Famme je vous aime! Déc04

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Famme je vous aime!

Comment décrire chez l’homme la perception de la femme sans tomber immanquablement dans l’outrecuidance d’un jugement par contumace ?

 

Ô narcissisme masculin pourquoi même en tenter l’interprétation là où il est juste besoin d’acceptation de l’autre dans son entière altérité ?

 

Décrire c’est encore juger et quel besoin de le faire sinon asseoir, encore et toujours, la suprématie d’un sujet qu’obnubile son propre attribut, encore fusse-t-il toujours capable de conjugaison harmonieuse ou d’harmonie conjugale…

 

Comment aborder studieusement le sujet féminin sans l’enfermer d’une part, en thèse, et lui tendre de l’autre, presque insidieusement, la béance d’un manque de frontières morales ouvrant la voie à toutes les utilisations possibles et inimaginables de ce corps céleste et si leste à enfourcher les dérives inconscientes d’un mâle-être somme toute humain ?

 

Comment, dans un monde en perte de repères, inscrire le relationnel du genre en dehors des jalons fatalistes de la dualité ? Pour l’exemple, nous avons tellement abusé de cette juxtaposition du voile à la nudité que ça en est devenu caricatural. Ce fusionnement du libre dans l’emballage du voilé n’est qu’une manifestation cutanée de cette ineffable et maladive inconscience de la majorité à appréhender inexorablement les choses dans cette dualité trompeuse. Continuer à mesurer  la zone d’action de la liberté de la femme à l’aune de son étoffe reviendrait certainement à faire peu cas de son essence spirituelle, ramenant ainsi son amas-zone corporel au niveau du steak tatare…

 

Sans doute faut-il cesser de faire admettre à chaque chose un contraire. La femme n’est ni le contraire ni la contrariété de l’homme, tout comme le bien n’est pas le contraire du mal mais juste son absence,  tout comme concave n’est pas le contraire de convexe mais son complément. Un peu comme les signes du yin et du yang s’imbriquant l’un dans l’autre pour signifier que seul l’ensemble est parfait…

 

D’où nous vient alors ce besoin irraisonné de définir « fatalement » le féminin quand aucune remise en question ne vient effleurer la certitude « masculine » ?

 

On dit souvent que les hommes doivent construire leur masculinité ; et si les femmes avaient, elles, a gagner déjà leur humanité ?

 

Christian Bobin écrit : « Les hommes ont peur des femmes. C’est une peur qui leur vient d’aussi loin que leur vie. […]  La différence entre les hommes et les femmes n’est pas une différence des sexes mais des places. L’homme c’est celui qui se tient à sa place d’homme, qui s’y tient avec lourdeur, avec sérieux, bien au chaud dans sa peur. La femme c’est elle qui ne tient dans aucune place, pas même la sienne, qui papillonne, toujours disparue dans l’amour qu’elle appelle, qu’elle appelle… »

 

Et que répondre à cet appel sinon cette naturelle formule : « famme je vous aime » en laissant tomber le « e » de l’exclusion et de l’éviction car oui, et n’en déplaise à monsieur Freud, la femme ne souffre pas de son absence de pénis comme la psychologie masculine à toujours tenté de nous le faire croire, mais bien de son absence de « a » …l’absence d’une certaine qualité d’amour.

 

Khalid Benslimane

 

Par un Homme