8 mars, dégage! Mar09

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8 mars, dégage!

 

A-t-on besoin d’une journée par an pour célébrer la femme ? C’est quoi la valeur ajoutée de cette journée ?

À l’anti- huit mars et anti-Saint-Valentin que je suis, on me rappelle que c’est l’occasion de célébrer nos valeureuses ancêtres qui ont bataillé pour s’affirmer et nous léguer un héritage de valeurs et de droits, tout en rappelant de faire un bilan par rapport à la situation de la femme aujourd’hui, une sorte de check-up annuel.

Je réponds au premier prétexte, ce qu’une amie m’a inspiré sur Face Book « c’est comme la journée du soldat inconnu, ça ne ressuscite personne » j’ajouterai, et en plus sa veuve n’a jamais touché de pension à ma connaissance !

Au deuxième prétexte, je réponds que c’est plutôt l’inverse que je constate, au lieu que ce soit l’occasion de dresser des bilans annuels, par tous les intéressés réunis ensemble (associations féministes actives et ministère concerné), en vue d’avancer ensemble, de dresser une liste des dysfonctionnements sociaux et juridiques, ou à la limite de dresser un plan d’action validé par tous pour l’année à venir, avec des statistiques précises, qui permettront d’améliorer la vie des femmes (congé maternité, crèches obligatoires sur les lieux de travail, budgets pour micro crédits, branchement en eau et électricité dans le milieu rural, une loi pour régler définitivement le problème de l’abandon scolaire, un budget pour soutenir les associations féministes, une subvention pour les coopératives féminines…), c’est l’occasion d’offrir des roses à des citadines qui n’en ont rien à battre, d’organiser des soirées exclusivement « ladies » pour danser toute la nuit un verre à la main, des smart phones, et des réductions pour les poudriers et les rouge à lèvres !

C’est comme toutes les autres fêtes, même les fêtes religieuses, qui se sont vidées de leurs sens, pour devenir des occasions pour faire exploser les ventes, encourager les gens à consommer et écouler les restes de stock.

Toujours est-il que je ne fête pas le 8 Mars, mais je ne juge personne. Puisque les magasins restaurants et business en tous genre qui trouvent une occasion de vendre, ça permet de renflouer les caisses, doper les activités commerciales, et ça rend plus d’une femme heureuse au moins pour une journée.

Mais ce qui m’a fait grincé des dents aujourd’hui, c’est un événement que j’ai vu sur Facebook, cet événement est organisé par une école qui se veut prestigieuse, ne serait-ce que par la difficulté du concours d’accès et les notes requises pour pouvoir passer ce fameux concours, c’est une école qui est censée former les femmes leaders de demain, et je découvre que le clou de la soirée qu’ils organisent, c’est l’élection d’une Miss ? Attention s’il vous plaît, avec des critères de sélection digne d’une Madame De Fontenay à l’heure de sa gloire (être célibataire, pas de piercings, 1,65 minimum, quoique pour la chirurgie plastiques et les photos érotiques je pense qu’ils ont été plus cléments) bref, pour la journée de la femme, ils n’ont rien trouvé de mieux, que de mettre son physique en avant, et réduire son intelligence à son tour de poitrine ! Et ce n’est pas fini, une personne présente sur les lieux, m’a informé qu’il y’a eu un concours de cuisine ! Évidemment, on n’y avait pas pensé, célébrer la femme, dans une école qui forme nos futures femmes leaders, c’est cuisine chiffons et plastique parfaite. Quelque chose me dit, que pour le bien de toutes les générations à venir, pour le bien des femmes Marocaines, on devrait interdire le 8 Mars au Maroc.

PS : je ne renie pas le formidable travail des associations féministes, mais à elles seules, sans le soutien et la coordination du ministère concerné, elles souffrent d’un manque de ressources humaines et matérielles. Heureusement qu’il y’a au moins quelques budgets que des ONG injectent dans divers projets.