Lettre ouverte à Allah au sujet de la lecture...

(Cette missive m’est inspirée par le colloque organisé par l’AMEF (Association Marocaine des Enseignants de Français) à Guelmim du 24 au 26 janvier 2013 sous le thème : Lire et faire lire) Allah, Étant désespéré de bénéficier de l’écoute de mes compatriotes, je m’adresse directement à Vous. Cela fait des lustres que personne ne bouge le petit doigt pour inciter à la lecture et pour montrer les bienfaits d’une telle pratique. Je m’adresse donc à Vous en dernier recours. Vous êtes Omniscient, Vous devinerez aisément mes intentions et décèlerez mes vœux même quand je ne trouverai pas le mot juste. Vous êtes Omnipotent, Vous saurez faire aboutir ma requête. Faites que ceux qui gouvernent ce pays béni daignent  accorder à la lecture la place qui lui est due, que les yeux des chérubins qui courent les rues se décillent et les esprits des adultes qui glandent se désaveuglent. Faites que les responsables qui s’introduisent dans toutes les chaumières via les petits écrans se présentent un livre à la main car Votre volonté fait de l’homme demeure un animal imitateur. Faites que les parents, en remplissant leurs cadis ou leur cabas, y glissent un livre comme nourriture de l’esprit de leur progéniture.  Et que le mamelon sème une sève nourrie de l’esprit des lettres et de la curiosité des savoirs. Faites que le voyageur, qui passe des heures à scruter le vide ou qui papote avec son voisin, finisse par plonger son regard amoureusement dans un livre pour découvrir d’autres horizons en dehors des sentiers battus qui s’offrent généreusement à lui. Faites que le citoyen lambda accorde à ce petit objet, que nous nous égosillons à défendre ici, un statut privilégié et lui portent plus d’amour et d’affection. Allah, Vous êtes témoin des diverses tentatives avortées....

Enfin Libérée Jan29

Enfin Libérée

Chez nous, comme chez la majorité des familles maghrébines, Toute fille pubère est perçue comme une « 3awra » (partie honteuse). Et le hijab joue la fonction de voile (couverture) qui lui a été assigné depuis longtemps. J’ai donc été obligée de le porter sans opposer de refus, puisque mon père ne cessait de me demander  quand est-ce que je comptais le faire…  j’avais à ce moment là 14 ans. J’étais dé-personnifiée, d’autant plus qu’à cette époque je n’étais pas la seule à me voiler en famille, et qu’on avait toutes le même âge. Une fois voilée, mes parents étaient heureux et il me suffisait de les voir intensément joyeux, pour accepter la situation qui me semblait pénible. Au-delà de mes parents, j’ai constaté aussi que je grimpais dans l’estime de tout le monde : famille, amis, voisins… Mais au fond de moi, je n’étais guère satisfaite, j’étais simplement contrainte à faire semblant de l’être pour préserver l’honneur de la famille. Mais ce n’est qu’après quatre années de soumission, que j’ai commencé à comprendre les choses : pour commencer, ce voile que je portais a été une entrave pour mes études, sans pour autant me protéger du harcèlement et des pervers. Et c’est à ce moment là, que ma souffrance a commencé. Je me suis rendu compte que je n’étais pas sur la bonne voie. Mais l’idée qui me hantait toujours était que : tant que je portais un voile sur la tête et ma virginité entre les cuisses, c’est la virilité des mâles et la réputation des autres femmes, membres de la famille, qui sont préservées… et je me disais aussi à chaque fois que j’avais un doute, que la jeune fille Marocaine est particulièrement victime de commérages… Et l’on sait quel enjeu représente « l’honneur » pour une famille dans...

Spiderman m’a (presque) tuer…...

Miloudi savourait son deuxième Chawarma à l’agneau, lorsqu’une silhouette attrayante l’incita à se rendre vers la salle d’embarquement numéro 3. Miloudi, casablancais certifié, n’a pas sillonné les artères du Moyen Orient pour délivrer la Palestine de l’occupation israélienne, pour sponsoriser les actions humanitaires des refugiés éreintés, ou pour baigner dans les eaux douces de Gaza. Non! Il faut savoir que ce quadragénaire, marié et père de quatre enfants a des motivations bien plus respectables. Miloudi quête simplement la femme de sa vie. Il ne veut pas d’une épouse complaisante comme Zoubida, qui lui mitonne son fameux Trid aux coquelets le jeudi, qui lave ses chemises encrassées par la sueur du midi et s’enduit de fleur d’orangers pour lui plaire à minuit. Miloudi veut une vrai femme, comme celles qui se déhanchent sensuellement sur les tercets populaires des clips Khaliji. Des jouvencelles aux cheveux noirs ébènes, aux lèvres pulpeuses charnues et aux corps potelés et bien grassouillets. Ahhh, Ça c’est des femmes ! Sur les conseils de son ami Hamid, spécialiste attesté des fausses identités virtuelles et surtout des faux comptes réels, Miloudi s’inscrit sur Muslima.com et se surnomma Khalifa AL Khalifa : un arabe du golf fortuné, installé au Maroc et à la recherche de son âme sœur. Rapidement, le profil de Hanina, la sosie conforme de Hayfa Wehbe accrocha son intérêt. Cette jeune palestinienne, de 25 ans, envoûta Miloudi par son anatomie affriolante, sa voix délectable, et sa poitrine plantureuse. Elle n’hésita pas à lui murmurer ses fantasmes dépravés et à lui dévoiler ses appétences refoulées. Enfin une femme honnête et intègre. Elle lui mendiait certes de l’argent fréquemment, à déverser sur le compte de Hanine  » une erreur de sexe dans son certificat de naissance », mais elle le déchiffrait, elle le domptait,...

المرأة المغربية بين الصورة الإعلامية والواقع الاجتماعي Jan25

المرأة المغربية بين الصورة الإعلامية والواقع الاجتماعي...

« المرأة الجسد، المرأة الضحية، المرأة التقليدية، هي الصور الطاغية على الإعلام المغربي في غياب إستراتيجية إعلامية واضحة، تكسر دونية المرأة واضطهادها في ظل العادات والتقاليد السائدة في المجتمع. إستراتيجية إعلامية تنفض الغبار عن الدور الكبير الذي تلعبه المرأة المغربية في شتى المجالات الأدبية، الاجتماعية، الاقتصادية، السياسية، العلمية والفنية… » لقد كثر الحديث عن المرأة المغربية وحقوقها ومساواتها بالرجل، إلى أن صار موضوعا متداولا ومستهلكا في مختلف المنابر الإعلامية الورقية والالكترونية، السمعية والبصرية. غير أن الحديث عن المرأة ظل موضوعا عاما وموسميا، ولا يحتل سوى حيز ضيق في بعض المقالات التي تتخذ المرأة موضوعا لها. وهي مقالات غالبا ما تُنشر على هامش جريدة يومية أو مجلة نسائية، هذه الأخيرة التي تولي أهمية كبيرة للمواضيع المتعلقة بالطبخ، الجمال، الديكور، الأزياء التقليدية والعصرية، الأبراج، الأخبار الفنية وكل المواضيع التي من شأنها شد انتباه القارئات من النساء اللواتي ينتمين إلى الفئة الاجتماعية الميسورة. في حين تظل المرأة الخادمة والمرأة العاملة والمرأة المهمشة والمرأة القروية، مجرد موضوع لمقالات موسمية يروج لها خلال اليوم العالمي للمرأة (8 مارس)، هذا اليوم الذي يعتبر مناسبة للاهتمام بالمرأة ومناقشة همومها وقضاياها الشائكة بشكل لا يرقى إلى المستوى المطلوب في بعض الندوات والتحقيقات التلفزية أو الإذاعية. خاصة وأننا في ظل مجتمع ذكوري، يعتبر المرأة كائنا ضعيفا يحتاج إلى وصاية الرجل (الزوج، الأب، الأخ، الابن،…)، الذي يُحدد لها مساحة معينة للمشاركة في مختلف مناحي الحياة العامة، لتتماشى مع الأعراف والتقاليد السائدة في المجتمع، والدور النمطي للمرأة، بغض النظر عن المكتسبات المميزة التي حققتها في مختلف المجالات الاقتصادية والاجتماعية والسياسية والفكرية… إذ إن المجتمع المغربي لا يزال مصرا على إعادة إنتاج الصورة التقليدية للمرأة واختزالها في الجسد والمتعة الجنسية والإنجاب. ويعتبر الإعلام بمختلف أشكاله، وسيلة فعالة لتسويق الأفكار وزرع القيم والمبادئ بين الأفراد، وكذا الترويج لمفاهيم تنال من الحقوق الأساسية للمرأة المغربية وترسخ صورتها التقليدية (الأم، الزوجة، الخادمة…) وتبعيتها للرجل، فيساهم الإعلام بشكل مباشر في إعادة إنتاج...

L’affaire Arif et ses implications Jan19

L’affaire Arif et ses implications...

Deux jours sont passés depuis la publication de mon témoignage et surtout depuis le verdict de la Cour d’Appel qui a acquitté Hassan Arif. Cette affaire, comme je l’ai précisé n’est pas terminé, mais un semblant de polémique s’en est suivi. Essayons d’en tirer ensemble des points sur la base desquels des débats constructifs peuvent naître. Tout d’abord, oui : Hassan Arif, comme tout autre citoyen, du moment qu’il a été innocenté par la Cour d’Appel de Rabat le 17 janvier 2013 a le droit encore une fois à la présomption d’innocence pour le crime de viol. Je remercie les personnes qui ont insisté sur l’importance de cet aspect. Et j’ai pris le soin de revoir mon témoignage pour en retirer toute affirmation qui lui dénie ce principe élémentaire. Penchons nous maintenant sur l’objet même de la plainte : le viol. Face au mensonge continu et à la mauvaise foi totale de l’accusé qui nie même les faits les plus évidents et pour lesquels la justice dispose de preuves sans conteste (tests ADN, sous-vêtements sur lequel des prélèvements ont été faits, communications téléphoniques), nous n’avons qu’une version des faits et c’est celle de la plaignante. Si la plaignante s’est tue aussi longtemps, c’est parce qu’elle affirme qu’à la suite du viol, Hassan Arif lui a promis de « couvrir sa honte sociale» en échange de son silence : « Setrini nsetrek ». Une phrase qui n’est pas si étonnante dans notre contexte social et qui bien sûr, du fait de la position et du pouvoir que détient l’accusé prend un sens beaucoup plus fort. Ce silence qui l’aurait maintenue dans une relation abusive, où la seule chose qu’elle attendait c’est d’être « couverte », et que sa réputation soit sauve. Quitte à divorcer tout de suite...

Procès Arif, quand la justice est un théâtre de l’absurde Jan18

Procès Arif, quand la justice est un théâtre de l’absurde...

Hier j’ai assisté au procès le plus absurde au monde ! Les faits sont connus : Hassan Arif, député du parti l’Union Constitutionnelle et président de la Commune d’Aïn Aouda est poursuivi depuis trois ans pour le viol d’une fonctionnaire du ministère des Habous. La victime a eu un enfant qu’elle affirme être le fruit de cette agression sexuelle. Hassan Arif nie tout en bloc. Il ne connaît la victime que « professionnellement », il ne l’a jamais rencontré ailleurs, il n’a jamais eu aucun rapport sexuel avec elle, bien entendu ne l’a pas violé et le fils n’est pas le sien. Maroc Telecom a fourni les preuves de 284 communications téléphoniques entre le député et la victime. Les tests ADN ont été effectués par le laboratoire de la Gendarmerie Royale. L’un est basé sur un échantillon de sa salive, et l’autre sur le sperme retrouvé sur ses sous-vêtements sont clairs et sans équivoque : Hassan Arif est le père de cet enfant. Le Tribunal de première instance l’a donc condamné à un an de prison ferme. Pour rappel, l’article 486 du code pénal marocain prévoit pour le crime du viol une peine de prison allant de cinq à dix ans, et l’article 488 augmente cette peine à 10 jusqu’à 20 ans de prison si une défloration s’en est suivie. Hier, j’ai donc assisté au procès de ce député de l’Union Constitutionnelle et président de commune de Aïn Aouda qui a eu lieu à 14 heures à la Cour d’appel de Rabat et qui a duré jusqu’à 18 heures passées. L’accusé a continué de nier toute relation avec la victime. Les résultats du test d’ADN n’ont pas changé. La victime a affirmé que Hassan Arif continue à la harceler, l’appeler et lui envoyer des SMS...

محاكمة عاريف أو مسرح العبث Jan18

محاكمة عاريف أو مسرح العبث...

!اليوم حضرت المحاكمة الأكثر تناقضا مع العقل  في العالم الأحداث معروفة: حسن عاريف نائب برلماني عن حزب الاتحاد الدستوري ورئيس جماعة عين عودة متابع منذ ثلاث سنوات بتهمة إغتصاب موظفة تعمل بوزارة الحبوس. تصرح الضحية أن الإبن الذي أنجبت هو نتيجة إعتداء النائب البرلماني عليها. ينفي عاريف كل ما نسب إليه. ويدعي أن علاقته بالمجني عليها لا تتجاوز مجال العمل،  ولم يلتقي بها  قط خارجة هذا النطاق. وبالطبع ينفي أنه اغتصبها وأن الطفل ابنه. القرائن التي تدين المتهم وتدحض ادعاءاته متعددة وذات أسس صلبة. هناك أولا التسجيلات الهاتفية التي وفرتها شركة إتصالات المغرب للمحكمة والتي تبين بأن الضنين إتصل بالمجني عليها 284 مرة. ثانيا، نتائج تحليل الحمض النووي للجاني ومطابقته مع الحمض النووي للطفل تثبث بأنه فعلا ابنه.التحاليل تمت بمختبر الدرك الملكي.  وبالإعتماد على هاته القرائن كانت المحكمة الإبتدائية قد حكمت على المتهم بسنة سجنا نفدا. وللتذكير فحسب المادة 486 من قانون الجنايات فإن أقل مدة كان يجب أن يحكم بها على النائب البرلماني هي 15 سنة. 5 سنوات على الأقل بجنحة الإغتصاب، و 10 سنوات كأصغر عقوبة يحكم فيها القاضي عند ثبوت تهمة افتضاض البكرة. حضرت أمس محاكمة النائب البرلماني رئيس مجلس جماعة عين عودة التي ابتدأت على الساعة 14 بعد الزوال ولم تنته إلى على مشارف الساعة السادسة. أصر المتهم على نفي كل المنسوب إليه ونفي أي علاقة له بالمجني عليها  رغم وجود نتائج الحمض النووي التي تثبث العكس. تؤكد الضحية بأن الجاني لازال يتحرش بها، وذلك عن طريق رسائل قصيرة يستعمل فيها لغة بديئة. وقد برر النائب البرلماني الكم الكبير من الإتصالات التي يثبتها سجل شركة إتصالات المغرب: أنه بحكم منصبه يتلقى فالعديد من الأحيان مكالمات لايستطيع الرد عليها في حينها. فيفضل إعادة الإتصال بالرقم الذي حاول مكالمته من أجل التحقق من طبيعة الموضوع. كان هذا التفسير يمكن أن يكون منطقياً لو أن عدد الإتصالات لم يتجاوز الواحد أو الإثنين وليس 284 مكالمة. أريد أن اتقدم بالشكر للسيد ممثل النيابة العامة، يوسف زرهوني سلموني الذي ذكر بخطورة القضية. إذ يتعلق الأمر بممثل للشعب ، بمنتخب وأن التهمة هي الإغتصاب، الذي يمثل أخطر إعتداء على سلامة المرأة الجسدية والنفسية. وقد...

Suite du procès Arif Jan18

Suite du procès Arif...

Aujourd’hui la première image qui m’accueille au réveil est celle du sourire de Hassan Arif en quittant la Cour qui venait de l’innocenter. Une partie de moi voudrait presque me faire croire que ce n’était qu’un cauchemar. Mais mon témoignage écrit noir sur blanc m’attend sur le bureau et me rappelle mes émotions d’hier. Ce texte que vous avez lu et que j’ai rédigé est un simple témoignage, il n’est en aucun cas un article de presse ni un communiqué juridique. Je l’ai écrit pour exorciser cette peine, cette incompréhension et cette rage qui m’habitaient. J’invite donc naturellement tous les lecteurs à le prendre pour ce qu’il est et rien de plus. Je prends mon téléphone, compose le numéro de la victime, et m’inquiète quand elle ne répond pas. Différents scénarios dramatiques m’envahissent. Je l’ai laissée dans un état déplorable hier. Hier, elle ne croyait plus en l’existence d’une justice. Hier la loi, la nouvelle constitution et les beaux discours sur le changement au Maroc lui ont paru de gros mensonges. Hier elle en voulait à toute la société marocaine et répétait : « ça ne m’étonne pas que dans ce pays, des femmes et des jeunes filles perdent tout espoir et se suicident ». Je reçois un bip de sa part qui m’évite de broyer du noir plus longtemps. Je la rappelle et parle à une femme forte, qui ne lâchera rien et ira jusqu’au bout pour obtenir justice. Elle me demande de la rejoindre à la Cour d’Appel de Rabat où le procureur général l’attend. Elle me dit qu’elle a une bonne nouvelle pour moi. Et moi aussi, j’y vais pour lui porter de bonnes nouvelles : Une coalition d’associations et d’organisations de la société civile est en train de se former...

Bye bye les prolos! Jan17

Bye bye les prolos!

Bénie soit la nouvelle loi de finances ! Moi, Madame Tazi, je salue du fond de mon jacuzzi, dans mon centre SPA préféré, le gouvernement pour ses idées brillantes. Je vous explique mon enthousiasme : D’abord, les taxes sur les produites de luxe : quelle merveille ! Vous pensiez que ça allait m’agacer ? Sérieusement ? Eh bien non, ça me réconforte dans mon statut de femme aisée, reconnue comme telle désormais, grâce à ces nouveaux textes. Réfléchissez un peu : qu’ils surtaxent les voitures dépassant les 700.000 dirhams hors taxes, je continuerai à rouler dans ma jolie Bentley couleur champagne, les charges ne m’effrayent pas. Cela dit, ces petits cons, qui croyaient rivaliser dans leur show off absurde, qui sont arrivés dit-on à la sueur de leur front et grâce à leurs compétences à des postes importants, et qui se la pètent dans leurs bolides acquis à coup de crédit qui les étouffent, ils feront moins les beaux ! ils traqueront leurs voitures de luxe au-dessus de leurs moyens, contre des véhicules plus communs. Pour moi, un pur bonheur ! Le marbre, le carrelage et la céramique importés, les pierres précieuses, l’ivoire, le verre de cristal, les cigares, les spiritueux et les tapis persans importés : dorénavant surtaxés, c’est pareil ! Moi, Madame Tazi, j’applaudis des deux mains ! il y’en avait marre, de voir ces nouveaux riches, dont les parents sentent encore le bouc de la montagne qui les a vu naître et grandir, se hisser à ce genre d’aspirations ! Alors non seulement, par la force des choses, nous sommes obligés de socialiser avec ces individus, devenus PDG de, ou DG de… mais en plus, les voir servir dans de la porcelaine hors de prix, du cristal, dans des maisons décorées dans une approche copier/coller sur nous, c’était insupportable !  il était temps d’arrêter...

J’ai fait un enfant toute seule!...

Dans notre société névrosée, une trentenaire célibattante certifiée est une prostituée en quête de chaire rassie, une malheureuse obsédée par les rituels de la magie noire, ou une pseudo féministe entêtée aux orientations sexuelles très douteuses. Selon les normes biscornues de notre communauté machiste, une femme ne peut exister, subsister ou respirer sans homme. Ce mâle devient un passeport national agrégé pour aborder les providences de la vie, chevaucher les péripéties névrosées d’une société hybride, dompter les réprimandes d’une audience totalement paranoïaque et procréer un bataillon de rejetons schizophrènes et détraqués. Alors une trentenaire célibattante et enceinte : c’est le hallelujah suprême pour franchir les portes des enfers !! J’ai appris que j’étais enceinte de deux mois par mon médecin. Les particules temporelles de l’espace s’étaient paralysées, le hélium des atmosphères s’était rétracté et les charges électriques des foudres avaient éclaté. Ma raison bouillonnait d’amertume et bataillait hardiment avec mes esprits, partagés entre la pression sociale, sa sagesse immorale et l’affection d’une mère pour son bébé. J’étais affligée par cette nouvelle. Je ne savais pas qui renverser farouchement avec ma voiture, qui abattre brutalement de sang froid… Je portais un petit chérubin dans mes entrailles débauchées, qui témoignaient encore de mes nuits folles avec mon pervers de Salim . Il est assez complexe dans sa composition pour m’épouser. C’est un homme déréglé par le temps, détraqué par la malchance et brouillé par son existence. Il répond parfaitement aux théories contournées de Nietzsche dans  » la généalogie de la Morale », attestant profusément que le mariage est incompatible avec les philosophes. C’est pas un homme à marier, ni un homme qui acceptera de se marier sous la contrainte. Du coup, deux alternatives s’offraient à moi, avorter ou accoucher !! Je croyais vivre seule, je me préparais...

Les Mia du Moyen Atlas Jan14

Les Mia du Moyen Atlas...

Elle s’appelle Mia. Tout juste 21 ans, elle crie haut et fort à qui veut l’entendre son dégoût pour les pratiques ô tellement communes mais barbares dans son petit village du Moyen-Atlas. Mia la courageuse, n’a pas peur des réprimandes, elle se dit même prête à témoigner à visage découvert quitte « à finir au cachot, si cela peut permettre de dénoncer la situation des jeunes filles du village ». Mia est belle et intelligente, elle  a des pensées révolutionnaires et jure par tous les Dieux, que si ça ne tenait qu’à elle, elle ferait mettre en prison tous les « mâles » de son bled « pourri ». Mia n’est allé à l’école que jusqu’en CE4, mais elle a su se construire et définir sa vision du bon et du mauvais, grâce aux nombreux défis et expériences douloureuses qu’elle a endurés, ou dont elle a été témoin : Tout juste 21 ans, elle a été mariée 3 fois, sa première nuit de noce date de quand elle avait 12 ans. Se marier en étant à peine pubère est chose commune par ici. Cette jeune rebelle, nous raconte le cœur gros, la voix pleine d’assurance et les yeux pleins de dégoût comment les vieux du village (considérés comme les sages) se réunissent pour lire « El Fatiha » et marier des petites filles de 12 ans à des hommes de 18 ans leurs aînés. Elle regarde par la terrasse de chez elle et pointe du doigt trois petites fillettes de 11 ans qui jouent en bas et nous dis « Vous voyez celles là elles ont toutes été mariées, mais Dieu merci elles ont eu de la chance, leurs maris ont changés d’avis  avant même de consommer ». D’autres beaucoup moins chanceuses, se retrouvent divorcées à peine une semaine après l’union. Elles auront eu...

Hasard ou providence?...

La providence serait la manière dont Dieu mènerait les choses sur Terre, et par extension partout ailleurs dans l’univers. Sachant, toutes les qualités et les vertus qu’on attribue à Dieu, je persiste à croire que si nous étions vraiment gouvernés par la providence, il n’y aurait pas autant d’injustices sur notre globe. La providence de Dieu doit être juste et elle ne l’est pas ! Par conséquent, l’Homme est seul dans cette immensité indifférente de l’univers d’où il a point par hasard. Il en résulte que son destin, son devoir n’est écrit nul part. C’est à l’Homme de choisir dans la plupart des cas, entre les lumières et les ténèbres, le juste et l’injuste, la logique et l’absurde. Reste le hasard ! Le hasard, une intensité d’un phénomène qui est à l’origine d’évènements inexplicables… Quelqu’un disait que la providence était le nom de baptême du hasard ; des dévots pourraient affirmer que le hasard est un sobriquet de la providence. Moi je me hasarde juste à poser une question : Dieu s’il existait, serait-il aveugle ? Le hasard est pluriel, il peut être merveilleux, comme il peut être inintelligent, il peut être la volonté des autres, comme il peut être une ingéniosité de la nature… Le hasard fait tant de besognes et de bonnes actions qu’il a le mérite, partagé avec la nécessite, d’avoir contribué à l’existence de l’univers… La philosophie du hasard est vaste et soulève de nombreuses interrogations : lorsqu’il frappe (le hasard), lorsqu’il semble jouer à la surface, est-il sous l’emprise de lois internes cachées ? Des lois qu’il faudrait donc découvrir ; le hasard deviendrait alors une science… Le hasard s’associe à d’autres phénomènes naturels, pour perturber ou arranger notre existence comme par exemple les rêves, les coïncidences, les objectifs,...

Anfgou : plus jamais l’indifférence! Jan07

Anfgou : plus jamais l’indifférence!...

Qu’on se le dise tous : La politique ce n’est très séduisant. Mais le social, si. Surtout lorsqu’on s’active allègrement pour participer à une expédition humanitaire ayant pour but de désenclaver l’une des régions abandonnées du Royaume : Anfgou… ou plutôt l’un des Anfgou du plus beau pays du monde. Cela aura lieu le week end prochain, du 11 au 13 janvier. Un fait divers, une décision A la lecture d’un article sur la mort d’un nourrisson dans la fameuse région rongée par le froid, un citoyen, Allae Hammioui, se pose la question : Peut-on encore mourir de froid en 2012? Une question bien naïve si elle n’était pas suivie d’une action immédiate. Le jeune homme initie un projet d’expédition vers ladite région, avec pour but de permettre à adultes et enfants d’accéder au minimum décent de biens de première nécessité. Très vite, la petite expédition fait le tour des réseaux sociaux et fait des vagues. « Le principe était simple : récolter chez nous et auprès de nos proches des vêtements, des couvertures non utilisés afin d’en faire profiter les habitants d’Anfgou.Très vite, l’évènement a pris des proportions non attendues… En moins de 24h les quatre coins du monde étaient concernés par la cause : Le Maroc, la France bien entendu mais aussi le Canada, l’Espagne, l’Allemagne et même le Japon! », Explique Elhahdi Benabdeljalil, co-organisateur de l’expédition et porte-parole du groupe. Des équipes de volontaires se sont formées à Casa et à Rabat pour recevoir les dons, sous la direction de Selwa Zine, une bénévole à la main de fer. Vêtements, couvertures, matelas, sacs de couchages, aliments non périssables et médicaments de bases, pour couvrir les besoins de près de 1000 ménages recensés par le Haut Commissariat au Plan dans la région. Rien n’est...

De la conception du viol au Maroc Jan05

De la conception du viol au Maroc...

L’affaire de Malika Slimani contre Hassan Arif n’est certes qu’une affaire de viol parmi tant d’autres au Maroc.Mais elle est très importante car elle nous invite à débattre de la définition juridique du viol dans notre pays et de sa conception au sein de la société. La plaignante ne correspond en effet pas aux stéréotypes que l’on a du viol au Maroc. Il ne s’agit pas d’une mineure au visage enfantin et angélique qui se fait violer par son instituteur ou par tout autre adulte. Il n’est donc pas question d’une « enfance volée » ou d’une « innocence brisée ». Il n’est pas non plus question de ces mères ou grand-mères dont on apprend avec effroi l’histoire de viol par des membres de leurs familles ou autres membres du voisinage. Autant d’images qui nous renvoient à une féminité fragile et candide, et qui suscitent la rage et l’émoi inconditionnels de l’opinion publique. Or dans cette affaire, la plaignante est une jeune femme, célibataire, indépendante financièrement et c’est là où le bât blesse. Sur la base de nombreuses assomptions et d’idées qui peuplent la pensée collective marocaine, la parole lui est déniée et sa version des faits est rejetée. « Elle n’était sûrement pas vierge, donc elle n’a pas été violée », « Elle était engagée dans une relation sentimentale avec lui, donc il ne l’a pas violée », « Elle est majeure et vaccinée, et a sûrement été consentante. On ne viole pas les « vielles filles » », « S’il n’y a pas de preuves de violence, donc il n’y a pas eu viol », etc. La première assomption relie l’éventualité de viol à la pré-condition de virginité. L’atteinte publique à cette virginité compromet donc l’honneur, le rang, jusqu’à la vie de...

Ô soleil tu n’éclaires plus mon cœur – Chants tourmentés des femmes d’Aït Atta...

Félix Mora est une légende. Il a marqué à jamais la mémoire collective des habitants du sud-est et du sud-ouest du Maroc. Cet ancien officier des affaires indigènes au Maroc devenu cadre des houillères et chef de service de la main d’œuvre étrangère du Nord-Pas-de-Calais, a parcouru tout le sud marocain et recruté au cours des années 1960 et 1970 quelque 78 000 mineurs dans ces régions transformées en un véritable « marché aux esclaves ».   Parmi les régions marquées par le passage de Mora figurent les vastes territoires des Aït Atta au sud-est du Maroc. Notre intérêt portera dans ce texte sur un domaine peu exploré par les chercheurs. Il s’agit de la réaction des femmes face au départ de leurs maris ou de leurs frères dans les mines du Nord sans pouvoir rien faire pour les retenir.   Les femmes des Aït Atta n’étaient pas muettes. Elles avaient leurs voix pour chanter leur désespoir et leur désarroi. Des poèmes appelés localement « Timnadin » sont chantés loin des oreilles masculines. Ces femmes étaient traumatisées par ce départ massif des jeunes de la région. Leurs chants tourmentés témoignent de l’humiliation qui leur a été infligée par Félix Mora. Timnadin sont de très courtes pièces, tristes et mélancoliques, que les femmes improvisent lors de fêtes ou de rencontres. A travers ces chants, elles donnent leurs points de vue sur ce départ massif des jeunes. Elles se transforment en chroniqueuses. Leurs chants, malicieux, sont frappés d’une impressionnante sagesse. Ces femmes décrivent ce qu’elles voient avec une incroyable fidélité, critiquent, se moquent et conseillent aussi. Et se mettent dans la peau de ces jeunes et parlent de leurs craintes et de leurs angoisses. Timnadin sont chantées uniquement par les femmes des tribus Ait Atta. On ne trouve pas ce...

Tais-toi!

Quand tu sors prendre ta tasse de café et qu’une bande de gnaouis te martèlent les oreilles pour un dirham, tais-toi ! Quand tu te fais traiter de pute par une mendiante, faute de donner un dirham, tais-toi ! Quand le chauffeur de taxi te demande, en te déposant tard le soir, de lui donner plus d’argent parce que toi tu en gagnes facilement, tais-toi ! Quand un homme te dit de te marier pour avoir un enfant et que les hommes finissent toujours par venir et partir, tais-toi ! Quand un autre t’explique qu’une femme qui met une mini-jupe est une femme qui s‘exhibe et mérite tout, tais-toi ! Quand tu vois deux filles, âgées d’à peine de 18ans, se faire tirer et agresser par une vingtaine de jeunes enfants d’à peine 14 ans, n’arrête pas ta voiture et tais-toi ! Et si tu ne veux pas te taire, hurle et dis aux gnaoui qu’ils te martèlent les oreilles, alors que les autres habitués du café te disent du regard que tu perds les pédales. Crie pour dire à la mendiante qu’on se prostitue tous et chacun à sa manière et que toi tu n’achètes pas ton plaisir dans l’au-delà. Crie, encore plus fort, pour faire comprendre au chauffeur de taxi que tu ne paieras rien et que cette affaire se réglera au commissariat de police. Et pour les jeunes filles, descends de ta voiture, va vers elles et pleure après dans ton coin parce que cette société ne produit plus que des enfants victimes et bourreaux. Rugis et explique au bonhomme que tu es un être entier et hurle encore et encore! Et si, après des années de cris et de hurlements, tu trouves encore de l’énergie et de l’espoir pour vivre alors...