Moi… l’Homme de la situation Avr15

Moi… l’Homme de la situation...

  Et Pafff, Elle vient de recevoir la claque de sa vie, le son résonne dans ses oreilles, et l’empêche de poursuivre la conversation téléphonique, ou plutôt le monologue débité par son interlocuteur qui n’est d’autre que son ex futur Big Boss numéro I : Allo, madame vous êtes toujours là, Alors je disais, Madame, j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer, le comité a recruté (sans mon accord) un homme pour le poste qui vous était destiné. Elle respire profondément et lâche avec dégout : Excusez moi? et notre accord? et la présentation de la nouvelle stratégie? et mes deux entretiens? et mon dossier de recrutement? et le draft de mon contrat ? Ils ont pensé que c’est mieux de mettre un homme dans ce poste clef – il marque une pause et ajoute- j’ai négocié pour vous un autre poste : Son adjoint… bla bla bla Le bourdonnement de son sang dans ses oreilles, l’empêche d’entendre la suite du monologue et un malaise s’empare de ses tripes. Vous voulez dire, une secrétaire? sa secrétaire? c’est se que vous me proposez? Dois-je porter une mini-jupe, Monsieur ? Maintenant je comprends la réaction de ces femmes qui manifestent la poitrine en l’air, elles le font par déception, par horreur, par mépris. Elle avait envie de hurler, d’arracher le haut de sa tenue, d’exhiber sa poitrine de femme, de mère, d’être humain tout simplement ! Elle avait envie de hurler contre cet homme, contre ce comité d’hommes, qu’elle est une femme, et qu’elle l’assume ! Qu’elle n’est ni moins compétente, ni moins responsable que cet homme qui a pris sa place ! Qu’elle est une personne intègre et qu’elle ne cédera pas à leur harcèlement moral, elle n’abandonnera pas ses droits ! Elle est à...

Une femme sans couverture Fév18

Une femme sans couverture...

Oui c’est ce que je suis : une femme sans couverture. Ma personne, mon vécu, mon âme et mon existence… bref, ma vie se limite à ces deux mots : sans couverture. Ce matin mon amie ou plus justement ma vieille amie m’a appelée pour me demander très gentiment et, avec les mots les plus doux, de ne pas assister à sa petite fête d’anniversaire. Cela fait plus de 10ans que je suis à la tête de la liste des invités, les invités qui sont presque toujours les mêmes depuis plus de 10 ans aussi. La liste s’est bien élargie au fil du temps. C’est normal, nous nous sommes tous mariés… Erreur ! Pas tous : moi je ne fais plus partie du clan, je ne suis plus mariée, ou plus justement ma couverture a sauté comme dans les films policiers. Je ne suis plus à l’abri. Je dois courir me cacher ou me trouver une nouvelle couverture ! La deuxième option reste la meilleure, pour pourvoir réintégrer à nouveau le monde des personnes à l’abri …. À l’abri de je ne sais quoi. Mon amie cherche des explications… encore. Elle n’en trouve pas et finit par s’aplatir et dire la chose la plus cruelle et la plus absurde : tu n’es plus la bienvenue dans le groupe des personnes couvertes. Je suis une femme divorcée, voilà mon crime. Plus mon amie parle et plus je me rends compte des mes erreurs. J’étais couverte, il n’y a pas très longtemps, j’étais comme elles, un être normal, un être couvert. Oui, à la demande de mes amis, de la société, du monde entier, je me suis couverte d’un homme que je n’aimais pas et qui ne m’aimait pas non plus. Nous avons cherché à nous couvrir...