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L’Arabie Saoudite reconnaît la violence faite aux femmes

L’Arabie Saoudite reconnaît la violence faite aux femmes

Posté par Amanda Kabuiku le 16 mai 2013 dans De par le monde | 11 commentaires

« Certaines choses ne peuvent être couvertes – Combattons ensemble les violences faites aux femmes »

2013. Oui, nous sommes en 2013 et c’est cette année que l’Arabie Saoudite a dévoilé sa première campagne contre les violences domestiques. Un pays qui assume pleinement ses inégalités entre les hommes et les femmes. Correction. Un pays qui assume parfaitement que la femme n’est pas grand chose ! Je suis heureuse de l’avancement mais je trouve que c’est trop tardif. Le scandale récent, on fait réagir une certaine frange de la société et combattre les violences faites aux femmes est devenu primordial.

Cette histoire malheureuse a fait les gros titres. Lama est le symbole de la cause féminine saoudienne. Cette fillette de 5 ans a été violée par son père et hospitalisée en décembre 2011, avec le crâne fracassé, des côtes cassées, des traces de brûlures et un ongle arraché, avant de clamser comme une pauvre bête ! Alors que l’affaire aurait pu passer inaperçue, l’opinion publique s’est enfin levée et le père a écopé d’une malheureuse peine de 4 mois de prison ferme et d’une petite compensation financière de rien du tout à verser à la mère. 40 000 euros pour remplacer une petite fille !

Le prédicateur Fayhane Al-Ghamedi et sa victime Lama Fayhane Al-Ghamedi

C’est toujours le même combat. Un combat qui ne cessera pas d’être combattu. Une frange de la population saoudienne a enfin compris que la femme est aussi un être à part entière. Le processus est long, mais il vaut la peine d’être poursuivi. Ce manque de confiance envers la femme révèle que l’homme saoudien n’a pas confiance en lui. A tel point que les autorités ont expulsé Omar Borkan Al Gala, un jeune photographe originaire de Dubaï, parce qu’il était trop beau ! Oui, les femmes sont bêtes et ne savent pas contrôler leurs pulsions, c’est bien connu !

Ne pas laisser une femme conduire, ne pas la laisser voyager sans l’autorisation de son gardien (père, oncle, mari, frère ou fils), ne pas la laisser se vêtir comme elle le veut, lui interdire de faire ci et ça est le résultat d’un manque total de confiance en soi, une psychose voire une maladie. Ce n’est pas culturel. Les contes orientaux célèbrent la femme. Elle est signe de volupté, de mystère et de fierté. On peut mettre ça sur le dos de la religion si on veut, mais ce serait une grosse bêtise !

Avec tous ces interdits, franchement se jeter sur ce photographe dans une manifestation publique, ce serait vraiment bête…ou kamikaze ! Sachant qu’elles encourent la peine de mort ou des coups de fouets pour le moindre faux pas. Toutes les femmes ne sont pas des « putains ». Je dirais même que certains hommes le sont plus que certaines femmes, mais bon !

Je sais que certaines musulmanes revendiquent leur droit à porter le niqab. Je respecte celles qui le portent quand c’est un choix assumé et motivé. Le corps de la femme est quelque chose de magnifique et le cacher est une option. Ma question va paraître un peu conne mais comment est-il possible de maltraiter une femme qui est déjà complétement soumise ? Je ne sais pas mais c’est juste stupide !

Les violences conjugales et les violences tout court sont l’apanage de nombreux pays. Je ne veux pas dire c’est une mode saoudienne. C’est barbare. Pour certains, la violence peut se traduire par des mots blessants à longueur de journée, des attitudes et des regards désobligeants. Les coups font bien sûr partie de la phase intermédiaire du processus de destruction. La phase finale, c’est la mort !

A l’initiative de la King Khalid Charitable Foundation, cette affiche évoque un sujet tabou. Un sujet que l’Arabie Saoudite ne peut plus taire. Je ne sais pas si les femmes saoudiennes vont commencer à témoigner ! Cette affiche donne aussi de bonnes idées aux hommes violents. Ils vont juste frapper sur les membres, dans un pays où le corps de la femme est tabou, qui examinera ce corps ! Et c’est pareil pour témoigner, il faut sortir et parler ! Sur la base de quoi ? Sur la base de oui-dires, dans un pays où l’homme est roi, je ne sais pas mais je sais que des femmes l’ont fait auparavant alors c’est encore possible aujourd’hui !

Personne ne choisit de devenir une femme ou un homme, ainsi que de naître dans tel ou tel pays. En tant que femme, j’admire la force et la détermination de la gent féminine dans ces pays où les droits des femmes sont limités, voire inexistants. Je me rends compte de la chance que j’ai de pouvoir m’exprimer librement. Les choses vont peut-être lentement, mais elles avancent.