عيد الأضحى … فرحة عابرة ، مأساة قاتلة...

سمعت هذا الصباح وصلة إشهارية إذاعية على إحدى الإذاعات المغربية؛ يدور محورها حول تقديم قروض صغرى من أجل شراء أضحية العيد. تدور فكرة الوصلة حول رب أسرة سجل صوت الخروف كوسيلة لتمويه الجيران، نظرا لعدم قدرته على شراء أضحية العيد، و بالتالي يصبح القرض وسيلة للحفاظ على ماء وجهه أمام الجيران. للوهلة الأولى قد يظن الكثيرون أن هذا الإشهار ذي قالب كوميدي، و لكنني شخصيا أرى أننا أصبحنا، للأسف، نتاجر بفقر، أحزان، و مآسي الناس، و هذا أمر مرفوض دينيا و أخلاقيا و إنسانيا. فلقد وصل الفقر لدى عدد كبير من الأسر المغربية إلى النخاع، و أصبح حلم أضحية العيد صعب المنال. و كلنا نعلم أهمية عيد الأضحى لدى الأسر المغربية الفقيرة، خاصة لدى  الأطفال، فيصبح حديث الأضحية هو حديث الساعة، تسمعهم تارة يتحدثون عن حجم الأضحية، و تارة أخرى يتباهون بجمالها و كبر قرونها. و من المعلوم كذلك أن أطفال الأسر التي تعيش تحت خط الفقر، تحرم من متعة و قدسية هذا العيد، قد يكتفون  بشم رائحة الشواء إذا وجد، أو الإستعانة بخيالهم الواسع من أجل قبح و قمع شهوتهم مؤقتا. فإذا كان العيد فرحة عامرة عند البعض، فقد يكون مأساة عظيمة و كابوسا أعظما عند البعض الآخر. هذا واقع العديد من الأسر المغربية الفقيرة، فكيف نتجرأ بالمتاجرة بأحزانهم و فقرهم إلى هذه الدرجة؟ هل أصبحنا عديمي الإنسانية؟ إننا اليوم أمام معضلة وجودية ضخمة تطغى عليها الماديات، و تغض الطرف عن كل ما هو أخلاقي و إنساني، و ذلك لصالح  اعتبارات الربح و المنافسة.  تحول مجتمعنا إلى مجتمع استهلاكي بامتياز، و بذلك أضعنا قيمنا و مبادئنا الإنسانية الشريفة، أضعنا نعمة الشعور بمآسي الآخرين،  أضعنا مفاتيح الخير و إذا لم نغير هذا الواقع المر لن نحصد إلا العناء و الشقاء. فكفانا متاجرة بمآسي  الآخرين، كفانا قتلا لضمائرنا، كفانا قتلا لإنسانيتنا، كفانا قتلا لمبادئنا… عملية القتل لن تنتهي إلا إذا تحول إعلامنا  إلى إعلام هادف و مسؤول، يعمل من أجل قضية...

« Un amour fractal » : Auto-interview de Ghizlaine Chraibi Oct19

« Un amour fractal » : Auto-interview de Ghizlaine Chraibi...

Amour fractal est la toute récente parution de l’auteure Ghizlane Chraïbi qui s’est prêtée à l’exercice original d’une auto-interview.On n’est jamais mieux questionné que par soi même! « J’ai essentiellement travaillé sur le fait de polir et assécher mon écriture. » Pourquoi ce titre : « Un amour fractal » ? Un fractal est un concept mathématique qui consiste à se reproduire à sa propre image et à l’infini. C’est une construction qu’on retrouve dans la nature, par exemple dans les flocons de neige, ou dans la construction géométrique de l’art islamique. Je l’ai transposé sur le plan amoureux : une bonne graine, qui se reproduit à l’infini et à sa propre image, donne une plante merveilleuse. Dans le cas contraire, un amour enfermé sur lui-même, dans une perspective pathologique, ne peut mener qu’à l’impasse et l’enfer. Dans mon roman, je pars de ce concept mais préfère m’élever vers des sphères plus surréalistes ! C’est plus amusant et permet une liberté d’écriture inégalée !   EXTRAIT : « La Fractalie est une contrée burlesque, sur la Planète Terre, dont le code civil a été inspiré par le Marquis de Sade et Sun Tzu lorsqu’ils habitaient ensemble car ils s’entendaient bien sur le partage des tâches ménagères.  Le fractal résume à lui seul toute la théorie des ensembles. Le fractal est un ensemble non exhaustif, comprenant une multitude de sous-ensembles, au nombre indéterminé et infini, aux caractéristiques allant de schizophrène à charmeur, avec possibilité de changement à tout moment (surtout au moment où l’on s’y attend le moins). Le fractal est un paysan urbain. Mais plus précisément, qu’est-ce donc? Un fractal est un technicien-rongeur, une sorte de bilharzie mâle, profitant de n’importe laquelle des situations, voulant tirer le maximum de couverture de son côté, car même lorsqu’il dort, il reste alerte à toute opportunité,...

Capelli Satani Oct17

Capelli Satani

« Cachez ces cheveux que je ne saurais voir », semblent nous dire ces yeux pleins de reproches face à notre chevelure libérée. Oui, désormais, lorsque je me promène dans les rues de mon pays, vais au marché, au salon de thé, je me sens de plus en plus esseulée, étouffée, asphyxiée par l’idée que bientôt je ferais partie des exceptions. Serais je devenue, moi adepte des cheveux coiffés décoiffés, dévoilés, moi traqueuse des cheveux négligés, cassandre châtain – pour ne pas dire catin – source de tous les pêchés ? Non contentes de m’offrir leurs regards pleins de mépris, certaines osent même m’interpeller, croyant me culpabiliser, voulant me materner, me sauver « Allah yehdik » (que Dieu te ramène au droit chemin) qu’enfin tu couvres ces capelli satani – ces cheveux sataniques que tu mets sous le nez, les yeux, la b… de nos sexes forts de mâles, de maris, si faibles devant telle maléfique tentation, inspiratrice de leurs plus viles obsessions ! Dieu que ces cheveux font rage, ils sont la source de tous les maux qui rongent notre société. Mais oui cela est bien sûr : Education à l’agonie ? C’est la faute aux capelli satani, Culture moribonde ? C’est la faute aux capelli satani ! Incivisme, routes qui tuent, corruption etc, etc.., toujours à cause de ces capelli satani qui aveuglent, décontenancent, déstabilisent tous les mâles du comté ! A bas peignes, séchoirs, brosses, barrettes (non pas de shit, çà c’est bon pour le business !) ; à mort les shampouineuses, les coloristes, les coiffeuses, les coiffeurs visagistes (et doublement ceux là car les trois quart sont des homo sapiens comme dirait Ahmedi – Stafreulah, stafreulah) ; Sus (non pas sus que tu crois) –  sus aux dermatologues spécialistes des implants capillaires, au diable extensions...

Revenons à nos moutons !...

Aid el Adha, Aid el Kébir, fête du sacrifice, les appellations sont nombreuses et l’évènement identique. Les musulmans commémorent le sacrifice d’Abraham. Ce dernier devait immoler son fils Ismaël pour honorer Dieu. Il reçut l’ordre divin d’immoler un bélier à la place, envoyé par Allah lui-même. Le sacrifice n’est pas obligatoire . C’est une « sunna mouakkada », donc une tradition prophétique de Mohammed (SAWS) fortement recommandée. Doit égorger un animal licite, mouton, bouc, chameau, ou boeuf ( les raisons et conditions du choix de l’animal sont bien précisées dans la Sunna), tout musulman qui en a les moyens. C’est donc une fête musulmane : 1 – pour sacrifier au nom de Dieu 2 – pour ressérer les liens familiaux 3 – pour faire la charité et partager avec les démunis. Petite chronique au sujet de Aid el Adha dans nos villes : De petits marchés aux moutons, s’installent anarchiquement dans plusieurs quartiers de la ville, avec bottes de foin, sacs de charbon et toute la panoplie qui va avec la future orgie pantagruélique. Certes les moutons ne se vendent pas sur le boulevard principal, mais guère loin, peu s’en faut! Quinze jours avant la fête et nous dirons une bonne semaine après, nous sommes condamnés à patauger dans les crottes de mouton à travers nos rues. La paille, échappée des bottes vendues avec la bête pour la nourrir un peu avant le jour J, se mélange aux déjections ovines et transforment nos rues en chemins de campagne, certes odorants, mais avec les arbres et l’oxygène en moins. Ainsi, ces bêtes achetées après âpre marchandage dans ces marchés itinérants, sont enlevées telles des trophées, en vélomoteur, tricycle ou Honda par leur propriétaire, en direction de son logis. Quand ce dernier se trouve en médina, un cortège...

Education maintenant, oui maintenant ! Oct12

Education maintenant, oui maintenant !...

Encore une page née sur ce Facebook. C’est décidément le virus du moment. Devant mon ordinateur de Casablancaise, bourrée de certitudes, je critique d’abord et clique ensuite. « Education maintenant », supportée par quelques 700 personnes, est le nom de cette « communauté », qui invite beaucoup de monde à se pencher sur « sa page », pleine de photos. Je clique un peu plus. Une chaîne humaine, expliquez-vous ? Des photos, une expo, un débat, une stratégie, une feuille de route ? Pour l’Education ? Pour tous ? Et maintenant, de surcroît ? « Comme c’est touchant et civilisé », ricane-je de mauvaise foi. Soudain, ce pollué de cerveau cale. Je tombe sur Soufiane. Ce petit garçon au sourire magique porte une ardoise sur laquelle est écrit, en majuscules : EDUCATION. Soufiane : 1, ma critique aisée : 0.   Oui petit, tu as bien raison. Tu auras 30 ans en… 2030 ? Comment ça sera à ton avis ? Tu y seras alors, ce jeune adulte, que l’on a envie de dessiner aujourd’hui, talentueux, confiant, se réalisant. Comme tous ces autres petits et petites, dont les sourires et les espérances, défilent sur cette page. Un autre clic, et voilà Rachida, 40 ans, femme de ménage : « l’Education c’est avoir conscience », est-il griffonné en arabe sur une ardoise qu’elle porte. La légende explique que Rachida n’a pas eu la chance d’avoir appris à lire et à écrire. La bravoure du combattant est gravée dans son regard. Mes hommages. La photo suivante présente Abdelkrim, 15 ans, « Attarbya ! Moustakbali, « Mon éducation, Mon avenir » a –t-il, lui, écrit. Bonne question. Comment ça sera demain ? Où veut-on aller ? Et surtout qu’est-ce qu’on est entrain de fabriquer? Oui, on sait, on sait. Tout le monde connaît le problème et tout le monde en a marre de rabâcher une épuisante banalité, qui n’émeut plus grand monde, et qui...

Why I thought I was nothing without a man?...

Oui, je sais, le titre est provocateur, surtout avec « nothing » qui tape un peu fort ! C’est pourquoi je l’ai préféré en version Anglaise pour la conférence que j’ai animée en Français sur Agadir.
Néanmoins ce n’est pas de ma propre imagination, faut l’avouer, même si j’aurais aimé que ça soit le cas… C’est le titre d’un roman qu’a écrit une certaine Américaine et je suis tombée sur le titre de son roman par hasard en faisant des recherches.
Je ne l’ai pas lu et je ne crois pas qu’il est disponible au Maroc. Ce n’est pas le contenu du livre qui m’intéresse le plus… (mais si jamais vous le trouvez, merci de m’envoyer un exemplaire, je dirais pas non ! )
Son auteur Penelope Russianoff m’a été d’une grande aide rien par le titre de son ouvrage. C’était comme si elle a bien su lire dans mes anciennes pensées et a bien su les traduire en mots. C’était la question qui me tourmentait inconsciemment il y’a déjà un bon bout de temps. Presque tout ce que nous vivons en tant que femmes dans notre enfance adolescence et âge adulte, nous conditionne à avoir ce genre de croyances limitantes. Bien sûr on en est pas toutes arrivées à ce point (se considérer comme « nothing ») mais bien des facteurs contribuent à nous rendre prédisposées à se sentir incomplètes, non comblées, comme un puzzle auquel manquait la partie maîtresse. Et il n’y a pas que l’image idéale, il y’a aussi l’image sociale. La société voit notre célibat d’un mauvais œil, pire qu’un handicap. Tant qu’on ne rentre pas dans le moule, on dérange, on perturbe les « normes ». Qu’on le veuille ou non, on est soi disant « dévalorisée » jusqu’à trouver « chaussure à notre pied »… : éducation en famille,...

Le complément « abject » direct...

Deux ans, que je suis en thérapie. Mon psy (un moustachu condescendant) me dit que je m’en sors plutôt bien et que ma guérison (si l’on guérit de soi-même) est en bonne voie. Je matures quoi !!! Ceux qui ont connu ce blog à ses débuts ne le savent que trop bien, je souffrais de misogynie féroce, de machisme outrageux et d’obscurantisme dédaigneux envers le sexe faible. Psy : « attention, rechute…on dit le beau sexe, le genre féminin, notre alter-ego, mais pas sexe faible » Ok d’accord….. je disais donc d’obscurantisme dédaigneux envers le beau sexe. Et voilà que ce matin… que vois-je ? Sur Qandisha, je lis une chronique sur l’infidélité masculine, dans laquelle une des contributrices du Magazwine dresse une typologie des concubines des temps modernes et dissèque les motivations qui animeraient le sexe for…..enfin le genre masculin Psy : « voilà, bien joué…continue ». Hmmm…..Ainsi nous succomberions à la tentation de différents profils allant de la catin à la virtuelle en passant par le gibier…. Je ne suis pas d’accord. Psy : « intéressant !! » Commençons par le début, le texte ne semble parler d’infidélité qu’entre gens mariés. Je considère pour ma part que la fidélité n’a aucun rapport avec un quelconque acte de mariage, il s’agit tout d’abord d’un engagement moral entre deux personnes de sexes opposés… Psy : « rappelle-moi à la fin de ta thérapie sur la misogynie, d’entamer une nouvelle sur l’homophobie ». Euh Ok d’accord….je disais donc que cet engagement est celui par lequel deux personnes choisissent d’associer leurs vies et peu importe le cadre juridique ou social. Psy : « Bravo, c’est très bien dit…la fidélité est d’abord un engagement moral ». Euh….Ensuite, le texte semble déresponsabiliser l’homme, en conférant un caractère « normal » à sa traitrise, et renvoie ses actions répréhensibles au stade de « reflexe naturel » Psy : « Super, plein de bon sens, j’applaudis» hmmm……...

Le  complément  d’«objet» indirect Oct04

Le complément d’«objet» indirect...

L’infidélité  masculine  existe  probablement  depuis  le  jour  où  l’homme  a  décidé  de  jurer  fidélité  à  une  seule   femme, cette notion a traversé les époques, les religions et les révolutions et se porte toujours aussi bien. Un homme peut-il  se  contenter  d’une  seule  femme  ou  a-t-il  toujours  besoin  d’un  supplément  ou   complément à sa femme, l’objet  principal  de  son  désir ? D’après  mon  livre  de  grammaire  Le  Complément  d’Objet Indirect est rattaché au verbe indirectement par une préposition. Il est l’être ou la chose sur laquelle porte indirectement l’action exprimée par le verbe. Si  maintenant  nous  appliquons  cette  définition  à  l’archétype  du  mâle  national,  marié  par  foi  et  volage par conviction, nous avons là un sujet « Le mari », un verbe « Aimer », un objet « Sa femme », une pré(dis)position « L’infidélité » et un complément « La Maîtresse », Concubine, Seconde  épouse…des  noms   pour  désigner  l’autre,  l’officieuse,  celle  qu’on  cache,  celle  qu’on  désire. Il  existe  autant  de  maîtresses  que  d’époux  infidèles  chacune  sa  particularité, chacune sa motivation : il y a les commerçantes qui monnayent ces  instants  d’évasion, les passionnées que le danger attire et stimule plus que les relations monotones puis les autres les désespérées âmes sensibles et vulnérables qui tombent dans les filets de promesses faites sur un lit flottant. Voici un petit lexique non exhaustif pour reconnaître différents types de concubines des temps modernes : La catin : Elle est libérée, sexy, ouverte, sans vertu, souvent vénale /Lui souffre du syndrome de « la maman et la putain » C’est  un cas classique de la relation homme-femme depuis la nuit des temps, certains hommes sont,  en  effet,  incapables  de  désirer  la  femme  qu’ils  aiment  (qu’ils  respectent – comme maman), et incapables  d’aimer  la  femme  qu’ils...

2000 Dirhams de plus pour marier ma fille ! Oct01

2000 Dirhams de plus pour marier ma fille !...

Elle s’appelle Naima, elle a quinze ans. Elle vit dans un douar à 50 Km de Marrakech au sein d’une fratrie de 7 enfants. A l’instar de la majorité des filles du douar, Naïma a pu fréquenter les bancs de l’école quatre années seulement. Celles du primaire. En effet, le collège le plus proche se trouve à 20 Km de la maison et acquérir un vélo d’occasion à 300 Dhs pour s’y rendre représente un sacrifice impensable pour le budget familial ! Et puis, faut le dire, à quoi lui servira une instruction et un métier à Naïma puisque son destin de femme est de se marier et de s’occuper de son foyer ? Notre fille sera certainement mieux à la maison, à l’abri de klam ennass en a décidé le père. Rangés donc le cartable, le cahier, les crayons et ses rêves en couleurs de petite fille. Naïma ne sera ni institutrice ni doctoresse. Retour à la triste réalité et à la grisaille bouseuse de son quotidien. Naîma était devenue une petite main utile à la famille. Obéissante et résignée, elle aide sa maman dans les travaux domestiques, s’occupe du bétail et surveille ses petits frères et sœurs. Désormais, elle est conditionnée, formée et formatée pour trouver mari et s’occuper de sa progéniture. Et le plus tôt sera le mieux : dans le bled, on coiffe « sainte Catherine » à 18 ans, voire 16 ans ! Au delà de cet âge canonique, les jeunes filles ont dépassé la date limite de consommation et il est difficile de leur trouver preneur. A partir de ses 14 ans a démarré donc une intense prospection des parents, en quête du bon parti : un jeune homme issu d’une famille de la région (il faut avoir les mêmes valeurs, n’est-ce pas ?) qui...