L’émancipation économique de la femme : le grand recul Mar12

L’émancipation économique de la femme : le grand recul...

  C’est une conclusion accablante celle qui s’est dégagée de l’étude du Centre de recherche de HEM (CESEM) et de Carnegie Middle East Center sur les inégalités économiques entre les hommes et les femmes. Malgré les beaux discours de l’Etat, le taux de participation des femmes dans le marché du travail a dégringolé de 30% en 1999 à 25% en 2012. Cinq points de perdus malgré l’augmentation du nombre des filles dans les écoles; malgré toute la paperasse «genre» qui peuple les tiroirs des Ministères; malgré la Moudawana, l’INDH, le micro-crédit, et toutes ces politiques qui visent à sortir la femme de la précarité et la mettre sur le chemin de l’émancipation professionnelle. Le cadre législatif et la réalité du terrain sont dans un décalage désarmant. «Cela prouve que le temps juridique et le temps sociologique sont loin d’être synchronisés», expliquent l’écrivain Driss Ksikes, la sociologue Aicha Belarbi et l’économiste Lahcen Achy, initiateurs de cette étude. C’est d’autant plus désarmant que le travail, censé mettre la femme sur le chemin de l’émancipation sociétale, est en train de la pousser vers le bas, vers des activités précaires qui la maintiennent dans l’aliénation. À quoi servent alors les chiffres en augmentation sur le travail des femmes que nous sort le HCP, si l’objectif d’émancipation réel n’est pas réalisé? En effet, il est opportun de lire derrière ces statistiques qui donnent des résultats édulcorés et parfois très vicieux. Selon l’étude du Cesem et de Carnegie, 6 femmes sur 10 recensées en activité au niveau national sont dans le secteur agricole. Sur ces 6 femmes, seules 10,6% sont exploitantes agricoles, donc susceptibles d’avoir une certaine autonomie. C’est très peu. Ce qui est pire, c’est que les femmes qui travaillent dans le secteur agricole ont accédé au travail avant...

Non, les hommes ne nous haissent pas!...

Non, les hommes ne nous haissent pas! Posté par Nadia Lamlili le 30 avr 2012 dans De par le monde | 10 commentaires J’ai eu du mal avec l’article de la journaliste égyptienne Mona El Tahawy paru dernièrement sur Foreign Policy. Certes, l’article a créé un buzz mondial car il révèle plusieurs vérités, mais en arriver jusqu’à dire que les hommes haissent les femmes est trop exagéré, limite provocateur. http://www.rue89.com/2012/04/30/pourquoi-nous-haissent-ils-une-blogueuse-egyptienne-denonce-le-machisme-des-hommes-arabes Les problèmes de la femme arabe résultent plus d’une incompréhension entre les sexes que d’un quelconque sentiment de haine à leur égard. Si on va plus loin, on constatera que cette incompréhension résulte avant tout de l’interdiction de la mixité et de cette envie maladive qui existe chez nos régimes arabes de diviser la société : les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. En divisant les sexes, les régimes arabes veulent empêcher la tentation sexuelle. Or, en réalité, le fait de séparer les sexes n’enlève pas la tentation. Au contraire, il l’exaspère, l’amplifie et aboutit à des actes de violence dans les rapports hommes-femmes. S’il y a bien une révolution à faire dans les sociétés arabes, ce n’est pas en priorité la révolution sexuelle comme le pense Mona El Tahawy, mais plutôt la révolution éducative. Le problème de nos sociétés réside dans l’ambiguité des relations hommes-femmes. Les femmes sont amoureuses de leurs fils pas de leurs maris et les hommes sont amoureux de leurs mères, pas de leurs femmes. Cette ambiguité des relations vient du fait que les deux sexes ne sont pas suffisamment fréquentés ou dialogués dans le respect des droits et des libertés individuelles. Certes, les lois rigides et le machisme ambiant aggravent cette incompréhension, mais gardons à l’esprit qu’il y a plein de femmes qui ont éduqué leurs enfants avec...