c’est limite de la claustrophobie, avec crise de panique, étouffements, sueurs et tout et tout ! Qu’est ce qu’une « femme normale » ? Qu’est ce qui ne l’est pas ? Ma question est sincère puisque je n’ai pas compris qui a posé le cadre et défini les normes de cette « normalité » ? Normale par rapport à qui ? À quoi ? Quelle est la référence ? Quelle est l’unité de mesure ? Sur quelle échelle ? Selon quels critères ? Quel est le seuil de tolérance au dessus duquel on n’est plus normales ?…. des tonnes de questions sont à poser. J’ai besoin de savoir ! En dehors de cela, poser l’étiquette « femme normale », n’est-il pas un jugement de valeur ? Si en effet, on prend en considération la complexité de tout être humain, la subjectivité de son raisonnement, son mode de fonctionnement atypique, sa vérité unique, son système de croyances et de valeurs très personnel et individuel, son identité propre… comment peut-on parler de « Normalité » sans être dans le jugement et le préjugé ? On peut tout reprocher à l’humain, sauf qu’il reste toujours unique. Parler de normalité, c’est enlever à l’être humain la première chose positif qu’il a en lui : il n’est pas normal, puisqu’il n’y a aucune norme, on est tous différents et uniques. Suivant ce raisonnement, toute personne est normale, mais uniquement selon ses critères et ses propres normes : le barbu est normal, le rasé de près est normal, le minet en slim est normal, la dame en niqab est normale, la dame en tailleur chignon est normale, celle en short ras les...

القنديشة Juin06

القنديشة

 رأسها..الريــــشة !1 كما يقولون امرأة كالدخانِ وهمٌ هــيَ كألف سيجارة.. »كالشيــشة »!1 قنديشـــة أنا أفكر كي أكتب بالقلم..1 بخصلات شعري بفنّي أحيانا ..أنا أغنّي بألم على الكلمات أرقص … »كالريشـــــــــة »1 قنديشــــة أنا التي ترفض أن تكون عائشــة بلا عيشـــة !1 حين أصرخ أثور على قلبي ضد غلاء الأسعار ضد كيد المعيـــــشــــة قنديشـــة أبكي بحرقة كما الرجال أنثر حرفي حبات..على الرمال أعافر الوقت يعاقرُني أصدح بخوفي ألملم صدعي فتارة تراني .. »قافزة »1 و أنا غير « درويشة »1 قنديشة ! Fatima Zohra...

On achève bien les célibataires ! Juin04

On achève bien les célibataires !...

Dans notre société traditionnelle, le mariage pour une femme représente l’Ultimate consécration. Les parents peuvent enfin souffler avant de dévier leur stress sur leur plus jeune fille. Une femme a beau gravir les échelons professionnels, avoir la belle vie, voyager, elle ne sera « complète » aux yeux de son entourage qu’une fois mariée. Une copine me raconte : » Je me suis retrouvée, il y a quelques jours, invitée à un dîner ou j’étais la seule célibataire. Un vrai massacre : À peine elle m’a ouvert la porte, que la maîtresse de maison ne me regardait plus. Elle cherchait derrière mon dos mon éventuel compagnon. Ne voyant personne, elle a lancé un regard franc à ma main avant de découvrir mon annulaire nu de toute alliance. Une fois à table, je sentais déjà que j’étais l’intruse, le sujet, la contaminée, tout tournait autour du « problème » : IL FAUT LA CASER !!! Du coup chacun me vendait un cousin, un ami ou un collègue « célibataire-bien-sous-tout-rapport-qui-cherche-à-se-caser ». En partant de chez mes tortionnaires, j’ai eu droit à une petite tape sur l’épaule et au classique  » t’iiiiiiiinquiète ma chérie, tu seras la prochaine, il suffit juste de te montrer plus sérieuse…»! Le célibat de ma copine, à un âge où la majorité des femmes pouponnent en vantant les avantages du lait maternel, était forcément perçu comme une situation qu’elle subissait. Elle avait beau argumenter sur son besoin d’indépendance, ses envies de voyager… Elles rebondissaient en parlant de vrai engagement et des joies de la maternité. Être célibataire ,en plus l’assumer et de s’assumer, n’est apparemment pas crédible étant donné que notre contexte socio-culturel n’admet aucun modèle alternatif au mariage. C’est vrai que dans une société où les libertés individuelles sont soumises au poids des traditions, être une trentenaire célibataire...

Hausse des prix à la pompe Juin03

Hausse des prix à la pompe...

  Par Curzio Malaparte   Par un Homme.