Viol conjugal : qui dénonce? Mar29

Viol conjugal : qui dénonce?...

Viol conjugal : qui dénonce? Posté par Soumia Yahya le 29 mar 2012 dans Droit | 4 commentaires Le cas de la mineure Amina Filali suicidée, car mariée avec son violeur, a secoué l’opinion publique. Le choc était violent, aigu. C’est comme remuer le couteau dans la plaie, une plaie béante, couverte depuis bien longtemps, mais jamais pansée. Celle de toutes les Amina violées bien avant, qui continuent de l’être, et condamnées doublement : d’abord au silence et ensuite à cohabiter avec leurs ravisseurs. Ce sont des filles et des femmes « cicatrices » comme se plaisait à les nommer le feu Mohamed Leftah. Cependant, il y a un autre viol qui passe toujours sous silence sans qu’il ne soit condamné, ni dans le code pénal ni dans aucune autre législation. il est même, au contraire, cautionné par les mœurs sociales : en l’occurrence « le viol conjugal », commis avec régularité et au nom du lien et du devoir conjugal, sur beaucoup de femmes sans qu’elles ne puissent s’exprimer ou parce qu’elles trouvent inconcevable de l’aborder. Banalisé, légitimé, Il est presque légalisé. Certes, les derniers rapports de l’Observatoire national de lutte contre la violence « Oyoune Nissaiya » lève le voile sur cette forme de violence (170 cas). Mais peu de femmes osent aller vers les autorités pour dénoncer leur conjoint. Le tabou que revêt ce sujet les contraint au silence. Aussi, l’ancrage fort des stéréotypes et l’absence d’un cadre juridique qui le condamne clairement favorise, en réalité, la violence de ce genre. Ce type de viol, commis au foyer au nom du mariage, a des conséquences trop graves sur la santé physique et morale de la femme. Le silence du législateur à ce sujet balise le terrain à ce comportement sadique, incarnant...