Le cercle des gars sympas (abonnez-vous !)...

La ville est peuplée de satyres. Ils sont légion. Où que l’on aille, ils sont là, marchant à travers rues et boulevards, furetant partout en quête d’un peu de phéromone féminine, scrutant les façades grises en vue du moindre relief femelle. Voilà, ils sont partout, et j’en fais partie, à ma honte toute bue. Je l’écris ici, parce qu’il serait malhonnête et hypocrite de ne pas avouer que j’ai aussi tendance à perdre le contrôle de mes yeux, de les laisser divaguer, au gré de pensées tout aussi libres, que je marche ou conduise ma voiture. C’est mon péché mignon, dont j’ai conscience qu’il n’est pas si mignon que ça. Le zyeutage systématique des femmes, des filles qui passent, traversent le champ de vision masculin, aimantent les regards distraits, les captent et les transforment en contemplation assidue, rêveuse, rêveuse mais rarement poétique… La poésie n’est d’ailleurs qu’un alibi, un faux prétexte (à nous-autres), un justificatif minable en somme. Je ne saurais par exemple m’extasier devant une passante, en  termes aussi adorables que ceux du poète connu : La rue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d’une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;   Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,  Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue…    Ce serait d’autant plus faux-c… de ma part – si je me réfugiais derrière ces mots – que je chercherais à aseptiser mon acte, à l’édulcorer par un peu de littérature… trop facile (non pas ladite littérature, mais ledit prétexte ). Or, c’est rarement littéraire, cette inspiration, – que dis-je ? –  cette pulsion, de déshabiller...

Anefgou ou la mort subite du nourrisson Déc24

Anefgou ou la mort subite du nourrisson...

Un pays qui laisse ses enfants mourir de froid, quel horizon peut-il regarder encore ?     Un enfant n’est pas toujours heureux Il a parfois peur Il a froid Il marche nu pieds Dans la boue Ou bien le sol sec Enroule un plastique Sur la tête Autour de la poitrine Comme matière de jute Plastique, comprenez Carbonne hydrogène Oxygène azote Souffre et silicium Il tend sa main vers le feu D’une bouilloire noire d’années Trouve refuge devant Un pot d’échappement Je l’ai vu cet enfant Habillé de restes De sacs Matière plastique Pétrole Il a parfois la peau sur les os Le regard si affamé Un autre enfant a des roues A la place des pas Un autre jamais ne soulève la tête L’autre ignore tout du monde Les enfances ne se ressemblent pas Le son de la harpe n’est pas toujours Au rendez-vous Les lits doux le chocolat Et les bras ouverts Il y a des poupées en porcelaine D’autres à la vanille En tissu Il y a aussi des croix de bois Ou celles dans le rêve D’une petite fille Au visage gercé de froid Il y a des béquilles Des fauteuils roulants Des attèles articulées Des sourires de toutes les formes Et beaucoup de larmes De yeux ouverts Sur rien De petits doigts Qui creusent la terre Tirent l’eau du puits De visages noirs de graisses Petits mécanos A Saint Paolo Aux douars Et ailleurs dans le monde De petites mains cousent Des ballons Pour celui qui gagnera le ballon d’or Ils cousent la nuit au jour Pour un bol de riz Il y a des enfances déchiquetées Par d’injustes naissances Elles ne se ressemblent pas toutes les enfances Les enfants ne sont pas tous heureux Mais tous savent sourire...

Lâcher prise, c’est dire oui à la vie...

Touria est une jeune maman cadre hyper impliquée dans sa vie et dans la vie des autres. Touria a besoin de tout contrôler, de tout connaître, de tout maîtriser. Touria dépense une énergie monstre à vouloir s’assurer de tout, au détriment de sa quiétude. Lors de notre première réunion, c’est à peine si elle ne m’a pas donné une to-do list. « Ca t’arrive de lâcher prise, Touria? Je voudrais bien. Je suis lassée et je sais que je suis trop exigeante de moi et des autres« . C’est une bonne entrée en matière pour un coaching individuel. Elle a besoin de lâcher prise.   Que faut-il lâcher, en fait? Lâcher prise tout le monde en parle, mais c’est l’Arlésienne. Peu savent ce que c’est. L’expression est tellement galvaudée qu’elle est réduite à signifier calme ou zen. Avant d’apprendre à lâcher prise, allons voir de quelle prise s’agit-il? C’est la « prise » que représente notre ego et notre représentation de nous-mêmes nourris par nos convictions, nos croyances et, aussi, nos ressentis. Lâcher prise me rappelle, toujours, « Débranche » (titre d’une célèbre chanson de France Gall): abandonner l’illusion de toute puissance et accepter ses limites.   Défi de rester dans l’ici et maintenant  L’être humain construit sa vie à coups de « si » et de « quand » et la régit par ce qui « devrait être » et « aurait pu être« . Des personnes, comme Touria, qui veulent tout contrôler, vivent dans le passé ou le futur, avec le lâcher prise, elles apprennent à être dans l’ »ici et maintenant« , le présent. Touria reproche aux autres de ne pas faire autant qu’elle. Du coup, elle fait tout, toute seule. Tous ceux qu’elle côtoie en ont pour leur grade : son mari, qui ne s’occupe pas très bien de la maisonnée, ses enfants qui n’ont pas...

Lettre d’une immigrante d’intention Déc19

Lettre d’une immigrante d’intention...

Rabat, le 18 décembre 2012   Chère Aude, Aujourd’hui, j’ai appris que tu étais quelque part dans un village du moyen Atlas, vivant parmi les amazighs qui t’appellent Aïcha. Te souviens-tu de notre conversation, dans la maison n°1 aux Oudayas? Je t’avais demandé ce que tu voulais faire dans la vie, tu m’as répondu que tu ne savais pas, tu m’as aussi dit que tu n’avais pas les moyens de vivre, ce pourquoi tu appréciais la générosité et l’hospitalité des gens ici. Aujourd’hui, je suis allée pour la deuxième fois à l’ambassade du Canada pour demander un visa, afin d’étudier dans ton beau pays, celui dont tu m’as parlé si souvent. Aujourd’hui, pour la deuxième fois, on m’a refusé pour motif : risque d’immigration et pourtant ce n’est pas le cas, ou alors toutes les personnes qui voyagent sont des migrantes potentielles. La vie est injuste, entre toi et moi, tu peux aller où tu veux, quand tu veux et pas moi. La différence entre nous est l’inégalité entre deux nations, deux mondes, un développé et un dit du « tiers monde ». Contrairement à toi, je sais ce que je veux et j’en avais les moyens. Je voulais étudier pour mon engagement que j’ai mis sept années à cultiver, je voulais vivre près de mon cœur, dont je suis incapable de me séparer, je voulais à travers cette expérience, voyager dans les contrées américaines. On m’a renié ce droit, bien que j’aie les moyens requis pour en bénéficier, un droit conditionné, tu imagines ?? Un droit inhérent à la personne, à savoir : Circuler librement sur Terre, un droit sur lequel l’histoire de l’humanité s’est construite, la mobilité. Chère Aïcha, pourquoi, je ne bénéficie pas de mon droit à voyager et à étudier ? Ne suis-je pas égale à...

La mort de Socrate

Ce que je crains le plus c’est de me réveiller un matin et de trouver que tout cela soit normal… Aucune fibre en moi ne réagira aux événements que des fous provoquent et que des menteurs, à leur solde, présentent comme légitimes. Cela peut commencer par ce papier que l’on attend pendant une semaine au pot de vin versé pour l’obtenir, à ces voitures qui explosent dans les marchés, aux meurtres planifiés et exécutés froidement par une armée étatique contre des civiles. C’est l’indifférence administrée à dose homéopathique trois fois par jour avant les repas. Cela ne s’est pas fait en un jour. Mais, aujourd’hui, les moyens de désinformation ont exacerbé ce sentiment de peur qui cloue chacun à sa place. Où sont ces gens qui ont défendu leurs convictions au prix de leur vie ? Je sais que le monde s’est fait en opposition à toutes les idées révolutionnaires. Mêmes les découvertes scientifiques ont été mal reçues et ont provoqué la mort de leurs auteurs avant d’être détournées du bien qu’elles auraient pu apporter à l’humanité, mais utilisées contre elle. D’où viennent nos idées ? Quels sont les moyens que nous avons pour réfléchir ? Quels sont les éléments objectifs que nous avons pour prendre ou pas une décision ? Chomsky écrivait que la plus grande réussite de la bourgeoisie est d’avoir persuadé les gens que ses idées sont celles de la majorité. Mes idées sont elles celles de la bourgeoisie ? Mais dans ce fatras de concepts qui couvre le monde de quelle bourgeoisie parle-t-on ? Et le manque de crédibilité des moyens d’information, des partis politiques, de l’école et de tous les relais du savoir qui ont fini par imposer l’indifférence ! Tout, aujourd’hui, montre que les idées de la bourgeoisie ont échoué ? Ou bien est-ce cela qu’elle voulait ?  Personne...

Moi, lambda des mortels…...

Je suis une petite nature contrariée, une créature dont la boussole morale est frappée d’atrophie à force de se frotter à  une société inconsciente de ses expressions profondes.  Je suis une douleur atroce, je suis un mal être profond. J’étouffe, mes poumons sont comprimés, ils ne reçoivent plus d’air, je m’affaibli, je me meurs… Les choses vont s’arranger. Les échos de ce même refrain résonnent depuis longtemps, ébranlant le calme paisible de ma petite existence. Il est 7 h, et je viens de me réveiller, la ville est prise de vapeurs somnambule ; elle dort à poings fermées, elle est devenue un lieu où le soleil ne se lève jamais ! Je cours à ma besogne. Les travailleurs matinaux sont tous au poste ; café Saddam, Liberté,… et tant d’autres… Ils sont armés de kahwa, dans une main. Dans l’autre, des restes de chema. Les incontournables : Nahar, Chourouk et Haddaf font également partie du lot. Au fur et à mesure que j’avance, mon cœur se contracte, je suis prise de spasmes douloureux. Une vision nouvelle et grossière me foudroie ; les rues prennent des allures de villes afghanes ; les néo islamistes ; frustrés, malsains, incultes et complexés se pavanent en toute liberté en seroual, kamis, niqâb, et autres… Tant de tenues symbolisant la foi. Et pourtant ! Je passe en pressant le pas, pour éviter leurs regards, leurs commentaires et leurs odeurs. Pourtant c’est mon odeur qui les dérange ; mon odeur de femme, mon parfum, et mes cheveux. Chaque mèche de cheveux ébranlait leur foi. Faut croire que celle-ci ne tenait qu’à une mèche. L’islam, n’a-t-il pas traversé les âges sans se dépérir, gardant toute sa grandeur et sa beauté. Pourquoi changerait-il soudain de visage et deviendrait-il synonyme de peur, d’hypocrisie, de violences, d’obligations,… Pourtant les mèches c’est eux qui...

L’actu : mieux vaut en rire ! Déc12

L’actu : mieux vaut en rire !...

Je voudrais d’abord m’excuser auprès de vous pour le ton décousu et les propos peu cohérents à première vue, j’ai une bonne excuse : avec tout ce qui se passe, le train de mes idées a déraillé, et il n’y a pas de survivants. Commençons par le feuilleton palpitant des élections à la tête de la droite Française, j’ai laissé tomber toutes mes séries favorites pour suivre avec amusement ce qui se passait, c’est mille fois plus divertissant. Et avant de me juger de Francisante, je vous assure que ma motivation était purement Marocaine. C’était presque une consolation. Ben oui, il n’y a pas que chez nous que des Chabat arrivent à la tête d’un parti, sans grande logique ni mérite, quoique, cela m’étonnerait que « Copé » soit tenté d’ériger une contre façon bas de gamme de la « tour Hassan » dans sa commune, mais passons ! j’avais aussi ce sentiment de : « Ah Ha ! vous voyez ! il n’y a pas que chez nous que l’on se crêpe le chignon ou la barbichette entre politiciens de la même famille, à coup de JT interposés ». oui, oui, ça n’excuse rien, mais ça consolerait presque. Et puis « Gaza » sous les raids plusieurs jours durant, dont tout le monde semblait s’en foutre un peu. Ben oui, le dit feuilleton Israélo-palestinien a battu en longévité tous, ceux exportés de Turquie du Mexique et de Corée, réunis ! ça en devient non seulement très banal, mais ennuyeux ! Là aussi, une question que j’ai vu circuler sur le net (bien défendable) m’interpelle : « en parlant de Jihad, pourquoi la Qaïda ne déploie pas ses efforts en jihad à Gaza ? » ou encore un fois, charité bien ordonnée commence par...

Et si on prenait le courage d’être soi-même? Déc10

Et si on prenait le courage d’être soi-même?...

Dimanche 25 Novembre 2012, J’ai eu le plaisir d’assister au séminaire « Le courage d’être soi », animé par le fameux jardinier des relations humaines Jacques Salomé. M. Salomé a fait un petit aperçu sur la thématique en mettant en exergue le fait que ceux qui s’engagent dans ce courage deviennent plus vivants. Dans un élan de lucidité, il a avoué avoir été un infirme de la communication, quelqu’un qui ne savait pas dire « Non », au point qu’il est devenu « une poubelle »pour les autres, tant il recevait tout de son entourage. Son père géniteur ne l’avait pas reconnu enfant, un peu comme sa grand-mère qui n’avait pas reconnu sa mère. Ce n’est qu’à partir de ses 36 ans qu’il a entamé un vrai travail sur lui-même, sur sa communication, son relationnel ainsi que sur la quête de ses origines. Un parcours tumultueux qui a engendré plus de 60 ouvrages, aussi intéressants les uns que les autres. Ce courage d’être soi se base sur 4 paliers : 1/ S’aimer : Si vous ne vous aimez pas, vous serez dans le besoin d’être aimé et cela n’est pas de l’amour. Une femme qui accepte tout de son conjoint dans l’espoir qu’il l’aime et qu’il ne l’abandonne pas, risque de passer toute sa vie dans la dépendance. Si elle s’aime assez, même si elle est rejetée, elle va en souffrir, mais sans tomber dans la dépression pour autant. 2/ Se respecter : C’est apprendre à être congruent ; être cohérent entre ce que je dis et ce que je pense, ce que je ressens et ce que je dis, ce que je pense et ce que je fais… En ce sens, sa citation illustre bien ce concept : « Apprenez à dire de vrais Non, ça vous apprendra à dire de vrais Oui ». 3/ Se responsabiliser...

Marocaine et PAS fière de l’être ! Déc05

Marocaine et PAS fière de l’être !...

Je suis la première à le regretter, mais je suis devenue au fil du temps et des désillusions incapable de revendiquer ma marocanité avec fierté. En effet, et au risque d’imiter Hollande avec sa célèbre anaphore « moi président » : – Je ne suis pas fière d’être marocaine dans un pays où des hommes disent « lmra » suivi d’un « hachak » insultant en parlant de leurs épouses. – Je ne suis pas fière d’être marocaine quand siège une seule femme au gouvernement. (et Dieu sait que les compétences féminines ne manquent pas). – Je ne suis pas fière d’être marocaine là où une justice absout le violeur lorsqu’il fait amende honorable en épousant sa victime. QUELLE ABERRATION ! Et notre Ministre de la famille qui enfonce le clou… – Je ne suis pas fière d’être marocaine lorsque mes concitoyennes risquent leur vie par milliers en recourant à des faiseurs d’anges, faute de bénéficier d’un avortement médicalisé. – Je ne suis pas fière d’être marocaine dans un pays où les filles mères ou mères célibataires sont traitées comme des parias, parfois emprisonnées et où les pères ne sont même pas contraints par la loi de reconnaître leur paternité et d’assumer leurs responsabilités. – Je ne suis pas fière d’être marocaine quand nos rues sont envahies par des hordes de mendiants, souvent professionnels, et d’estropiées, parfois simulateurs. Que fait notre gouvernement pour contenir ce flot de misère ? – Je ne suis pas fière d’être marocaine dans un pays où le malade indigent doit filer un bakchich à l’infirmière pour la consultation, payer son IRM, apporter le consommable nécessaire à son opération et se faire livrer son repas par ses proches pendant son hospitalisation. Et s’il n’arrive pas à se débrouiller pour tout ça, qu’il crève ! – Je ne suis pas fière...

Famme je vous aime!

Comment décrire chez l’homme la perception de la femme sans tomber immanquablement dans l’outrecuidance d’un jugement par contumace ?   Ô narcissisme masculin pourquoi même en tenter l’interprétation là où il est juste besoin d’acceptation de l’autre dans son entière altérité ?   Décrire c’est encore juger et quel besoin de le faire sinon asseoir, encore et toujours, la suprématie d’un sujet qu’obnubile son propre attribut, encore fusse-t-il toujours capable de conjugaison harmonieuse ou d’harmonie conjugale…   Comment aborder studieusement le sujet féminin sans l’enfermer d’une part, en thèse, et lui tendre de l’autre, presque insidieusement, la béance d’un manque de frontières morales ouvrant la voie à toutes les utilisations possibles et inimaginables de ce corps céleste et si leste à enfourcher les dérives inconscientes d’un mâle-être somme toute humain ?   Comment, dans un monde en perte de repères, inscrire le relationnel du genre en dehors des jalons fatalistes de la dualité ? Pour l’exemple, nous avons tellement abusé de cette juxtaposition du voile à la nudité que ça en est devenu caricatural. Ce fusionnement du libre dans l’emballage du voilé n’est qu’une manifestation cutanée de cette ineffable et maladive inconscience de la majorité à appréhender inexorablement les choses dans cette dualité trompeuse. Continuer à mesurer  la zone d’action de la liberté de la femme à l’aune de son étoffe reviendrait certainement à faire peu cas de son essence spirituelle, ramenant ainsi son amas-zone corporel au niveau du steak tatare…   Sans doute faut-il cesser de faire admettre à chaque chose un contraire. La femme n’est ni le contraire ni la contrariété de l’homme, tout comme le bien n’est pas le contraire du mal mais juste son absence,  tout comme concave n’est pas le contraire de convexe mais son complément. Un peu comme les signes du yin...