Le célibat : fatalité ou sagesse ? Mar09

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Le célibat : fatalité ou sagesse ?

A quel moment prenons-nous conscience du caractère dramatique de notre propre célibat ? Lorsque notre dépendance affective active la sonnette d’alarme de la solitude ? Ou lorsque nos ami(e)s, nos sœurs, nos mères, les voisines et les amies de nos mères se mobilisent pour nous ouvrir les yeux sur le No Man’s Land de notre vie affective ?

Nous sommes bien trop nombreuses et nombreux à penser qu’il n’est pas normal d’être célibataire. Mais normal pour qui et par rapport à quel référentiel ?

Quand il ne suscite pas la pitié, le célibat éveille les soupçons. Un homme vivant seul sera soupçonné d’être gay ou impuissant. Une femme indépendante inspirera les propos les plus absurdes pour justifier son incompétence à trouver un mari : « Ghat koun mes7oura meskina… » (Elle doit être envoutée la pauvre…) dira-t-on en messes basses.

Le célibat a dans nos esprits une connotation de rejet et de marginalité. C’est une honte que nous combattons à tout prix pour ne pas être pointé du doigt. Pour accomplir cette « Sounate al 7ayate » (règle de vie) qu’impose notre culture musulmane, nous sommes prêts à nous soumettre à toutes les absurdités du marché matrimonial, à commencer par fréquenter la mauvaise personne pour les mauvaises raisons.

« Au Maroc, si tu n’es pas « la fille de » ou « la femme de », tu n’es rien ! », s’avoue-t-on souvent entre femmes.

Pourtant, vivre en couple uniquement pour exister aux yeux de la société, pour se détacher du foyer parental, pour se libérer des consignes rébarbatives des proches ou pour se faire faire un enfant, est loin d’être une preuve d’indépendance. C’est en réalité un symptôme de dépendance et de soumission qui nous fait beaucoup plus souffrir qu’il ne nous apporte de sérénité.

Nous courons éperdument après le prince charmant ou la princesse assoupie pour réaliser un rêve qui nous a été inculqué. Cette forme de dépendance affective nous est transmise dès le plus jeune âge et s’active manifestement dès les premiers émois de l’adolescence. Elle fait cependant ressurgir de nombreux déséquilibres dans les couples conclus dans la précipitation.

Et si le célibat choisi était plutôt une preuve de sagesse et d’équilibre ? Un choix personnel pour ne pas précipiter les rencontres inappropriées et les échecs qui s’en suivront. Une volonté de ne pas se faire de mal, ni d’en faire à l’autre par le biais d’une relation brouillon qui blessera au moins l’un des deux partenaires. Une envie de prendre soin de soi et de s’enrichir de tout ce que la vie nous offre d’autre, en attendant de croiser la personne qui sera en adéquation avec nous.

Et si le célibat subi était une opportunité de prendre le temps de se retrouver, d’apprendre de nos échecs, de se découvrir soi-même et d’apprendre à faire des choix plus judicieux en accord avec notre personnalité ? Indépendamment du partenaire qui lui a fait le choix de s’en aller.

Le célibat n’est ni une tare ni une rébellion antisociale ou antireligieuse. Utilisé à bon escient, c’est une opportunité ! Comment savoir avec qui nous souhaitons être si nous ne prenons pas le temps de savoir qui nous sommes et si nous poursuivons inlassablement un objectif défini par autrui ?

C’est une période idéale pour travailler sur soi, se remettre en question, se découvrir des passions, se rendre utile auprès d’autrui, profiter de la vie, rayonner et, par un concours de circonstances, attirer à soi la personne qui sera un jour heureuse de partager notre quotidien.