J’aime les hommes Nov26

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J’aime les hommes

Je crois que finalement j’aime les hommes. J’aime à dire que les hommes « sont comme un panier de fruits exotiques dont le nectar différent à chaque bouchée de l’un d’eux est juste délicieux ».

J’ai appris à connaitre le sexe dit « opposé ».

J’ai appris à aimer sa sensibilité cachée ou pas.

J’ai appris à aimer leurs différences.

J’ai hâte de goûter à cette différence à chaque fois que j’en rencontre un de nouveau.

J’ai appris à les reconnaitre et à les comprendre.

J’aime les décortiquer et les analyser.

J’ai appris à accepter que je sois une hétéro forcenée. Je ne me considère pas comme une grande dévoreuse de chair fraîche. Ça doit surement être dû au fait que je sois quelqu’un qui a toujours préféré la qualité à la quantité mais chaque spécimen que j’ai rencontré me fait voir une nouvelle facette de moi-même que je prends plaisir à découvrir par la suite.

Après chaque pause méritée entre des relations mouvementées, je regarde l’homme que je rencontre par la suite comme une aventure que je jure de vivre à fond.

Je me taxe de prendre le meilleur et de laisser le pire.

D’autres me traiteront de naïve, mais moi je ne veux pas détester mon autre moitié. Même s’il l’est seulement pour quelques semaines, quelques mois ou plus. Un jour peut être.

Je suis une jeune femme qui, à défaut d’autre chose, prétend se connaître.

Quand je vois que j’ai épuisé mon quota de bonheur avec un homme, je pars. Je tourne le dos, je me prépare à quitter le navire, je fais mes bagages et je me barre (mentalement parlant, je n’ai pas encore expérimenté la cohabitation avec « l’autre », non pas que je ne regrette que la chose soit si difficilement réalisable dans le plus baux pays du monde).

Ceux qui me taxeront plus haut de lâche, diront encore que je fuis les vraies réalités du couple et que je n’aime pas m’investir dans une vraie relation. Je leur répondrai que ce que je fuis plutôt c’est la souffrance gratuite.

Comme je disais donc j’aime les hommes. Tous les hommes : les lâches, les téméraires, les sensibles, les machos, les obsédés, les séducteurs. Comme je vous disais. Tous.

J’ai appris à voir leurs nuances, leurs couleurs et leurs richesses.

Et bien que des fois, certains d’entre eux font surgir en moi ma fibre castratrice (très enfouie je vous rassure), j’ai compris que rien avec eux ni noir ou blanc. Ils sont tous plein de couleurs et de nuances.

A chaque nouveau mec que je rencontre, je trouve des contradictions, des complexités qui ne le réduisent plus jamais à un seul adjectif.

J’ai rencontré l’arrogant, séducteur et sûr de lui qui a finit lui-même par m’apprendre tout ce que je devais redouter et éviter chez un homme par peur que je ne sois blessée par un autre qui lui ressemblerait peut-être.

J’ai fréquenté l’alcoolique grand amateur de femmes faciles et de whiskey qui était finalement à la recherche de cette femme qui le sauverait de sa déchéance et, comme sa mère ne cessait de lui répéter, le ferait revenir au droit chemin et avec une gomme magique effacerait tous les stigmates de se vie de vagabondage.

J’ai vu le quadragénaire sensible qui veut, dans les bras d’une femme jeune, puiser sa source de jouvence et s’accrocher à cette vie qu’il sent en train de lui échapper.

J’ai connu ce grand immature incapable de délicatesse dans son approche des femmes et pur enfant gâté, qui s’occupait d’œuvres caritatives et se battait par tous les moyens contre le malheur d’enfants mourants.

Je suis sortie avec ce grand nounours sensible beau, intelligent, instruit, ouvert d’esprit, tolérant que tout le monde m’enviait, mais qui s’est révélé grippe-sou, totalement obsédé par l’argent et que sa pauvreté potentielle, mais hautement improbable, lui faisait compter tout centime qu’il dépensait même pour lui-même.

Je me suis retrouvée avec ce grand cavaleur incapable de fidélité, si plein d’humour, de joie de vivre et de sens d’aventure qu’il vous donnait l’envie pressante de vivre chaque jour comme si c’était le dernier.

Je me suis trouvée sur le chemin de ce grand intellectuel tellement averti et tellement au courant des choses de la vie, qui pouvait vous faire quitter la réalité des choses par ses récits, qui en discourant sur la vie vous la faisait aimer ou détester selon ses humeurs, qui pouvait vous influencer de façon si complète (dévastatrice, absolue?) et qui pourtant se retrouvait à avoir des conversations de sourds avec son amoureuse et nager dans l’aveuglement total, quand il s’agissait de sa propre vie.

Je suppose qu’au final, j’en ai fréquenté trop peu pour tous les connaître, mais je garde à l’esprit que chaque homme que je rencontre n’a peut être pas ce que je désire, représente la plupart du temps ce que je veux à tout prix éviter, mais je refuse dorénavant de croire que ces messieurs sont capables d’être réduit à une généralité ou à être catalogués.

Je préfère considérer dorénavant que ceux, que moi et mes amies avons appris à considérer comme « l’ennemi », sont comme un livre intéressant : la couverture peut être attirante ou repoussante, le nombre de pages peut être rebutant, à lire il semble totalement compréhensible, mais comme c’est surprenant de détecter entre les lignes ce qui mérite vraiment d’être retenu.

Ceux qui ne me seront pas favorables me diront : « Puisque tu les aimes tellement pourquoi les quittes-tu si souvent ? Pourquoi n’en-as-tu pas gardé un seul ? »

Je leur répondrai que je suis une femme décidée à trouver son bonheur avec un homme certes imparfait mais encore inconnu du bataillon.

Je leur dirai que j’ai encore mes propres démons à combattre et que je ne me sens pas prête à tout donner.

Je leur dirai que j’ai beau aimer leurs différences, leurs côtés intéressants et qui me complètent, je n’ai pas encore trouvé l’homme qui m’amènera à vivre avec lui en connaissant parfaitement ses défauts.

Je leur dirai qu’avec chacun de ceux que j’ai fréquenté, je me suis révélée différente et que je ne connais pas encore celui avec qui je serais complète.

Je leur dirais que je suis l’artisan de mon propre bonheur et que je n’accepterai la présence permanente d’aucun homme qui menacera mon équilibre que j’aime tant.

Pour conclure je dirai : je suis si loin d’être parfaite, je ne crois pas au prince charmant et je n’attends d’aucun homme qu’il le soit. D’ailleurs je le déteste ce prince charmant, je le trouve si ennuyeux dans sa perfection.

Oui, je crois que finalement… j’aime les hommes.

 

Par WIAME CHAFIK