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Ramadan and the city

Ramadan touche à sa faim, il l’a épuisée. Il faut dire que ce mois sacré nous a sacrément entamé l’équilibre biologique cette année. Canicule, soirées tardives, réveil lascif, tout le monde tente de redessiner des repères d’une manière très perso.

Je ne vais pas en remettre une couche sur l’explosion de la consommation, sur la boulimie nocturne et les cafés plein à ras-bord, ni sur les taxis qui s’essaient en rallye hardcore ou ceux qui revendiquent leur droit pur et simple d’être grincheux et non-productifs.

Je veux simplement faire un petit zoom sur les drôleries ramadanesques que j’ai vécues en ce joli mois qui, bien qu’il traine une armada d’effets secondaires franchement pas plaisants, reste, il faut bien l’avouer, une tradition bien enracinée dans la culture Maroc.

Dès le début du Ramadan, une drôle d’atmosphère s’abat sur les gens. Sans vouloir tomber dans les stéréotypes, une petite typologie des profils ramadanesques se dessine. Vous me permettrait  mes chers, féministe que je suis, de me limiter aux variantes féminines.

 

Ramadan’s Women

La battante convaincue : « Même pas faim, même pas soif ». Tel est le credo de la battante. En gros, elle prend le ramadan avec une abnégation surprenante, sans plainte, ni baisse de morale (profil des plus rarissimes, surtout avec la chaleur ambiante). A retrouver en 4ème semaine, à 2 de tension mais toujours souriante.

L’assommée: Fumeuse chevronnée, le ramadan s’apparente pour elle à un marathon olympique de la torture. Chaque année, elle décide d’arrêter pendant cette période (parce-que-de-tout-façon-c’est-impo-en- journée). Elle passe sa journée dans un état proche de l’inconscience, regrettant le jour où elle a commencé à fumer. Toutefois, une grosse récompense l’attend à l’heure de la rupture du jeune : THE CLOPE post-ftour, où plutôt l’entracte clope, car il faut bien reprendre son souffle nicotinique, ce qui rend la cigarette encore plus culte dans son univers perso. En gros, le sevrage, c’est pas pour cette année.

La grosse râleuse : Se plaint à longueur de journée, de la faim, la soif, la migraine, l’impossibilité de commencer à travailler avant 10 h et de continuer le boulot au-delà de 2 heures. Rêve de prendre ses congés pendant le Ramadan pour passer la journée à roupiller mais… non, mais oh, faut bien que je garde des jours de congé pour une période où je peux faire des choses intéressantes !

Miss Indifférente : Ne jeune pas et assume. La première semaine est relativement simple car on met ça sur le dos de l’indisposition de passage. La deuxième, il faut se trouver un alibi en béton. La troisième, elle se résigne au regard incompréhensif des gens et reste sur son principe de base : J’emmerde le monde !

La mamie intransigeante: A un début de diabète, une tension qui frôle les 15 et pas mal de petites pathologies çà et là ; le médecin lui a recommandé de ne pas jeuner (parce que ça ne se fait pas de l’interdire de manière intraitable), et donc, mamie fait le ramadan. Et soutient qu’elle ne l’a pas fait pendant plus de 40 ans pour s’arrêter cette année. Toute recommandation, conseil ou tentative de persuasion est TRÈS mal perçu de sa part.

La super-maman : Deux enfants en bas âge, en vacances scolaires longue durée par-dessus le marché, il faut non seulement les nourrir, mais aussi s’en occuper. Working women, en congé ou femme au foyer, la super-maman est tellement occupée à gérer les estomacs et les esprits de ses petits qu’elle se rend compte tous les soirs à 18h30 que « mince, plus qu’une heure » pour le ftour et qu’il faut speeder… speeder speeder speeder… elle ne sent même pas passer la journée.

L’ado rebelle : Ramadan, m’en fous. Jeuner, m’en fous. Pas jeuner, m’en fous. Si il y un état intermédiaire, je suis prenante. Parce que je suis anticonformiste. Et parce qu’on m’a pourri mon mois de Juillet, juste après la fin des exams ; maintenant, plutôt que d’aller bronzer en journée et écumer les posages le soir, je reste scotchée  à face/twitter/youtube à longueur de journée, et je me remet même à discuter avec des gens dont je ne reconnais pas avoir un jour accepter l’invitation à être mes amis. Mais je me rattrape la nuit, c’est bien Casa by Night pendant le Ramadan, et les parents font même pas chier si je rentre à minuit passé !

 

Le bêtisier

– Réveil tardif, course version auto-tamponneuses pour arriver au boulot, je débarque avec 20 minutes de retard au bas mot. Guess what ? J’ai travaillé tard sur mon laptop hier soir, et dans la foulée, j’ai oublié de l’embarquer le matin.

– La conduite à 17h à Casa, une sinécure. A croire que TOUT le parc automobile casablancais (qui fait bien 40% du total), se déverse dans les rues déjà estropiées par les travaux du Tram. Le premier jour, j’ai mis Adele et la clim à fond. Le deuxième, j’ai eu envie de pleurer pendant un bouchon sur Yacoub El Mansour qui a bien duré 45 minutes  (au bas mot, je vous le jure). Le 3ème jour, j’ai embarqué Cosmopolitan sur la banquette passager.

– Les gens ont décidé de ne plus répondre au téléphone. J’ai une petite demi-heure Appel-Rappel-Relance chaque jour, et on me rappelle 3 jours après… 9 fois sur 10, ça tombe le vendredi à 15 h.

– Première semaine, je kiffe la harira et tous les accessoires marocco-marocains. Deuxième semaine, je commence à faire l’impasse sur notre fameuse soupe et j’y vais plus mollo sur la chebakiya. 3ème semaine, étant donné que je ne dine pas (le ftour à pratiquement 8h, ça motive nettement moins pour préparer un diner). 4ème semaine, je REVE d’un repas qui vient d’un pays très, très lointain…

 

Par Mounia Mansouri