La vieille femme marocaine : une précarité dessinée par le patriarcat Mar11

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La vieille femme marocaine : une précarité dessinée par le patriarcat

 

Le cercle des vieux marocains s’élargit ! Les études statistiques de l’HCP l’ont prouvé : D’ici 2050 ils seront (nous serons) 10 millions de personnes âgés dans le Royaume. Cette mutation de la société marocaine aggrave d’avantage la situation de la gent féminine : La vieille femme d’aujourd’hui était une jeune femme analphabète et totalement dépendante d’un mari beaucoup plus âgé qu’elle. La vieille femme d’aujourd’hui est donc généralement une veuve pauvre, vulnérable, perdue, probablement atteinte d’une maladie chronique et continue de dépendre de ses enfants, vu que sa maigre pension ne peut en aucun cas couvrir ses besoins.

Une simple confrontation des avancés concernant l’autonomisation des femmes marocaines avec les études sociodémographiques démontrera qu’on est loin de mettre fin à cette situation désastreuse. Il parait que le patriarcat continue à s’imposer, continue à faire en sorte que les femmes finissent mal leurs vies !

Je ne comprends guère la myopie de nos politiciens vis-à-vis les retombées culturelles et éducatives sur les affaires économiques du royaume et le bien-être de ses citoyens. Pourquoi sont-ils incapables d’agir et d’accélérer un peu la vitesse des reconfigurations socioculturelles ? La réponse est assez claire : Le patriarcat reste beaucoup plus puissant que la volonté politique. Je dirai même que le patriarcat reste soutenu par une sorte de volonté politique d’un gouvernement piloté par des conservateurs.

Le gouvernement promet de revoir la pension des veuves marocaines à la hausse : Elles toucheront 1000 Dhs… oui 1000 Dhs ! Mr Benkirane n’avait pas honte de le déclarer. Que voulez-vous qu’il fasse ? Tirer ces femmes par leurs mèches blanches pour qu’elles redeviennent jeunes, instruites et actives ? Il est plus judicieux de jeter un coup d’œil sur les taux de chômage, d’alphabétisation des jeunes marocaines d’aujourd’hui et tirer les cheveux des membres de son équipe gouvernementale, pour les convaincre que « patienter » sera dans ce cas un véritable acte suicidaire.

L’état se contente donc d’une modeste action corrective dont l’impact est insignifiant, au lieu de mettre en place une stratégie préventive qui met le doigt sur la racine du mal. Cette stratégie devrait être axée dans ce cas là sur le volet culturel : Je crois que les marocains ont besoin d’êtres sensibilisés d’avantage sur les droits de la femme, afin de booster la dynamique d’une société en quête de développement. Je suis même convaincue qu’un changement de croyance à moyen terme est possible ! Un plan de communication en mode «Bottom-up» bien conçu et bien adapté nous suffira !

Oh non, je ne fais pas allusion aux pères je crois que la plus grosse partie de responsabilité a été transférée aux femmes, en leur donnant depuis quelques années le droit de choisir librement leurs partenaires. Malheureusement, beaucoup de jeunes femmes font le choix spontané de dépendre financièrement d’un homme, les plus instruites d’entres elles peuvent parfois exiger un statut social élevé chez le futur mari, au lieu de l’acquérir par elles-mêmes. Il parait que le patriarcat n’a plus d’ennemis, il n’a que des alliés en manque de conscience.