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Quand la communication politique devient propagande

La futilité atteint son paroxysme. Faute d’un vrai projet politique, on privilégie les coups de com’ aux questions de fond et aux solutions attendues…

Certes, le contenu de la communication politique a pour référentiel notre ordre juridique, sauf qu’apparemment, l’objectif visé est ailleurs à un moment où justement la vérité électorale ne va pas de pair avec la vérité démocratique. Elles deviennent chez nous progressivement antagonistes.

Si la préoccupation dans tout ça est de toucher les électeurs, cette communication serait qualifiée d’irresponsable. Se soucie-t-on des citoyens ? de la sécurité ? de l’effectivité de la nouvelle Constitution ? du projet démocratique du Maroc pluriel ?

Notre espace politique devient, comme l’exprime Dominique Wolton, directeur du laboratoire Communication et politique du CNRS, un lieu  « où s’échangent les discours contradictoires des trois acteurs qui ont la légitimité de s’exprimer publiquement sur la politique et qui sont les hommes politiques, les journalistes et l’opinion publique à travers les sondages » et j’ajouterai, pour contextualiser, les réseaux sociaux, voire la rue.

Nous sommes subitement prisonniers de notre système de délégation du mandat dont profite le PJD, obsédé apparemment par la conquête et la conservation du pouvoir auquel il se consacre, au  lieu de nous dire clairement et surtout de manière définitive – question essentielle et centrale – ce qu’il compte faire au profit du citoyen du pouvoir qui lui est confié pour une durée déterminée.

Donc au lieu d’un programme, il semble privilégier une communication avec une part de propagande.

La dernière est celle qui concerne l’arrêt de la vente d’alcool à Marjane. Quel scoop ! D’abord cette information est fausse. J’espère que nous n’allons pas avoir des excuse., En tous cas, elle n’a certainement pas été faite par hasard.

Au fond  que vise-t-elle et qui ? c’est pour nous préparer à  l’arrêt de la vente de l’alcool ? Pourquoi alors le faire à travers Marjane en glissant au passage qui en sont les détenteurs ?

Y a-t-il tentative de faire porter la responsabilité à d’autres en faisant des promesses qu’ils ne peuvent tenir, mais à qui donc ?

Si l’alcool dérange, pourquoi Mr le Ministre Amara n’a pas porté plainte contre Alaane ?

Faire adhérer l’opinion publique pour permettre la décision, l’action politique ?

Le principal enjeu de la communication politique se situe dans la sélection des thèmes et des problèmes sur lesquels se règlent les affrontements idéologiques.

Heureusement, les médias et les réseaux sociaux, acteurs de la communication politique, se penchent de plus en plus sur les objectifs des annonces des membres PJD du gouvernement au-delà de leur contenu et c’est tant mieux ! Ils n’ont de cesse de rappeler aussi que  le court-termiste de cette méthode risque de créer de la frustration. Il y a consensus sur le déficit en vision prospective. Nous vivons aujourd’hui encore l’annonce d’une intention non dite habillée de promesses utopiques comme cela à été le cas pour la lutte contre la corruption.

Heureusement, les citoyens commencent à comprendre et la déception s’installe, on commence même à se demander si nous sommes prisonniers des résultats des élections tant l’insatisfaction est grande, le rejet de ce qui se passe ailleurs dans la région est total et l’attachement à la Monarchie définitif.

Oui à la communication qui vise un projet global de société accepté et non à celle qui cherche la victoire et l’accaparement du pouvoir sans partage d’autant plus qu’elle nous ramène au tout sécuritaire, aux arrestations de manifestants pacifistes, etc…

Nous ne comprenons plus ce qui est essentiel et ce qui est accessoire. Arrêter l’alcool à Marjane, pourquoi pas, mais ces « bars » qui pillulent dans les villes ??? où en sont les responsabilités à ce niveau ? et si Marjane était remplacé par la contrebande et l’informel et du tout sans contrôle ? et la responsabilité du musulman croyant ?

Le pouvoir est aujourd’hui entre les mains des communicants qui œuvrent pour les élections et c’est ce qui avait justement poussé à une demande de changement dans notre pays !

Mais le risque qui se profile derrière cette dernière annonce est que nous sommes, in fine, en train de passer à de la propagande politique futile pour faire bouger les lignes et les lieux du pouvoir.

 

Par Houria Tazi Sadeq