Et si on prenait le courage d’être soi-même? Déc10

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Et si on prenait le courage d’être soi-même?

Dimanche 25 Novembre 2012, J’ai eu le plaisir d’assister au séminaire « Le courage d’être soi », animé par le fameux jardinier des relations humaines Jacques Salomé.

M. Salomé a fait un petit aperçu sur la thématique en mettant en exergue le fait que ceux qui s’engagent dans ce courage deviennent plus vivants.

Dans un élan de lucidité, il a avoué avoir été un infirme de la communication, quelqu’un qui ne savait pas dire « Non », au point qu’il est devenu « une poubelle »pour les autres, tant il recevait tout de son entourage.

Son père géniteur ne l’avait pas reconnu enfant, un peu comme sa grand-mère qui n’avait pas reconnu sa mère. Ce n’est qu’à partir de ses 36 ans qu’il a entamé un vrai travail sur lui-même, sur sa communication, son relationnel ainsi que sur la quête de ses origines. Un parcours tumultueux qui a engendré plus de 60 ouvrages, aussi intéressants les uns que les autres.

Ce courage d’être soi se base sur 4 paliers :

1/ S’aimer :

Si vous ne vous aimez pas, vous serez dans le besoin d’être aimé et cela n’est pas de l’amour. Une femme qui accepte tout de son conjoint dans l’espoir qu’il l’aime et qu’il ne l’abandonne pas, risque de passer toute sa vie dans la dépendance. Si elle s’aime assez, même si elle est rejetée, elle va en souffrir, mais sans tomber dans la dépression pour autant.

2/ Se respecter :

C’est apprendre à être congruent ; être cohérent entre ce que je dis et ce que je pense, ce que je ressens et ce que je dis, ce que je pense et ce que je fais…

En ce sens, sa citation illustre bien ce concept : « Apprenez à dire de vrais Non, ça vous apprendra à dire de vrais Oui ».

3/ Se responsabiliser

C’est-à-dire prendre en charge les conséquences de mes actes, être responsable de ce que je fais de ce qu’on a fait de moi.

« Responsable » selon lui n’est pas forcément synonyme de « fautif », mais il insiste sur le fait qu’on est responsable de tout ce qui nous arrive et surtout de ce que nous faisons de ce qu’on a fait de nous.

En outre, il a cité les 6 blessures archaïques, à savoir :

L’humiliation, le sentiment d’impuissance, l’injustice, l’insécurité, la trahison, l’abandon(le rejet).

4/ Apprendre à être fidèle à soi-même

Une relation se conjugue à 3 : moi, lui et la relation.

Dans une relation à deux (A et B), il y a 4 fidélités : la fidélité de A à lui-même et sa fidélité à B, la fidélité de B à lui-même et sa fidélité à A.

M. Salomé stipule qu’en France, environ 60% des cas de divorce sont demandées par des femmes. Elles ne se sentent plus obligées de rester dans une relation qui ne marche pas, juste par pression sociale car leur seuil d’intolérance est atteint et qu’elles ont besoin d’être fidèles à elles-mêmes.

 Comment apprendre à nos enfants à s’aimer ? 

À la question d’une participante « Comment apprendre à nos enfants à s’aimer ? », Salomé a précisé qu’à chaque fois que nous faisons entendre à un enfant un message positif, cela fait agrandir sa « vivance », cela devient énergétique, donne plus d’amour en soi et augmente le plaisir d’être. Et inversement si on lui fait passer un message négatif.

Jacques avoue être scandalisé du fait que la communication n’est pas enseignée aux enfants à l’école au même titre que l’histoire et les mathématiques, et ne cesse de militer pour cette bonne cause. Parmi ses raisons c’est le besoin de leur apprendre à ne pas garder un message ou un comportement toxique qu’on leur adresse (une critique ou même un abus sexuel)  et ce par la simple phrase magique : «  ce message n’est pas bon pour moi. Vous pouvez le garder pour vous ! »

Trop de messages toxiques créent une blessure en nous, et dans ce cas notre énergie nous servira uniquement à minimiser cette toxicité au lieu de jouir de la vie. Par effet de cumulation, la blessure se transforme en maladie (Kystes, cancers…). C’est ce qu’on appelle le syndrome de cailloux.

Il a mis le point sur la différence entre « discours » (ce que vous dites) et « message » (ce qui est compris), ainsi qu’entre « Besoin » (qui a besoin d’être satisfait impérativement) et « désir » (qui a besoin d’être entendu), entre « maman » (celle qui conditionne, tapote, réconforte) et « mère » (celle qui demande, refuse, met des règles à suivre…).Ce passage de la maman à la mère, appelé « le sevrage relationnel » commence dès la troisième année de l’enfant. Egalement entre « papa » et « père ».

Jacques a déclaré : « Dans ma génération, les enfants n’avaient pas de papas, ils avaient des pères, et maintenant ils sont « trop papas », c’est pourquoi on parle de crise d’autorité ».

Il a cité l’« ITPT » : l’Illusion de la Toute Puissance Infantile (l’enfant qui a la toute puissance de se faire obéir par ses parents et entourage, et, devenu adulte, il s’attend à un traitement de faveur similaire).

« Communiquer » pour Salomé c’est mettre en commun, et une communication efficace se base sur 4 ingrédients : demander, donner, recevoir et refuser.

Selon Jacques, on vit dans un monde où on ne nous a pas enseigné de prendre soin de la vie qui est en nous ; souvent on fait beaucoup de choses pour la personne et rien pour la vie qui est dans cette personne. Les besoins qui s’adressent à la vie sont les besoins relationnels dont il nous faut avoir le courage de respecter et de vivifier.

Chaque fois que l’un des participants pose une question à Salomé, ce dernier se faisait un malin plaisir de l’inviter sur scène et de faire avec lui un jeu de rôle démonstratif avec des fils, des pancartes et d’autres personnes symbolisant la situation.

Et pour finir en apothéose, Jacques nous a fait part d’un conte significatif et symbolique sur « le miroir et les perceptions personnelles ».

C’était une chance, un plaisir et un honneur d’avoir eu l’opportunité de rencontrer ce grand homme en chair et en os, un monsieur plein de vie, de bon sens, de lucidité, de partage et surtout de beaucoup d’humour.

Sa dernière phrase, avec un grand sourire et des yeux qui brillent : «  Nul ne sait la durée de vie d’un amour, alors vivez-le au présent » !

ZINEB EL MANDOUBI