Vos papiers s’il vous plaît ! Avr18

Vos papiers s’il vous plaît !...

Vos papiers s’il vous plaît ! Posté par Fayrouz Lamani le 18 avr 2012 dans Droit | 28 commentaires C’est aujourd’hui un fait avéré : Nous vivons dans une société rongée par la schizophrénie et gangrénée par la corruption. Evoluant dans un contexte à deux vitesses, entre tabous et libération des mœurs, entre traditions et modernité, nous avons développé une personnalité à géométrie variable en accord avec notre société. Quelque part au milieu de ce marasme, se trouve notre rapport ambigu à la mixité. Les relations hommes-femmes sont toujours difficiles à gérer au Maroc. Elles sont souvent suspectes si elles n’entrent dans aucunes de ces deux cases : Liens de mariage – liens de parenté. Elles sont d’ailleurs tellement suspectes que beaucoup ont déjà vécu ce moment surréaliste où on se retrouve à justifier, devant un agent de police, pourquoi l’être en notre compagnie est de sexe opposé, alors que rien de légal ou familial ne nous lie à lui. N’ayant jamais vécu ce moment tragi-comique, je demande autour de moi. Les expériences fusent. Une collègue mariée, me dit avoir été accusée d’atteinte à la pudeur parce qu’elle a fait la bise à son mari en le déposant à la gare. « Mon mari est resté calme, mais au final, ce qui nous a évité le passage au commissariat, c’est que l’agent a fini par remarquer que j’étais enceinte et nous a donc laissé partir après une leçon de morale !». Une copine célibataire m’explique : « Tu vas rarement arriver à la case commissariat, ce n’est pas le but, le but est de te faire peur et de te faire raquer. Tu sais que tu ne fais rien de mal, tu tentes l’argumentaire de la raison ou tu expliques qu’on vit dans une...

Le 8 mars, fête de l’égalité...

Le 8 mars, fête de l’égalité Posté par Fayrouz Lamani le 8 mar 2012 dans Etats dames | 6 commentaires Le 8 mars : Journée Internationale de la Femme. Une journée où sont ressassées des statistiques déprimantes sur la condition de la femme, où pleuvent les interviews et articles de nanas qui s’insurgent contre ces statistiques et où les patrons offrent à leurs collaboratrices une rose pour leur faire oublier ces mêmes statistiques, s’évitant par la même occasion le pénible exercice de répondre à leur revendications concernant une meilleure représentativité dans des postes clés ou l’égalité en terme de salaire. Pendant ces 24 heures, certains hommes ressortiront la même rengaine boudeuse : « Mais euuuh moi aussi je veux ma journée internationaleuuuh »… D’autres se sentiront obligés de faire la bouffe et la vaisselle en affichant le sourire fier du devoir accompli : « Va te reposer chérie, aujourd’hui c’est TA journée, va au cinéma avec tes copines, c’est gratuit, c’est pas génial ça ? »… Et pour certains, cette journée est source de maux de têtes. Ils ont peur d’heurter les sensibilités et ne savent pas trop quoi dire, quoi faire et s’il faut offrir quelque chose ou pas. Ils sont donc un peu perdus alors qu’ils ont à peine eu le temps de souffler après la saint valentin et ses niaiseries. La plupart des sites internet marchands choisiront de se relooker avec un rose bonbon très girly à l’occasion pour nous vendre des épilations au laser, des soins ou des massages relaxants. Et puis bien sûr, chaque chaine TV ou radio va y aller de sa petite enquête exclusive sur les femmes qui s’immolent en Afghanistan, de son analyse sur un certain regain religieux versus situation de la femme dans les pays...

Je veux marcher dans la rue !...

Je veux marcher dans la rue ! Posté par Fayrouz Lamani le 2 mar 2012 dans Etats dames | 60 commentaires En tant que marocaine, ayant en plus grandi à Casablanca, les remarques dans la rue ont toujours fait partie intégrante des bruits de fond qui ont accompagné mes promenades ou trajets à pieds. Mots doux, mots crûs, regards concupiscents et insultes, quand ce n’est pas une main baladeuse, venaient troubler toute distance parcourue. J’ai subi le harcèlement dans la rue comme une fatalité avec laquelle il fallait composer. Pourtant, révoltée au fond, il m’est souvent arrivé a posteriori d’avoir des conversations imaginaires avec ces hommes ou je leur clouais le bec, je les recadrais façon super woman mêlant parole bien inspirée à baffe bien stridente pour les plus récalcitrants, avant de repartir le buste bombé et le sourire aux lèvres. Puis, à 17 ans, je suis partie dans une petite ville française poursuivre mes études. J’ai alors découvert le bonheur de l’indifférence masculine dans la rue. Ça a littéralement changé mes perspectives sur la vie (j’exagère à peine !). Comment ça je peux marcher dans la rue sans faire gare à mes fesses, sans avoir à esquiver celui là, puis traverser la route pour ne plus avoir à l’entendre lui, essayer de rester digne et imperturbable alors que l’autre me décrit tout ce qu’il rêvait de me faire (Eurk) ? La vie dans l’espace public redevenait belle !! Pour d’autres copines restées au Maroc, il a fallu s’épanouir au milieu du sexisme ambiant. En discutant hier autour d’un café avec certains amies sur le sujet, une de mes meilleures copines m’a livré sa propre expérience : « J’ai pas mal souffert de harcèlement. C’est devenu plus dur à accepter quand j’ai commencé à...