On ne naît pas femme Nov14

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On ne naît pas femme

« On ne naît pas femme, on le devient », disait Simone De Beauvoir. Elle n’aurait pas dit mieux, si elle était encore parmi nous aujourd’hui, mais dans un autre sens peut-être.Mais alors, y’aurait-il des femmes qui ne sont pas finies, qui sont nées de sexe féminin, mais qui auraient raté leur vocation de devenir une femme ? Personnellement, je commence à croire que certaines femmes, ennemies de la femme, n’ont pas achevé leur cheminement personnel pour devenir une femme parmi leurs sœurs.

Des exemples ? Des preuves pour appuyer cette théorie ?

Deux noms bien de chez nous : Mayssa, la dilettante prêcheuse, et Bassima, la parachutée au mauvais ministère.

Deux illustrations parfaites de la femme qui assume complètement son côté « masculin » et phallocratique, jusqu’au machisme et la misogynie. Jusqu’à la rupture totale avec toute notion de féminisme, de féminité, ou d’appartenance au sexe féminin.

J’ajouterais à ces deux noms, une longue liste de femmes, ennemies et traîtresses, vis-à-vis de leurs propres sœurs et filles.

Ayant assisté au procès de deux jeunes filles ayant subi un viol, et en déambulant dans le couloir du tribunal ou devant la porte en attente d’une sentence qui tarde à venir, parce que la méthode dilatoire marche encore, et on n’y voit que du feu, j’ai eu l’occasion d’entendre des aberrations des inepties et des discours surannées, et pourtant ruminés encore et toujours. Un discours sur fond de jugement et de culpabilisation des victimes et de leurs familles. Dans le style « qu’est ce qu’elles portaient ? Que faisaient-elles là ? Que font les parents ?… ». Comme si la tenue, le lieu où l’on se trouve, ou l’éducation « ouverte ou pas » que l’on reçoit, pouvait excuser un viol !

Depuis quand, peut-on expliquer ou excuser un crime aussi ignoble, au nom d’une pseudo morale ou pseudo vertu ?

Je vais la faire très courte et très brève ma réflexion : dans ma profonde naïveté, et ma profonde foi en l’humain en tant que valeur, je pensais que rien ne peut excuser ou expliquer une agression ou une atteinte à l’intégrité physique d’une personne, peu importe ce qu’elle est et ce qu’elle fait ou pas. Loin de moi, très loin, l’idée de faire une quelconque parallèle, mais j’estime que même une prostituée dont le sexe est le gagne pain, et avec laquelle, les attentes sont claires et sans confusion, a le droit si elle le souhaite, d’arrêter toute transaction et dire NON, et que ce non, doit être respecté. N’est-elle pas avant tout un être humain, avant d’être une commerçante du sexe ?

Et j’ai la pénible impression, que nous sommes en train de reculer à toute vitesse, et de sombrer dans une sorte d’obscurantisme, où il n’y a plus, ni hommes ni femmes, mais juste des individus désemparés, perdus, gonflés d’Ego, et agitant des valeurs vides de sens, pour asseoir leur supériorité, et mieux juger l’autre, forcément moins « bien » moins « vertueux » et moins « prude ».

Mon sentiment de doute, s’est vite transformé en amertume, en parcourant un livre qui rassemble des portraits de femmes leaders et femmes politiques au Maroc à travers l’histoire. Je m’en suis retrouvée toute aigrie, de constater que la femme Marocaine a brillé, a gouverné, a contribué à façonner le Maroc d’aujourd’hui, et que malheureusement, la relève n’est pas assurée.

Je vous recommande de le lire Messieurs et dames, et de le lire à vos enfants, peut être que cela vous redonnera envie de reconstruire un nouveau Maroc, qui aime ses femmes, ses filles et ses mères, sans réserve. Un Maroc qui sera transformé, parce que la femme qui éduque et qui forme les générations futures, sera une femme accomplie et épanouie, et non plus, une femme culpabilisée au nom de beaucoup de concepts sociaux, une femme écrasée par le poids des injustices et dont les droits sont bafoués et violés au quotidien.