Ma jolie école Nov18

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Ma jolie école

 

L’école, cet endroit magique qu’on chante dans l’enfance, qu’on cherche à fuir à l’adolescence et dont on rêve d’y retourner une fois happé par tumultueux monde des adultes. L’école, que de souvenirs entre ses murs et devant sa porte.

A cette école que j’ai candidement aimée, parfois vénérée, je voudrais dire que je lui reproche bien des choses. On dit bien : qui aime bien châtie bien. je n’ai jamais voulu saisir le sens réel de cet adage mais je trouve qu’il convient au contexte.

je me rappelle avoir chanté que mon école était fort jolie, qu’elle m’apprenait à être polie… Ma jolie école m’a bien appris certaines formes de politesse mais j’aurais voulu qu’elle m’apprenne que la société dehors est une vraie jungle où politesse est interprétée en faiblesse.

J’aurais aimé qu’elle m’apprenne en cours d’éducation civique que dehors, les règles minimales du civisme sont bafouées au vu de tout le monde. Elle aurait dû m’aviser que les obligations du civisme ne s’appliquent pas à tous et que certains sont même confortés dans leur violation quotidienne des règles qu’elle nous disait inviolables. Elle aurait dû tôt m’apprendre qu’on n’est pas tous égaux en droits.

Ma jolie école aurait dû m’aviser que dehors, en dépit des apparences, l’ignorance bat son plein : que les citoyens ne savent pas ce que veut dire une fil d’attente, ne savent pas attendre patiemment leur tour, ne savent pas vivre en copropriété, ne savent pas le vrai sens de respect, de tolérance, d’hygiène…

J’aurais voulu qu’elle sache ce qu’elle veut réellement m’inculquer dans les interminables et ennuyeux cours d’éducation islamique. Ma jolie école n’a jamais été laïque. Pourtant, elle balbutiait dans son enseignement de la religion.

Jolie école, pourquoi passer par plusieurs chemins pour arriver nulle part. A défaut de dispenser des cours en mesure d’élever nos âmes du bas monde matériel, autant enseigner sérieusement la bonne pratique de la religion et les règles de lecture du saint Coran. Pourquoi avoir choisi la demi mesure dans un champs qui ne tolère guère l’ambiguïté?

Ma jolie école devait être plus convaincue en m’enseignant la langue arabe. J’aurais souhaité la voir s’acharner à m’apprendre la beauté et la richesse de cette langue au lieu de me faire ingérer de force des règles grammaticales dont je voyais pas l’intérêt. Ma jolie école devait être plus regardante à l’égard des textes contenus dans les manuels dédiés à cette langue.

Ma jolie école devait me prévenir que les bases des calculs dehors sont bien différentes de ceux que je me tuais à apprendre en son sein.

Jolie école, je t’en veux encore d’avoir pris quelques heures de mon existence pour m’enseigner des cours d’éducation féminine. Pourquoi avoir cherché à me convaincre que pour mériter ma place dans la gente féminine, il faut apprendre les rudiments de la couture, du crochet, de la broderie et de la cuisine? Pourquoi avoir exempté mes camardes garçons de cours d’une éducation masculine. N’est ce pas là une forme flagrante de sexisme?

Jolie école, j’aurais tant souhaité que tu veilles à ce que tes enseignants disposent de tout le confort nécessaire pour exercer dignement et pour refléter une meilleur image d’un des plus beaux métiers du monde : enseigner et transmettre un savoir.

Ma jolie école devait être honnête avec moi et m’avertir que l’apprentissage ne se fait pas uniquement sur les bancs de ses classes. Elle aurait dû m’aviser qu’il y a une autre école qui dispense continuellement ses enseignements jour et nuit : la vie.