Rahama Wright : l’entrepreneuriat équitable Avr04

Rahama Wright : l’entrepreneuriat équitable...

  Le 22 mars 2013, Rahama Wright a présenté son projet d’entrepreneuriat équitable à Dar America de Casablanca, pour faire connaitre l’action de son ONG, devant un public constitué essentiellement d’étudiants. Qandisha Magazwine est allé à la rencontre de cette entrepreneuse qui œuvre pour faire évoluer les coopératives en Afrique à travers son organisation, Shea Yeleen International. Lorsqu’on rencontre Rahama Wright, on est en admiration devant son dévouement et sa passion pour améliorer la situation des femmes rurales en Afrique de l’ouest. Au fur et à mesure de la discussion avec elle, on ressent cette énergie positive qu’elle transmet autour d’elle, ce sens de la dévotion pour un quotidien meilleur des femmes en Guinée, son pays d’origine, mais surtout la révolte qui la pousse à agir pour changer la donne : Shea Yeleen International estime que 66% du personnel derrière la production industrielle internationale sont des femmes. Elles contribuent à 50% de la production alimentaire dans le monde mais ne touchent en somme que 1% de bénéfices de leur labeur.   Shea Yeleen International : un pont entre acheteurs et producteur Pour Rahama Wright, cette quasi-absence de reconnaissance a plusieurs explications : structures patriarcales, absence d’outils qualifiant les femmes à avoir une autonomie entière et une dépendance financière, faibles infrastructures, faible niveau d’instruction. Cette situation une solution : au niveau des coopératives dans le monde rural, il n’existe pratiquement aucun lien entre producteurs et acheteurs à l’échelle de l’Afrique de l’ouest. Rahama Wright a voulu faire de Shea Yeleen ce pont liant acheteurs et productrices, créé en 2005 par ses propres moyens. Ce n’est plus un secret, le marché mondial du beurre de karité est saturé. On retrouve cette substance dans différentes gammes de produits de cosmétique et de bien-être. Mais combien de ses...

Si Les Chevaux de Dieu m’était conté Mar01

Si Les Chevaux de Dieu m’était conté...

  En 2001, Nabil Ayouch a réalisé le film Ali Zaoua, prince de la rue sous forme de conte urbain. Il a mis en image les enfants des rues pour faire parler des sociétés underground vivants dans les grandes villes du Maroc, notamment à Casablanca. Onze ans après, le réalisateur signe Les Chevaux de Dieu. Cette fois et toujours dans la mégapole, il accompagne le destin des jeunes enrôlés par les mouvements islamistes. 1994, Yachine a dix ans. Il rêve de devenir le meilleur gardien de buts de tous les temps. Avec ses amis au quartier périphérique de Sidi Moumen, il s’entraine à ne laisser passer aucun ballon. Comme les enfants de son âge, Yachine joue au football, tue le temps, s’ennuie beaucoup et se bagarre. Autour des bidonvilles et des décharges à ciel ouvert, aucune vision de l’avenir ne se dessine pour cette jeunesse. Inspiré du roman Les Etoiles de Sidi Moumen de Mahi Binebine, Les Chevaux de Dieu raconte comment des jeunes sont arrivés à se donner la mort en kamikazes. Dans la légende arabe, ‘Les Chevaux de Dieu’ est une formule qui désigne les accompagnateurs du prophète Mahomet. Aujourd’hui, l’expression revient dans le discours propagandiste d’Al Qaida. Elle est souvent employée pour faire référence aux exécutants des attentats. D’ailleurs, elle revient dans le communiqué de revendication qui a suivi les attaques du 11 septembre 2001 à New-York. Quant à l’attentat dont le film fait la rétrospective, il remonte au 16 mai 2003 à Casablanca. Au cours de l’histoire, Nabil Ayouch a suivi Yachine et ses amis dans un quartier dont rien n’a positivement changé, au fil du temps. Cela se remarque à travers les vues aériennes sur Sidi Moumen, faisant couler le temps à travers les dates : 1994 pour le...