Ma petite fille, victime d’inceste… Mai13

Ma petite fille, victime d’inceste…...

Je suis maman de deux petites filles, deux petits anges, et comme toute maman normalement constituée, mes filles sont la prunelle de mes yeux, ma raison de vivre! Et si une personne venait à essayer de leur faire du mal, je les défendrais corps et âme au péril de ma vie. C’est ça être maman : aimer, prendre soin de ses enfants et les protéger. Seulement aujourd’hui, mon coeur saigne! J’ai une blessure qui ne pourra jamais cicatriser! … Un monstre a fait du mal à ma fille aînée qui avait lors des faits 3 ans! Un homme l’a sexuellement agressée à plusieurs reprises! Que feriez vous à ma place? Et lorsque cet être diabolique, son bourreau n’est autre que son « PAPA »! C’est un mot qu’il ne mérite pas de porter. Un papa ne peut pas faire ça, il devrait au contraire la protéger envers et contre tout au lieu de commettre l’irréparable! Le ciel m’est donc tombé sur la tête il y a deux ans, lorsque la pédo-psychiatre du CHU Ibn Rochd de Casablanca a certifié qu’il n’y avait aucun doute, que ma fille était bien la victime d’un père incestueux! L’inceste c’est quelque chose à laquelle on ne pense pas et on ne veut pas penser car c’est tellement contre nature, tabou! Malheureusement, ça existe, et c’est ma réalité, celle de ma fille! Ni mes parents avec lesquels je vis ni moi ne pouvions penser à une chose pareille. Mais lorsque vous y êtes confronté, c’est la où on se rend compte que cela n’arrive pas qu’aux autres et que ce n’est pas que dans les films! Sans vouloir vous effrayer, cela pourrait être votre nièce, votre cousine, votre petite voisine! … Ma fille avait commencé à avoir des changements dans son comportement, des attitudes...

!محمد زفزاف الذي أنقذني Nov15

!محمد زفزاف الذي أنقذني...

بلا شك نحن في أجمل بلد في العالم ؛ حيث المهرجانات الموسيقية العالمية تتناوب في كل المدن ؛ أرقى الموسيقى و أعذبها .. أغلى الفرق و أشهر مغنيّو العصر يأتون من كل بقاع العالم حتى يحتفلوا مع البؤساء أمثالنا بأنغام يُقال أنها توحّد الروح و تسمو بهرطقات المجتمع ؛ على أن الموسيقى هي تراتيل معتّقة ملائكية تغسل حزن الجسد و بؤس العالم من حوله ..1 هكذا كان يبدو لي ؛ فأغادير المدينة التي تحتفي ب »التسامح » تحت شعار « المودة و الصداقة » ! كنتُ قد تساءلتُ -بمنأى عن جمالية الشعار- وبعمق حول ماهية دولة تحتفي بشعار عميق و مؤثر كالذي زُيّنت به أزقة و شوارع المدينة الصامدة في وجه الزلزال ؛ التسامح الممتزج بالمودة و الصداقة ؛ قد تشي الغاويات الممدات على طول الكورنيش بمشروعية التساؤل و قد تلاحظ بلا جهد كبير آثار البؤس من على جبين مقطب لفتاة لم تتجاوز بعد عقدها العاشر و هي تشاكس المحبين مجيئا و ذهابا على مقربة المرينا بورود حمراء بلا رائحة ؛ محاولة بذلك إرباك العاشق ليشتريها مضطرا آسفٍ على ابتزاز عاطفي .. و أمام اللافتات الكبرى للمهرجان المزخرفة بيد « التسامح » لا يسع العاشقين إلا أن يمضوا حاملين معهم وردة علّها سدّت رمق الأسر المُعالة تحت ستار الحّبّ..و المودّة !1 إلى حدود الساعة كنت كمن يصوب بندقيته على طريدة مُنشَقّة عن سربها ؛ كل الأشياء اللامنطقية بدت تباعا على شكل أثمنة مُتضخمة بلا رقيب ؛ زيت أركان التي أغرت تجاعيدنا و داعبت جيوبنا كي نشتريها بثمن البائع ؛ حتى تلك القهوة في مقاهي مارينا كانت تزيد من بؤس الطبقات المسحوقة ؛ كان الزائرون يعدون خطواتهم على ممشى البحر آملين في مهرجان مجاني كُلّه تسامح و بهجة.. حيث الفرح في أنغام قيثارات فرقة « الجبسي كينغ » أو حتى في أغاني الحب اللامفهومة ل »داني بريو » أو في جدبات فرقة « الفناير ».. كل ذلك و لا يهم ؛ فالتسامح و المودّة تقتضي أولا أن...

Coupable… de manger Juil30

Coupable… de manger...

(En 2013 et sous la nouvelle constitution qui respecte le droit à tout un chacun de pratiquer (ou pas) la religion qu’il confesse, de jeunes gens sont condamnés à la prison pour avoir rompu le jeûne en public). 1964… J’ai 14 ans et je viens de lâcher une bombe… Enfin, c’est « eux » qui le disent : j’ai refusé de jeûner et j’ai osé dire que j’attendais de réfléchir à la question et de décider si oui ou non, je faisais le ramadan… Cris, protestations, supplications, menaces : rien n’y fait jusqu’à ce qu’on me propose benoîtement de… manger en cachette. On me ferait à manger, le principal étant de taire soigneusement la chose sinon « ache ghadi igoulou nasse » (que vont dire les gens?), question capitale pour le Marocain moyen pour qui berner le Tout-Puissant est moins grave que de choquer son voisin ! Extrait de l’agenda de cette année de ma mère… « On lui a proposé de la nourrir… et cette petite sotte, du haut de sa rébellion, a décrété que, puisqu’on faisait pression sur elle et que son père avait menacé de quitter la maison pour fuir la mécréante, elle refusait avec hauteur de tricher et ferait donc le jeûne dans les règles : on n’avait rien compris, on ne l’avait pas comprise, a-t-elle rajouté…« . Presque 50 ans après, vous le voyez, on n’a pas bougé d’un pouce et on continue à reprocher aux dé-jeûneurs de se produire en public car, vous l’aurez deviné, le Maroc est un pays « où on peut vivre librement, il suffit d’y mettre les formes »… Comprenez : cachez-vous ! Oui, cachez-vous comme le voleur dans la maison vide, le violeur suivant sa proie, le tricheur ou l’assassin. Qu’ils se le disent une fois pour toutes : la foi...

Jihane et Hiba : que la honte change de camp! Juil24

Jihane et Hiba : que la honte change de camp!...

  Aujourd’hui, Fatim-Zahra Yaakoubi et Jamila Sayouri nous ont donné une belle leçon de courage. Elles ont rejeté toute forme de compromis avec les agresseurs de leurs jeunes filles, malgré la pression et le poids de la tradition dans une société patriarcale, où les droits de la femme sont bafoués au quotidien. Ces femmes se sont insurgée contre le crime, avec bravoure et dignité, soutenues par leurs conjoints, des amies et de parfaits inconnus ayant répondu aux nombreux appels à soutien spontanés sur facebook. Les faits : Dans la nuit du 4 au 5, une sortie normale en compagnie d’un ami de la famille s’est vite transformée en cauchemar pour Jihane et Hiba, lorsque le jeune R.T., accompagné par K.B., un individu plus âgée (33 ans) méconnu du groupe d’amis, a changé de destination pour isoler les jeunes filles. Menacées avec des armes blanches et des battes en fer, frappées et surtout humiliées, Jihane et Hiba se débattent jusqu’au bout… Viol et agression à caractère sexuelle ont lieu. Les agresseurs recourent aux menaces pour intimider les jeunes filles et les empêcher de porter plainte. Statut social aidant (l’un des agresseurs est fils de haut gradé de l’armée et le second est le gendre d’un ancien haut responsable, père d’un malheureux enfant en très bas âge) les agresseurs comptent s’en sortir impunément. La plainte : Après des heures interminables de violence et de terreur, le choc est tel que les victimes perdent la voix. Mais soutenues par Maitre Jamai et Maitre Saadia Weddah, elles parviennent à rédiger un récit des faits… Dans les familles, c’est la panique. Les parents sont horrifiés, déprimés, en colère, mais entament la procédure légal pour prouver l’agression sexuelle et rechercher l’autre individu. 15 jours s’écoulent avant que les deux familles...

Moi… l’Homme de la situation Avr15

Moi… l’Homme de la situation...

  Et Pafff, Elle vient de recevoir la claque de sa vie, le son résonne dans ses oreilles, et l’empêche de poursuivre la conversation téléphonique, ou plutôt le monologue débité par son interlocuteur qui n’est d’autre que son ex futur Big Boss numéro I : Allo, madame vous êtes toujours là, Alors je disais, Madame, j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer, le comité a recruté (sans mon accord) un homme pour le poste qui vous était destiné. Elle respire profondément et lâche avec dégout : Excusez moi? et notre accord? et la présentation de la nouvelle stratégie? et mes deux entretiens? et mon dossier de recrutement? et le draft de mon contrat ? Ils ont pensé que c’est mieux de mettre un homme dans ce poste clef – il marque une pause et ajoute- j’ai négocié pour vous un autre poste : Son adjoint… bla bla bla Le bourdonnement de son sang dans ses oreilles, l’empêche d’entendre la suite du monologue et un malaise s’empare de ses tripes. Vous voulez dire, une secrétaire? sa secrétaire? c’est se que vous me proposez? Dois-je porter une mini-jupe, Monsieur ? Maintenant je comprends la réaction de ces femmes qui manifestent la poitrine en l’air, elles le font par déception, par horreur, par mépris. Elle avait envie de hurler, d’arracher le haut de sa tenue, d’exhiber sa poitrine de femme, de mère, d’être humain tout simplement ! Elle avait envie de hurler contre cet homme, contre ce comité d’hommes, qu’elle est une femme, et qu’elle l’assume ! Qu’elle n’est ni moins compétente, ni moins responsable que cet homme qui a pris sa place ! Qu’elle est une personne intègre et qu’elle ne cédera pas à leur harcèlement moral, elle n’abandonnera pas ses droits ! Elle est à...

Comment expliquer à mon père… Mar21

Comment expliquer à mon père…...

  Note pour le lecteur : Ce billet est un simple appel au secours ! Aujourd’hui mon père et moi avons eu un débat, un énième débat … Pardonnez moi, je corrige : Aujourd’hui mon père et moi avons eu une querelle, une énième querelle. Voilà c’est dit ! Tout a commencé quand nous étions entrain de papoter et nous nous sommes arrêtés au sujet d’un supposé héritage qu’une amie devrait recevoir. De la manière la plus spontanée au monde, j’ai exprimé mon regret quant au fait que cette amie n’aura que la moitié de ce que ses frères recevront, alors que de surcroît elle est dans le besoin car elle a toute une famille à charge. Si ce qui suit vous étonne, moi je ne suis plus étonnée. J’en ai même pris l’habitude au point de le trouver marrant des fois. Cependant, cela ne m’empêche pas de vouloir le partager, le but étant de trouver des réponses aux questions que j’exposerai plus bas. Un sexagénaire, pourtant lettré et trilingue. Mon père fait partie de ce type d’hommes qui ont évolué dans un environnement conservateur et conformiste par excellence et qui se battent pour que leur progéniture soit comme eux, réfléchisse comme eux ou plutôt « ne réfléchisse pas, comme eux !». Bref, il est comme une grande majorité des Marocains de la même génération. Revenant à ce qui peut étonner. Je résume. Mon indignation par rapport à l’inégalité que va subir mon amie en terme de revenu a engendré un torrent de «astaghferou llah, la 7awla wa la 9owata illa billah» et m’a value une mention spéciale «mécréante». Mon père a déduit de ma position que je voulais changer la religion, j’ai rétorqué que je n’en avais pas le désir ni aucune intention,...

8 mars, dégage! Mar09

8 mars, dégage!

  A-t-on besoin d’une journée par an pour célébrer la femme ? C’est quoi la valeur ajoutée de cette journée ? À l’anti- huit mars et anti-Saint-Valentin que je suis, on me rappelle que c’est l’occasion de célébrer nos valeureuses ancêtres qui ont bataillé pour s’affirmer et nous léguer un héritage de valeurs et de droits, tout en rappelant de faire un bilan par rapport à la situation de la femme aujourd’hui, une sorte de check-up annuel. Je réponds au premier prétexte, ce qu’une amie m’a inspiré sur Face Book « c’est comme la journée du soldat inconnu, ça ne ressuscite personne » j’ajouterai, et en plus sa veuve n’a jamais touché de pension à ma connaissance ! Au deuxième prétexte, je réponds que c’est plutôt l’inverse que je constate, au lieu que ce soit l’occasion de dresser des bilans annuels, par tous les intéressés réunis ensemble (associations féministes actives et ministère concerné), en vue d’avancer ensemble, de dresser une liste des dysfonctionnements sociaux et juridiques, ou à la limite de dresser un plan d’action validé par tous pour l’année à venir, avec des statistiques précises, qui permettront d’améliorer la vie des femmes (congé maternité, crèches obligatoires sur les lieux de travail, budgets pour micro crédits, branchement en eau et électricité dans le milieu rural, une loi pour régler définitivement le problème de l’abandon scolaire, un budget pour soutenir les associations féministes, une subvention pour les coopératives féminines…), c’est l’occasion d’offrir des roses à des citadines qui n’en ont rien à battre, d’organiser des soirées exclusivement « ladies » pour danser toute la nuit un verre à la main, des smart phones, et des réductions pour les poudriers et les rouge à lèvres ! C’est comme toutes les autres fêtes, même les fêtes religieuses,...

L’affaire Arif et ses implications Jan19

L’affaire Arif et ses implications...

Deux jours sont passés depuis la publication de mon témoignage et surtout depuis le verdict de la Cour d’Appel qui a acquitté Hassan Arif. Cette affaire, comme je l’ai précisé n’est pas terminé, mais un semblant de polémique s’en est suivi. Essayons d’en tirer ensemble des points sur la base desquels des débats constructifs peuvent naître. Tout d’abord, oui : Hassan Arif, comme tout autre citoyen, du moment qu’il a été innocenté par la Cour d’Appel de Rabat le 17 janvier 2013 a le droit encore une fois à la présomption d’innocence pour le crime de viol. Je remercie les personnes qui ont insisté sur l’importance de cet aspect. Et j’ai pris le soin de revoir mon témoignage pour en retirer toute affirmation qui lui dénie ce principe élémentaire. Penchons nous maintenant sur l’objet même de la plainte : le viol. Face au mensonge continu et à la mauvaise foi totale de l’accusé qui nie même les faits les plus évidents et pour lesquels la justice dispose de preuves sans conteste (tests ADN, sous-vêtements sur lequel des prélèvements ont été faits, communications téléphoniques), nous n’avons qu’une version des faits et c’est celle de la plaignante. Si la plaignante s’est tue aussi longtemps, c’est parce qu’elle affirme qu’à la suite du viol, Hassan Arif lui a promis de « couvrir sa honte sociale» en échange de son silence : « Setrini nsetrek ». Une phrase qui n’est pas si étonnante dans notre contexte social et qui bien sûr, du fait de la position et du pouvoir que détient l’accusé prend un sens beaucoup plus fort. Ce silence qui l’aurait maintenue dans une relation abusive, où la seule chose qu’elle attendait c’est d’être « couverte », et que sa réputation soit sauve. Quitte à divorcer tout de suite...

Les Mia du Moyen Atlas Jan14

Les Mia du Moyen Atlas...

Elle s’appelle Mia. Tout juste 21 ans, elle crie haut et fort à qui veut l’entendre son dégoût pour les pratiques ô tellement communes mais barbares dans son petit village du Moyen-Atlas. Mia la courageuse, n’a pas peur des réprimandes, elle se dit même prête à témoigner à visage découvert quitte « à finir au cachot, si cela peut permettre de dénoncer la situation des jeunes filles du village ». Mia est belle et intelligente, elle  a des pensées révolutionnaires et jure par tous les Dieux, que si ça ne tenait qu’à elle, elle ferait mettre en prison tous les « mâles » de son bled « pourri ». Mia n’est allé à l’école que jusqu’en CE4, mais elle a su se construire et définir sa vision du bon et du mauvais, grâce aux nombreux défis et expériences douloureuses qu’elle a endurés, ou dont elle a été témoin : Tout juste 21 ans, elle a été mariée 3 fois, sa première nuit de noce date de quand elle avait 12 ans. Se marier en étant à peine pubère est chose commune par ici. Cette jeune rebelle, nous raconte le cœur gros, la voix pleine d’assurance et les yeux pleins de dégoût comment les vieux du village (considérés comme les sages) se réunissent pour lire « El Fatiha » et marier des petites filles de 12 ans à des hommes de 18 ans leurs aînés. Elle regarde par la terrasse de chez elle et pointe du doigt trois petites fillettes de 11 ans qui jouent en bas et nous dis « Vous voyez celles là elles ont toutes été mariées, mais Dieu merci elles ont eu de la chance, leurs maris ont changés d’avis  avant même de consommer ». D’autres beaucoup moins chanceuses, se retrouvent divorcées à peine une semaine après l’union. Elles auront eu...

De la conception du viol au Maroc Jan05

De la conception du viol au Maroc...

L’affaire de Malika Slimani contre Hassan Arif n’est certes qu’une affaire de viol parmi tant d’autres au Maroc.Mais elle est très importante car elle nous invite à débattre de la définition juridique du viol dans notre pays et de sa conception au sein de la société. La plaignante ne correspond en effet pas aux stéréotypes que l’on a du viol au Maroc. Il ne s’agit pas d’une mineure au visage enfantin et angélique qui se fait violer par son instituteur ou par tout autre adulte. Il n’est donc pas question d’une « enfance volée » ou d’une « innocence brisée ». Il n’est pas non plus question de ces mères ou grand-mères dont on apprend avec effroi l’histoire de viol par des membres de leurs familles ou autres membres du voisinage. Autant d’images qui nous renvoient à une féminité fragile et candide, et qui suscitent la rage et l’émoi inconditionnels de l’opinion publique. Or dans cette affaire, la plaignante est une jeune femme, célibataire, indépendante financièrement et c’est là où le bât blesse. Sur la base de nombreuses assomptions et d’idées qui peuplent la pensée collective marocaine, la parole lui est déniée et sa version des faits est rejetée. « Elle n’était sûrement pas vierge, donc elle n’a pas été violée », « Elle était engagée dans une relation sentimentale avec lui, donc il ne l’a pas violée », « Elle est majeure et vaccinée, et a sûrement été consentante. On ne viole pas les « vielles filles » », « S’il n’y a pas de preuves de violence, donc il n’y a pas eu viol », etc. La première assomption relie l’éventualité de viol à la pré-condition de virginité. L’atteinte publique à cette virginité compromet donc l’honneur, le rang, jusqu’à la vie de...

Lettre d’une immigrante d’intention Déc19

Lettre d’une immigrante d’intention...

Rabat, le 18 décembre 2012   Chère Aude, Aujourd’hui, j’ai appris que tu étais quelque part dans un village du moyen Atlas, vivant parmi les amazighs qui t’appellent Aïcha. Te souviens-tu de notre conversation, dans la maison n°1 aux Oudayas? Je t’avais demandé ce que tu voulais faire dans la vie, tu m’as répondu que tu ne savais pas, tu m’as aussi dit que tu n’avais pas les moyens de vivre, ce pourquoi tu appréciais la générosité et l’hospitalité des gens ici. Aujourd’hui, je suis allée pour la deuxième fois à l’ambassade du Canada pour demander un visa, afin d’étudier dans ton beau pays, celui dont tu m’as parlé si souvent. Aujourd’hui, pour la deuxième fois, on m’a refusé pour motif : risque d’immigration et pourtant ce n’est pas le cas, ou alors toutes les personnes qui voyagent sont des migrantes potentielles. La vie est injuste, entre toi et moi, tu peux aller où tu veux, quand tu veux et pas moi. La différence entre nous est l’inégalité entre deux nations, deux mondes, un développé et un dit du « tiers monde ». Contrairement à toi, je sais ce que je veux et j’en avais les moyens. Je voulais étudier pour mon engagement que j’ai mis sept années à cultiver, je voulais vivre près de mon cœur, dont je suis incapable de me séparer, je voulais à travers cette expérience, voyager dans les contrées américaines. On m’a renié ce droit, bien que j’aie les moyens requis pour en bénéficier, un droit conditionné, tu imagines ?? Un droit inhérent à la personne, à savoir : Circuler librement sur Terre, un droit sur lequel l’histoire de l’humanité s’est construite, la mobilité. Chère Aïcha, pourquoi, je ne bénéficie pas de mon droit à voyager et à étudier ? Ne suis-je pas égale à...

Unwed mothers in Morocco Face Persistent Challenges Août14

Unwed mothers in Morocco Face Persistent Challenges...

Fedwa Laroui, that’s a name many Moroccans will never forget.  On February 22, 2011, Laroui, 25, the mother of two children, set herself on fire after being excluded from a social housing program.  According to her, she had also been mistreated by authorities because she was an unmarried mother.  Two days later, Laroui died, succumbing to her fatal injuries becoming, according to media reports, Morocco’s national Mohamed Bouazizi, and leaving both the country and the international community to a large shock. Many single mothers in Morocco say they face discrimination, segregation, intolerance, brutality, and sometimes, arrests. But if Fedwa Laroui, by an ultimate act of despair chose to end her life, the other Moroccan unwed mothers still have to face the critical outlook of society: families, police, judges, doctors in very distressing and difficult circumstances. In Morocco, recent statistics bring the number of unwed mothers to 220,000, according a 2011 survey submitted by the association Insaf, a nonprofit organization established to prevent child abandonment. It says that amounts to more than 550.000 babies. As in most Muslim countries, many families consider falling pregnant out of wedlock in to be shameful and a sin. “Sex out of wedlock is forbidden in Islam, for both boys and girls. But the irony of all that is, when it comes to sex, only girls are stigmatized by society. A non-virgin girl will always be considered as a slut, if not a whore but if on top of that, she manages to get pregnant, she just bought her ticket to hell. And in Morocco, hell starts before she dies,”emphasized sociologist Abdellah Ziwziw, who adds that in many cases, the pregnant woman is rejected by her family. Amina Chlouchi 25, is the single mother of a 2 year old baby...

Libertés individuelles : Le droit d’exister Août06

Libertés individuelles : Le droit d’exister...

Le débat sur les libertés individuelles est plus que jamais récurrent au Maroc. Le fait que l’on en parle aujourd’hui dans les médias, quoique timidement, le fait même que l’on daigne les appeler par leur nom, quoi que vague et abstrait dans les esprits de nombreux marocains, est une avancée en soi. Soit. Je ne dirais pas que ce débat est à ses premiers balbutiements, ça serait passer sous silence une lutte plus ancienne, mais auprès du grand public, il l’est certainement. Il est malheureusement souvent faussé et naturellement, les réticences y sont marquées. Individu et communauté  Les libertés individuelles font partie intégrante des droits humains fondamentaux. Ils n’en sont nullement séparés et ça n’est pas une innovation de la dernière heure. Selon l’article 4 de la Déclaration des droits de l’Homme de 1789, « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de tout homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits ». Beaucoup d’opposants aux libertés individuelles au Maroc se basent sur l’expression “tout ce qui ne nuit pas à autrui” pour appuyer leur propos. Il faudrait clarifier à quelle sorte de nuisance le texte renvoie. Est-ce la nuisance faite au “sentiment général” ou “sentiment religieux” dont parlent certains textes de la loi marocaine limitatifs de la liberté individuelle ? Non, c’est tout autre chose. Ce à quoi il ne faut pas nuire en exerçant sa liberté, c’est l’exercice de cette même liberté par autrui, tout simplement. La notion de “sentiment général” me semble très vague, elle recèle plus qu’elle n’en dit, elle est une manière de maintenir une tutelle religieuse et/ou morale sur les individus qui est en...

J’accuse le consulat français de Casablanca d’avoir volé mon droit de vote Avr25

J’accuse le consulat français de Casablanca d’avoir volé mon droit de vote...

J’accuse le consulat français de Casablanca d’avoir volé mon droit de vote Posté par Hanane Oulaillah le 25 avr 2012 dans Droit | 5 commentaires Lettre ouverte à Monsieur Pierre Voillery, Consul de France à Casablanca. Fait à Casablanca, le dimanche 22 avril Monsieur Voillery, Je m’appelle Hanane Oulaïllah, je suis Française d’origine marocaine installée au Maroc. Je vous écris aujourd’hui pour vous manifester mon immense colère et frustration parce que je n’ai pas pu voter dimanche 22 avril lors du premier tour des élections présidentielles au Lycée Lyautey à Casablanca et j’accuse le consulat français de Casablanca d’avoir volé mon droit de vote à cause d’une erreur administrative. Cela fait 5 ans que je suis installée au Maroc et enregistrée auprès du consulat français de Casablanca. Lorsqu’on m’a annoncé que je n’étais pas sur les listes des votants, je n’y ai pas cru mes oreilles. Colère et larmes m’ont soudainement envahi. L’ironie dans cette affaire est que l’employé du consulat qui m’a reçu au bureau des réclamations au Lycée Lyautey, censé se charger des dossiers des personnes qui n’ont pas voté, est le même employé qui avait renouvelé mon passeport quelques mois plus tôt au consulat. Lors de ce rendez-vous pour mon passeport, je lui avais demandé de vérifier si j’étais bien inscrite pour les Présidentielles et Législatives. Il m’avait répondu que j’étais bien inscrite et que je n’avais pas de souci à me faire. Mais alors comment expliquer que je n’ai pas pu voter lors du premier tour ? Ce même employé m’avouera, avec un petit sourire narquois, que c’est une erreur administrative. Une erreur grave du consulat qui m’a volé ce que j’avais de plus cher en tant que citoyenne française : mon droit de vote. Je me suis sentie vidée,...

Vos papiers s’il vous plaît ! Avr18

Vos papiers s’il vous plaît !...

Vos papiers s’il vous plaît ! Posté par Fayrouz Lamani le 18 avr 2012 dans Droit | 28 commentaires C’est aujourd’hui un fait avéré : Nous vivons dans une société rongée par la schizophrénie et gangrénée par la corruption. Evoluant dans un contexte à deux vitesses, entre tabous et libération des mœurs, entre traditions et modernité, nous avons développé une personnalité à géométrie variable en accord avec notre société. Quelque part au milieu de ce marasme, se trouve notre rapport ambigu à la mixité. Les relations hommes-femmes sont toujours difficiles à gérer au Maroc. Elles sont souvent suspectes si elles n’entrent dans aucunes de ces deux cases : Liens de mariage – liens de parenté. Elles sont d’ailleurs tellement suspectes que beaucoup ont déjà vécu ce moment surréaliste où on se retrouve à justifier, devant un agent de police, pourquoi l’être en notre compagnie est de sexe opposé, alors que rien de légal ou familial ne nous lie à lui. N’ayant jamais vécu ce moment tragi-comique, je demande autour de moi. Les expériences fusent. Une collègue mariée, me dit avoir été accusée d’atteinte à la pudeur parce qu’elle a fait la bise à son mari en le déposant à la gare. « Mon mari est resté calme, mais au final, ce qui nous a évité le passage au commissariat, c’est que l’agent a fini par remarquer que j’étais enceinte et nous a donc laissé partir après une leçon de morale !». Une copine célibataire m’explique : « Tu vas rarement arriver à la case commissariat, ce n’est pas le but, le but est de te faire peur et de te faire raquer. Tu sais que tu ne fais rien de mal, tu tentes l’argumentaire de la raison ou tu expliques qu’on vit dans une...

Viol conjugal : qui dénonce? Mar29

Viol conjugal : qui dénonce?...

Viol conjugal : qui dénonce? Posté par Soumia Yahya le 29 mar 2012 dans Droit | 4 commentaires Le cas de la mineure Amina Filali suicidée, car mariée avec son violeur, a secoué l’opinion publique. Le choc était violent, aigu. C’est comme remuer le couteau dans la plaie, une plaie béante, couverte depuis bien longtemps, mais jamais pansée. Celle de toutes les Amina violées bien avant, qui continuent de l’être, et condamnées doublement : d’abord au silence et ensuite à cohabiter avec leurs ravisseurs. Ce sont des filles et des femmes « cicatrices » comme se plaisait à les nommer le feu Mohamed Leftah. Cependant, il y a un autre viol qui passe toujours sous silence sans qu’il ne soit condamné, ni dans le code pénal ni dans aucune autre législation. il est même, au contraire, cautionné par les mœurs sociales : en l’occurrence « le viol conjugal », commis avec régularité et au nom du lien et du devoir conjugal, sur beaucoup de femmes sans qu’elles ne puissent s’exprimer ou parce qu’elles trouvent inconcevable de l’aborder. Banalisé, légitimé, Il est presque légalisé. Certes, les derniers rapports de l’Observatoire national de lutte contre la violence « Oyoune Nissaiya » lève le voile sur cette forme de violence (170 cas). Mais peu de femmes osent aller vers les autorités pour dénoncer leur conjoint. Le tabou que revêt ce sujet les contraint au silence. Aussi, l’ancrage fort des stéréotypes et l’absence d’un cadre juridique qui le condamne clairement favorise, en réalité, la violence de ce genre. Ce type de viol, commis au foyer au nom du mariage, a des conséquences trop graves sur la santé physique et morale de la femme. Le silence du législateur à ce sujet balise le terrain à ce comportement sadique, incarnant...

I was raped Mar26

I was raped

I was raped Posté par Qandisha le 26 mar 2012 dans Droit | 4 commentaires We launched a call for evidence for rape cases. We had no idea that the exercise would be that challenging. The aim was to demonstrate that no woman, who underwent this physical and psychological injury, could find comfort in the legal union to the abuser. It will seem absurd to some of you, because it is so obvious. However, the absurd is Moroccan and section 475 proves it. This law, which intends to apply in cases of corruption of minors and « love » teenage runaway, is senseless when violence and humiliation have marked the unique relationship between victim and offender. Nevertheless, reading these snippets of stories made ​​people aware that the articles of law regarding this issue are not the only problem areas. None of these witnesses has charged a complaint against her aggressor, because they are afraid of the social judgments, in addition to the torture and mistreatment of police officers during the interrogation of women victims of rape. Throughout the readings, the lack of emotional support is also felt. Structures empowered to help these women rebuild their lives after rape are absents and the aftermath is brought to life. They are Moroccan or foreign resident in Morocco. They testified spontaneously, against heart indeed, but with the hope that it can change things … Or even just the relief of their suffering. A.B: Today I am a broken woman. I can’t sleep without medicines and I’m afraid to go out alone , people scare me so much that I can no longer work, I quit my job and my only comfort is my friend whom I live with and who supports me a lot. My weight is...

Fui violada (testimonios) Mar23

Fui violada (testimonios)...

Fui violada (testimonios) Posté par Qandisha le 23 mar 2012 dans Droit | 2 commentaires Lanzamos una llamada a testimonios para casos de violación. No sospechábamos que el ejercicio sería tan agotador. El fin era de demostrar que ninguna mujer, habiendo sufrido este perjuicio físico y moral, podía encontrar el consuelo en la unión legal a su agresor. Esto paraitra absurdo para algunos de usted, porque tan evidente. Sin embargo, lo absurdo es muy marroquí y el artículo 475 lo prueba. Esta ley considerada aplicarse en los casos de corrupción de menores, de fuga de adolescentes « enamoradas », es tanto más insensata cuando violencia y humillación marcaron el contacto único entre víctima y culpable. Pero la lectura de estas pizcas de historias hace darse cuenta que los artículos de ley que conciernen a este expediente no son los solos puntos problemáticos. Ninguna de las victimas denunció a su agresor, por miedo de verse juzgada por la sociedad. Y esto todavía no es nada delante de la angustia de sufrir el maltrato de la policía y de la sospecha que marca los interrogatorios de las mujeres violadas. A lo largo de las lecturas, la ausencia de apoyo moral también se hace sentir. Las estructuras que deben ayudar a estas mujeres para que se reconstruyen después de una violación están ausentes y las secuelas son llevadas a vida. Son marroquíes o extranjeras residentes en Marruecos. Testimoniaron espontáneamente, a contra corazón por cierto, pero con la esperanza de que esto pueda cambiar las cosas … O sería sólo aliviarlos de su sufrimiento. A.B : A día de hoy, soy una mujer rota. No consigo dormir sin somníferos y tengo miedo a salir sola a la calle, la gente me asusta tanto que ya no puedo ni...

J’ai été violée (témoignages) Mar20

J’ai été violée (témoignages)...

J’ai été violée (témoignages) Posté par Qandisha le 20 mar 2012 dans Droit | 66 commentaires Nous avons lancé un appel à témoignages pour des cas de viol. On ne se doutait pas que l’exercice serait aussi éprouvant. Le but en était de démontrer qu’aucune femme, ayant subi ce préjudice physique et moral, ne pouvait trouver du réconfort dans l’union légale à son agresseur. Cela paraitra absurde pour certains d’entre vous, car tellement évident. Pourtant, l’absurde est bien marocain et l’article 475 le prouve. Cette loi censée s’appliquer dans les cas de détournement de mineurs, de fugue d’adolescentes « amoureuses », est d’autant plus insensée lorsque violence et humiliation ont marqué l’unique rapport entre victime et coupable. Mais la lecture de ces bribes d’histoires fait prendre conscience que les articles de loi concernant ce dossier ne sont pas les seuls points problématiques. Aucune des témoignantes n’a porté plainte contre son agresseur, de peur de se voir jugée par la société. Et cela n’est rien encore devant l’angoisse de subir le mauvais traitement de la police et de la suspicion qui marque les interrogatoires des femmes violées. Tout au long des lectures, l’absence de soutien moral se fait également ressentir. Les structures habilités à aider ces femmes à se reconstruire après un viol sont absentes et les séquelles sont portées à vie. Elles sont marocaines ou étrangères résidantes au Maroc.Elles ont témoigné spontanément, à contre coeur certes, mais avec l’espoir que ça puisse changer les choses… Ou ne serait-ce que les soulager de leur souffrance. A.B : Aujourd’hui, je suis une femme brisée. Je dors sous antidépresseurs et j’ai peur de sortir seule dehors, les gens me font peur à tel point que je n’arrive plus à travailler. J’ai démissionné de mon poste et mon...

القانون المغربي يمكن المغتصب من الإفلات من العقاب Mar15

القانون المغربي يمكن المغتصب من الإفلات من العقاب...

  طفت قضية الطفلة أمينة التي أقدمت على وضع حد لحياتها بعد أن تم تزويجها من مغتصبها, وكأي إنسان تساءلت أين العدالة؟ أين القانون؟ لكن سرعان ما وجدت الجواب. هذا هو القانون المغربي ولكي أتأكد أنها ليست فقط مجرد اتفاقات لما يسمى جبر الضرر بين أسرة الفتاة القاصر و أسرة الجاني و بمباركة السلطات المعنية, اطلعت على فصول قانوننا الجنائي المغربي وإليكم قراءة بسيطة للفصول المتعلقة بشأن الاغتصاب عموما و اغتصاب القصر على وجه التحديد و الحماية التي أولاها المشرع المغربي للقاصر المغتصبة بإسقاط العقوبة على المغتصب في حال قبوله الزواج من الضحية.1 ما هو الاغتصاب في القانون المغربي؟ ينص القانون الجنائي المغربي في المادة 486 على :1 الاغتصاب هو مواقعة رجل لامرأة بدون رضاها، ويعاقب عليه بالسجن من خمس إلى عشر سنوات.1 غير أنه إذا كانت سن المجني عليها تقل عن ثمان عشرة سنة أو كانت عاجزة أو معاقة أو معروفة بضعف قواها العقلية أو حاملا، فإن الجاني يعاقب بالسجن من عشر إلى عشرين سنة.1 عرف المشرع الاغتصاب في هذه المادة على أنه اتصال الرجل جنسيا بالمرأة كرها عنها . أو كما عرفه المشرع الجنائي في الفصل أعلاه.1 ولكي تصبح جريمة الاغتصاب مستوفية لكافة اركانها يجب توافر:1 ركن مادي يتجلى في توافر عنصري الوقاع والغصب.1 ما هو الوقاع؟ هو الأتصال الجنسى التام بين المرأة وبين الرجل بان يولج فيها قضيبه من عضوها التناسلي, أي أن كل اغتصاب واقع على امرأة من طرف رجل بالايلاج من الدبر لا يعتبره القانون المغربي اغتصابا مهما كانت فظاعة النتائج على الانثى المغتصبة لان هذا يدخل في إطار هتك العرض بالعنف و قد تطرق له المشرع في المادة 485 التي تحدد عقوبة هتك العرض مع استعمال العنف , وحددت العقوبة من بالسجن من خمس إلى عشر سنوات سجنا مع رفع العقوبة من عشر إلى عشرين سنة سجنا إذا تعلق الامر بقاصر يقل عمره عن خمسة عشر سنة.1 لا...