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Moi, lambda des mortels…

Je suis une petite nature contrariée, une créature dont la boussole morale est frappée d’atrophie à force de se frotter à  une société inconsciente de ses expressions profondes.  Je suis une douleur atroce, je suis un mal être profond. J’étouffe, mes poumons sont comprimés, ils ne reçoivent plus d’air, je m’affaibli, je me meurs…

Les choses vont s’arranger. Les échos de ce même refrain résonnent depuis longtemps, ébranlant le calme paisible de ma petite existence. Il est 7 h, et je viens de me réveiller, la ville est prise de vapeurs somnambule ; elle dort à poings fermées, elle est devenue un lieu où le soleil ne se lève jamais ! Je cours à ma besogne. Les travailleurs matinaux sont tous au poste ; café Saddam, Liberté,… et tant d’autres… Ils sont armés de kahwa, dans une main. Dans l’autre, des restes de chema. Les incontournables : Nahar, Chourouk et Haddaf font également partie du lot.

Au fur et à mesure que j’avance, mon cœur se contracte, je suis prise de spasmes douloureux. Une vision nouvelle et grossière me foudroie ; les rues prennent des allures de villes afghanes ; les néo islamistes ; frustrés, malsains, incultes et complexés se pavanent en toute liberté en seroual, kamis, niqâb, et autres… Tant de tenues symbolisant la foi. Et pourtant !

Je passe en pressant le pas, pour éviter leurs regards, leurs commentaires et leurs odeurs. Pourtant c’est mon odeur qui les dérange ; mon odeur de femme, mon parfum, et mes cheveux. Chaque mèche de cheveux ébranlait leur foi. Faut croire que celle-ci ne tenait qu’à une mèche.

L’islam, n’a-t-il pas traversé les âges sans se dépérir, gardant toute sa grandeur et sa beauté. Pourquoi changerait-il soudain de visage et deviendrait-il synonyme de peur, d’hypocrisie, de violences, d’obligations,… Pourtant les mèches c’est eux qui les avaient, ou plutôt les poils, hirsutes et ébouriffés. Avec la barbe de Barberousse et la force de barbe bleu, ils jouent aux caïds, aux chevaliers du 21ème siècle. Les chevaliers de la nouvelle religion. Les croisades sans croix,  mais avec des croissants, des guerres de foi et des courses  vers le paradis.

Saint Augustain disait : « Crois et tu comprendras; la foi précède, l’intelligence suit », ça ne s’applique plus Saint Augustain ! Ils y croient dur comme fer, mais l’intelligence n’est pas au rendez vous.

Ce qui m’attriste le plus dans tout cela, c’est que l’Algérien aujourd’hui, qui rebelle autrefois, est devenu borné, fanatique, convaincu ou plutôt con… vaincu, il s’est déchu de son identité, vivant cloitré dans une Algérie séquestrée.

Tout comme Hakim Lâlam, (célèbre chroniqueur algérien), je suis adepte du thé, je le fume toujours, mais il n’a plus d’effet sur moi, je ne reste plus éveillée… Le cauchemar continue, moi je sombre dans une perte profonde de conscience et de sensibilité…

Je ne me reconnais pas dans un tel peuple ! Comment s’intéresser à l’art, à la peinture, à la littérature, au milieu de cette MERDE dans laquelle nous baignons ?

Par Meriem Edhaouia