Procès Arif, quand la justice est un théâtre de l’absurde Jan18

Procès Arif, quand la justice est un théâtre de l’absurde...

Hier j’ai assisté au procès le plus absurde au monde ! Les faits sont connus : Hassan Arif, député du parti l’Union Constitutionnelle et président de la Commune d’Aïn Aouda est poursuivi depuis trois ans pour le viol d’une fonctionnaire du ministère des Habous. La victime a eu un enfant qu’elle affirme être le fruit de cette agression sexuelle. Hassan Arif nie tout en bloc. Il ne connaît la victime que « professionnellement », il ne l’a jamais rencontré ailleurs, il n’a jamais eu aucun rapport sexuel avec elle, bien entendu ne l’a pas violé et le fils n’est pas le sien. Maroc Telecom a fourni les preuves de 284 communications téléphoniques entre le député et la victime. Les tests ADN ont été effectués par le laboratoire de la Gendarmerie Royale. L’un est basé sur un échantillon de sa salive, et l’autre sur le sperme retrouvé sur ses sous-vêtements sont clairs et sans équivoque : Hassan Arif est le père de cet enfant. Le Tribunal de première instance l’a donc condamné à un an de prison ferme. Pour rappel, l’article 486 du code pénal marocain prévoit pour le crime du viol une peine de prison allant de cinq à dix ans, et l’article 488 augmente cette peine à 10 jusqu’à 20 ans de prison si une défloration s’en est suivie. Hier, j’ai donc assisté au procès de ce député de l’Union Constitutionnelle et président de commune de Aïn Aouda qui a eu lieu à 14 heures à la Cour d’appel de Rabat et qui a duré jusqu’à 18 heures passées. L’accusé a continué de nier toute relation avec la victime. Les résultats du test d’ADN n’ont pas changé. La victime a affirmé que Hassan Arif continue à la harceler, l’appeler et lui envoyer des SMS...

محاكمة عاريف أو مسرح العبث Jan18

محاكمة عاريف أو مسرح العبث...

!اليوم حضرت المحاكمة الأكثر تناقضا مع العقل  في العالم الأحداث معروفة: حسن عاريف نائب برلماني عن حزب الاتحاد الدستوري ورئيس جماعة عين عودة متابع منذ ثلاث سنوات بتهمة إغتصاب موظفة تعمل بوزارة الحبوس. تصرح الضحية أن الإبن الذي أنجبت هو نتيجة إعتداء النائب البرلماني عليها. ينفي عاريف كل ما نسب إليه. ويدعي أن علاقته بالمجني عليها لا تتجاوز مجال العمل،  ولم يلتقي بها  قط خارجة هذا النطاق. وبالطبع ينفي أنه اغتصبها وأن الطفل ابنه. القرائن التي تدين المتهم وتدحض ادعاءاته متعددة وذات أسس صلبة. هناك أولا التسجيلات الهاتفية التي وفرتها شركة إتصالات المغرب للمحكمة والتي تبين بأن الضنين إتصل بالمجني عليها 284 مرة. ثانيا، نتائج تحليل الحمض النووي للجاني ومطابقته مع الحمض النووي للطفل تثبث بأنه فعلا ابنه.التحاليل تمت بمختبر الدرك الملكي.  وبالإعتماد على هاته القرائن كانت المحكمة الإبتدائية قد حكمت على المتهم بسنة سجنا نفدا. وللتذكير فحسب المادة 486 من قانون الجنايات فإن أقل مدة كان يجب أن يحكم بها على النائب البرلماني هي 15 سنة. 5 سنوات على الأقل بجنحة الإغتصاب، و 10 سنوات كأصغر عقوبة يحكم فيها القاضي عند ثبوت تهمة افتضاض البكرة. حضرت أمس محاكمة النائب البرلماني رئيس مجلس جماعة عين عودة التي ابتدأت على الساعة 14 بعد الزوال ولم تنته إلى على مشارف الساعة السادسة. أصر المتهم على نفي كل المنسوب إليه ونفي أي علاقة له بالمجني عليها  رغم وجود نتائج الحمض النووي التي تثبث العكس. تؤكد الضحية بأن الجاني لازال يتحرش بها، وذلك عن طريق رسائل قصيرة يستعمل فيها لغة بديئة. وقد برر النائب البرلماني الكم الكبير من الإتصالات التي يثبتها سجل شركة إتصالات المغرب: أنه بحكم منصبه يتلقى فالعديد من الأحيان مكالمات لايستطيع الرد عليها في حينها. فيفضل إعادة الإتصال بالرقم الذي حاول مكالمته من أجل التحقق من طبيعة الموضوع. كان هذا التفسير يمكن أن يكون منطقياً لو أن عدد الإتصالات لم يتجاوز الواحد أو الإثنين وليس 284 مكالمة. أريد أن اتقدم بالشكر للسيد ممثل النيابة العامة، يوسف زرهوني سلموني الذي ذكر بخطورة القضية. إذ يتعلق الأمر بممثل للشعب ، بمنتخب وأن التهمة هي الإغتصاب، الذي يمثل أخطر إعتداء على سلامة المرأة الجسدية والنفسية. وقد...

Suite du procès Arif Jan18

Suite du procès Arif...

Aujourd’hui la première image qui m’accueille au réveil est celle du sourire de Hassan Arif en quittant la Cour qui venait de l’innocenter. Une partie de moi voudrait presque me faire croire que ce n’était qu’un cauchemar. Mais mon témoignage écrit noir sur blanc m’attend sur le bureau et me rappelle mes émotions d’hier. Ce texte que vous avez lu et que j’ai rédigé est un simple témoignage, il n’est en aucun cas un article de presse ni un communiqué juridique. Je l’ai écrit pour exorciser cette peine, cette incompréhension et cette rage qui m’habitaient. J’invite donc naturellement tous les lecteurs à le prendre pour ce qu’il est et rien de plus. Je prends mon téléphone, compose le numéro de la victime, et m’inquiète quand elle ne répond pas. Différents scénarios dramatiques m’envahissent. Je l’ai laissée dans un état déplorable hier. Hier, elle ne croyait plus en l’existence d’une justice. Hier la loi, la nouvelle constitution et les beaux discours sur le changement au Maroc lui ont paru de gros mensonges. Hier elle en voulait à toute la société marocaine et répétait : « ça ne m’étonne pas que dans ce pays, des femmes et des jeunes filles perdent tout espoir et se suicident ». Je reçois un bip de sa part qui m’évite de broyer du noir plus longtemps. Je la rappelle et parle à une femme forte, qui ne lâchera rien et ira jusqu’au bout pour obtenir justice. Elle me demande de la rejoindre à la Cour d’Appel de Rabat où le procureur général l’attend. Elle me dit qu’elle a une bonne nouvelle pour moi. Et moi aussi, j’y vais pour lui porter de bonnes nouvelles : Une coalition d’associations et d’organisations de la société civile est en train de se former...

Bye bye les prolos! Jan17

Bye bye les prolos!

Bénie soit la nouvelle loi de finances ! Moi, Madame Tazi, je salue du fond de mon jacuzzi, dans mon centre SPA préféré, le gouvernement pour ses idées brillantes. Je vous explique mon enthousiasme : D’abord, les taxes sur les produites de luxe : quelle merveille ! Vous pensiez que ça allait m’agacer ? Sérieusement ? Eh bien non, ça me réconforte dans mon statut de femme aisée, reconnue comme telle désormais, grâce à ces nouveaux textes. Réfléchissez un peu : qu’ils surtaxent les voitures dépassant les 700.000 dirhams hors taxes, je continuerai à rouler dans ma jolie Bentley couleur champagne, les charges ne m’effrayent pas. Cela dit, ces petits cons, qui croyaient rivaliser dans leur show off absurde, qui sont arrivés dit-on à la sueur de leur front et grâce à leurs compétences à des postes importants, et qui se la pètent dans leurs bolides acquis à coup de crédit qui les étouffent, ils feront moins les beaux ! ils traqueront leurs voitures de luxe au-dessus de leurs moyens, contre des véhicules plus communs. Pour moi, un pur bonheur ! Le marbre, le carrelage et la céramique importés, les pierres précieuses, l’ivoire, le verre de cristal, les cigares, les spiritueux et les tapis persans importés : dorénavant surtaxés, c’est pareil ! Moi, Madame Tazi, j’applaudis des deux mains ! il y’en avait marre, de voir ces nouveaux riches, dont les parents sentent encore le bouc de la montagne qui les a vu naître et grandir, se hisser à ce genre d’aspirations ! Alors non seulement, par la force des choses, nous sommes obligés de socialiser avec ces individus, devenus PDG de, ou DG de… mais en plus, les voir servir dans de la porcelaine hors de prix, du cristal, dans des maisons décorées dans une approche copier/coller sur nous, c’était insupportable !  il était temps d’arrêter...

J’ai fait un enfant toute seule!...

Dans notre société névrosée, une trentenaire célibattante certifiée est une prostituée en quête de chaire rassie, une malheureuse obsédée par les rituels de la magie noire, ou une pseudo féministe entêtée aux orientations sexuelles très douteuses. Selon les normes biscornues de notre communauté machiste, une femme ne peut exister, subsister ou respirer sans homme. Ce mâle devient un passeport national agrégé pour aborder les providences de la vie, chevaucher les péripéties névrosées d’une société hybride, dompter les réprimandes d’une audience totalement paranoïaque et procréer un bataillon de rejetons schizophrènes et détraqués. Alors une trentenaire célibattante et enceinte : c’est le hallelujah suprême pour franchir les portes des enfers !! J’ai appris que j’étais enceinte de deux mois par mon médecin. Les particules temporelles de l’espace s’étaient paralysées, le hélium des atmosphères s’était rétracté et les charges électriques des foudres avaient éclaté. Ma raison bouillonnait d’amertume et bataillait hardiment avec mes esprits, partagés entre la pression sociale, sa sagesse immorale et l’affection d’une mère pour son bébé. J’étais affligée par cette nouvelle. Je ne savais pas qui renverser farouchement avec ma voiture, qui abattre brutalement de sang froid… Je portais un petit chérubin dans mes entrailles débauchées, qui témoignaient encore de mes nuits folles avec mon pervers de Salim . Il est assez complexe dans sa composition pour m’épouser. C’est un homme déréglé par le temps, détraqué par la malchance et brouillé par son existence. Il répond parfaitement aux théories contournées de Nietzsche dans  » la généalogie de la Morale », attestant profusément que le mariage est incompatible avec les philosophes. C’est pas un homme à marier, ni un homme qui acceptera de se marier sous la contrainte. Du coup, deux alternatives s’offraient à moi, avorter ou accoucher !! Je croyais vivre seule, je me préparais...

Les Mia du Moyen Atlas Jan14

Les Mia du Moyen Atlas...

Elle s’appelle Mia. Tout juste 21 ans, elle crie haut et fort à qui veut l’entendre son dégoût pour les pratiques ô tellement communes mais barbares dans son petit village du Moyen-Atlas. Mia la courageuse, n’a pas peur des réprimandes, elle se dit même prête à témoigner à visage découvert quitte « à finir au cachot, si cela peut permettre de dénoncer la situation des jeunes filles du village ». Mia est belle et intelligente, elle  a des pensées révolutionnaires et jure par tous les Dieux, que si ça ne tenait qu’à elle, elle ferait mettre en prison tous les « mâles » de son bled « pourri ». Mia n’est allé à l’école que jusqu’en CE4, mais elle a su se construire et définir sa vision du bon et du mauvais, grâce aux nombreux défis et expériences douloureuses qu’elle a endurés, ou dont elle a été témoin : Tout juste 21 ans, elle a été mariée 3 fois, sa première nuit de noce date de quand elle avait 12 ans. Se marier en étant à peine pubère est chose commune par ici. Cette jeune rebelle, nous raconte le cœur gros, la voix pleine d’assurance et les yeux pleins de dégoût comment les vieux du village (considérés comme les sages) se réunissent pour lire « El Fatiha » et marier des petites filles de 12 ans à des hommes de 18 ans leurs aînés. Elle regarde par la terrasse de chez elle et pointe du doigt trois petites fillettes de 11 ans qui jouent en bas et nous dis « Vous voyez celles là elles ont toutes été mariées, mais Dieu merci elles ont eu de la chance, leurs maris ont changés d’avis  avant même de consommer ». D’autres beaucoup moins chanceuses, se retrouvent divorcées à peine une semaine après l’union. Elles auront eu...

Hasard ou providence?...

La providence serait la manière dont Dieu mènerait les choses sur Terre, et par extension partout ailleurs dans l’univers. Sachant, toutes les qualités et les vertus qu’on attribue à Dieu, je persiste à croire que si nous étions vraiment gouvernés par la providence, il n’y aurait pas autant d’injustices sur notre globe. La providence de Dieu doit être juste et elle ne l’est pas ! Par conséquent, l’Homme est seul dans cette immensité indifférente de l’univers d’où il a point par hasard. Il en résulte que son destin, son devoir n’est écrit nul part. C’est à l’Homme de choisir dans la plupart des cas, entre les lumières et les ténèbres, le juste et l’injuste, la logique et l’absurde. Reste le hasard ! Le hasard, une intensité d’un phénomène qui est à l’origine d’évènements inexplicables… Quelqu’un disait que la providence était le nom de baptême du hasard ; des dévots pourraient affirmer que le hasard est un sobriquet de la providence. Moi je me hasarde juste à poser une question : Dieu s’il existait, serait-il aveugle ? Le hasard est pluriel, il peut être merveilleux, comme il peut être inintelligent, il peut être la volonté des autres, comme il peut être une ingéniosité de la nature… Le hasard fait tant de besognes et de bonnes actions qu’il a le mérite, partagé avec la nécessite, d’avoir contribué à l’existence de l’univers… La philosophie du hasard est vaste et soulève de nombreuses interrogations : lorsqu’il frappe (le hasard), lorsqu’il semble jouer à la surface, est-il sous l’emprise de lois internes cachées ? Des lois qu’il faudrait donc découvrir ; le hasard deviendrait alors une science… Le hasard s’associe à d’autres phénomènes naturels, pour perturber ou arranger notre existence comme par exemple les rêves, les coïncidences, les objectifs,...

Anfgou : plus jamais l’indifférence! Jan07

Anfgou : plus jamais l’indifférence!...

Qu’on se le dise tous : La politique ce n’est très séduisant. Mais le social, si. Surtout lorsqu’on s’active allègrement pour participer à une expédition humanitaire ayant pour but de désenclaver l’une des régions abandonnées du Royaume : Anfgou… ou plutôt l’un des Anfgou du plus beau pays du monde. Cela aura lieu le week end prochain, du 11 au 13 janvier. Un fait divers, une décision A la lecture d’un article sur la mort d’un nourrisson dans la fameuse région rongée par le froid, un citoyen, Allae Hammioui, se pose la question : Peut-on encore mourir de froid en 2012? Une question bien naïve si elle n’était pas suivie d’une action immédiate. Le jeune homme initie un projet d’expédition vers ladite région, avec pour but de permettre à adultes et enfants d’accéder au minimum décent de biens de première nécessité. Très vite, la petite expédition fait le tour des réseaux sociaux et fait des vagues. « Le principe était simple : récolter chez nous et auprès de nos proches des vêtements, des couvertures non utilisés afin d’en faire profiter les habitants d’Anfgou.Très vite, l’évènement a pris des proportions non attendues… En moins de 24h les quatre coins du monde étaient concernés par la cause : Le Maroc, la France bien entendu mais aussi le Canada, l’Espagne, l’Allemagne et même le Japon! », Explique Elhahdi Benabdeljalil, co-organisateur de l’expédition et porte-parole du groupe. Des équipes de volontaires se sont formées à Casa et à Rabat pour recevoir les dons, sous la direction de Selwa Zine, une bénévole à la main de fer. Vêtements, couvertures, matelas, sacs de couchages, aliments non périssables et médicaments de bases, pour couvrir les besoins de près de 1000 ménages recensés par le Haut Commissariat au Plan dans la région. Rien n’est...

De la conception du viol au Maroc Jan05

De la conception du viol au Maroc...

L’affaire de Malika Slimani contre Hassan Arif n’est certes qu’une affaire de viol parmi tant d’autres au Maroc.Mais elle est très importante car elle nous invite à débattre de la définition juridique du viol dans notre pays et de sa conception au sein de la société. La plaignante ne correspond en effet pas aux stéréotypes que l’on a du viol au Maroc. Il ne s’agit pas d’une mineure au visage enfantin et angélique qui se fait violer par son instituteur ou par tout autre adulte. Il n’est donc pas question d’une « enfance volée » ou d’une « innocence brisée ». Il n’est pas non plus question de ces mères ou grand-mères dont on apprend avec effroi l’histoire de viol par des membres de leurs familles ou autres membres du voisinage. Autant d’images qui nous renvoient à une féminité fragile et candide, et qui suscitent la rage et l’émoi inconditionnels de l’opinion publique. Or dans cette affaire, la plaignante est une jeune femme, célibataire, indépendante financièrement et c’est là où le bât blesse. Sur la base de nombreuses assomptions et d’idées qui peuplent la pensée collective marocaine, la parole lui est déniée et sa version des faits est rejetée. « Elle n’était sûrement pas vierge, donc elle n’a pas été violée », « Elle était engagée dans une relation sentimentale avec lui, donc il ne l’a pas violée », « Elle est majeure et vaccinée, et a sûrement été consentante. On ne viole pas les « vielles filles » », « S’il n’y a pas de preuves de violence, donc il n’y a pas eu viol », etc. La première assomption relie l’éventualité de viol à la pré-condition de virginité. L’atteinte publique à cette virginité compromet donc l’honneur, le rang, jusqu’à la vie de...

Ô soleil tu n’éclaires plus mon cœur – Chants tourmentés des femmes d’Aït Atta...

Félix Mora est une légende. Il a marqué à jamais la mémoire collective des habitants du sud-est et du sud-ouest du Maroc. Cet ancien officier des affaires indigènes au Maroc devenu cadre des houillères et chef de service de la main d’œuvre étrangère du Nord-Pas-de-Calais, a parcouru tout le sud marocain et recruté au cours des années 1960 et 1970 quelque 78 000 mineurs dans ces régions transformées en un véritable « marché aux esclaves ».   Parmi les régions marquées par le passage de Mora figurent les vastes territoires des Aït Atta au sud-est du Maroc. Notre intérêt portera dans ce texte sur un domaine peu exploré par les chercheurs. Il s’agit de la réaction des femmes face au départ de leurs maris ou de leurs frères dans les mines du Nord sans pouvoir rien faire pour les retenir.   Les femmes des Aït Atta n’étaient pas muettes. Elles avaient leurs voix pour chanter leur désespoir et leur désarroi. Des poèmes appelés localement « Timnadin » sont chantés loin des oreilles masculines. Ces femmes étaient traumatisées par ce départ massif des jeunes de la région. Leurs chants tourmentés témoignent de l’humiliation qui leur a été infligée par Félix Mora. Timnadin sont de très courtes pièces, tristes et mélancoliques, que les femmes improvisent lors de fêtes ou de rencontres. A travers ces chants, elles donnent leurs points de vue sur ce départ massif des jeunes. Elles se transforment en chroniqueuses. Leurs chants, malicieux, sont frappés d’une impressionnante sagesse. Ces femmes décrivent ce qu’elles voient avec une incroyable fidélité, critiquent, se moquent et conseillent aussi. Et se mettent dans la peau de ces jeunes et parlent de leurs craintes et de leurs angoisses. Timnadin sont chantées uniquement par les femmes des tribus Ait Atta. On ne trouve pas ce...

Tais-toi!

Quand tu sors prendre ta tasse de café et qu’une bande de gnaouis te martèlent les oreilles pour un dirham, tais-toi ! Quand tu te fais traiter de pute par une mendiante, faute de donner un dirham, tais-toi ! Quand le chauffeur de taxi te demande, en te déposant tard le soir, de lui donner plus d’argent parce que toi tu en gagnes facilement, tais-toi ! Quand un homme te dit de te marier pour avoir un enfant et que les hommes finissent toujours par venir et partir, tais-toi ! Quand un autre t’explique qu’une femme qui met une mini-jupe est une femme qui s‘exhibe et mérite tout, tais-toi ! Quand tu vois deux filles, âgées d’à peine de 18ans, se faire tirer et agresser par une vingtaine de jeunes enfants d’à peine 14 ans, n’arrête pas ta voiture et tais-toi ! Et si tu ne veux pas te taire, hurle et dis aux gnaoui qu’ils te martèlent les oreilles, alors que les autres habitués du café te disent du regard que tu perds les pédales. Crie pour dire à la mendiante qu’on se prostitue tous et chacun à sa manière et que toi tu n’achètes pas ton plaisir dans l’au-delà. Crie, encore plus fort, pour faire comprendre au chauffeur de taxi que tu ne paieras rien et que cette affaire se réglera au commissariat de police. Et pour les jeunes filles, descends de ta voiture, va vers elles et pleure après dans ton coin parce que cette société ne produit plus que des enfants victimes et bourreaux. Rugis et explique au bonhomme que tu es un être entier et hurle encore et encore! Et si, après des années de cris et de hurlements, tu trouves encore de l’énergie et de l’espoir pour vivre alors...

Le cercle des gars sympas (abonnez-vous !)...

La ville est peuplée de satyres. Ils sont légion. Où que l’on aille, ils sont là, marchant à travers rues et boulevards, furetant partout en quête d’un peu de phéromone féminine, scrutant les façades grises en vue du moindre relief femelle. Voilà, ils sont partout, et j’en fais partie, à ma honte toute bue. Je l’écris ici, parce qu’il serait malhonnête et hypocrite de ne pas avouer que j’ai aussi tendance à perdre le contrôle de mes yeux, de les laisser divaguer, au gré de pensées tout aussi libres, que je marche ou conduise ma voiture. C’est mon péché mignon, dont j’ai conscience qu’il n’est pas si mignon que ça. Le zyeutage systématique des femmes, des filles qui passent, traversent le champ de vision masculin, aimantent les regards distraits, les captent et les transforment en contemplation assidue, rêveuse, rêveuse mais rarement poétique… La poésie n’est d’ailleurs qu’un alibi, un faux prétexte (à nous-autres), un justificatif minable en somme. Je ne saurais par exemple m’extasier devant une passante, en  termes aussi adorables que ceux du poète connu : La rue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d’une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;   Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,  Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue…    Ce serait d’autant plus faux-c… de ma part – si je me réfugiais derrière ces mots – que je chercherais à aseptiser mon acte, à l’édulcorer par un peu de littérature… trop facile (non pas ladite littérature, mais ledit prétexte ). Or, c’est rarement littéraire, cette inspiration, – que dis-je ? –  cette pulsion, de déshabiller...

Anefgou ou la mort subite du nourrisson Déc24

Anefgou ou la mort subite du nourrisson...

Un pays qui laisse ses enfants mourir de froid, quel horizon peut-il regarder encore ?     Un enfant n’est pas toujours heureux Il a parfois peur Il a froid Il marche nu pieds Dans la boue Ou bien le sol sec Enroule un plastique Sur la tête Autour de la poitrine Comme matière de jute Plastique, comprenez Carbonne hydrogène Oxygène azote Souffre et silicium Il tend sa main vers le feu D’une bouilloire noire d’années Trouve refuge devant Un pot d’échappement Je l’ai vu cet enfant Habillé de restes De sacs Matière plastique Pétrole Il a parfois la peau sur les os Le regard si affamé Un autre enfant a des roues A la place des pas Un autre jamais ne soulève la tête L’autre ignore tout du monde Les enfances ne se ressemblent pas Le son de la harpe n’est pas toujours Au rendez-vous Les lits doux le chocolat Et les bras ouverts Il y a des poupées en porcelaine D’autres à la vanille En tissu Il y a aussi des croix de bois Ou celles dans le rêve D’une petite fille Au visage gercé de froid Il y a des béquilles Des fauteuils roulants Des attèles articulées Des sourires de toutes les formes Et beaucoup de larmes De yeux ouverts Sur rien De petits doigts Qui creusent la terre Tirent l’eau du puits De visages noirs de graisses Petits mécanos A Saint Paolo Aux douars Et ailleurs dans le monde De petites mains cousent Des ballons Pour celui qui gagnera le ballon d’or Ils cousent la nuit au jour Pour un bol de riz Il y a des enfances déchiquetées Par d’injustes naissances Elles ne se ressemblent pas toutes les enfances Les enfants ne sont pas tous heureux Mais tous savent sourire...

Lâcher prise, c’est dire oui à la vie...

Touria est une jeune maman cadre hyper impliquée dans sa vie et dans la vie des autres. Touria a besoin de tout contrôler, de tout connaître, de tout maîtriser. Touria dépense une énergie monstre à vouloir s’assurer de tout, au détriment de sa quiétude. Lors de notre première réunion, c’est à peine si elle ne m’a pas donné une to-do list. « Ca t’arrive de lâcher prise, Touria? Je voudrais bien. Je suis lassée et je sais que je suis trop exigeante de moi et des autres« . C’est une bonne entrée en matière pour un coaching individuel. Elle a besoin de lâcher prise.   Que faut-il lâcher, en fait? Lâcher prise tout le monde en parle, mais c’est l’Arlésienne. Peu savent ce que c’est. L’expression est tellement galvaudée qu’elle est réduite à signifier calme ou zen. Avant d’apprendre à lâcher prise, allons voir de quelle prise s’agit-il? C’est la « prise » que représente notre ego et notre représentation de nous-mêmes nourris par nos convictions, nos croyances et, aussi, nos ressentis. Lâcher prise me rappelle, toujours, « Débranche » (titre d’une célèbre chanson de France Gall): abandonner l’illusion de toute puissance et accepter ses limites.   Défi de rester dans l’ici et maintenant  L’être humain construit sa vie à coups de « si » et de « quand » et la régit par ce qui « devrait être » et « aurait pu être« . Des personnes, comme Touria, qui veulent tout contrôler, vivent dans le passé ou le futur, avec le lâcher prise, elles apprennent à être dans l’ »ici et maintenant« , le présent. Touria reproche aux autres de ne pas faire autant qu’elle. Du coup, elle fait tout, toute seule. Tous ceux qu’elle côtoie en ont pour leur grade : son mari, qui ne s’occupe pas très bien de la maisonnée, ses enfants qui n’ont pas...

Lettre d’une immigrante d’intention Déc19

Lettre d’une immigrante d’intention...

Rabat, le 18 décembre 2012   Chère Aude, Aujourd’hui, j’ai appris que tu étais quelque part dans un village du moyen Atlas, vivant parmi les amazighs qui t’appellent Aïcha. Te souviens-tu de notre conversation, dans la maison n°1 aux Oudayas? Je t’avais demandé ce que tu voulais faire dans la vie, tu m’as répondu que tu ne savais pas, tu m’as aussi dit que tu n’avais pas les moyens de vivre, ce pourquoi tu appréciais la générosité et l’hospitalité des gens ici. Aujourd’hui, je suis allée pour la deuxième fois à l’ambassade du Canada pour demander un visa, afin d’étudier dans ton beau pays, celui dont tu m’as parlé si souvent. Aujourd’hui, pour la deuxième fois, on m’a refusé pour motif : risque d’immigration et pourtant ce n’est pas le cas, ou alors toutes les personnes qui voyagent sont des migrantes potentielles. La vie est injuste, entre toi et moi, tu peux aller où tu veux, quand tu veux et pas moi. La différence entre nous est l’inégalité entre deux nations, deux mondes, un développé et un dit du « tiers monde ». Contrairement à toi, je sais ce que je veux et j’en avais les moyens. Je voulais étudier pour mon engagement que j’ai mis sept années à cultiver, je voulais vivre près de mon cœur, dont je suis incapable de me séparer, je voulais à travers cette expérience, voyager dans les contrées américaines. On m’a renié ce droit, bien que j’aie les moyens requis pour en bénéficier, un droit conditionné, tu imagines ?? Un droit inhérent à la personne, à savoir : Circuler librement sur Terre, un droit sur lequel l’histoire de l’humanité s’est construite, la mobilité. Chère Aïcha, pourquoi, je ne bénéficie pas de mon droit à voyager et à étudier ? Ne suis-je pas égale à...

La mort de Socrate

Ce que je crains le plus c’est de me réveiller un matin et de trouver que tout cela soit normal… Aucune fibre en moi ne réagira aux événements que des fous provoquent et que des menteurs, à leur solde, présentent comme légitimes. Cela peut commencer par ce papier que l’on attend pendant une semaine au pot de vin versé pour l’obtenir, à ces voitures qui explosent dans les marchés, aux meurtres planifiés et exécutés froidement par une armée étatique contre des civiles. C’est l’indifférence administrée à dose homéopathique trois fois par jour avant les repas. Cela ne s’est pas fait en un jour. Mais, aujourd’hui, les moyens de désinformation ont exacerbé ce sentiment de peur qui cloue chacun à sa place. Où sont ces gens qui ont défendu leurs convictions au prix de leur vie ? Je sais que le monde s’est fait en opposition à toutes les idées révolutionnaires. Mêmes les découvertes scientifiques ont été mal reçues et ont provoqué la mort de leurs auteurs avant d’être détournées du bien qu’elles auraient pu apporter à l’humanité, mais utilisées contre elle. D’où viennent nos idées ? Quels sont les moyens que nous avons pour réfléchir ? Quels sont les éléments objectifs que nous avons pour prendre ou pas une décision ? Chomsky écrivait que la plus grande réussite de la bourgeoisie est d’avoir persuadé les gens que ses idées sont celles de la majorité. Mes idées sont elles celles de la bourgeoisie ? Mais dans ce fatras de concepts qui couvre le monde de quelle bourgeoisie parle-t-on ? Et le manque de crédibilité des moyens d’information, des partis politiques, de l’école et de tous les relais du savoir qui ont fini par imposer l’indifférence ! Tout, aujourd’hui, montre que les idées de la bourgeoisie ont échoué ? Ou bien est-ce cela qu’elle voulait ?  Personne...

Moi, lambda des mortels…...

Je suis une petite nature contrariée, une créature dont la boussole morale est frappée d’atrophie à force de se frotter à  une société inconsciente de ses expressions profondes.  Je suis une douleur atroce, je suis un mal être profond. J’étouffe, mes poumons sont comprimés, ils ne reçoivent plus d’air, je m’affaibli, je me meurs… Les choses vont s’arranger. Les échos de ce même refrain résonnent depuis longtemps, ébranlant le calme paisible de ma petite existence. Il est 7 h, et je viens de me réveiller, la ville est prise de vapeurs somnambule ; elle dort à poings fermées, elle est devenue un lieu où le soleil ne se lève jamais ! Je cours à ma besogne. Les travailleurs matinaux sont tous au poste ; café Saddam, Liberté,… et tant d’autres… Ils sont armés de kahwa, dans une main. Dans l’autre, des restes de chema. Les incontournables : Nahar, Chourouk et Haddaf font également partie du lot. Au fur et à mesure que j’avance, mon cœur se contracte, je suis prise de spasmes douloureux. Une vision nouvelle et grossière me foudroie ; les rues prennent des allures de villes afghanes ; les néo islamistes ; frustrés, malsains, incultes et complexés se pavanent en toute liberté en seroual, kamis, niqâb, et autres… Tant de tenues symbolisant la foi. Et pourtant ! Je passe en pressant le pas, pour éviter leurs regards, leurs commentaires et leurs odeurs. Pourtant c’est mon odeur qui les dérange ; mon odeur de femme, mon parfum, et mes cheveux. Chaque mèche de cheveux ébranlait leur foi. Faut croire que celle-ci ne tenait qu’à une mèche. L’islam, n’a-t-il pas traversé les âges sans se dépérir, gardant toute sa grandeur et sa beauté. Pourquoi changerait-il soudain de visage et deviendrait-il synonyme de peur, d’hypocrisie, de violences, d’obligations,… Pourtant les mèches c’est eux qui...

L’actu : mieux vaut en rire ! Déc12

L’actu : mieux vaut en rire !...

Je voudrais d’abord m’excuser auprès de vous pour le ton décousu et les propos peu cohérents à première vue, j’ai une bonne excuse : avec tout ce qui se passe, le train de mes idées a déraillé, et il n’y a pas de survivants. Commençons par le feuilleton palpitant des élections à la tête de la droite Française, j’ai laissé tomber toutes mes séries favorites pour suivre avec amusement ce qui se passait, c’est mille fois plus divertissant. Et avant de me juger de Francisante, je vous assure que ma motivation était purement Marocaine. C’était presque une consolation. Ben oui, il n’y a pas que chez nous que des Chabat arrivent à la tête d’un parti, sans grande logique ni mérite, quoique, cela m’étonnerait que « Copé » soit tenté d’ériger une contre façon bas de gamme de la « tour Hassan » dans sa commune, mais passons ! j’avais aussi ce sentiment de : « Ah Ha ! vous voyez ! il n’y a pas que chez nous que l’on se crêpe le chignon ou la barbichette entre politiciens de la même famille, à coup de JT interposés ». oui, oui, ça n’excuse rien, mais ça consolerait presque. Et puis « Gaza » sous les raids plusieurs jours durant, dont tout le monde semblait s’en foutre un peu. Ben oui, le dit feuilleton Israélo-palestinien a battu en longévité tous, ceux exportés de Turquie du Mexique et de Corée, réunis ! ça en devient non seulement très banal, mais ennuyeux ! Là aussi, une question que j’ai vu circuler sur le net (bien défendable) m’interpelle : « en parlant de Jihad, pourquoi la Qaïda ne déploie pas ses efforts en jihad à Gaza ? » ou encore un fois, charité bien ordonnée commence par...

Et si on prenait le courage d’être soi-même? Déc10

Et si on prenait le courage d’être soi-même?...

Dimanche 25 Novembre 2012, J’ai eu le plaisir d’assister au séminaire « Le courage d’être soi », animé par le fameux jardinier des relations humaines Jacques Salomé. M. Salomé a fait un petit aperçu sur la thématique en mettant en exergue le fait que ceux qui s’engagent dans ce courage deviennent plus vivants. Dans un élan de lucidité, il a avoué avoir été un infirme de la communication, quelqu’un qui ne savait pas dire « Non », au point qu’il est devenu « une poubelle »pour les autres, tant il recevait tout de son entourage. Son père géniteur ne l’avait pas reconnu enfant, un peu comme sa grand-mère qui n’avait pas reconnu sa mère. Ce n’est qu’à partir de ses 36 ans qu’il a entamé un vrai travail sur lui-même, sur sa communication, son relationnel ainsi que sur la quête de ses origines. Un parcours tumultueux qui a engendré plus de 60 ouvrages, aussi intéressants les uns que les autres. Ce courage d’être soi se base sur 4 paliers : 1/ S’aimer : Si vous ne vous aimez pas, vous serez dans le besoin d’être aimé et cela n’est pas de l’amour. Une femme qui accepte tout de son conjoint dans l’espoir qu’il l’aime et qu’il ne l’abandonne pas, risque de passer toute sa vie dans la dépendance. Si elle s’aime assez, même si elle est rejetée, elle va en souffrir, mais sans tomber dans la dépression pour autant. 2/ Se respecter : C’est apprendre à être congruent ; être cohérent entre ce que je dis et ce que je pense, ce que je ressens et ce que je dis, ce que je pense et ce que je fais… En ce sens, sa citation illustre bien ce concept : « Apprenez à dire de vrais Non, ça vous apprendra à dire de vrais Oui ». 3/ Se responsabiliser...

Marocaine et PAS fière de l’être ! Déc05

Marocaine et PAS fière de l’être !...

Je suis la première à le regretter, mais je suis devenue au fil du temps et des désillusions incapable de revendiquer ma marocanité avec fierté. En effet, et au risque d’imiter Hollande avec sa célèbre anaphore « moi président » : – Je ne suis pas fière d’être marocaine dans un pays où des hommes disent « lmra » suivi d’un « hachak » insultant en parlant de leurs épouses. – Je ne suis pas fière d’être marocaine quand siège une seule femme au gouvernement. (et Dieu sait que les compétences féminines ne manquent pas). – Je ne suis pas fière d’être marocaine là où une justice absout le violeur lorsqu’il fait amende honorable en épousant sa victime. QUELLE ABERRATION ! Et notre Ministre de la famille qui enfonce le clou… – Je ne suis pas fière d’être marocaine lorsque mes concitoyennes risquent leur vie par milliers en recourant à des faiseurs d’anges, faute de bénéficier d’un avortement médicalisé. – Je ne suis pas fière d’être marocaine dans un pays où les filles mères ou mères célibataires sont traitées comme des parias, parfois emprisonnées et où les pères ne sont même pas contraints par la loi de reconnaître leur paternité et d’assumer leurs responsabilités. – Je ne suis pas fière d’être marocaine quand nos rues sont envahies par des hordes de mendiants, souvent professionnels, et d’estropiées, parfois simulateurs. Que fait notre gouvernement pour contenir ce flot de misère ? – Je ne suis pas fière d’être marocaine dans un pays où le malade indigent doit filer un bakchich à l’infirmière pour la consultation, payer son IRM, apporter le consommable nécessaire à son opération et se faire livrer son repas par ses proches pendant son hospitalisation. Et s’il n’arrive pas à se débrouiller pour tout ça, qu’il crève ! – Je ne suis pas fière...