Brainstorming au féminin Mar06

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Brainstorming au féminin

 

À l’approche du 8 mars, cette fameuse journée dédiée aux femmes, le choix de mon sujet cette semaine s’est imposé de lui-même. Alors par quoi commencer ?… devrais-je faire un bilan de l’évolution de la condition féminine dans notre pays ? Ou simplement étayer mes espoirs pour demain ? Quel ton adopter ? Indignation ou satisfaction ? Colère ou apaisement ?…

J’avoue que je suis un peu perdue ! Mais une chose est sure en tout cas, je ne m’aventurerais point à faire une comparaison entre la situation des femmes d’ici et d’ailleurs. Ce serait une démarche tout à fait stérile au regard des particularités culturelles, sociales et religieuses qui nous séparent. Quoique je suis persuadée que jamais un Premier Ministre, de part le monde, n’a réalisé le surprenant « exploit » que le notre a accomplit lors d’une interview télévisée, pour l’une des chaînes françaises qui totalise les plus grand chiffre d’audiences de surcroît, en déclarant textuellement, au sujet de la parité au gouvernement, « qu’on ne va pas tirer les femmes par les cheveux et les ramener au gouvernement ». Maladresse, mauvaise maîtrise de langue française…plutôt un lapsus révélateur ? Et après cela, on s’étonne encore que la communauté internationale nous rabâche ses discours moralisateurs sur l’amélioration de la situation des femmes ! On se serait franchement passées d’une sortie médiatique aussi scabreuse.

Intégrer les femmes dans la dynamique du développement de la nation, lui assurer plus de sièges au Parlement, davantage de postes à responsabilités,…C’est ambitieux mais encore faut-il lui garantir des libertés innées qui sont censées d’or et déjà être assimilées par la société marocaine. A commencer par celle que je considère comme l’une des plus fondamentales : circuler en toute quiétude dans la rue. Sans être sans cesse harcelées par les hommes ! Et cessons donc, une bonne fois pour toute, les conclusions faciles, telles que « elle l’a cherché » ou « elle n’a pas à s’habiller de la sorte ». C’est des « petites » défaillances comme celles-ci, que beaucoup considèrent comme anodines, que naissent les grandes dérives de notre société ; donnant ainsi lieu à des sentences aberrantes comme en témoignent l’affaire Amina Filali et plus récemment celle du parlementaire Hassan Arif, qui ne sont que la partie visible de l’Iceberg. De telles aberrations judiciaires nous ramènent soudainement à cette obscure réalité, celle d’un Maroc qui continue inlassablement à reléguer la femme au second plan, pire, à la considérer comme une « citoyenne de seconde zone », telle une candidate inapte à l’exercice des droits et des libertés que la Constitution lui garantit.

En voulant rendre un hommage aux marocaines, et après moult réflexions sur sa condition actuelle, on finit malheureusement, à contre cœur mais surtout conscients de la précarité d’une grande majorité d’entre elles, par noircir le tableau. Que faut-il alors penser des projets et initiatives, orchestrées en faveur des femmes, qui fleurissent ici et là ? Ne sont-t-ils pas finalement des tentatives avortées de son émancipation ?…Il est grand temps de faire un brainstorming sur la question de la revalorisation de la femme sous nos cieux, et pour lequel TOUS les marocains devraient s’impliquer sérieusement ; et ce, bien avant de lui faire bénéficier de telles démarches au nom d’une parité « tirée par les cheveux ».