Why I thought I was nothing without a man? Oct08

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Why I thought I was nothing without a man?

Oui, je sais, le titre est provocateur, surtout avec « nothing » qui tape un peu fort ! C’est pourquoi je l’ai préféré en version Anglaise pour la conférence que j’ai animée en Français sur Agadir.
Néanmoins ce n’est pas de ma propre imagination, faut l’avouer, même si j’aurais aimé que ça soit le cas…

C’est le titre d’un roman qu’a écrit une certaine Américaine et je suis tombée sur le titre de son roman par hasard en faisant des recherches.
Je ne l’ai pas lu et je ne crois pas qu’il est disponible au Maroc. Ce n’est pas le contenu du livre qui m’intéresse le plus… (mais si jamais vous le trouvez, merci de m’envoyer un exemplaire, je dirais pas non ! )
Son auteur Penelope Russianoff m’a été d’une grande aide rien par le titre de son ouvrage. C’était comme si elle a bien su lire dans mes anciennes pensées et a bien su les traduire en mots. C’était la question qui me tourmentait inconsciemment il y’a déjà un bon bout de temps.

Presque tout ce que nous vivons en tant que femmes dans notre enfance adolescence et âge adulte, nous conditionne à avoir ce genre de croyances limitantes. Bien sûr on en est pas toutes arrivées à ce point (se considérer comme « nothing ») mais bien des facteurs contribuent à nous rendre prédisposées à se sentir incomplètes, non comblées, comme un puzzle auquel manquait la partie maîtresse.
Et il n’y a pas que l’image idéale, il y’a aussi l’image sociale. La société voit notre célibat d’un mauvais œil, pire qu’un handicap. Tant qu’on ne rentre pas dans le moule, on dérange, on perturbe les « normes ».

Qu’on le veuille ou non, on est soi disant « dévalorisée » jusqu’à trouver « chaussure à notre pied »… : éducation en famille, à l’école, en rue, médias : tous des facteurs conspirant à cet effet.
C’est d’ailleurs cette raison qui m’a poussé à m’intéresser au sujet de la dépendance affective.

Quand j’en ai entendu parler la première fois, il y’a plus de deux ans, via le magasine « Psychologies » (dont je suis accro), j’étais stupéfaite à l’idée que c’est un malaise commun entre plusieurs femmes et même hommes. Je croyais toujours que j’étais la seule au monde qui en souffrait ! Au fur et à mesure que j’avançais dans ma quête, c’est devenu un plaisir, comme quelqu’un atteint du venin et qui est déjà sur la voie de trouver l’antidote !

Quand j’ai découvert que c’est un mal dont souffrait une grande partie des mortels et que ça se traite, je ne vous décrirais jamais l’ampleur de mon soulagement (une douche froid en plein été , Alléluia !).
Au passage, j’ai dévoré des dizaines d’articles, visité une multitude de forums de discussion sur ce sujet, lu pas mal de livres, en l’occurrence « Ces femmes qui aiment trop » de Robin Norwood.
Cela me provoquait quand j’entendais une femme jeune, belle, intellectuelle et ayant tout pour plaire, se plaindre de son célibat et se fixant sur le mariage comme unique objectif, quitte à tout sacrifier pour le réaliser ! Parfois, elle déteste d’en arriver à ce stade et avoue que c’est la société qui l’y contraint. (C’est cela qui fait que nous restons les derniers à savoir pour le mariage d’une amie, tellement c’est top-confidentiel !). Cela lui engendre un autre complexe : une phobie du rejet… D’ailleurs c’est devenu une habitude de voir une femme amie, confiante en elle (d’apparence) complètement anéantie après une rupture…

Et si on parlait de l’origine de cette dépendance ? Aux grands maux les grands remèdes !

Dans une famille ou les deux parents sont malades affectivement (l’un soumis et ayant des difficultés à communiquer, et l’autre autoritaire et imposant), c’est fréquent que leur enfant ait un manque d’affection et de sécurité.
En grandissant, cet enfant garde toujours ce besoin irrépressible de plaire et d’être aimé. Comme étant petite, ses parents ne l’ont pas traitée comme une personne valorisée et intéressante, elle déploie des efforts souvent exagérées pour montrer qu’elle est agréable et compétente.
On peut aussi citer la préférence des parents (et même de la société) vis-à-vis de la gente masculine, on peut le constater parfois dès le jeune âge, quand les parents se montrent indulgents à l’égard de leur petit (sorties, veille dehors…) à l’inverse de leur petite (obligation à contribuer aux tâches ménagères, interdiction à tarder le soir…).

La manière avec laquelle la plupart des familles éduquent leurs filles en est pour quelque chose : « Une bonne fille est censée se marier tôt et avoir des enfants, sinon elle sera taxer de « vieille fille » », « Tu dois t’initier à l’art de cuisine pour épater ton futur mari »… et j’en passe!

D’autre part, je ne sais pas pourquoi les gens trouvent un réel plaisir à s’immiscer à la vie des autres. À partir d’un certain âge, on arrête pas de nous bombarder (nous les femmes) de questions de mauvaise augure : Et toi, tu n’as pas encore tiré le bon numéro ?

Faut bien t’y mettre ma belle ! Tu sais que la fille des voisins Mlle « X » a déniché un mari plein aux as…
La dernière fois qu’une vieille femme de la famille m’a posée une telle question en plein public lors d’un mariage, j’ai riposté avec un sourire malicieux aux lèvres :Je comptais justement sur toi pour me le trouver, ce mari!
C’est fou comme tout le monde peut vouloir notre bonheur tout d’un coup! Dès qu’on voit une femme seule, on s’imagine qu’elle cherche un conjoint et qu’elle est malheureuse de ne pas en trouver un !
Et si c’était son choix personnel ? Et si elle a d’autres priorités ? Et si elle venait de sortir d’une relation gâchée et qu’elle a besoin de tranquillité ?

D’ailleurs ce n’est jamais fini avec leur avalanche de questions. Une fois on se marie, on nous demande qu’est-ce qu’on attend pour avoir un enfant. Puis encore que c’est le temps de faire un petit frère ou sœur à l’aîné pour qu’il (elle) ne s’ennuie pas. Après c’est le moment de les faire entrer dans une bonne école. Ensuite, pourquoi ils chôment et ne décrochent pas un bon poste ? Comment ça se fait qu’ils ne sont pas mariés ? ouf, tant de comptes à rendre ! Vous me lâchez un peu les baskets un peu?!

Les médias, merci pour le coup de main !

Films, chansons, romans à l’eau de rose, publicités… tout conspire à nous convaincre que la vie en couple et le mariage c’est le « paradis » tant convoité, tandis que la vie réelle et les statistiques des ruptures et divorces disent le contraire.
Risque d’y laisser des plumes (chanson « Je suis maladeeee » l’illustre parfaitement, et elle reste ma préférée. Oui je sais que là je me contredis ! Que voulez-vous ? C’est une belle chanson, non ? ). Une opportunité de se libérer de ses désillusions pour une fois.

Je ne suis pas en train de m’opposer à la vie à deux, mais chaque chose a des limites. Le besoin que ressent la femme d’avoir un homme dans sa vie, et inversement, est tout à fait naturel. Ceci dit, en faire une fixation et le rendre obsessionnel de telle façon à baser toute sa vie dessus, c’est aberrant !
La plupart idéalisent ce conjoint « prétendu » et veulent en faire leur raison d’être, leur puissance personnelle, la réponse à toutes leurs questions et la solution à tous leurs problèmes. Un vrai leurre ! Notre relation avec cet « autre » n’est pas une garantie contre tous les malheurs et les aléas de la vie. Elle est censée surtout à nous apprendre à nous connaître, à connaître l’autre et à grandir.
Une relation de couple ce n’est pas censée être fusionnelle (1+1=1). Il y’a lui, moi et il y’a le couple de nous-deux. Ainsi chacun peut garder son espace secret, se développer et enrichir sa vie de couple sans étouffer l’autre.

Une raison de changer de croyance ?

Si vous n’en avez aucune, pensez que le fait d’éduquer vos futures filles autrement, d’une façon à ce qu’elles soient plus assertives dès leur jeune âge, est une bonne cause à défendre pour commencer. Pour y parvenir, un travail sur soi-même s’avère essentiel en vue de sauver ce qui peut être sauvé.

Une autre raison?

Si vous rêvez d’un monde où on respecte votre différence et votre intimité, il est peut-être temps de commencer par vous-même, en respectant celles des autres femmes. Leur quotidien n’est point de tout repos, alors s’il vous plaît n’en rajoutez pas, elles vous seront reconnaissantes par ce petit geste de discrétion.

Déjà, on aura tout à gagner à accepter notre dépendance. On ne peut changer une chose si on ne l’accepte pas.
Puis aimons-nous INCONDITIONNELLEMENT ! Comment voulez-vous que les autres vous aiment si vous ne le faites-pas pour vous-même ?

Il conviendrait aussi de varier ses centres d’intérêt : travailler sur son propre développement personnel, avoir des objectifs Smart, élargir son réseau social, voyager, faire du bénévolat, lire, assister à des formations, fréquenter d’autres mentalités, découvrir d’autres horizons…

La guérison n’est point un fait accompli, c’est toujours un processus. Ce n’est jamais dans la poche, plutôt un travail qu’on fait au jour le jour et Dieu seul sait combien cela demande en temps, énergie et patience. Les leçons qu’on refuse d’apprendre par sagesse, on finit par les apprendre par obligation et d’une façon amère !

L’expert en relations de couple Yvon Dallaire stipule qu’un célibataire heureux a plus de chances de construire un couple heureux car au lieu de « tomber » en amour, il « s’élève » en amour. Comment? Ne sachant pas pendant combien de temps il ou elle sera seule, il en profite pour s’occuper de lui-même et voir à son épanouissement personnel: l’attente dans la détente.
Il (ou elle) varie ses activités dans des rencontres avec des amis des deux sexes, mariés et célibataires, à lire, à voyager, à apprivoiser sa solitude et sa liberté, sans tomber dans les pièges de l’anxiété et de l’attachement, en attendant de rencontrer un autre célibataire heureux avec qui il concoctera un projet de vie à deux.

Bonne attente à toutes et à tous. Entre-temps, faites-en bon usage.

Ps: Si vous avez d’autres points de vue, des critiques, d’autres suggestions ou que vous voulez partager votre propre expérience personnelle en rapport avec cette dépendance, n’hésitez pas, on en fera un autre débat virtuel mais enrichissant, juste en dessous.

 

Par Zineb El Mandoubi