Le corps des femmes, cet enjeu géopolitique Mar09

Le corps des femmes, cet enjeu géopolitique...

La rédaction du texte présent fait suite aux récents déchaînements de haine relatifs aux violences sexiste et sexuelle à l’endroit des femmes; et au silence dissonant autour de ces événements intolérables. Au moment où j’écris ce ressenti, je pense à Özgecan Aslan, jeune étudiante turque de 20 ans. Sauvagement violée, assassinée à coups de barre de fer, mutilée (amputation des bras pour effacer toute trace d’ADN), brûlée, et dont le corps a été jeté au bord d’une rivière par le chauffeur du minibus qui l’accompagnait chez elle, avec la complicité de deux autres aliénés criminels, à Mersin, au sud de la Turquie. Violence inouïe. Des réactions d’indignation, oui. Des lois qui empêchent radicalement de trouver des circonstances atténuantes à ces criminels, toujours pas. Une révolution drastique des mentalités, indispensable. Taire les violences, c’est y participer. Et un silence de plomb pèse sur nos dignités de femmes. Un silence à la fois lié à la pesanteur de certains tabous mortels, à l’illégitimité d’en parler, et à la nature des discours publics qui libèrent des pensées parasite et toxique. Il en résulte ainsi une banalisation et une normalisation des violences symbolique, verbale, physique, sexiste, sexuelle, raciste, etc. Or, une violence qui fait perdre l’intégrité physique et psychologique d’une personne ne peut être amnistiée, sous aucune condition. Ce contexte de haine et de misogynie est la traduction sociale et politique d’un système millénaire d’exploitation et de domination, le patriarcat. Ce témoignage n’a pas pour objectif d’analyser les ressorts et les idéaux du modèle patriarcal en ce qu’il assujetti les femmes à des normes masculiniste qui déterminent leur existence avant même d’avoir poussé leur premier cri. Il vise à démontrer à travers cette donne, et une réflexion personnelle, comment les corps des femmes peuvent constituer un véritable enjeu...

IVG : À quand la fin de la clandestinité? Mar09

IVG : À quand la fin de la clandestinité?...

Si la décision de démettre le Professeur Chraibi de son poste de chef de service de la mythique maternité « les orangers » du CHU de Rabat a suscité un véritable tollé, par médias interposés, et un élan de solidarité tous azimuts avec ce courageux médecin, ceci a surtout remis en surface l’un des sujets tabous de notre société : l’avortement ou la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Pour rappel, cette décision ministérielle a été expliquée par le tournage non « autorisé », pour le compte de la deuxième chaine française, d’une enquête sur les conséquences de la pénalisation de l’avortement qui devient ainsi une pratique clandestine aux conséquences fâcheuses, aussi bien pour la femme qui y recourt et pour toute la société. L’avortement, un mot qui systématiquement renverrait, même pour des têtes d’apparence bien constituées, à débauches, obscénités, légèreté de mœurs… Pourtant, et ce n’est pas moi qui vais vous l’apprendre : recourir à l’IVG peut être salvateur dans des cas où le risque pour la santé physique et psychique aussi bien de la mère que de l’enfant à naître, est avéré. Voir ce débat refaire surface me rappelle les cas d’avortement que j’ai vécus auprès d’amies et proches, instruites, mariées et pour certaines mêmes voilées. Des femmes responsables qui, se trouvant face à une grossesse non désirée, se doivent trouver au plus vite une solution, les maris préférant faire l’autruche, en attendant que leurs courageuses femmes leur annoncent la fin du cauchemar. Voir ce débat refaire surface me rappelle le jour où j’ai accompagné l’une d’entre elles, sur conseil d’une femme de ménage, chez un vieil herboriste dans la vieille médina pour acheter des herbes qui n’ont de miraculeux que la description qu’en a faite notre conseillère du jour. Cela me rappelle aussi notre haletante...

Quoi mon voile? Qu’est ce qu’il a mon voile? Déc05

Quoi mon voile? Qu’est ce qu’il a mon voile?...

  Oui c’est bien à toi que je m’adresse. Toi qui me dévisages. Toi qui envisages de me coincer au coin d’une rue ou d’un couloir pour me dire que je ne le porte pas bien. Je m’adresse à toi qui trouves que je fais honte à l’étoffe qui couvre ma tête. Toi qui mesure ma piété et mon respect du droit chemin par la longueur de mon étole et de sa totale opacité. Toi qui m’accuses de porter un voile dévoilé en oubliant qu’avant tout, toi et moi sommes des êtres humains qui commettons des erreurs et devrons plutôt s’acharner pour nous faire pardonner. Qu’est ce qu’il a mon voile ? Toi qui écarquilles les yeux, qui murmures à ton voisin ta consternation en en me voyant manifester ma joie sur les gradins pour encourager mon équipe favorite ou en entendant des insultes ou injures qu’un automobiliste me force à proférer. Toi qui me regardes du coin de l’œil quand je mets mon voile après une séance de sport déchainée ou de soins chez le salon de coiffure. Qu’est ce qu’elle a ma tête voilée, toi la vendeuse de la boulangerie huppée qui balbuties pour demander, dans un français approximatif, la commande aux clients devant moi et qui une fois, mon tour arrivé, me dis en arabe/darija « oui lalla ». Encore cette situation me fait sourire ainsi que celle du Stewart de notre compagnie nationale qui avec un faux sourire demande aux passagers ce qu’ils désiraient dans la langue de Molière, sachant que le vol desservait un pays germanique et bien sur une fois à mon niveau, me lance sèchement « chrifa djaj oula lham » autrement « poulet ou bœuf ». J’ai manqué de lui répondre : « Chiken for me...

Ma jolie école Nov18

Ma jolie école

  L’école, cet endroit magique qu’on chante dans l’enfance, qu’on cherche à fuir à l’adolescence et dont on rêve d’y retourner une fois happé par tumultueux monde des adultes. L’école, que de souvenirs entre ses murs et devant sa porte. A cette école que j’ai candidement aimée, parfois vénérée, je voudrais dire que je lui reproche bien des choses. On dit bien : qui aime bien châtie bien. je n’ai jamais voulu saisir le sens réel de cet adage mais je trouve qu’il convient au contexte. je me rappelle avoir chanté que mon école était fort jolie, qu’elle m’apprenait à être polie… Ma jolie école m’a bien appris certaines formes de politesse mais j’aurais voulu qu’elle m’apprenne que la société dehors est une vraie jungle où politesse est interprétée en faiblesse. J’aurais aimé qu’elle m’apprenne en cours d’éducation civique que dehors, les règles minimales du civisme sont bafouées au vu de tout le monde. Elle aurait dû m’aviser que les obligations du civisme ne s’appliquent pas à tous et que certains sont même confortés dans leur violation quotidienne des règles qu’elle nous disait inviolables. Elle aurait dû tôt m’apprendre qu’on n’est pas tous égaux en droits. Ma jolie école aurait dû m’aviser que dehors, en dépit des apparences, l’ignorance bat son plein : que les citoyens ne savent pas ce que veut dire une fil d’attente, ne savent pas attendre patiemment leur tour, ne savent pas vivre en copropriété, ne savent pas le vrai sens de respect, de tolérance, d’hygiène… J’aurais voulu qu’elle sache ce qu’elle veut réellement m’inculquer dans les interminables et ennuyeux cours d’éducation islamique. Ma jolie école n’a jamais été laïque. Pourtant, elle balbutiait dans son enseignement de la religion. Jolie école, pourquoi passer par plusieurs chemins pour arriver nulle part....

Femmes…mais violentes Avr22

Femmes…mais violentes...

  Admettons ensemble qu’on commence à en avoir assez de ces slogans stériles qui dénoncent la violence physique contre les femmes. « Stop à la violence contre les femmes » ; « Non à la violence contre les femmes » ; « soyons à l’écoute des femmes battues» … Une multitude de slogans qui versent tous, certes, dans la dénonciation d’un grave phénomène que nous partageons même avec les sociétés et pays les plus développés, les plus civilisés, les plus égalitaires. Un phénomène qu’il faut continuer à décrier et à dénoncer. Un phénomène qui est loin d’être atténué. Quoique dans les pays dits « développés » et qui nous devancent en tout, des associations ont parallèlement vu le jour pour protéger les hommes battus par leurs épouses. Je n’ose pas encore imaginer l’existence d’une association similaire dans notre société si machiste, ni imaginer les milieux dont lesquels elle interviendra et quels slogans elle osera diffuser. En attendant, je préfère aborder d’autres formes de violence, une autre forme de maltraitance et de nuisance à la gent féminine : notamment celle qu’elle subit de la part de ses semblables. Et oui, chères mesdames il faudrait reconnaître qu’il nous arrive d’être très violentes entre nous, qu’il nous arrive de dégager une violence que même le plus féroce des machos ne pourrait contenir. Sinon comment pourrait-on qualifier : Les discours de certaines extrémistes féministes qui conditionnent la pensée de leurs jeunes disciples en faisant de l’homme leur ennemi. Un antagoniste à qui il faudrait livrer bataille sur tous les terrains. Des extrémistes qui me donnent l’impression d’agir dans un monde virtuel. A ceux-ci ou plutôt à celles-ci, je demande réponse à une seule question : pourquoi je paye les mêmes cotisations au régime retraite et assurance maladie et...