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Femmes…mais violentes

 

Admettons ensemble qu’on commence à en avoir assez de ces slogans stériles qui dénoncent la violence physique contre les femmes. « Stop à la violence contre les femmes » ; « Non à la violence contre les femmes » ; « soyons à l’écoute des femmes battues» … Une multitude de slogans qui versent tous, certes, dans la dénonciation d’un grave phénomène que nous partageons même avec les sociétés et pays les plus développés, les plus civilisés, les plus égalitaires. Un phénomène qu’il faut continuer à décrier et à dénoncer. Un phénomène qui est loin d’être atténué. Quoique dans les pays dits « développés » et qui nous devancent en tout, des associations ont parallèlement vu le jour pour protéger les hommes battus par leurs épouses. Je n’ose pas encore imaginer l’existence d’une association similaire dans notre société si machiste, ni imaginer les milieux dont lesquels elle interviendra et quels slogans elle osera diffuser. En attendant, je préfère aborder d’autres formes de violence, une autre forme de maltraitance et de nuisance à la gent féminine : notamment celle qu’elle subit de la part de ses semblables. Et oui, chères mesdames il faudrait reconnaître qu’il nous arrive d’être très violentes entre nous, qu’il nous arrive de dégager une violence que même le plus féroce des machos ne pourrait contenir.

Sinon comment pourrait-on qualifier :

Les discours de certaines extrémistes féministes qui conditionnent la pensée de leurs jeunes disciples en faisant de l’homme leur ennemi. Un antagoniste à qui il faudrait livrer bataille sur tous les terrains. Des extrémistes qui me donnent l’impression d’agir dans un monde virtuel. A ceux-ci ou plutôt à celles-ci, je demande réponse à une seule question : pourquoi je paye les mêmes cotisations au régime retraite et assurance maladie et pourtant je n’ai pas les mêmes droits que mon collègue homme qui travaille pourtant le même nombre d’heures que moi, parfois moins du fait que je suis plus consciencieuse, justement parce que je suis une femme (je n’arrive pas à me détacher de mon passé de féministe qui défendait jusqu’aux larmes la cause féminine)? Alors à ces féministes violentes qui s’attardent sur qui fait la vaisselle, qui sort les ordures ménagères, cessons ces discours qui ne suscitent que des violences inutiles, la réalité est bien différente et parfois si cruelle.

L’attitude des femmes au volant à l’égard des automobilistes femmes : je ne te cède pas le passage sur la tombe de mon père et de tous mes aïeuls ; je ne te fais pas de signe de la main, ni même un petit sourire en signe d’excuse pour la frayeur que je t’ai causée en grillant le stop ou en forçant le passage dans une ruelle interdite. Cette même attitude on la retrouve dans les files d’attente, dans les hammams, dans le souk, dans les mosquées, dans les bordels vrais ou déguisés et dans toutes les situations où aucune ne daigne demander une faveur à l’autre, où aucune ne tolère un léger écart de l’autre.

Les commentaires et réactions des femmes de la famille, de la belle famille, du cercle des amis rapprochés ou éloignés, du voisinage qui sautent sur n’importe quel fait aussi insignifiant soit-il pour descendre leur semblable de critiques, de diffamations. A les voir ou à les entendre, on dirait qu’elles s’extasient à l’idée de voir une femme écrasée au point d’oublier qu’elles auraient pu subir le même sort : si elle est maltraitée par son époux : bien fait pour elle, elle l’a bien cherché. Elle est trompée et abandonnée : normal elle n’a pas su le retenir et en tout cas « aucun chat ne quitte aisément un festin ». Elle mène une vie paisible auprès d’un époux respectueux : elle doit bien avoir une secrète recette pour le retenir et pour lui faire accepter tous ses désirs ; elle doit avoir eu recours à un puissant fqih…si elle a par malheur choisi de ne pas se marier, je préfère taire les méchancetés colportées à son égard.

Le scan total, sous tous les angles, que se livrent généralement deux femmes quand elles se saluent pour comprendre si tout va vraiment bien, si l’une n’est pas entrain de cacher des problèmes, si l’autre a perdu du poids et pourquoi ? Sinon, comment ? si la première n’en n’a pas pris un peu trop, comprendre comment elle a fait pour changer de garde robe avec son maigre salaire, se demander si sa nouvelle bague est une fausse… Il faut dire que sur ce point, les femmes commencent à être vraiment les égales des hommes qui se livrent à leurs tours entre eux à ces scans. Je crois qu’ils sont même en train de prendre de l’avance dans cette pratique. On peut au moins aspirer à une égalité à ce niveau.

Les émissions de télévision et de radio dites destinées aux femmes surtout celles de cuisine. Pouvez vous m’expliquer si ce n’est pas une violence et une souffrance que celle de voir derrière l’écran TV une superwoman qui sait tout faire, tout cuisiner, coudre, moudre… qui parle d’une voix mielleuse en s’adressant à des femmes frustrées toutes la journée. Pourquoi d’abord adresser ces émissions culinaires aux femmes ? N’est-ce pas une forme de violence ?

Je ne vous cache pas que je commence sérieusement à détester toutes ces émissions et ces revues dites spécialisées qui apprennent aux femmes comment parler, comment s’habiller pour être dans la tendance, comment s’entretenir, comment se trémousser, comment prendre soin de son mari et de ses enfants, comment défendre « ses droits » (de timides pages noyées par les autres), comment recevoir ses invités, comment, comment, comment. Je cherche en vain des émissions, en dehors de celles spécialisées en sport ou en automobiles, qui apprendraient aux hommes comment s’entretenir aussi, comment cuisiner, comment faire du bricolage, comment continuer à séduire leurs femmes, comment entretenir la flamme si flamme il y a, comment être à l’écoute des besoins affectifs de celles qui partagent leurs vies, qu’ils soient respectueux à l’égard de leurs égales et non rivales : les femmes qui ne sont pas seulement celles qui conduisent mal, qui gaspillent trop, qui passent leur temps à regarder des feuilletons interminables, qui ne savent pas prendre soin d’eux et les réhabiliter dans leur masculinité.

Mon Dieu suis-je toujours aussi féministe ?