Caisse de compensation : qu’en pensez-vous? Fév19

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Caisse de compensation : qu’en pensez-vous?

Les faits sont là :

Le déficit budgétaire en 2012 est autour de 6,5% du PIB. Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais en solo, c’est sur la base du déficit déjà réalisé à fin novembre (47 milliards de DH). Tout ça nous dit-on, c’est la faute aux dépenses ordinaires.

Que faire alors ?

Dans un article précédent, je vous ai expliqué comment la nouvelle loi de finance se terminera en extermination de la classe moyenne. Mais ce n’est pas fini, on entend parler de hausses de prix touchant directement les produits de première nécessité. Autant exterminer les pauvres, et vivre entre riches dans un monde où tout le monde est beau, tout le monde est gentil.

Alors cette hausse de prix, est-elle logique ? Non ! Puisque personne n’a envie de vivre une année Komira bis repetita. Est-elle nécessaire ? Oui, elle est même vitale !

Que faire alors ?

Il est clair que le problème, c’est que l’État aujourd’hui subventionne des produits censés rendre la vie d’une classe démunie, un peu moins pénible, l’intention est bonne et honorable, ok ! Mais le problème, c’est que ça profite plus à des industries, des géants de l’agro-alimentaire et aux riches businessmen dans le secteur de l’élevage et le tourisme.  Comment ?

Le sucre par exemple, croyez-vous que c’est le berrad de thé à la mente quotidien d’un pauvre ménage qui dérègle la balance ? non ! ce sont les usines de production de boisson gazeuses (sans vouloir citer de nom, mais suivez mon regard), de jus (recommandés de hauts responsables ou pas), de conserves en tout genre, de yaourt, et autres produits, qui profitent de cette subvention.

Le gaz, par exemple, ce n’est pas la malheureuse petite bonbonne de gaz d’une famille qui cuisine ses maigres repas qui créent ce dysfonctionnement, mais bien des fermes immenses d’élevage de volaille ou de lapins qui chauffent à fond, aussi bien que le domaine de la restauration et d’autres domaines.

Sauf que là, on propose de procéder à une hausse de prix, et ce sont les ménages qui vont en pâtir atrocement, les autres au final, font des profits et calculent très bien leur business plan, ils nous augmenteront aussi leurs prix et voilà, doublement pénalisé le pauvre citoyen. C’est une grande injustice, n’est ce pas ?

Que faire alors ? Quelle est l’alternative à ce carnage ?

Il serait plus simple, d’aller piocher là où il faut.

Pourquoi ne pas dresser une liste des aliments subventionnés et  incriminés,  arrêter une deuxième liste des secteurs d’activités dont ces aliments rentrent directement dans la ligne de production en tant que  matière première, et taxer ces secteurs à hauteur de la subvention, en créant une taxe sur la matière première ? Procédant ainsi à un sevrage de la subvention, retirant définitivement ce sein nourricier, cette « bzizila » qui est censée nourrir les démunis à la base, et non à enrichir les riches.

Et qu’on ne me sorte pas l’argument éternel de « la fuite des investisseurs », sérieusement combien y’a –t-il de chances pour que Coca (zut ! je l’ai dit) ou Danone (rezut !) plient bagages, et arrêtent de produire au Maroc ? Aucune chance, tenez-le pour dit !

À moins, que ces industries et activités impliquent les intérêts –comme dans la fameuse pub de jus- de hauts responsables qui n’aimeraient pas voir ses subventions cesser de nourrir leurs caisses.

Par IMANE HADOUCHE