Au bonheur des Bachelors Mar26

Au bonheur des Bachelors...

Au bonheur des Bachelors Posté par Bouchra El Azhari le 26 mar 2013 dans Eh ! | 6 commentaires Elle est loin, bien loin, l’époque des poèmes de Victor Hugo et des chansons d’Aznavour, où chaque rime, chaque mélodie et chaque syllabe étaient un vibrant hommage aux femmes. Elles étaient alors au cœur des convoitises et avaient le bénéfice de toutes les courtoisies. Hier, Brel fredonnait douloureusement, désespérément, farouchement « Ne me quitte pas ». Aujourd’hui, c’est le dicton « une de perdue, dix de retrouvées ! », qui prime ! Que s’est-il donc passé en ce 21ème siècle ? Ne cherchez pas bien loin, car il n’y a qu’a faire un tour d’horizon des émissions de téléréalité qui en divertissent plus d’un. Même vous. Allez avouez… Même si je ne me fixe que très rarement face au petit écran, je reconnais qu’il m’arrive des fois de regarder ce genre de supercheries, et même d’en rire. Nerveusement. Honteusement. Tristement ! Les plus drôles sont celles qui mettent en scène une farandole de pseudo « bons partis », prêt, voire pressés, de passer à la « casserole », dixit se caser, se marier. Bref, trouver leur moitié ! « Qui veut épouser mon fils ? », « Le Bachelor, le gentleman célibataire », pour n’en retenir que les françaises car du côté des ricains, c’est bien plus médiocre… Bref, en tout cas, la règle est la même : l’Homme doit sélectionner parmi une vingtaine de femmes l’élue de son cœur. Bien entendu, elles rivalisent toutes en beauté et en «intelligence» (dit-on), ce qui rend son choix «terriblement» cornélien. Et c’est bien là que réside tout le suspens de ce programme, ô combien… Absurde ! Non, vous ne rêvez pas. Il ne s’agit nullement d’un rituel...

Diplôme, boulot, mari ! Mar25

Diplôme, boulot, mari !...

  Lors d’un entretien d’embauche, une amie a eu droit à une question surprenante : « Envisagez-vous de vous marier dans les trois prochaines années ? ». Le RH rajoute : « Je vous pose cette question, car le poste est soumis à des astreintes et vous seriez amenée à travailler la nuit et certains weekends, bien évidemment pas tout le temps… ». Cet échange m’a fait réfléchir sur l’équilibre entre la vie de famille et l’évolution professionnelle. Pourrions-nous sacrifier quelques années de notre existence, pour s’imposer dans le monde du travail et booster rapidement notre évolution avant de réfléchir au mariage et aux enfants ? La femme marocaine a évolué au fil des décennies. On est passé d’une grand-mère qui n’a pas eu de scolarité et qui s’est consacrée à son mari et à ses enfants, à une mère cultivée, mariée jeune et qui a réussi à trouver un équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, même si la balance penche en faveur de la famille. Enfin, on trouve les jeunes femmes de notre génération qui s’engagent dans des cursus universitaires assez longs, afin d’acquérir un diplôme, assurant ainsi un certain rang social ( ingénieur, médecin, docteur, avocate…). Jusque-là tout est normal, mais une fois le diplôme en poche, la jeune femme se lance dans un combat périlleux : « Chercher un travail », ou le vrai parcours du combattant au Maroc. Les plus chanceuses (ou les pistonnées) se trouvent une place dans le marché du travail et se consacrent au but ultime de leur existence : TROUVER UN MARI! Personne ne peut nier que l’aspiration à fonder une famille est jugée unanimement légitime. Toutefois, plusieurs questions me tracassent : Pourquoi s’engager dans de longues études sans chercher derrière à les...

Comment expliquer à mon père… Mar21

Comment expliquer à mon père…...

  Note pour le lecteur : Ce billet est un simple appel au secours ! Aujourd’hui mon père et moi avons eu un débat, un énième débat … Pardonnez moi, je corrige : Aujourd’hui mon père et moi avons eu une querelle, une énième querelle. Voilà c’est dit ! Tout a commencé quand nous étions entrain de papoter et nous nous sommes arrêtés au sujet d’un supposé héritage qu’une amie devrait recevoir. De la manière la plus spontanée au monde, j’ai exprimé mon regret quant au fait que cette amie n’aura que la moitié de ce que ses frères recevront, alors que de surcroît elle est dans le besoin car elle a toute une famille à charge. Si ce qui suit vous étonne, moi je ne suis plus étonnée. J’en ai même pris l’habitude au point de le trouver marrant des fois. Cependant, cela ne m’empêche pas de vouloir le partager, le but étant de trouver des réponses aux questions que j’exposerai plus bas. Un sexagénaire, pourtant lettré et trilingue. Mon père fait partie de ce type d’hommes qui ont évolué dans un environnement conservateur et conformiste par excellence et qui se battent pour que leur progéniture soit comme eux, réfléchisse comme eux ou plutôt « ne réfléchisse pas, comme eux !». Bref, il est comme une grande majorité des Marocains de la même génération. Revenant à ce qui peut étonner. Je résume. Mon indignation par rapport à l’inégalité que va subir mon amie en terme de revenu a engendré un torrent de «astaghferou llah, la 7awla wa la 9owata illa billah» et m’a value une mention spéciale «mécréante». Mon père a déduit de ma position que je voulais changer la religion, j’ai rétorqué que je n’en avais pas le désir ni aucune intention,...

Non, nous ne sommes pas des prostituées!...

  C’est l’histoire de cette jeune femme marocaine, âgée de 23 ans, invitée à un événement internationale aux Emirats Arabes Unis, qui une fois à l’ambassade de ce pays, on lui a refusé le visa car elle ne remplissait pas les conditions : à savoir l’âge (être âgée de plus que 25 ans) et l’état matrimoniale (mariée), ce que j’ai trouvé illogique. Quand j’ai cherché à comprendre quelles étaient les raisons de telles exigences, on m’a répondu qu’il y avait et qu’il y a beaucoup de prostituées marocaines dans ces pays du golf et que les responsables de ces derniers ont instauré ces conditions pour mettre fin à ce fléaux, le tout avec l’accord de notre pays, le Maroc. J’ai ressenti ce sentiment d’humiliation mélangé à la « 7ogra ». Est-ce que Marocaine est synonyme de prostituée ??????????? J’analyse ce qu’on vient de me faire découvrir, et je conclus que toute femme marocaine âgée de moins de 25 ans, célibataire, est soit prostituée soit prostituée en devenir. Mais que notre pays le confirme en acceptant de telles lois (!!!) franchement, j’ai envie de crier c’est quoi ça ???? Pourquoi ces préjugés sur la femme marocaine ? Pourquoi nos responsables ne font qu’accepter et confirmer ces préjugés, au lieu de nous défendre? Si notre pays est pour cette loi qui interdit aux femmes, âgées de moins de 25 ans et célibataires, de voyager dans certains pays, pour des raisons de tourisme, travail, études ou autres sous prétexte de prostitution, alors c’est grave ! Ce serait admettre que le Maroc est une pépinière de prostituées ! Ce qui est une insulte pour tout le peuple !!! Y’en a marre de cette étiquette de prostituée qu’ils nous colle à chaque fois qu’on parle ou qu’on bouge !...

« !نشدّك من « طبّونك » و نعلقك، هادشي اللي يصلاح لك »...

  يوم الخميس الماضي، وأنا أمشي متجهة إلى محطة القطار الرباط المدينة، قال لي شاب حين مروري أمامه: « نشدّك من طبّونك و نعلقك، هادشي اللي يصلاح لك« .1 1لم نكن لوحدنا، كان هناك رجال آخرون و قد سمعوا ما قيل. توقف قلبي عن النبض، و أحسست ببركان على وشك الإنفجار بذاخلي. التفتت و سألته: « معايا أخويا؟ ». رأيت باقي الشباب يشاهدون المنظر، يبتسمون، صامتين. « لا ماشي معاك » أجابني بإبتسامة عريضة، و نظراته تخترقني و تعريني من ملابسي .1 فكرت في القطار الذي كان من اللازم علي ركوبه كي أصل إلى موعدي بالدار البيضاء؛ فاستأنفت طريقي…1 لماذا هذا العنف و الكراهية تجاه شخص لا تعرفه، و الذي يمر أمامك في الشارع؟ ما الذي يجعل شابا يتقيأ أفكارا بهذه البشاعة و بكل راحة في الفضاء العام؟ كيف و أين أجد القوة لكي لا أكره هذا الشاب؟ و ما أصعب أن أحاول فهم ما الذي أوصله إلى قول جملة كهذه بدل الرد عليه بنفس العنف و العدوانية!1 « نشدك من طبّونك و نعلقك، هادشي اللي يصلاح لك. » هذه الجملة لا تفارق ذهني، تحدث بداخلي مزيج من الأحاسيس: الاستنكار،الغضب، الخوف، الحزن، الدّوخة!1 أمضيت ثلاث أيام أفكر في الجملة و معها الصورة التي وصفها لي هذا الشاب: التعلاق من جهازي التناسلي. بحثت على الأنترنيت لعلي أجد معنى لها، و أبحاثا قد تكون تطرقت لهذا الموضوع. حكيت هذه الواقعة لبعض الأصدقاء لعل اخراج هذا السم من ذاخلي قد يجعلي أرتاح. لكن لم ينفع شيء، لا زلت لا أفهم.1 لا أفهم كيف حصل هذا التحرش العنيف في وسط مدينة الرباط، أمام الملأ.1 لا أفهم كيف يمكن لي أن أثق في مجتمع لا يحميني قانونيا من هذا العنف العلني.1 …لا...

Non je ne zapperai pas! Mar19

Non je ne zapperai pas!...

  « Je t’attraperai par ton vagin et je te pendrai. C’est ce que tu mérites ». Pour ceux qui ont raté la phrase en arabe, c’est littéralement la traduction de la déclaration qui m’a été faite en pleine rue de Rabat et en plein jour. Entendre une telle phrase heurte votre « sensibilité »? Vous trouvez cette expression vulgaire? Si c’est le cas, vous avez raison de réagir, d’être insupportés. Mais attention, ne vous trompez pas de cible. Ne vous attaquez pas à la personne qui vous rapporte ces mots mais à celui qui les a proférés en plein public. La réaction qu’elle devrait créer est de souhaiter que cela ne se reproduise plus, et non pas d’en vouloir à la citoyenne qui rapporte ce qu’elle a enduré. Dans chacun de ces commentateurs bien-avisés qui me demandent, choqués, comment j’ose écrire de telles choses, je vois ce passant et ce spectateur qui assiste à mon harcèlement et à celui de toutes les femmes sans ouvrir la bouche, voire qui sourie devant la scène. Ce même spectateur intervient dès que j’ »ose » m’arrêter et interpeler mon agresseur. Ils accourent tous pour me dire: « ne fais pas attention à lui », « continue ta route et fais comme si de rien n’était », « ne lui réponds pas, ça peut mal finir », « tu as l’air d’une fille bien, d’une fille respectable, ne t’abaisses pas à son niveau », « s’il t’agresse, baisse les yeux et accélère le pas ». C’est à en créer bien des troubles psychologies! On t’agresse, mais tu dois faire semblant de n’avoir rien entendu, rien ressenti, pire tu dois garder tout ça pour toi. Car si tu le répètes, TU es vulgaire, TU n’es plus respectable. En...

L’émancipation économique de la femme : le grand recul Mar12

L’émancipation économique de la femme : le grand recul...

  C’est une conclusion accablante celle qui s’est dégagée de l’étude du Centre de recherche de HEM (CESEM) et de Carnegie Middle East Center sur les inégalités économiques entre les hommes et les femmes. Malgré les beaux discours de l’Etat, le taux de participation des femmes dans le marché du travail a dégringolé de 30% en 1999 à 25% en 2012. Cinq points de perdus malgré l’augmentation du nombre des filles dans les écoles; malgré toute la paperasse «genre» qui peuple les tiroirs des Ministères; malgré la Moudawana, l’INDH, le micro-crédit, et toutes ces politiques qui visent à sortir la femme de la précarité et la mettre sur le chemin de l’émancipation professionnelle. Le cadre législatif et la réalité du terrain sont dans un décalage désarmant. «Cela prouve que le temps juridique et le temps sociologique sont loin d’être synchronisés», expliquent l’écrivain Driss Ksikes, la sociologue Aicha Belarbi et l’économiste Lahcen Achy, initiateurs de cette étude. C’est d’autant plus désarmant que le travail, censé mettre la femme sur le chemin de l’émancipation sociétale, est en train de la pousser vers le bas, vers des activités précaires qui la maintiennent dans l’aliénation. À quoi servent alors les chiffres en augmentation sur le travail des femmes que nous sort le HCP, si l’objectif d’émancipation réel n’est pas réalisé? En effet, il est opportun de lire derrière ces statistiques qui donnent des résultats édulcorés et parfois très vicieux. Selon l’étude du Cesem et de Carnegie, 6 femmes sur 10 recensées en activité au niveau national sont dans le secteur agricole. Sur ces 6 femmes, seules 10,6% sont exploitantes agricoles, donc susceptibles d’avoir une certaine autonomie. C’est très peu. Ce qui est pire, c’est que les femmes qui travaillent dans le secteur agricole ont accédé au travail avant...

La vieille femme marocaine : une précarité dessinée par le patriarcat Mar11

La vieille femme marocaine : une précarité dessinée par le patriarcat...

  Le cercle des vieux marocains s’élargit ! Les études statistiques de l’HCP l’ont prouvé : D’ici 2050 ils seront (nous serons) 10 millions de personnes âgés dans le Royaume. Cette mutation de la société marocaine aggrave d’avantage la situation de la gent féminine : La vieille femme d’aujourd’hui était une jeune femme analphabète et totalement dépendante d’un mari beaucoup plus âgé qu’elle. La vieille femme d’aujourd’hui est donc généralement une veuve pauvre, vulnérable, perdue, probablement atteinte d’une maladie chronique et continue de dépendre de ses enfants, vu que sa maigre pension ne peut en aucun cas couvrir ses besoins. Une simple confrontation des avancés concernant l’autonomisation des femmes marocaines avec les études sociodémographiques démontrera qu’on est loin de mettre fin à cette situation désastreuse. Il parait que le patriarcat continue à s’imposer, continue à faire en sorte que les femmes finissent mal leurs vies ! Je ne comprends guère la myopie de nos politiciens vis-à-vis les retombées culturelles et éducatives sur les affaires économiques du royaume et le bien-être de ses citoyens. Pourquoi sont-ils incapables d’agir et d’accélérer un peu la vitesse des reconfigurations socioculturelles ? La réponse est assez claire : Le patriarcat reste beaucoup plus puissant que la volonté politique. Je dirai même que le patriarcat reste soutenu par une sorte de volonté politique d’un gouvernement piloté par des conservateurs. Le gouvernement promet de revoir la pension des veuves marocaines à la hausse : Elles toucheront 1000 Dhs… oui 1000 Dhs ! Mr Benkirane n’avait pas honte de le déclarer. Que voulez-vous qu’il fasse ? Tirer ces femmes par leurs mèches blanches pour qu’elles redeviennent jeunes, instruites et actives ? Il est plus judicieux de jeter un coup d’œil sur les taux de chômage, d’alphabétisation des jeunes marocaines d’aujourd’hui et tirer...

8 mars, dégage! Mar09

8 mars, dégage!

  A-t-on besoin d’une journée par an pour célébrer la femme ? C’est quoi la valeur ajoutée de cette journée ? À l’anti- huit mars et anti-Saint-Valentin que je suis, on me rappelle que c’est l’occasion de célébrer nos valeureuses ancêtres qui ont bataillé pour s’affirmer et nous léguer un héritage de valeurs et de droits, tout en rappelant de faire un bilan par rapport à la situation de la femme aujourd’hui, une sorte de check-up annuel. Je réponds au premier prétexte, ce qu’une amie m’a inspiré sur Face Book « c’est comme la journée du soldat inconnu, ça ne ressuscite personne » j’ajouterai, et en plus sa veuve n’a jamais touché de pension à ma connaissance ! Au deuxième prétexte, je réponds que c’est plutôt l’inverse que je constate, au lieu que ce soit l’occasion de dresser des bilans annuels, par tous les intéressés réunis ensemble (associations féministes actives et ministère concerné), en vue d’avancer ensemble, de dresser une liste des dysfonctionnements sociaux et juridiques, ou à la limite de dresser un plan d’action validé par tous pour l’année à venir, avec des statistiques précises, qui permettront d’améliorer la vie des femmes (congé maternité, crèches obligatoires sur les lieux de travail, budgets pour micro crédits, branchement en eau et électricité dans le milieu rural, une loi pour régler définitivement le problème de l’abandon scolaire, un budget pour soutenir les associations féministes, une subvention pour les coopératives féminines…), c’est l’occasion d’offrir des roses à des citadines qui n’en ont rien à battre, d’organiser des soirées exclusivement « ladies » pour danser toute la nuit un verre à la main, des smart phones, et des réductions pour les poudriers et les rouge à lèvres ! C’est comme toutes les autres fêtes, même les fêtes religieuses,...

…هكذا أسدل « الماتشو » ظلام لحيته...

إنهما هنا والآن وقد كانا هناك في قديم اللازمان كانا هناك لا فرق.. هو إنسان و هي إنسان ولما جاءا إلى هنا أسدل ظلام لحيته وقال : أنا رجل.. وأنت ولحيتي سيان في سواد الهامش تعيشان أحلقكما متى أشاء وكما أشاء لي كل الإنتشاء وكل ما لكما : استنشاق الهواء أنا الكل ككل الرجال وأنتما بدوني اللاشئ ككل النساء ! بقلم عادل...

IR–CITY ou la ville sexe...

  Khalid Jamai – écrivain et journaliste Pourchassée, traquée, Adjou savait qu’elle le serait depuis le premier jour où elle était retournée dans cette ville qu’elle croyait, pourtant, avoir désertée à jamais. Malgré la peur, les appréhensions, elle s’était installée, par défi, à la terrasse de « La Braise », café situé en bas de chez elle, avenue « Fal Ould Omir » à Rabat. Elle commanda un jus d’orange. Tous les mâles attablés au bistrot se mirent à la mater intensément. Des regards lubriques, pervers, perfides, dégoulinant de concupiscence et de misère sexuelle, la déshabillaient, la pénétraient, la transperçaient. Elle n’était pour eux qu’une « awra », une imperfection de la tête au pied, Mais une imperfection tentatrice, ensorcelante, fascinante, gorgée de luxure et de sensualité et dotée d’un sexe appelé clitoris qui lui permettait une jouissance multiple. Elle se sentit avilie, salie, souillée. Violée même. L’épreuve de force tournait à son désavantage. Ses défenses commencèrent à céder. Elle baissa les yeux. Quelque chose en elle s’insurgea, refusa de se soumettre. Dans un sursaut de révolte, elle leva la tête et fixa la meute. Elle sut qu’elle devenait le gibier, la proie. La traque allait commencer. Corps hérissés de phallus brandis, la horde piaffait d’impatience. Une panique folle s’empara de tout son être. Sa ville, la ville qu’elle croyait connaître était « Ir-City ». La légende disait vrai ! Adjou palpa son visage, terrorisée à l’idée de n’y trouver qu’une fente, des petites lèvres, un clitoris. Rassurée, elle bondit de sa chaise. Les « Phalluciens » la prirent en chasse. Cauchemardesque curée. Des deux cotés de la chaussée, certains brandissaient des pancartes: « Toute femme est pute, sauf celle qui n’arrive pas à l’être » « Jupe de femme et lange de diable...

La journée de la honte !...

  Dans notre société composite, beaucoup de « mécréants » confondent la journée de la femme avec la Saint Valentin. Le 8 mars, une journée censée arroser les démarches courageuses des femmes qui bataillent vaillamment pour améliorer leur condition et revendiquer l’égalité avec l’homme, se mute effroyablement. Une publicité aguichante pour passer le weekend dans une tente écologique à Tombouctou pour les femmes divorcées qui n’ont toujours pas reçu leurs pensions alimentaires de 2005. Une offre spéciale « Soin de visage éclat » pour estomper les ecchymoses des femmes battues par leurs maris respectables. Un présent à moins 30 pourcent à l’achat d’un vernis Shellac pour enjoliver les mains éreintées par l’eau javel et l’acide sulfurique. Un bon de réduction dans un spa, pour remodeler sa silhouette pompée par le manque d’activité du au licenciement de travail après un accouchement. Un Free Pass pour arpenter les pistes des lounges branchés pour les célibattantes endurcies loin des harceleurs qui déambulent en toute impunité dans les rues. Des concours sous forme de Quizz pour gagner une BMW » Comment la petite Amina El Filali a t elle épousé son violeur? Envoyez vos réponses sur le site contrepedophile.com ou indignez vous hadhchi hchouma.org… Je crois qu’ il y a erreur sur le combat. Pas besoin de chercher loin pour comprendre qu’aujourd’hui c’est la journée internationale des droits, mais certainement pas de la femme. Des entreprises créent exclusivement en ce jour sacré » l’opération croix rouge » en offrant un bosquet de fleurs rouges à toutes leurs employées chastes, à l’hymen pur et insondable par les démons. Des tickets pour assister au film » Activités paranormales 3″ sont distribuées gratuitement aux femmes démunies, ou un député renommé viole par télépathie sa jeune secrétaire qu’il n’a jamais rencontré, malgré...

Féministes, taisez-vous à jamais ! Mar07

Féministes, taisez-vous à jamais !...

  Latifa, Aicha, Rabéa, Amina… et toutes les autres qui aviez initié la pétition du million de signatures – secouant ainsi le monde du machisme régnant -, qui aviez impulsé le changement avec votre « comité démocratique de coordination féminine », votre « Conseil national pour le changement du statut personnel, votre comité de suivi pour les droits politiques des Marocaines (Nos droits à toutes, dont une infime partie arrachée au prix de vos sacrifices multiples nous permet aujourd’hui de nous exprimer librement sur le sujet…), indignez-vous ! Votre combat est aujourd’hui dénigré. Féministes – certaines d’entre vous le sont encore – devient une insulte. Car vos détracteurs ont été plus efficaces. Ils ont semé le doute dans des esprits jeunes et l’amalgame est venu s’installer dans les esprits. Au lieu d’être compris pour ce qu’il est – un engagement pour défendre les droits humains d’une grande majorité discriminée, notamment les femmes – ( droits dont les plus élémentaires sont bafouées), le féminisme est perçu comme « une guerre à l’homme. Le poisson est ainsi noyé. Les femmes sont élevées les unes contre les autres. Dans la guerre « homme-femme » (ainsi ancrée dans les esprits, et dont on vous prend pour des « satanées » responsables), les choix sont vite faits. Non à la guerre dit en chœur notre peuple conciliant et tolérant. Je suis la première à dire stop à la guerre. Sauf qu’il n’y a jamais eu volonté de votre part d’allumer une quelconque mèche de guerre entre l’homme et la femme. Vous qui êtes toutes de bonnes épouses et mères de famille. Votre combat est contre la discrimination et non contre l’homme. Mais seul le résultat compte. L’opinion de la majorité est visiblement aujourd’hui contre vous. Une majorité patiemment éduquée...

Brainstorming au féminin Mar06

Brainstorming au féminin...

  À l’approche du 8 mars, cette fameuse journée dédiée aux femmes, le choix de mon sujet cette semaine s’est imposé de lui-même. Alors par quoi commencer ?… devrais-je faire un bilan de l’évolution de la condition féminine dans notre pays ? Ou simplement étayer mes espoirs pour demain ? Quel ton adopter ? Indignation ou satisfaction ? Colère ou apaisement ?… J’avoue que je suis un peu perdue ! Mais une chose est sure en tout cas, je ne m’aventurerais point à faire une comparaison entre la situation des femmes d’ici et d’ailleurs. Ce serait une démarche tout à fait stérile au regard des particularités culturelles, sociales et religieuses qui nous séparent. Quoique je suis persuadée que jamais un Premier Ministre, de part le monde, n’a réalisé le surprenant « exploit » que le notre a accomplit lors d’une interview télévisée, pour l’une des chaînes françaises qui totalise les plus grand chiffre d’audiences de surcroît, en déclarant textuellement, au sujet de la parité au gouvernement, « qu’on ne va pas tirer les femmes par les cheveux et les ramener au gouvernement ». Maladresse, mauvaise maîtrise de langue française…plutôt un lapsus révélateur ? Et après cela, on s’étonne encore que la communauté internationale nous rabâche ses discours moralisateurs sur l’amélioration de la situation des femmes ! On se serait franchement passées d’une sortie médiatique aussi scabreuse. Intégrer les femmes dans la dynamique du développement de la nation, lui assurer plus de sièges au Parlement, davantage de postes à responsabilités,…C’est ambitieux mais encore faut-il lui garantir des libertés innées qui sont censées d’or et déjà être assimilées par la société marocaine. A commencer par celle que je considère comme l’une des plus fondamentales : circuler en toute quiétude dans la rue. Sans être sans cesse...

الإبداع الأنثوي Mar04

الإبداع الأنثوي...

عندما دخلت المرأة عالم الكتابة، كتبت عن ذاتها، تجاربها و ألامها التي تختلف تماما عن تجارب وآلام الرجل من الناحية النفسية و الثقافية و اللغوية، عانقت المرأة الحرف لتسمع صوتها المقموع و المكبوت بعد ان وطأت متأخرة أرض الكتابة، كيف تجرؤ إذن أن تقول ما لم يسبق للمجتمع أن سمعه منها؟ و كيف ستقوله؟ بأي لغة ستكتبه ما دامت اللغة من اختصاص الرجل؟ الرجل يمتلك إمكانيات متعددة للبوح و التعبير بحرية خلاف المرأة، لأنه يكتب دون أن يشعر بأن وراءه رقيبا من أب أو زوج أو مجتمع… ففي مجتمع ذكوري بامتياز، ظلت المرأة طيلة مشوارها الأدبي أمام امتحان لعبة الكتابة، لقد مارست و تمارس الكتابة و هي تنظر إلى الآخر و العالم عبر منظار ذكوري، إلا في بعض الحالات القليلة التي نجد فيها المرأة الكاتبة قد تخلصت من قيود الرجل في كتاباتها. على المرأة، إذا أرادت أن تبدع، أن تحرر كتاباتها و تناهض التصور التقليدي للمجتمع عنها، و تمتلك القدرة على قتل الأنثى المقموعة داخلها و القدرة على انتزاع حريتها من واقع ذكوري لاختيار الكتابة مسارا، فالحرية شرط أساسي لممارسة الإبداع، و الكتابة مغامرة مستمرة تحتاج إلى امتلاك فعلي و حقيقي للحرية، الأكيد أن الجنسين معا يتقاسمان نفس الهموم و نفس القضايا، ليست المرأة وحدها التي تعاني من الشعور بالنقص و الدونية، بل الإنسان المقهور ككل فقد إيمانه بذاته و إنسانيته، الكتابة إذن مشتركة بين الجنسين، لذلك تأتي ضرورة الاختلاف في نسج الرؤى و بلورة المفاهيم و القيم، نسج يتناسب مع خصوصية التكوين النفسي للمرأة و ثقافتها الذي يختلف تماما عن الرجل، إننا في حاجة إلى كاتبات حقيقيات يكتبن عن قضايا مصيرية كبرى و يحطمن بكتاباتهن النظرة الأحادية للعالم تجاه القضايا. الكتابة هي الأدب، و الأدب يتداخل مع الذات، فالذات التي تكتب عن نفسها تخضع لتجارب حياتية ذات حمولات نفسية في إطار القوانين الاجتماعية و التاريخية تترك بصماتها على الإنتاج الإبداعي شكلا و مضمونا،...

Si Les Chevaux de Dieu m’était conté Mar01

Si Les Chevaux de Dieu m’était conté...

  En 2001, Nabil Ayouch a réalisé le film Ali Zaoua, prince de la rue sous forme de conte urbain. Il a mis en image les enfants des rues pour faire parler des sociétés underground vivants dans les grandes villes du Maroc, notamment à Casablanca. Onze ans après, le réalisateur signe Les Chevaux de Dieu. Cette fois et toujours dans la mégapole, il accompagne le destin des jeunes enrôlés par les mouvements islamistes. 1994, Yachine a dix ans. Il rêve de devenir le meilleur gardien de buts de tous les temps. Avec ses amis au quartier périphérique de Sidi Moumen, il s’entraine à ne laisser passer aucun ballon. Comme les enfants de son âge, Yachine joue au football, tue le temps, s’ennuie beaucoup et se bagarre. Autour des bidonvilles et des décharges à ciel ouvert, aucune vision de l’avenir ne se dessine pour cette jeunesse. Inspiré du roman Les Etoiles de Sidi Moumen de Mahi Binebine, Les Chevaux de Dieu raconte comment des jeunes sont arrivés à se donner la mort en kamikazes. Dans la légende arabe, ‘Les Chevaux de Dieu’ est une formule qui désigne les accompagnateurs du prophète Mahomet. Aujourd’hui, l’expression revient dans le discours propagandiste d’Al Qaida. Elle est souvent employée pour faire référence aux exécutants des attentats. D’ailleurs, elle revient dans le communiqué de revendication qui a suivi les attaques du 11 septembre 2001 à New-York. Quant à l’attentat dont le film fait la rétrospective, il remonte au 16 mai 2003 à Casablanca. Au cours de l’histoire, Nabil Ayouch a suivi Yachine et ses amis dans un quartier dont rien n’a positivement changé, au fil du temps. Cela se remarque à travers les vues aériennes sur Sidi Moumen, faisant couler le temps à travers les dates : 1994 pour le...