Au bonheur des Bachelors Mar26

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Au bonheur des Bachelors

Au bonheur des Bachelors

Posté par Bouchra El Azhari le 26 mar 2013 dans Eh ! | 6 commentaires

Elle est loin, bien loin, l’époque des poèmes de Victor Hugo et des chansons d’Aznavour, où chaque rime, chaque mélodie et chaque syllabe étaient un vibrant hommage aux femmes. Elles étaient alors au cœur des convoitises et avaient le bénéfice de toutes les courtoisies. Hier, Brel fredonnait douloureusement, désespérément, farouchement « Ne me quitte pas ». Aujourd’hui, c’est le dicton « une de perdue, dix de retrouvées ! », qui prime !

Que s’est-il donc passé en ce 21ème siècle ? Ne cherchez pas bien loin, car il n’y a qu’a faire un tour d’horizon des émissions de téléréalité qui en divertissent plus d’un. Même vous. Allez avouez… Même si je ne me fixe que très rarement face au petit écran, je reconnais qu’il m’arrive des fois de regarder ce genre de supercheries, et même d’en rire. Nerveusement. Honteusement. Tristement ! Les plus drôles sont celles qui mettent en scène une farandole de pseudo « bons partis », prêt, voire pressés, de passer à la « casserole », dixit se caser, se marier. Bref, trouver leur moitié !

« Qui veut épouser mon fils ? », « Le Bachelor, le gentleman célibataire », pour n’en retenir que les françaises car du côté des ricains, c’est bien plus médiocre… Bref, en tout cas, la règle est la même : l’Homme doit sélectionner parmi une vingtaine de femmes l’élue de son cœur. Bien entendu, elles rivalisent toutes en beauté et en «intelligence» (dit-on), ce qui rend son choix «terriblement» cornélien. Et c’est bien là que réside tout le suspens de ce programme, ô combien… Absurde ! Non, vous ne rêvez pas. Il ne s’agit nullement d’un rituel vaudou ancestral que l’on remet au goût du jour, mais bel et bien d’un show télévisé, orchestré par des contemporains, censés être modernes et émancipés ; diffusé, qui plus est, à des horaires où l’audience est la plus élevée.

Dubitative, je me rends compte alors que l’équation s’est inversée ! Contrairement aux récits que nos mamans nous ont racontés, l’homme ne courtise plus la femme. Aurions-nous trop inhalé le parfum à l’eau de rose de leurs histoires ? Peut-être. Elles ignoraient certainement que la réalité d’aujourd’hui serait aussi affligeante ! Et pour preuve, l’image que nous renvoit ces émission n’est guère glorieuse, car grâce à elles, les femmes se sont officiellement reconverties en objets de consommation. Puisque l’homme, tel un mâle dans un troupeau de femelles, se contente simplement d’épingler celle qui correspond à ses convenances, un peu comme s’il en choisissait une au rayon des « femmes sur mesure » ! Et voilà comment le « Bon parti », dit-on, se révèle être une « denrée rare », telle une oasis dans un désert de femmes désespérées…

Les femmes sont instrumentalisées à souhait, et, misère !, ça fait tourner merveilleusement bien la machine (pourrie) de l’audiovisuel. Plusieurs études sociologiques ont démontré que les médias, et particulièrement la télévision, sont intimement liés à l’évolution des mentalités. Est-ce d’ailleurs pour cette raison qu’ils continuent à diffuser de telles nullités, laissant ainsi au petit écran le soin de forger arbitrairement nos opinions du « sexe faible »? Serions-nous bientôt indentifiables grâce à des codes-barres qui révèleraient avec exactitude nos mensurations, notre QI et nos aptitudes à être de « bonnes femmes d’intérieur » ? Le QI étant un paramètre éliminatoire dès lors qu’il est jugé trop élevé…

On constate que, d’un côté, la femme gagne de plus en plus en libertés et en émancipation et, de l’autre, elle perd en estime. Est-ce finalement le prix à payer pour avoir revendiqué une place parmi les hommes ? Certains ont peut-être mal décrypté le message du féminisme, qui est d’agir AVEC, et non CONTRE les hommes ! Alors rendons enfin à César ce qui appartient à César ! Et laissons donc Cléopâtre tranquille !