Les Égyptiens en quête d’une seconde révolution...

  Bien que l’envie ne manque pas – quand on s’appelle Marianne et que l’on est Française on naît forcément avec une sensibilité de révolutionnaire – j’ai choisi de ne pas prendre part aux manifestations organisées par le mouvement Tamarod (Rébellion) dimanche dernier. En tant qu’étrangère cela peut être risqué pour moi (un jeune étudiant américain a été tué vendredi dans le quartier de Sidi Gaber à Alexandrie) mais aussi pour mes amis égyptiens que l’on pourrait soupçonner de fréquenter des « espions ». Installée depuis près de trois semaines en Égypte, à Alexandrie, je découvre ce pays que je ne connaissais qu’à travers la littérature, le cinéma et bien évidemment la musique. L’Égypte, pour quelqu’un qui étudie les pays arabes, est la terre des fantasmes orientalistes par excellence. Sans n’y être jamais allée j’étais déjà submergée par les émotions et laissais mon imagination divaguer entre les romans de Naguib Mahfouz et les envolées lyriques d’Oum Kalthoum. Je nourrissais néanmoins quelques appréhensions au vu des nouvelles alarmantes diffusées dans les médias, notamment en ce qui concerne le harcèlement sexuel et l’intégrisme. Après avoir travaillé ces deux dernières années au Maroc, étudié en Tunisie quelques mois avant la révolution j’allais découvrir désormais le Machrek et fouler le sol d’Oum El Dounia (La mère du monde). Très rapidement mes appréhensions se sont envolées. Je marche tous les jours pour aller travailler et je croise peu de barbus, presque aucun en réalité. Par ailleurs, cela peut en étonner certains mais le harcèlement sexuel n’est pas pire ici que dans les rues de Casablanca (du moins c’est mon ressenti pour l’instant). À vrai dire, je m’y sens beaucoup plus en sécurité. Les magasins sont ouverts jusque très tard dans la nuit et les rues grouillent souvent encore de...

L’Arabie Saoudite reconnaît la violence faite aux femmes...

L’Arabie Saoudite reconnaît la violence faite aux femmes Posté par Amanda Kabuiku le 16 mai 2013 dans De par le monde | 11 commentaires « Certaines choses ne peuvent être couvertes – Combattons ensemble les violences faites aux femmes » 2013. Oui, nous sommes en 2013 et c’est cette année que l’Arabie Saoudite a dévoilé sa première campagne contre les violences domestiques. Un pays qui assume pleinement ses inégalités entre les hommes et les femmes. Correction. Un pays qui assume parfaitement que la femme n’est pas grand chose ! Je suis heureuse de l’avancement mais je trouve que c’est trop tardif. Le scandale récent, on fait réagir une certaine frange de la société et combattre les violences faites aux femmes est devenu primordial. Cette histoire malheureuse a fait les gros titres. Lama est le symbole de la cause féminine saoudienne. Cette fillette de 5 ans a été violée par son père et hospitalisée en décembre 2011, avec le crâne fracassé, des côtes cassées, des traces de brûlures et un ongle arraché, avant de clamser comme une pauvre bête ! Alors que l’affaire aurait pu passer inaperçue, l’opinion publique s’est enfin levée et le père a écopé d’une malheureuse peine de 4 mois de prison ferme et d’une petite compensation financière de rien du tout à verser à la mère. 40 000 euros pour remplacer une petite fille ! Le prédicateur Fayhane Al-Ghamedi et sa victime Lama Fayhane Al-Ghamedi C’est toujours le même combat. Un combat qui ne cessera pas d’être combattu. Une frange de la population saoudienne a enfin compris que la femme est aussi un être à part entière. Le processus est long, mais il vaut la peine d’être poursuivi. Ce manque de confiance envers la femme révèle que l’homme saoudien n’a pas...

Moi, lambda des mortels…...

Je suis une petite nature contrariée, une créature dont la boussole morale est frappée d’atrophie à force de se frotter à  une société inconsciente de ses expressions profondes.  Je suis une douleur atroce, je suis un mal être profond. J’étouffe, mes poumons sont comprimés, ils ne reçoivent plus d’air, je m’affaibli, je me meurs… Les choses vont s’arranger. Les échos de ce même refrain résonnent depuis longtemps, ébranlant le calme paisible de ma petite existence. Il est 7 h, et je viens de me réveiller, la ville est prise de vapeurs somnambule ; elle dort à poings fermées, elle est devenue un lieu où le soleil ne se lève jamais ! Je cours à ma besogne. Les travailleurs matinaux sont tous au poste ; café Saddam, Liberté,… et tant d’autres… Ils sont armés de kahwa, dans une main. Dans l’autre, des restes de chema. Les incontournables : Nahar, Chourouk et Haddaf font également partie du lot. Au fur et à mesure que j’avance, mon cœur se contracte, je suis prise de spasmes douloureux. Une vision nouvelle et grossière me foudroie ; les rues prennent des allures de villes afghanes ; les néo islamistes ; frustrés, malsains, incultes et complexés se pavanent en toute liberté en seroual, kamis, niqâb, et autres… Tant de tenues symbolisant la foi. Et pourtant ! Je passe en pressant le pas, pour éviter leurs regards, leurs commentaires et leurs odeurs. Pourtant c’est mon odeur qui les dérange ; mon odeur de femme, mon parfum, et mes cheveux. Chaque mèche de cheveux ébranlait leur foi. Faut croire que celle-ci ne tenait qu’à une mèche. L’islam, n’a-t-il pas traversé les âges sans se dépérir, gardant toute sa grandeur et sa beauté. Pourquoi changerait-il soudain de visage et deviendrait-il synonyme de peur, d’hypocrisie, de violences, d’obligations,… Pourtant les mèches c’est eux qui...

مات محمد

 اليوم هو يوم مميز في حياتي، يوم يسقيني سرورا و يرويني فرحة لا حدود لها. بكل حب حضرت وجبة فطور متميزة لأميري محمد، و لم أنس فطائر الشوكولاطة المفضلة لديه. و اتجهت نحو غرفته، و بالقبلات و الأحضان أيقظته من نومه الملائكي. و كغير عادته، استيقظ حبيبي و كله نشاط  و حيوية، كأنه لم ينتظر في حياته غير هذا اليوم. بسمة ملائكية تعلو وجهه، و نور يشع من عينيه العسليتين، و طمأنينة مرسومة على ملامحه،    أراه اليوم  كأنني أراه لأول مرة. اخترنا الملابس سويا و كعادته مصر على تنسيق الألوان، و لا يغفل عن أي تفصيل من تفاصيل هندامه، هكذا هو أميري دائما. التهم الفطائر، و طلب مني المزيد و المزيد. و كان يوصيني أن أكثر  من الشوكولاطة في كل مرة. و كغير عادة لم أعترض على ذلك، و لم أذكره بالأسطوانة المعتادة. إذ كنت أخاف من تأثير كثرة السكريات على صحته. بعد ذلك اتجه أميري إلى غرفته، و حمل حقيبته الزرقاء، و طلب مني أن أسرع، فاليوم بالتحديد لا يقبل أي نوع من التأخير.  أمسكت يده الصغيرة التي كانت دائما تمدني بطاقة عظيمة تساعدني على مواجهة الأيام العصيبة.  تنسيني رائحة الموت التي أشمها في كل الدروب و الزقاق كلما وطأت  قدمي الشارع. تنسيني صوت الصواريخ و الانفجارات التي تقتلني في اليوم آلاف المرات. تنسيني خوفي على أرض و أبناء وطني، على أسرتي و أسوار منزلي، على أشجار حديقتي و أزهار شرفتي و حوض أسماكي. تحولني إلى امرأة ثورية لا تعرف الكلل و لا الملل، امرأة تضع صوب عينيها كرامة شعب دفنت رغما عنه. امرأة لا ترضى بالانكسار  لشعب  عاش رافع الرأس.  *** اليوم هوأول أيام الدخول المدرسي   لأميري  محمد، فاصطحبته إلى المدرسة، و تعرفت على مدرسته ديما التي ستدرسه اللغة العربية.فضولي دفعني أن أدخل معه إلى القسم ، فلقد وددت أن أكتشف عالم صغيري الجديد ، و أن أشاركه فرحته العامرة في هذا اليوم. اليوم هو بداية دربه الدراسي، يوم تاريخي تشهد عليه ذاكرتي ما حييت. اليوم سيتعلم...

Non, les hommes ne nous haissent pas!...

Non, les hommes ne nous haissent pas! Posté par Nadia Lamlili le 30 avr 2012 dans De par le monde | 10 commentaires J’ai eu du mal avec l’article de la journaliste égyptienne Mona El Tahawy paru dernièrement sur Foreign Policy. Certes, l’article a créé un buzz mondial car il révèle plusieurs vérités, mais en arriver jusqu’à dire que les hommes haissent les femmes est trop exagéré, limite provocateur. http://www.rue89.com/2012/04/30/pourquoi-nous-haissent-ils-une-blogueuse-egyptienne-denonce-le-machisme-des-hommes-arabes Les problèmes de la femme arabe résultent plus d’une incompréhension entre les sexes que d’un quelconque sentiment de haine à leur égard. Si on va plus loin, on constatera que cette incompréhension résulte avant tout de l’interdiction de la mixité et de cette envie maladive qui existe chez nos régimes arabes de diviser la société : les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. En divisant les sexes, les régimes arabes veulent empêcher la tentation sexuelle. Or, en réalité, le fait de séparer les sexes n’enlève pas la tentation. Au contraire, il l’exaspère, l’amplifie et aboutit à des actes de violence dans les rapports hommes-femmes. S’il y a bien une révolution à faire dans les sociétés arabes, ce n’est pas en priorité la révolution sexuelle comme le pense Mona El Tahawy, mais plutôt la révolution éducative. Le problème de nos sociétés réside dans l’ambiguité des relations hommes-femmes. Les femmes sont amoureuses de leurs fils pas de leurs maris et les hommes sont amoureux de leurs mères, pas de leurs femmes. Cette ambiguité des relations vient du fait que les deux sexes ne sont pas suffisamment fréquentés ou dialogués dans le respect des droits et des libertés individuelles. Certes, les lois rigides et le machisme ambiant aggravent cette incompréhension, mais gardons à l’esprit qu’il y a plein de femmes qui ont éduqué leurs enfants avec...

Je suis Tunisienne et j’ai le CHOIX...

  « Le seul mauvais choix est l’absence de choix. » Je suis tunisienne Je ne suis pas voilée, je ne porterais pas le voile : c’est mon choix. Je respecte celles qui le portent, elles ont leur raison, c’est leur choix. Je fume, c’est mauvais pour ma santé, je continue à le faire, c’est mon choix. J’aime me sentir belle, être belle, coquette, bien habillée et à la mode : c’est mon choix. J’ai fait des études car mes parents m’ont expliqué (et je l’ai compris plus tard) que c’était la seule voie de sortie, la meilleure manière d’être autonome et aussi le moyen le plus intelligent et efficace de m’impliquer au développement de mon pays : j’ai passé des heures et des heures à assister au cours, réviser, lire ; m’informer… pour enfin décrocher un travail… Je travaille et mon boulot ; je ne le cèderais JAMAIS à un homme sous prétexte que cela permettra de résoudre le problème du chômage : je dis NON et c’est mon choix. J’ai des amis hommes : des copains d’enfance, des voisins, des confidents, je les aime et je tiens à eux : c’est mon choix. J’ai des amies femmes : elles sont toutes aussi différentes les unes des autres : de la timide, sage, intellectuelle, intelligente, sotte, rigolote, dévergondée, zaabana, tahfouna, bahbouha, tayara, kafeza et j’en passe …je les aime pour ce qu’elles sont…c’est leurs choix. Mes amies sont des battantes : elles travaillent (certaines sont femmes de ménage, d’autres travaillent dans des usines, d’autres sont infirmières, médecins, fonctionnaires), ou ne travaillent pas : c’est leur choix. J’ai des amis de toutes confessions : on se respecte mutuellement, on ne parle pas forcément de religion quand on a l’occasion de se voir : on...

« Le Liban ; Pays Hors Sujet ? »...

« Le Liban ;  Pays Hors Sujet ? » de Jamil Berry : un livre patiemment fait , foisonnant de sujets , de méditations, de paysages et de personnages… Une sobriété stylistique. Un minimalisme. Une grande grâce. Un souffle haletant et perceptible . Un côté léger … Un côté grave… Une obsession à la beauté… Des raccourcis élégamment tournés qui émerveillent . Des phrases qui dansent et qui glissent en diagonale. Des rayons volatils qui s’évadent du chaos pour chuter délicieusement sur la page. Des sons et des éclats qui hérissent et qui ricochent . Des mots affublés d’épithètes inattendus .L’amour de la langue se faufile partout dans les coins des pages et le couperet tombe toujours de façon subtile ! On emboite le pas à l’auteur et on bascule en contre champ avec lui dans ses souvenirs d’enfance et ses méditations d’homme .Une effervescence créatrice et des allers retours frénétiques entre sa vie et celle de son pays . Les parallèles et les projections ne manquent pas d’élan . Le Liban est à la fois sujet et toile de fond. Il donne substance et nervures au livre. L’auteur a réussi une subtile fresque de la société libanaise qui fait oublier plein d’écrits divers et qui renvoie plein de fadaises habituelles. Il révèle avec lucidité les dessous d’un conflit Israélo-libanais éternel et écœurant. On se fige sur certaines scènes et on est rapidement saisi par cette urgence et emporté dans une action et une réflexion fiévreuse. Des passages tout frais, tout saignants. Des villes bombardées et dévastées. Des moments où le ciel et la terre se confondent. Des hommes et des femmes dignes qui défient l’horreur. Il  parvient aussi à garder parfois cette horreur hors champ et à l’apaiser miraculeusement, tantôt par une muette rivalité, tantôt par des sourires et...

Epouser son violeur… pour être libre...

Gulnaz, afghane de 19 ans, sort enfin de prison après y avoir passé 2 ans. Son crime ? avoir été violé alors qu’elle était mariée !!!  Mais l’histoire ne finit pas là. Gulnaz, qui était condamnée au départ à 12 ans de prison, a été libérée sous condition. Une condition, qui selon la justice, a pour but de la protéger et l’aider à retrouver son honneur : EPOUSER SON AGRESSEUR ! Elle a été incarcérée pour adultère et finira mariée à son violeur dont elle a eu un enfant qu’elle a élevé dans sa cellule de prison… Mais, elle a eu quand même son mot à dire, signalons-le : elle a exigé que son frère épouse la sœur de son futur mari afin d’être sûre que celui-ci ne l’agresserait plus… Ce qui m’a le plus interpellé, c’est le mot adultère. Selon la définition officielle, il s’agit de l’acte de rompre volontairement la fidélité dans un couple en ayant des rapports sexuels avec une autre personne que son conjoint. Mais dans ce cas, de quelle fidélité s’agit-il et surtout de quelle volonté parle-t-on ???? Et le violeur ? personne n’en pas parlé !!!! les coups de fouet réglementaires ne sont pas appliqués dans ces cas-là ? Et cette liberté, suite à une pétition signée par 5 000 personnes ? Est ce vraiment une liberté ? Se retrouver tous les soirs dans le même lit que celui qui a fait son malheur ? Et cette hypocrisie de dire que Gulnaz a consenti à cette union ? Est-il possible qu’une femme accepte pareille condition ? Et cette exigence de sa part que son frère épouse sa future belle-sœur ? En quoi la protégera-t-elle ? Ceci n’est qu’un cas parmi tant d’autres, des actes sauvages soutenus par une...

Lapidez la violée !

Ça se passe à Djedda, en Arabie Saoudite : Violée par cinq hommes, une femme de 23 ans, célibataire a été condamnée à un an de prison et 100 coups de fouet pour “adultère” et pour avoir tenté d’avorter. Selon l’arrêté du juge, la femme sera incarcérée dans une prison hors de Djedda où elle purgera sa peine et sera fouettée après l’accouchement de son bébé qui prendra le nom de famille de la mère. Source : http://www.tunizapping.com/2011/12/arabie-saoudite-la-victime-d’un-viol-collectif-condamnee-par-la-justice/ Comme si le viol en soi n’est pas un traumatisme profond, comme si le fait de tomber enceinte en ancrant ce traumatisme n’est pas un drame, comme si l’avortement n’est pas en soi une culpabilité traînée à vie, comme si l’accouchement forcé d’un enfant non désiré qui fera du viol à l’origine un souvenir indélébile n’était pas une injustice aveugle et sourde. La jeune femme est condamnée à un an de prison pour mieux ruminer tout ça sans échappatoire, sans avoir la possibilité et le loisir d’essayer d’oublier de se guérir et de se reconstruire et, cerise sur le gâteau pourri, elle aura en bonus cent coups de fouet !!!! Vous êtes choqués, scandalisés, indignés, furieux ? Qu’est ce que vous êtes douillets alors !!! Vous n’avez pas su lire entre les lignes l’information la plus importante : elle sera fouettée APRES l’accouchement ! Quelle clémence quand même ! S’ils ne se contrôlent pas ces bons juges d’outre temps vont finir par devenir trop permissifs et ce sera la fête au village chez les zéros. Ce serait quoi l’étape suivante ? Tolérer les femmes au volant ?! Moi qui ai accouché et récidivé, je peux vous dire que s’ils voulaient être vraiment cléments, ils auraient pu la fouetter lors de l’accouchement, elle n’aurait rien senti à...

ديمقراطية الخناجر...

 برسيبوليس فيلم رسوم متحركة يحكي قصة فتاة إيرانية من عائلة متحررة وتقدمية، ساندت الثورة ضد الشاه، لتفاجأ بحكم أكثر طغيانا وجورا هو حكم آيات الله، قضى أول ما قضى على حلفائه القدامى، الشيوعيين. فيلم ممتع وبسيط، لا يشعرك بالملل حين مشاهدته. لماذا إذن قامت الدنيا ولم تقعد (ولا أظنها ستقعد قريبا)، حين قامت قناة نسمة بدبلجته إلى اللهجة التونسية وعرضه ؟ المحتجون الهائجون (كالثيران) الغاضبون الراغون المزبدون، أغلبهم لم يشاهد الفيلم، وإن كنت لا أرى فارقا بين مشاهدتهم له وعدمها. هؤلاء الناقمون على القناة المستعدون لتهشيمها فوق رؤوس أصحابها وموظفيها ثاروا وغاروا لأن الفيلم تجرأ على تجسيد الذات الإلهية (في مشهدين لا يتجاوزان 3 دقائق) من 95 دقيقة هي مدة الفيلم… 1 حين شاهدت الاحتجاجات والصراخ والعويل أمام مقر قناة نسمة، تساءلت: لماذا هم غاضبون؟ وما الذي أزعجهم إلى هذه الدرجة؟ وبعد تفكير لم يأخذ مني وقتا طويلا، وجدت أن هناك جوابين لا ثالث لهما. الأول هو أنهم فعلا ناقمون لأن امرأة (مخرجة الفيلم) جعلتهم يشاهدون وجه الله، وهذا من وجهة نظري هو ما يحرك العامة التي يكون رد فعلها عنيفا كلما تعرض أحد مقدساتها للنقد.1 الجواب الثاني هو أن وراء هذه الجموع الثائرة فئة أكثر ذكاءا وأثقب فكرا، تستغل انسياق العوام وراء عاطفتهم لتسويق خطاب ظاهره حق وباطنه مغلوط. هاته الفئة لم يزعجها وجه الله المرسوم في الفيلم، بقدر ما أزعتجها الصفعات التي وجهها الفيلم للنظام الإيراني المتأسلم، والذي يمثل النموذج الذي تسعى هاته الفئة إلى تطبيقه في دولة كانت إلى عهد جد قريب، علمانية. لم يزعجها صوت الله، بقدر ما أزعجها صوت بطلة الفيلم الثائر على الظلم الذي تعرضت له بعد ثورة قيل لها إنها ستضع حدا للظلم. هذه الفئة لم تزعجها اللحية التي صور بها الله بقدر ما أزعجهم الخمار الذي ألقت به البطلة وراء ظهرها بعد أن نفاها والداها خارج وطنها خوفا عليها.1 كانت تونس تعتبر نموذجا للدولة المدنية التي...