Réveillez-vous les femmes : « la police » des mœurs est de retour ! Mai22

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Réveillez-vous les femmes : « la police » des mœurs est de retour !

Réveillez-vous les femmes : « la police » des mœurs est de retour !

Posté par Majda Saber le 22 mai 2013 dans Focus | 133 commentaires

Réveillez-vous les femmes, « la police » des mœurs est de retour !

Oui ! Détrompez-vous ! On n’est pas en Iran, on est au Maroc, je suis marocaine. Au pays, où je n’attends l’autorisation de personne pour conduire un vélo ou une voiture. Et pourtant, je me rends compte que là, on m’interdit plus. On m’interdit de prendre les rênes de ma vie, de vivre en citoyenne jouissant de tous ses droits d’Etre humain, sans être renvoyée à la case de Pute. Je n’ai rien contre les putes. Mes respects à Vous Mesdames !

Voilà, c’est la troisième fois qu’on m’interdit de rentrer chez-moi. Oui vous avez bien entendu : « chez-moi ! Là où j’habite ». Une bande de mecs, nommés membres du syndic ont donné l’ordre de m’interdire l’accès chez moi à chaque fois que je serai accompagnée d’hommes. Là où il y a hommes, il y a baise, et mes chers membres du syndic de la résidence se sont attribués le droit de juger mes mœurs, mes relations et de tout mettre dans la case « Cul/baise ».

Je demande une réunion qui dure presque deux heures, où je débats avec trois hommes qui m’expliquent que l’interdiction est pour me protéger et que mon statut de célibataire me mets au pied du mur. « Madame ! Vous êtes déclarée célibataire alors vous n’avez pas le droit à des visites d’hommes étrangers ! Bien entendu à part votre frère, père et les femmes ! ». Je tente de garder mon sang froid avant de cracher mon feu. J’explique que je suis majeure et vaccinée et qu’ils ne sont ni mes tuteurs et n’ont aucun statut juridique pour m’imposer. La seule autorité que je reconnais est celle des lois qui régulent nos relations.

« Chers Messieurs! Vous êtes membres du syndic vous avez une et plusieurs tâches qui se résument en ce qui suit : jardinage, gardiennage et ce qui va avec. Ma vie privée est mienne. Et pendant qu’on y est, vous allez me dire aussi que je ne devrais pas prendre l’ascenseur en compagnie d’hommes ! Ou doit-on donner le sein à tous les hommes qu’on doit côtoyer au quotidien, dans le cadre de notre travail, de nos amitiés, en suivant la Fetwa d’Albana.».

Ma Chère bande de police des mœurs n’était pas satisfaite de mes réponses. Je voyais l’horreur couvrir leurs yeux comme la cataracte. Et j’entendais presque leurs monologues « Comment ose-t-elle nous tenir tête. Obwjha hmer. Mab9at hchma al3yado bilah ». Bref, pour se débarrasser de moi, je jasais trop, on me demanda de me pointer le lendemain au bureau du syndic avec un engagement signée, où je débarrasse les membres du syndic de toute responsabilité liée à ma sécurité.

Et ouiiiiiii ! De l’intimidation ! Non !!! Juste un désengagement et après faites ce que vous voulez madame ! Voilà que c’est dit. On passe à la vitesse supérieure. Symboliquement parlant, je n’ai pas été corrigée par le discours moralisateur, alors j’aurai droit à la lapidation ! Une correction corporelle fera l’affaire ! Bien dit et bien enrobé ! N’est-ce pas qu’on dit dans l’adage marocain : « l3ssa lmen 3ssa » ?

Et oui à part le gâteau, combien beau, j’ai aussi droit à la cerise. Ma cerise a été cette phrase du président du Syndic qui me lança : « C’est nos lois internes. Et vous devez vous plier à nos lois tant que vous habitez cette résidence ! ». Ohhhhhhh ! On a des sectes au Maroc ! «Mon œil Monsieur pour ne pas dire autre chose. Vos lois internes je ne les reconnais pas. Je ne suis pas une brebis dans votre troupeau. Et vous n’aurez aucun désengagement de ma part parce que tout simplement pour moi vous n’avez aucun statut juridique pouvant m’imposer. La prochaine fois, appelez la police ! Mais sachez que je n’abdique pas. Ma vie m’appartient et ça je ne le négocie pas. Je ne viendrai pas vous faire la liste des membres mâles de ma ligne généalogique ni de ceux que j’inviterai ! ».

Une dernière phrase avant le départ : « Il parait que vous avez un chien chez vous. Dans nos lois internes on a pris la décision d’interdire aux habitants d’avoir des chiens ! ». Je pique une crise de rire. On dirait que je parlais à un Khomaini. Pssssssss j’ai oublié que les chiens c’est de la « najassa ». « Ah Monsieur ! Ce n’est pas un chien ! C’est une chienne ! ». En somme, une chienne comme moi pour ses messieurs. Et pour une fois, je suis fière d’appartenir à la race animale. Celle des humains me déçoit beaucoup en ces moments.

Attendez ! Le film continue ! Il y a tome deux. Je ne m’arrêterai pas là! Parce que mes dames je me suis jurée quitte à y laisser ma peau, mes fesses, mes plumes et même mes os, je n’abdiquerai pas ! JAMAIS ! Au grand jamais !