L’ambition au féminin Fév26

L’ambition au féminin...

  Retour au bureau! Collègues souriants. Vous, pimpante de la tête aux pieds et de surcroît jeune maman. Ok, vous avez droit à une heure de « r’daâ »(allaitement) par jour. Le bébé est bien pris en charge par mamie ou belle mamie, bref : ça va. Tout est bien réglé pour être tranquille au bureau. Heureuse de retrouver vos dossiers et vos collègues. Mais voilà, tout ne peut pas être rose comme on le voudrait. Après plusieurs semaines d’arrêt de travail pour congé de maternité, une pénalité vous est donnée : les collègues sont là mais les dossiers partis… où ??? Allez savoir. Il faut vous faire regretter ce bébé tant attendu et espéré. Revenons au bureau ; vous cherchez vos dossiers, naturellement, personne ne sait quoi, qui, où, comment… Vous affichez une annonce « wanted mes dossiers ! ». Non, tout le monde est atteint d’Alzheimer comme par hasard. Fini les considérations, les promotions, en cadeau, vous êtes devenue une dévalorisée intellectuelle. Eh oui, désormais, vous raisonnez en système BB « bébé-biberon ». Pour vos collègues mâles qui s’étaient débarrassés de vous pendant 3 mois, et encore vous n’avez pas cumulé vos jours de vacances comme prolongation… Les 90 jours sans votre bon parfum qui embaumait le bureau sont devenus 90 jours de joie et bonheur. Désormais pour ces « homo sapiens » vous sentez le talc, le lait et toutes les crèmes contre les irritations…Vous sentez le « bébé » et les leurs, ils n’existent que quand ils veulent une promotion. À l’avenir, Vous n’êtes plus à leurs yeux qu’une mère sans cervelle, qui de surplus se joint à leurs « chères épouses » restées à la maison pour s’occuper des enfants, évidemment, puisque les femmes mettent au monde des bébés...

À la recherche du Clark Kent arabe… Fév25

À la recherche du Clark Kent arabe…...

Soyons honnêtes. Joumana Haddad fait partie de ces femmes dont la vue vous laisse sans voix : impossible de ne pas être subjugué devant cette beauté orientale à la plastique parfaite. Mais ceci n’est que le premier choc. À la première phrase prononcée, la “Schéhérazade d’apparence” s’évanouit et laisse place à l’intellectuelle brillante, la poétesse éprise de liberté et la féministe à l’esprit corrosif. Du haut de ses talons de 12 centimètres et avec ses lèvres couleur coquelicot, Joumana Haddad est en colère. Pour cette féministe de troisième génération, assumer les attributs de la féminité n’entre pas en conflit avec ses idées, car pour elle être femme n’est pas une faiblesse, bien au contraire. Faisant voler en éclats le cliché de la femme « proie » et de l’homme « chasseur », elle s’attaque au système patriarcal et au lot de névrosés sexuels qu’il engendre. Certains mâles n’hésiteront pas à lui jeter l’anathème, mais notre amazone s’en affranchit, elle a depuis longtemps tué la Cendrillon en elle et compte bien s’attaquer au mythe du prince charmant. Dans son dernier essai,  Superman est arabe,  elle livre ses réflexions sur les maux qui rongent son pays, le Liban : machisme, asservissement de la femme et tabou du corps. À l’origine du magazine Jasad qu’elle a fondé en 2009, cette amatrice du Marquis de Sade (qu’elle a lu dès l’âge de treize ans) ne mâche pas ses mots quand il s’agit de dénoncer les archétypes sexuels et la profonde frustration qui régit les relations entre hommes et femmes dans les pays arabes : « En fait la plupart des Arabes définiraient la femme comme un être humain de nature angélique, rêvant de couchers de soleil romantiques, d’amour éternel et de recettes de cuisines spectaculaires. Tandis que l’homme serait un être humain de nature...

Le juif en nous Fév21

Le juif en nous

D’abord les faits: Le 5 février, des manifestations ont été organisées à Tanger contre la projection du film documentaire «Tinghir-Jérusalem: Les Echos du Mellah». Près de 200 manifestants se sont rassemblés devant Cinéma Chellah pour demander le retrait de ce film qui raconte l’histoire des juifs de Tinghir et leur départ en Israel. Un documentaire émouvant! Que des membres du PJD et du parti Al Oumma participent à cette manifestation, cela paraît plus ou moins prévisible, vu les courants radicaux qui traversent ces partis. Mais quel ne fut mon choc en voyant des forces de gauche et des «militants» de droits de l’homme vociférer dans cette insanité publique! L’USFP, la ligue nationale des droits de l’homme, la CDT, des personnes se réclamant « progressistes » arboraient fièrement et sans ciller «Achaâb Yourid (le peuple veut) interdire le film» sous prétexte que ce dernier appelle «à la naturalisation avec Israel». Je suivais, hebétée, le reportage vidéo projeté par le site Lakome, cette foule chauffée à blanc, sans aucune connaissance du contenu du film, et surtout une démonstration monumentale anti-progressiste de gens se réclamant du progressisme! Ainsi, dans cette vidéo, une honorable dame qui se revendiquait du mouvement féministe «militant» disait: «Nous soutenons cette manifestation et au nom des femmes progressistes, nous rejetons ce film qui porte atteinte à la cause palestinienne». Observez les contre-sens! Ce que j’ai retenu, comme beaucoup d’ailleurs, c’est que le documentaire n’est en rien contre la Palestine. Il ne parle que de l’exode des juifs marocains. Dans la bouche d’une « féministe progressiste« , sensée défendre la pluralité et le changement des mentalités, j’avoue que cette déclaration fait mal. Son collègue de la CDT n’a pas fait dans la dentelle non plus: «Le film est une humiliation pour le peuple marocain». Non seulement, cette phrase...

Étranger Fév20

Étranger

Etranger était passé par là. De la terrasse d’une tour, l’ « étranger » contemplait l’horizon brumeux et lumineux de son monde nocturne. Le temps d’un soir, il se laissait évader paisiblement dans un infini vague à l’âme. D’un geste frémissant, il reboutonna la dernière fermeture de son manteau et remontait de temps à autre le cache-col agrippé à son cou. La brise maritime pouvait jouer dans sa chevelure comme elle voulait. Le vent emportait et rapportait des souvenirs et d’autres bribes à sa mémoire, au rythme las des vagues. De la veille, rien ou presque n’avait changé : l’écume brillait comme des rubis sous le clair-obscur de la pleine lune. Les rempares étaient à leur place, en face des palmiers fraîchement plantés et fortifiés du tronc par des supports en bois. De son éclair enivrant, le phare luisait au cœur d’un regroupement d’habitations insalubres. Il alternait peine-ombre et lumière blanche sur les paupières tombantes de l’ « étranger ». En bas, une discothèque vibrait à ses premières heures de réception. Les convois ne tardaient pas à se multiplier. Des individus déambulaient sur leur trente et un, s’impressionnaient les uns les autres par un costar et des chaussures italiennes, par une micro-jupe et des tallons aiguilles, ou communément par les premiers pétards et trinquettes d’une soirée qui s’annonçait longue. Le tumulte rejoignait des appels à la prière dans un haut-parleur, le minaret n’étant qu’à quelques mètres. A cet instant-là, la vie semblait s’arrêter aux pieds de la tour sacrée. Les boutiques étaient confiées aux apprentis et les cafés furent momentanément désertés. Les commerçants priaient pour davantage de gains, les souffrants pour une meilleure santé, les orphelins pour une vie plus chanceuse, les escrocs pour ne jamais être dévoilés au grand jour. Au milieu du bruit des klaxons en boucle dans l’avenue,...

Caisse de compensation : qu’en pensez-vous? Fév19

Caisse de compensation : qu’en pensez-vous?...

Les faits sont là : Le déficit budgétaire en 2012 est autour de 6,5% du PIB. Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais en solo, c’est sur la base du déficit déjà réalisé à fin novembre (47 milliards de DH). Tout ça nous dit-on, c’est la faute aux dépenses ordinaires. Que faire alors ? Dans un article précédent, je vous ai expliqué comment la nouvelle loi de finance se terminera en extermination de la classe moyenne. Mais ce n’est pas fini, on entend parler de hausses de prix touchant directement les produits de première nécessité. Autant exterminer les pauvres, et vivre entre riches dans un monde où tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Alors cette hausse de prix, est-elle logique ? Non ! Puisque personne n’a envie de vivre une année Komira bis repetita. Est-elle nécessaire ? Oui, elle est même vitale ! Que faire alors ? Il est clair que le problème, c’est que l’État aujourd’hui subventionne des produits censés rendre la vie d’une classe démunie, un peu moins pénible, l’intention est bonne et honorable, ok ! Mais le problème, c’est que ça profite plus à des industries, des géants de l’agro-alimentaire et aux riches businessmen dans le secteur de l’élevage et le tourisme.  Comment ? Le sucre par exemple, croyez-vous que c’est le berrad de thé à la mente quotidien d’un pauvre ménage qui dérègle la balance ? non ! ce sont les usines de production de boisson gazeuses (sans vouloir citer de nom, mais suivez mon regard), de jus (recommandés de hauts responsables ou pas), de conserves en tout genre, de yaourt, et autres produits, qui profitent de cette subvention. Le gaz, par exemple, ce n’est pas la malheureuse petite bonbonne de gaz d’une famille qui cuisine ses maigres repas qui créent ce dysfonctionnement, mais bien des fermes immenses...

Une femme sans couverture Fév18

Une femme sans couverture...

Oui c’est ce que je suis : une femme sans couverture. Ma personne, mon vécu, mon âme et mon existence… bref, ma vie se limite à ces deux mots : sans couverture. Ce matin mon amie ou plus justement ma vieille amie m’a appelée pour me demander très gentiment et, avec les mots les plus doux, de ne pas assister à sa petite fête d’anniversaire. Cela fait plus de 10ans que je suis à la tête de la liste des invités, les invités qui sont presque toujours les mêmes depuis plus de 10 ans aussi. La liste s’est bien élargie au fil du temps. C’est normal, nous nous sommes tous mariés… Erreur ! Pas tous : moi je ne fais plus partie du clan, je ne suis plus mariée, ou plus justement ma couverture a sauté comme dans les films policiers. Je ne suis plus à l’abri. Je dois courir me cacher ou me trouver une nouvelle couverture ! La deuxième option reste la meilleure, pour pourvoir réintégrer à nouveau le monde des personnes à l’abri …. À l’abri de je ne sais quoi. Mon amie cherche des explications… encore. Elle n’en trouve pas et finit par s’aplatir et dire la chose la plus cruelle et la plus absurde : tu n’es plus la bienvenue dans le groupe des personnes couvertes. Je suis une femme divorcée, voilà mon crime. Plus mon amie parle et plus je me rends compte des mes erreurs. J’étais couverte, il n’y a pas très longtemps, j’étais comme elles, un être normal, un être couvert. Oui, à la demande de mes amis, de la société, du monde entier, je me suis couverte d’un homme que je n’aimais pas et qui ne m’aimait pas non plus. Nous avons cherché à nous couvrir...

Viens voir les politiciens Fév17

Viens voir les politiciens...

– texte inspiré de la chanson d’Aznavour-   Viens voir les politiciens Voir les comédiens Voir les magiciens Qui arrivent Les politiciens ont installé leurs bureaux Ils ont dressé leur estrade Et tenu des micros Les politiciens ont parcouru les alentours Ils ont donné la parade A grand renfort de tambour. Au parlement, ils mettent le monde à l’envers Avec les sièges d’un théâtreà ciel ouvert, Et derrière eux comme un cortège en folie Ils drainent tout le pays, les politiciens. Viens voir les politiciens Voir les comédiens Voir les magiciens Qui arrivent   Si vous voulez voir confondus les coquins Dans une histoire un peu triste Où tout s’arrange à la fin Si vous aimez voir trembler les ambitieux Vous lamenter sur le destin élitiste Ou rire en imbécile heureux, Poussez le portail et entrez donc vous installer, Sous les applaudissements le rideau va se lever. Quand les séances commenceront dans le bruit Ils vont renaître à la vie, les politiciens Viens voir les politiciens Voir les comédiens Voir les magiciens Qui arrivent   Les politiciens ont démonté leurs chapiteaux Ils ont ôté leur estrade Et plié les dossiers vitaux Ils laisseront au fond du coeur de chacun Un peu de sérénade Et d’illusions pour demain Demain matin quand le soleil va se lever Ils seront loin, et nous croirons avoir rêvé Mais pour l’instant ils traversent dans la nuit Nos villes et villages endormis, les politiciens   Dans ce grand cirque nommé « scène politique » Un parlementaire, parle et ment Comme son nom l’indique Pour mieux se visser sur un siège Il vous fera son jeu de séducteur, ardemment Avant de filer sans réponses et sans répliques. Vous laissant  sa photo en affiche Collée sur vos murs  lors des élections, Comme pour mieux...

Silence! On râle… Fév11

Silence! On râle…

Je veux aujourd’hui violer mon apparence plutôt calme voire même sereine. Je veux dévoiler un peu de mon intérieur que je qualifie de brasier : toujours chaud, brulant par moment et pouvant dégénérer en feu à tout moment. Parfois, il suffit d’un tout petit souffle de contrariété pour transformer mon brasier en un feu ravageur. Aujourd’hui, je vais oser ouvrir une petite fenêtre pour laisser échapper au hasard quelques petites flammes. Aujourd’hui, je mets entre parenthèses la question que j’emprunte à Shakespeare et que je répète souvent dans ma tête : Râler ou ne pas râler ? Rouspéter ou ne pas rouspéter ? Pester ou ne pas pester ? J’ai toujours râlé, en silence depuis mon très jeune âge, contre les discours« politicostratégicosociodémocratiques » : un terme bizarre certes qui n’existe dans aucun dictionnaire, mais qui rappelle des mots encore plus bizarres par lesquels, on ne cesse de nous rabâcher  les oreilles à longueur de journée tels que : « المنظومة؛ سياسة القرب ؛ التركيبة السوسيووو… »  et j’en passe.  Des termes qui poussent à zapper au plus vite. Des mots qui me faisaient tourner rapidement les pages du journal quitte à passer aux pages des annonces légales ou à celles des nécrologies et méditer sur les photos ou les noms de ceux qui ont quitté ce « beau » monde. Des discours qui me poussaient à rester bouche béante devant des chaînes étrangères pour fuir la réalité et faire comme celui qui noie ses problèmes dans un verre d’alcool fort. Si au moins cette dernière alternative était réellement efficace, j’aurais peut être songé défier ma religion et mes principes et user de ce remède pour noyer mes déceptions. Alors râler ou ne pas râler ? Rouspéter ou ne pas rouspéter ? Je rouspète car je ne peux pas marcher, activité que j’affectionne et qui devient pour moi une obligation,...

Dans la peau de ta Maire Fév05

Dans la peau de ta Maire...

En me réveillant le matin, je me sens toute bizarre. J’ai le sentiment que quelque chose avait changé.Je me rends à la salle de bain et je scrute mon visage en essayant de détecter le changement. Rien… Toujours le même visage qui me rend mon bonjour chaque matin. Alors qu’est ce qui a changé ? je jette un coup d’œil à mon mari endormi : toujours le même… et c’est la que j’eus l’idée lumineuse d’aller fouiller mon sac. Premier indice qui me frappe : mon vieux sac en bandoulière a disparu et à la place, il y a un sac de « jeune cadre dynamique »… Bizarre ! En fouillant un peu plus, je vois des cartes de visite qui ne ressemblent aucunement à mes cartes habituelles. J’en prends une et je dois me rattraper pour ne pas me retrouver par terre… Les nom et prénom sont bien les miens, mais la fonction : pas du tout. Je lis et relis pour m’assurer que ce n’est pas un rêve. Je me suis réveillée dans la peau du maire de ma ville ? Rien  que ça… « Reprends tes esprits » me dis-je…. Tu veux tellement changer les choses que tu prends tes rêves pour réalité ! Entretemps mon chouchou se lève : bijur mon cœur… euh bijur… alors prête pour une nouvelles journée ?… euh…oui… comme d’hab… hahaha tu joues les modestes de bon matin… euh je ne vois pas ce qu’il y a d’héroïque à faire les courses mon cœur ? Quelles courses ? Tu comptes encore procéder à un changement ? Bon, j’ai arrêté de l’écouter et je suis partie boire ma tasse de café. Surement que c’est une blague que chouchou me fait. Zut j’ai oublié de lui dire merci pour le...