مات محمد

 اليوم هو يوم مميز في حياتي، يوم يسقيني سرورا و يرويني فرحة لا حدود لها. بكل حب حضرت وجبة فطور متميزة لأميري محمد، و لم أنس فطائر الشوكولاطة المفضلة لديه. و اتجهت نحو غرفته، و بالقبلات و الأحضان أيقظته من نومه الملائكي. و كغير عادته، استيقظ حبيبي و كله نشاط  و حيوية، كأنه لم ينتظر في حياته غير هذا اليوم. بسمة ملائكية تعلو وجهه، و نور يشع من عينيه العسليتين، و طمأنينة مرسومة على ملامحه،    أراه اليوم  كأنني أراه لأول مرة. اخترنا الملابس سويا و كعادته مصر على تنسيق الألوان، و لا يغفل عن أي تفصيل من تفاصيل هندامه، هكذا هو أميري دائما. التهم الفطائر، و طلب مني المزيد و المزيد. و كان يوصيني أن أكثر  من الشوكولاطة في كل مرة. و كغير عادة لم أعترض على ذلك، و لم أذكره بالأسطوانة المعتادة. إذ كنت أخاف من تأثير كثرة السكريات على صحته. بعد ذلك اتجه أميري إلى غرفته، و حمل حقيبته الزرقاء، و طلب مني أن أسرع، فاليوم بالتحديد لا يقبل أي نوع من التأخير.  أمسكت يده الصغيرة التي كانت دائما تمدني بطاقة عظيمة تساعدني على مواجهة الأيام العصيبة.  تنسيني رائحة الموت التي أشمها في كل الدروب و الزقاق كلما وطأت  قدمي الشارع. تنسيني صوت الصواريخ و الانفجارات التي تقتلني في اليوم آلاف المرات. تنسيني خوفي على أرض و أبناء وطني، على أسرتي و أسوار منزلي، على أشجار حديقتي و أزهار شرفتي و حوض أسماكي. تحولني إلى امرأة ثورية لا تعرف الكلل و لا الملل، امرأة تضع صوب عينيها كرامة شعب دفنت رغما عنه. امرأة لا ترضى بالانكسار  لشعب  عاش رافع الرأس.  *** اليوم هوأول أيام الدخول المدرسي   لأميري  محمد، فاصطحبته إلى المدرسة، و تعرفت على مدرسته ديما التي ستدرسه اللغة العربية.فضولي دفعني أن أدخل معه إلى القسم ، فلقد وددت أن أكتشف عالم صغيري الجديد ، و أن أشاركه فرحته العامرة في هذا اليوم. اليوم هو بداية دربه الدراسي، يوم تاريخي تشهد عليه ذاكرتي ما حييت. اليوم سيتعلم...

Un été à Tanger

La ville de Tanger a battu les records de visites cette année on peut le dire sans attendre que les experts en statistiques se prononcent . Les touristes ont afflué de partout de l’intérieur du pays ( en majorité) , de l’extérieur, en voiture , en train , en avion en bateau… Une véritable invasion , les rues et les boulevards pullulent, les marchés explosent dans tous les sens du terme , en denrées , en foule et en prix évidemment , les cafés , les restaurants , les snacks sont bondés et la circulation une véritable catastrophe.   Une femme du peuple avec laquelle j’échangeais des évidences et des banalités sur l’état de notre ville en ces journées suffocantes , me disait d’ un air très docte: « Tanger ne peut plus supporter autant de monde , il va falloir que les autorités pensent à lui construire un premier étage » et dit en dialectal, c’était absolument hilarant : »tanja diaqat , khas el baladia tebnilha el foqui ».   Sagesse populaire qui signifie que zut on en a marre et que lorsqu’on se targue de recevoir autant de touristes il faut être capable et préparer des infrastructures adéquates. Je parle bien entendu du Tanger « intra- muros » , car je n’ose penser à l’état des quartiers environnants , nouveaux et populaires qui reçoivent un nombre élevé de nos émigrés pour l’été. Je n’ose penser à l’état de leurs rues qui sont plus souvent des pistes avec ornières … et à la poussière qui va avec. Ajoutez à celà, la chaleur et le soleil de plomb, sans arbres pour rafraichir l’atmosphère, car cette absence est indiquée pour mieux sentir les bienfaits d’Hélios , et laisser plus de place au béton que l’on apprécie particulièrement dans notre société. Dès...

Mon premier mariage

Contrairement à ce que vous devez spéculer dans vos crânes pollués, je me suis bel et bien marié deux fois !! Volontairement, de bonne foi et sous aucune intimidation parentale ou chantage juridique. J’ai épousé deux femmes…responsables cliniquement, vaccinées de la méningite et libérées intellectuellement…quoique complètement différentes. Vous vous demandez certainement comment un salaud comme moi, peut-il convoler en juste noce tel un brigadier crédule en défaillance éthylique….Et à deux reprises en plus !! J’ai croisé ma première épouse, alors que je briguais le calvaire absolu pour décrocher mon  MCI (master en commerce international) à l’université de Nantes. J’absorbais quelques chopes de whiskey avant d’attaquer un énième soir de besogne estudiantine chez L’Univers Speakeasy (un ancien bar clandestin spécialiste des cognacs et des whiskies…Intestins fragiles s’abstenir), lorsque j’ai rencontré quelques potes débarqués de Paris. Il y avait parmi eux une captivante jeune femme nommée Maria. J’ai appris qu’elle était  franco-espagnole, fragmentée entre la Corridas De Toros en España par son père, et la galette des rois gauloise par sa mère. Elle était ingénieur en génie des bioprocédés, et on avait exactement le même âge à quelques différences près. J’étais fasciné par son instruction intellectuelle, son urbanité épurée et  sa culture bigarrée sur divers enclins (ça change de toutes les blondasses plantureuses siliconées qui te répliquent…Ouais j’adore ce créateur… lorsque tu abordes Antigone). Je ne pouvais pas dénier qu’elle avait une anatomie aussi affriolante qu’un Harley Davidson 1200 et une putain de maléfice louable à la plus révélée des prêtresses madones. Chevelure vermeille soyeuse, prunelle des yeux verdâtre et olivâtre, esprit autonome et affranchi à la Carolina Coronado et un caractère saillant digne d’une bohèmia catalana.J’étais assurément et entièrement mordu de Maria…..Ho Maria Maria Mi canto la Esperanza ahora vengo mama chola…Wa matin Maria (Elle m’a...

L’innocence des « vrais » musulmans Sep16

L’innocence des « vrais » musulmans...

Je ne sais pas pour vous, mais je n’ai jamais vu un navet mortel! D’habitude, ça donne des gaz. ça cause des spasmes et au pire vous aurez le ventre ballonné, menaçant de vous étouffer à la première inspiration. Blague à part, je ne sais pas de quoi peut-on qualifier de ce qu’a engendré le navet cinématographique, le vomis du 7e art, « L’innocence des musulmans ». S’il est vrai que les extraits du film (s’il existe vraiment en totalité) révèlent un scénario d’une bassesse écoeurante, les réactions qu’il a suscitées sont incontestablement criminelles. Tueries, saccages, attentats… pour témoigner l’amour au prophète de la religion de la paix! J’en ai voulu aux autorités dans tous ses pays là qui ont laissé libre court à la rage humaine, alors qu’ils n’hésitent pas à matraquer les manifestants pacifistes, aux revendications sociales et politiques. Si les autorités le voulaient, elles n’auraient jamais permis des actes aussi mesquins et criminels. On se demanderait presque si le but n’est pas de donner au monde cette image de pays de sauvages qui méritent d’être matés et de dissiper toute compassion envers nos revendications démocratiques. J’en ai voulu aussi à nos théologiens qui passent leur temps à prêcher, sans jamais aborder l’essentiel. Je leur en ai voulu de cultiver la haine de l’autre, en faisant croire aux musulmans qu’ils sont le peuple élu à la place du peuple élu, à faire la différence entre les gens en se basant sur leur race et leur croyance, comme si Dieu avait créer des gens pour s’amuser, d’autres pour le barbecue. J’en ai voulu aux professeurs des écoles qui n’ayant pas de programme pour l’ouverture des esprits, ne font pas preuve d’imagination pour cultiver le respect et l’amour entre les gens. Bourrage de crâne, blocage cognitif et zéro...

Sur la route de la mort Sep14

Sur la route de la mort...

Ils sont 42 (d’après Le Matin du Sahara) à avoir rendu l’âme, dont 5 à l’hôpital, mardi 4 septembre 2012, dans le silence et l’obscurité de la nuit, dans le tragique accident de circulation survenu dans la province d’Al Haouz. A ceux-ci s’ajoutent 24 blessés. Cette date est à marquer d’une pierre noire dans la vie de leurs proches. Les survivants, eux, bien qu’ils aient la vie sauve, ne sortiront pas indemnes de cette terrible épreuve. Certains hériteront d’un handicap physique parfois irréversible, d’autres d’un traumatisme mental et, pour les moins malchanceux d’entre eux, de troubles et de perturbations psychologiques à vie. En somme, pour les défunts comme pour les survivants, c’était le mauvais moment, l’endroit où il ne fallait surtout pas se trouver. Pourquoi alors y étaient-ils ? Seule/seul face à Gabriel En s’embarquant dans cet autocar, ils n’avaient d’autre finalité que d’emprunter ce moyen de transport public, à la portée de leurs petites bourses, pour se déplacer, se rendre d’un point A à un point B, chacune/chacun, obéissant à une raison le concernant, raison plus ou moins banale, liée aux exigences d’une mobilité qui se trouve être inscrite dans les gènes des espèces humaine et animale. Ils étaient à mille lieux de se douter qu’ils s’embraquaient, alors, pour leur ultime voyage. Ils passeront, ainsi, de vie à trépas sans y avoir été préparés ni eux-mêmes ni les leurs. Bien que personne ne puisse prévoir, avec certitude, ni la date, ni le lieu de sa mort, il y a cependant des situations qui nous permettent, d’une façon générale, de pressentir que notre fin est proche ou imminente, avec cette réserve qu’aveuglés par notre attachement à la vie, nous avons plutôt tendance à la situer à un horizon toujours plus lointain. Parmi ces situations,...

La promenade Sep07

La promenade

Je marche gaiement dans la rue sans prêter attention au gardien édenté qui me reluque ni  le shnock qui s’arrête dans sa voiture de shnock. La rue grouille de misère et de victuailles dans le chahut agité d’une foule d’hommes excitée à la vue des femmes venues faire leur marché. Tous les matins un trauma érotique se produit auprès de la CSP Commerçant Ambulant. Les odeurs de poissons  d’égouts et de sueur se mêlent à celles de roses et de viande fraîches. Des gardiens de voitures courent dans tous les sens la main tendue des vendeurs à la sauvette brandissent leurs accessoires contrefaits pour les planter sous le nez  des fervents retirent leur chaussures au pied de la mosquée  pendant que le muezzin claironne un appel à la prière et que l’imam récite son sermon en roulant de grands yeux terrifiants. J’ai pas envie d’apprécier ce moment pour son pittoresque je déteste ça. Le pittoresque j’entends. Et en même temps je peux pas m’en empêcher si je veux être dans  et hors  ce moment. Je comprends pas toujours mes contradictions mais  j’ai décidé de les laisser vivre et au moment je trouverai  ça drôle ou détestable. Merde ce qu’on est compliqué. Enfin c’est l’entrée d’un marché. J’entre par curiosité. Les marchands à la face craquelée de ridules  s’en donnent à cœur joie : «   Hey, Guadaloupe, c’est moi Rodriguo ! Guadaloupe bellissima ! Moi je veux bien me marier tout de suite je te ferai pas languir autant d’années. Eh Guadaloupe ! » Ils sont pliés.  Moi aussi je dois dire. Au fait Guadaloupe c’est la héroïne d’une télénovela qui a marqué une génération de marocains au point qu’elle est venue en visite officielle au Royaume. Elle est apparue sur nos chaînes nationales qui soit dit en passant sont franchement...

Les routes de la déroute Sep05

Les routes de la déroute...

Un accident de la route, ça arrive… La mort c’est une fatalité. Mais alors quelle rage lorsque les accidents de la voie publique deviennent la première cause de mortalité au Maroc ! C’est à croire que l’on est incapable de maîtriser des engins inventés et conduits partout par l’homme. Si l’état de nos routes laisse à désirer, il est clair que nous sommes les premiers à blâmer dans cette catastrophe. On savait déjà que les efforts de Ghellab n’aboutiraient à rien. Au mieux quelques malheureux en prison, au pire un bakchich qui prend les dimensions d’un cachet. Si l’ancien Ministre des transports était sincère à croire que son nouveau code allait sauver le pays, il a été d’une naïveté sans borne à penser que les marocains s’en tiendraient à ses lois. Quand on peut s’en sortir de tout à coup de malheureux pourboires, pourquoi s’encombrer de discipline et de scrupule ? Et les meilleures d’entre-nous ont cédé à la pression d’un agent qui, la plupart du temps, nous a arrêté pour de bonnes raisons. Comment peut-on aspirer à l’application de la loi par l’autre lorsqu’on est incapable de la respecter et de payer pour tout dérapage? Non, Monsieur Ghellab n’est pas naïf. Il savait qu’on ne change pas un mentalité du jour au lendemain. Alors il a pensé à mettre un peu plus de contraintes. Un chauffeur de taxi criant à l’injustice, après avoir grillé le feu rouge, tentait d’apitoyer m’sieur l’agent en lui lançant : « Mais tu me connais mon ami! Tu prends toujours la même somme. Qu’est-ce qui a changé? ». Expliquer à ce chauffeur de taxi qu’il est doublement criminel et multirécidiviste te passerait pour un demeuré, un idéaliste, car au Maroc ça ne se passe pas comme ça!  Dès le premier jour, on...

رسالة إلى ولدي Sep03

رسالة إلى ولدي...

بني، لا تعتقد أن كل صاحب منصب أو سلطة، يسترزق منه ما لا يستحق، ويسلط فيه سيف قوته على المستضعفين، ويستغني به بما لا يملكه حقا، هو شخص سعيد. اعلم يا بني أن السلطة تسلبك أول ما تسلب نفسك ، وتنسيك أول ما تنسيك كرامتك وانطلاقك، وحقك في الصراخ والركض والرقص، تسلبك حقك في الحرية، وهذا يا بني لا يشتريه مال ولا يعوضه جاه. اعلم يا بني أن المنصب السامي، والقرب من أصحاب النفوذ، يلبسك قناعا تضعه على وجهك ليتقبلوك، ثم يسري هذا القناع في مسامك فيغلفها، ويصبح القناع مع مرور الوقت جزءا منك، فتنسى ملامح وجهك الأصلية، وتتحول إلى نسخة ممسوخة لآخر صرته ولا فكاك لك منه إلا بفنائك. اعلم يا بني أن السلطة، ظاهرها قوة وطغيان، وباطنها ذل وهوان. بلاد تقمع وتخرس الضعيف، لا حق فيها للقوي في الوجود إلا بما يرميه له من هو أقوى منه من فتات للفعل والتنفيذ. اعلم يا بني أن صاحب السلطة الذي صفعك، وشتم صديقتك وهدد أخاك، يصفع ويشتم ويهدد في كل وقت، وأن ما يمارسه عليك هو جزء من نظام يمارس عليه أولا، ويتدرج حتى يسري على الجميع، فيرضخ الجميع لمن لهم الأمر. اعلم يا بني، أن مالا استولى عليه متسلط بغير حق، هو مال ملعون، ملعون ببكاء الفقير، وعويل العاجز، وأنين المريض، ولهفة المحتاج، مال يقض مضجع صاحبه خوفا عليه، ويتحول من مصدر للرخاء الظاهر، لعين قلق وسهر دائم. ولهذا فتأكد أن ما سرق بغير حق هو إلى زوال، وأن للتاريخ مسارا لا يتغير، يرد الحق لصاحبه ولو بعد حين، وكن على يقين أن القليل المكتسب بجدارة، ألذ مذاقا وأطيب من الكثير المسلوب نهبا وغيلة. وأخيرا، اعلم يا بني أن ابتسامة صديقك الصادقة في وجهك، ونظرة المارة في الشارع المليئة بالبساطة، ونومك العميق فوق مخدتك نهاية يوم قضيته في الكد والتعب، ولحظات سعادة صادقة تقتسمها مع فتاة اخترتها بحب، ودعاء الناس لك، لا عليك،...