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Forêt de R’milat , Parc Perdicaris Ou « Laxisme et Inconscience Générale »

Beau soleil ce dimanche,  nous décidons en famille  de joindre l’utile à l’agréable et d’aller nous oxygéner   poumons et neurones  à la forêt de R’milet  tout en prenant  quelques photos de ce site sublime.

Cela faisait quelques temps que je n’y avais pas mis les pieds et qu’ elle ne fut ma surprise en descendant la côte de Jbel Kbir de voir un  embouteillage de voitures, de taxis et de bus qui cherchaient anarchiquement à se garer  au milieu d’ une foule compacte assez semblable à celle que l’on trouve dans les moussems de saints divers avec toute la pagaille qui va avec.

Tant bien que mal on finit par trouver une place dans le parking aménagé, après avoir subi l’incivisme notoire de certains conducteurs convaincus qu’ils sont « seuls au monde ».

On passe la grande grille du parc et immédiatement  le ton de la visite est donné.

Le panneau, placé  à l’entrée du parc  pour indiquer aux visiteurs le plan du site, est complètement défoncé.   Je croyais avoir le privilège de me promener dans un parc à l’histoire fabuleuse, doté d’un microclimat  qui fait  sa notoriété au-delà des frontières. Un parc censé posséder une  faune et une  flore variées dont l’intérêt biologique et écologique  fut  le sujet de bien des écrits et bien des discours. Un parc alliant les avantages d’une  forêt , de l’océan,  de la méditerranée et qui de plus est à deux pas du centre ville.

 

Et bien non ! Détrompez-vous.  Je me trouvais  parachutée  dans une immense décharge publique, une grande « mazbala », où toutes les poubelles réduites en miettes ne présentaient  plus que la triste image d’ un  amas de plastiques bleus. Des  feux allumés un peu partout en toute inconscience, sur lesquels les familles réchauffaient leur repas dominical, à l’intérieur de restes  de  troncs d’eucalyptus centenaires servant de brasero. J’hallucinais !

Je faillis faire demi-tour s’en était trop pour moi. C’est alors que j’eus l’idée d’  immortaliser  par des photos, ce laisser faire criminel,  cette inconscience générale, ce laxisme collectif face à la dévastation du patrimoine national.

Persuadée que j’avais tout vu  en fait de vandalisme et d’incivisme je pris le chemin qui s’enfonçait un peu plus dans la forêt, quand je vis dégringoler au pas de course une bande  d’individus  qui s’amusaient à arracher les branches légères  en  s’arrêtant  pour briser les plus résistantes tout en s’esclaffant  probablement fiers de leur force de brutes épaisses.

La forêt malmenée, s’entête  malgré tout à exhaler l’odeur des feuilles et aiguilles de ses arbres. Mais pour combien de temps encore?

Ne serait-on pas encore en train de fermer les yeux sur la destruction de la forêt de R’milat  dans le but de la  remplacer allègrement  par du béton ? Nous sommes en droit de nous poser cette question car les exemples sont multiples dans la région : la forêt Diplomatique , la forêt   Mrisat  , la forêt  Médiouna ,  et tout dernièrement la forêt  Sloquia dans le collimateur des spéculateurs …

A ce train là, bientôt  les Tangérois n’auront plus que leurs yeux pour pleurer leur région et chanter  en chœur  « il faut que tu respires » de Mickey 3D.

 

Par Hafida Aouchar