J’étais sur l’autoroute toute la sainte journée Août01

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J’étais sur l’autoroute toute la sainte journée

Un kilomètre à pied ça use ça use, un kilomètre à pied ça use les souliers !

Oui, toujours est-il qu’un kilomètre en voiture sur l’autoroute Casa Rabat ça use les nerfs, et toutes les valeurs civiques, ça ruine l’éducation que tu as reçu de tes parents et tes éducateurs, ça te nique les jambes les bras le dos et peut éventuellement t’exploser la rate !

Autoroute ! le mot est bien gros : des travaux interminables et infinis. Hercule aurait achevé ses douze travaux avant qu’une misérable tranche de 500 mètres ne soit goudronnée et terminée.

J’ai un scoop pour vous : la vignette au fait nous la payons deux fois, une fois comptant à l’administration concernée et une autre fois en nature tous les jours que le bon Dieu fait.

En dehors des travaux, de la route toute cabossée, éternel chantier, il y’a bien sûr les bouchons. Encore une fois le mot « bouchon » est bien maigre.

Je les ai compté, ils sont réguliers dans la dimension spatiotemporelle et sont au nombre de trois. Mais il paraît que je ne suis pas la seule à les avoir observé et analysé. A chaque bouchon, des jeunes hommes robustes et l’air de faire la manche, passent en revue les voitures bloquées, et bien évidemment, là, à ce moment de profonde solitude, la phrase de Tarek Bnou Zyad prend tout son sens, et c’est « la mer est derrière vous, et l’ennemi est devant vous » on est coincé là, dans un bouchon à la merci d’éventuels agresseurs, et on subit notre trajet, sans choix aucun, aucune fuite en avant n’est possible, aucune marche arrière n’est réalisable, pas plus à gauche ni à droite, à moins de pouvoir voler notre destin est scellé.

Et là, au moment du passage par le guichet, c’est comme une révélation, une illumination qui fait tilt dans notre tête :

« On me prend pour un con ».

 

Je suis en train de payer le passage sur une autoroute en très mauvais état et sans confort !

Je suis en train de payer pour arriver avec une heure de retard à mon rendez-vous !

Je suis en train de payer pour prendre le risque de mieux me faire agresser !

C’est sûr « on me prend pour un con » !

Oui, mais quelle alternative ? quelles sont mes options ?

Traverser à la nage : trop fatiguant, et puis le degré de pollution n’encourage point.

Traverser en felouque : j’ai assez ramé dans ma vie, Merci !

Y aller en petites foulées : oui c’est ce que j’avais dit au début, un kilomètre à pied ça use les souliers, je vous raconte pas pour les 100 kilomètres

Bon ben, Rabat est derrière moi et l’autoroute est devant moi, et pas d’échappatoire ! la mafar ! bonzaï !

 

Par Imane Hadouche