La mort au ventre : un suicide à petites bouchées Nov22

La mort au ventre : un suicide à petites bouchées...

Ecrasées par le poids des attentes de nos familles, soumises aux regards critiques de nos voisins et enchaînées par la perception qu’a le monde de la femme parfaite et accomplie, nous nous plions tant bien que mal à toutes ces exigences oppressantes. Pourtant, étouffer ses aspirations en faveur de la bienséance contribue à de nombreux ravages psychologiques. Outre les troubles de la personnalité et les dépressions qu’engendre cet état de fait, les thérapeutes identifient également des symptômes moins décelables tels que les troubles de l’humeur et les troubles du comportement alimentaire (TCA). Les TCA regroupent des troubles tels que l’anorexie mentale, la boulimie, l’hyperphagie, l’orthorexie ou encore la néophobie alimentaire. Il ne s’agit là que de symptômes qui révèlent un mal-être bien plus profond chez les malades. Pourtant, ils sont d’autant moins détectables qu’ils sont parfaitement cachés par leurs victimes. Ces maladies touchent essentiellement des femmes, mais ne se limitent pas à celles-ci. Terrifiées et honteuses, très peu d’entre elles osent en parler au risque de s’entendre dire « jem3i rassek ou diri 3aqlek ! » (Ressais-toi et mûris). Pourtant, les personnes souffrant de TCA ne manquent ni de volonté ni d’ambitions. Trop longtemps étouffées, elles manquent seulement d’estime pour elles-mêmes et d’une identité qu’elles aliènent à leurs familles, leurs maris, leurs employeurs ainsi qu’à la société toute entière. Les TCA ne connaissent aucune barrière sociale et peuvent se révéler à l’adolescence ou à l’âge adulte. Mais en général, les causes à l’origine de ces maladies apparaissent dès la petite enfance au sein du foyer. Brimades, jugements, privations, culpabilisations, sobriquets péjoratifs et violences ordinaires, sous couvert de l’humour ou de l’éducation, alimentent le terreau où germent les TCA. L’anorexie mentale, qui consiste à réduire drastiquement l’apport de nourriture ou à se priver de celle-ci,...

Il faut de tout pour faire un monde...

  Il faut de tout pour faire un monde, une société, une vie… Un pays. « Il faut de tout », une phrase qui renvoie à un certain équilibre des « choses », à toute cette diversité qui fait la richesse d’un monde, d’une société, d’une vie… D’un pays. Une expression qui sonne comme une évidence, qui reflète tout ce dont nous pourrions rêver, nous, habitants de cette tendre terre… Qui appelle à toute cette tolérance, dans son sens le plus absolu : L’acceptation et le respect de l’autre. Je pourrais m’arrêter sur le sens du respect et en faire mon projet de vie, une dissertation qui ne finirait jamais, une éternelle succession de mots, d’idées, de constats et de coups de gueule. Car le respect semble revêtir un tout autre aspect, lorsqu’il s’agit de ces libertés que nous sommes aujourd’hui réduits (es) à quémander , alors qu’elles figurent NOIR sur BLANC dans toutes les conventions que NOUS avons signées pour draguer les « autres », pour solliciter ces autres, pour paraître grands… Ce respect devient « religieux », ou, pour être plus précise, ce respect se laisse pousser la barbe, prône la tolérance, en remuant un foulard. Ce respect devient « autre », lorsqu’il ne concerne que ceux qui « répondent aux critères » d’un bon, d’un « juste » précepte sorti du LIVRE… Ou bien sorti de ce livre qui paraît nouveau, différent de celui qu’on connait depuis des siècles. Il faut de tout pour faire ce monde, cette société, cette vie… Ce pays. Même s’ils deviennent trop nombreux, même si l’on apprend aux plus jeunes comment faire pousser la barbe, comment remuer le foulard et ne respecter que ceux qui font comme eux… Les marchands de foulards, hommes et femmes… Ceux...

Ma jolie école Nov18

Ma jolie école

  L’école, cet endroit magique qu’on chante dans l’enfance, qu’on cherche à fuir à l’adolescence et dont on rêve d’y retourner une fois happé par tumultueux monde des adultes. L’école, que de souvenirs entre ses murs et devant sa porte. A cette école que j’ai candidement aimée, parfois vénérée, je voudrais dire que je lui reproche bien des choses. On dit bien : qui aime bien châtie bien. je n’ai jamais voulu saisir le sens réel de cet adage mais je trouve qu’il convient au contexte. je me rappelle avoir chanté que mon école était fort jolie, qu’elle m’apprenait à être polie… Ma jolie école m’a bien appris certaines formes de politesse mais j’aurais voulu qu’elle m’apprenne que la société dehors est une vraie jungle où politesse est interprétée en faiblesse. J’aurais aimé qu’elle m’apprenne en cours d’éducation civique que dehors, les règles minimales du civisme sont bafouées au vu de tout le monde. Elle aurait dû m’aviser que les obligations du civisme ne s’appliquent pas à tous et que certains sont même confortés dans leur violation quotidienne des règles qu’elle nous disait inviolables. Elle aurait dû tôt m’apprendre qu’on n’est pas tous égaux en droits. Ma jolie école aurait dû m’aviser que dehors, en dépit des apparences, l’ignorance bat son plein : que les citoyens ne savent pas ce que veut dire une fil d’attente, ne savent pas attendre patiemment leur tour, ne savent pas vivre en copropriété, ne savent pas le vrai sens de respect, de tolérance, d’hygiène… J’aurais voulu qu’elle sache ce qu’elle veut réellement m’inculquer dans les interminables et ennuyeux cours d’éducation islamique. Ma jolie école n’a jamais été laïque. Pourtant, elle balbutiait dans son enseignement de la religion. Jolie école, pourquoi passer par plusieurs chemins pour arriver nulle part....

!محمد زفزاف الذي أنقذني Nov15

!محمد زفزاف الذي أنقذني...

بلا شك نحن في أجمل بلد في العالم ؛ حيث المهرجانات الموسيقية العالمية تتناوب في كل المدن ؛ أرقى الموسيقى و أعذبها .. أغلى الفرق و أشهر مغنيّو العصر يأتون من كل بقاع العالم حتى يحتفلوا مع البؤساء أمثالنا بأنغام يُقال أنها توحّد الروح و تسمو بهرطقات المجتمع ؛ على أن الموسيقى هي تراتيل معتّقة ملائكية تغسل حزن الجسد و بؤس العالم من حوله ..1 هكذا كان يبدو لي ؛ فأغادير المدينة التي تحتفي ب »التسامح » تحت شعار « المودة و الصداقة » ! كنتُ قد تساءلتُ -بمنأى عن جمالية الشعار- وبعمق حول ماهية دولة تحتفي بشعار عميق و مؤثر كالذي زُيّنت به أزقة و شوارع المدينة الصامدة في وجه الزلزال ؛ التسامح الممتزج بالمودة و الصداقة ؛ قد تشي الغاويات الممدات على طول الكورنيش بمشروعية التساؤل و قد تلاحظ بلا جهد كبير آثار البؤس من على جبين مقطب لفتاة لم تتجاوز بعد عقدها العاشر و هي تشاكس المحبين مجيئا و ذهابا على مقربة المرينا بورود حمراء بلا رائحة ؛ محاولة بذلك إرباك العاشق ليشتريها مضطرا آسفٍ على ابتزاز عاطفي .. و أمام اللافتات الكبرى للمهرجان المزخرفة بيد « التسامح » لا يسع العاشقين إلا أن يمضوا حاملين معهم وردة علّها سدّت رمق الأسر المُعالة تحت ستار الحّبّ..و المودّة !1 إلى حدود الساعة كنت كمن يصوب بندقيته على طريدة مُنشَقّة عن سربها ؛ كل الأشياء اللامنطقية بدت تباعا على شكل أثمنة مُتضخمة بلا رقيب ؛ زيت أركان التي أغرت تجاعيدنا و داعبت جيوبنا كي نشتريها بثمن البائع ؛ حتى تلك القهوة في مقاهي مارينا كانت تزيد من بؤس الطبقات المسحوقة ؛ كان الزائرون يعدون خطواتهم على ممشى البحر آملين في مهرجان مجاني كُلّه تسامح و بهجة.. حيث الفرح في أنغام قيثارات فرقة « الجبسي كينغ » أو حتى في أغاني الحب اللامفهومة ل »داني بريو » أو في جدبات فرقة « الفناير ».. كل ذلك و لا يهم ؛ فالتسامح و المودّة تقتضي أولا أن...

On ne naît pas femme Nov14

On ne naît pas femme...

« On ne naît pas femme, on le devient », disait Simone De Beauvoir. Elle n’aurait pas dit mieux, si elle était encore parmi nous aujourd’hui, mais dans un autre sens peut-être.Mais alors, y’aurait-il des femmes qui ne sont pas finies, qui sont nées de sexe féminin, mais qui auraient raté leur vocation de devenir une femme ? Personnellement, je commence à croire que certaines femmes, ennemies de la femme, n’ont pas achevé leur cheminement personnel pour devenir une femme parmi leurs sœurs. Des exemples ? Des preuves pour appuyer cette théorie ? Deux noms bien de chez nous : Mayssa, la dilettante prêcheuse, et Bassima, la parachutée au mauvais ministère. Deux illustrations parfaites de la femme qui assume complètement son côté « masculin » et phallocratique, jusqu’au machisme et la misogynie. Jusqu’à la rupture totale avec toute notion de féminisme, de féminité, ou d’appartenance au sexe féminin. J’ajouterais à ces deux noms, une longue liste de femmes, ennemies et traîtresses, vis-à-vis de leurs propres sœurs et filles. Ayant assisté au procès de deux jeunes filles ayant subi un viol, et en déambulant dans le couloir du tribunal ou devant la porte en attente d’une sentence qui tarde à venir, parce que la méthode dilatoire marche encore, et on n’y voit que du feu, j’ai eu l’occasion d’entendre des aberrations des inepties et des discours surannées, et pourtant ruminés encore et toujours. Un discours sur fond de jugement et de culpabilisation des victimes et de leurs familles. Dans le style « qu’est ce qu’elles portaient ? Que faisaient-elles là ? Que font les parents ?… ». Comme si la tenue, le lieu où l’on se trouve, ou l’éducation « ouverte ou pas » que l’on reçoit, pouvait excuser un viol ! Depuis quand, peut-on...