Et si nous donnions la vie ? Juin22

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Et si nous donnions la vie ?

J’y réfléchis depuis un bon moment. Ça ne me coûte rien et ça fera beaucoup de bien à beaucoup de monde. Un petit déplacement au tribunal de première instance de ma ville et une signature.

Autour d’un café avec un ami assez « moderne » et « 9ari » (les deux mots à redéfinir), j’ai eu la conversation suivante :

Moi : Et si je décidais de faire don de mes organes après ma mort ?

Mon ami : Mais tu es sérieuse ?!

Moi : Et pourquoi je ne le serai pas ? Tu sais, une fois sous la terre, il semble que je n’aurai plus besoin de mes yeux, ni de mon cœur, ni de mes reins…

Mon ami : Tu imagines un peu ce que c’est d’être découpé en morceaux ?

Moi : Je n’ai pas besoin d’imaginer, je serai morte.

Mon ami : Et tu as pensé à ta famille ? A la peine qu’ils auront quand au lieu d’aller enterrer en paix le corps de leur fille aimée ils enterreront un corps vide !

Moi : De toutes les façons je serai un corps vide. Je suis morte.

Mon ami : Ils refuseront de laisser faire, j’en suis certain.

Moi : Ils ne s’y opposeront pas, j’en suis certaine.

Et puis…C’est bien de mon corps qu’il s’agit, et j’ai bien tout les droits d’en faire ce que je veux.

Et tu imagines toi, combien de corps reviendront à la vie « grâce » à ma mort ? Tu imagines combien de visages s’illumineront de sourires, combien de larmes sécheront et combien de cœurs trouveront la paix ?

Tu imagines ce que c’est de pouvoir redonner la vie à un être quand nous même l’avons perdue ?

Mon ami : Oui, j’avoue que sauver une vie est une chose formidable.

Et puis…c’est vrai, c’est de ton corps qu’il s’agit et tu as bien le droit d’en faire ce que tu veux.

Moi : Parfait, à présent nous sommes d’accord. Mon corps n’appartient qu’à moi et à moi seule reviennent les décisions qui le concernent.

Je peux l’offrir à la science et à la vie des autres en donnant un rein ; l’offrir à l’art, en posant nue ; ou alors à une personne que j’ai choisie, qui s’occupera de lui aussi bien que je ferai moi-même.

Mon ami : je ne te suis plus. Qu’est ce que tu entends par « l’offrir à une personne que j’ai choisie » ?

Moi : Oui oui, c’est bien ce que tu penses.

Mon ami : Mais…

Moi : Ah, il y a seulement une minute j’avais tout les droits sur mon corps !

Mon ami : Il n y a pas lieu de comparaisons, dans le premier cas c’est pour une bonne cause.

Moi : Dans le deuxième aussi, la cause est sa liberté et son bien être.

Et si nous donnions la vie autant que nous pouvions, aux cœurs et aux corps ?

 

Par MERYEM BELAHBIB TLEMSSANI