Le célibat : fatalité ou sagesse ? Mar09

Le célibat : fatalité ou sagesse ?...

A quel moment prenons-nous conscience du caractère dramatique de notre propre célibat ? Lorsque notre dépendance affective active la sonnette d’alarme de la solitude ? Ou lorsque nos ami(e)s, nos sœurs, nos mères, les voisines et les amies de nos mères se mobilisent pour nous ouvrir les yeux sur le No Man’s Land de notre vie affective ? Nous sommes bien trop nombreuses et nombreux à penser qu’il n’est pas normal d’être célibataire. Mais normal pour qui et par rapport à quel référentiel ? Quand il ne suscite pas la pitié, le célibat éveille les soupçons. Un homme vivant seul sera soupçonné d’être gay ou impuissant. Une femme indépendante inspirera les propos les plus absurdes pour justifier son incompétence à trouver un mari : « Ghat koun mes7oura meskina… » (Elle doit être envoutée la pauvre…) dira-t-on en messes basses. Le célibat a dans nos esprits une connotation de rejet et de marginalité. C’est une honte que nous combattons à tout prix pour ne pas être pointé du doigt. Pour accomplir cette « Sounate al 7ayate » (règle de vie) qu’impose notre culture musulmane, nous sommes prêts à nous soumettre à toutes les absurdités du marché matrimonial, à commencer par fréquenter la mauvaise personne pour les mauvaises raisons. « Au Maroc, si tu n’es pas « la fille de » ou « la femme de », tu n’es rien ! », s’avoue-t-on souvent entre femmes. Pourtant, vivre en couple uniquement pour exister aux yeux de la société, pour se détacher du foyer parental, pour se libérer des consignes rébarbatives des proches ou pour se faire faire un enfant, est loin d’être une preuve d’indépendance. C’est en réalité un symptôme de dépendance et de soumission qui nous fait beaucoup plus souffrir qu’il ne nous apporte...

Malika Mar22

Malika

  Malika m’a élevée. Dans tous les sens du terme. Malika avait 18 ans quand je suis venue au monde. Je lui ai fait rater son bac cette année là. L’année d’après, elle ne s’était même pas présentée aux examens. J’avais contracté la coqueluche et pour je ne sais quelle raison, elle se sentait coupable. L’instinct maternel sans doute. Elle avait veillé sur mes insomnies et mes quintes de toux. Elle avait perdu davantage de poids, aux dires de ma mère qui angoissait du coup pour nous deux. Malika avait échappé de peu à un misérable destin en rencontrant cette cousine éloignée qui ne pouvait se résoudre à laisser une jeune fille toute maigrichonne passer à côté d’une scolarité normale et porter sur sa frêle ossature le poids d’un ménage dans une maison de riches. Il n’était pas question que ma mère paie la sienne pour l’avoir. Ce n’était pas une domestique, mais une cousine qui allait avoir peut-être une chance de s’en sortir, contrairement à ses soeurs. Elle avait donc dix ans lorsqu’elle a rejoint le jeune couple à El Jadida, où elle a pris le chemin de l’école. Je suis née 8 ans plus tard. Dans mes tout premiers souvenirs de Malika, j’ai en tête l’image de ce sourire indélébile, ces joues qui rougissaient comme des tomates, ce teint bronzé que j’aimais tant et des yeux tellement bridées que j’en étais fascinée. Jamais Malika ne me refusait une demande ou un caprice. Mon bonheur à mon retour d’école était de me retrouver seule avec elle et de profiter de toutes ses faveurs avant le retour des autres. Elle avait toujours quelque chose pour moi : une gaufrette, un fruit, une glace, des caramels ou, à défaut, de gros câlins qui couvrent la...

Quoi mon voile? Qu’est ce qu’il a mon voile? Déc05

Quoi mon voile? Qu’est ce qu’il a mon voile?...

  Oui c’est bien à toi que je m’adresse. Toi qui me dévisages. Toi qui envisages de me coincer au coin d’une rue ou d’un couloir pour me dire que je ne le porte pas bien. Je m’adresse à toi qui trouves que je fais honte à l’étoffe qui couvre ma tête. Toi qui mesure ma piété et mon respect du droit chemin par la longueur de mon étole et de sa totale opacité. Toi qui m’accuses de porter un voile dévoilé en oubliant qu’avant tout, toi et moi sommes des êtres humains qui commettons des erreurs et devrons plutôt s’acharner pour nous faire pardonner. Qu’est ce qu’il a mon voile ? Toi qui écarquilles les yeux, qui murmures à ton voisin ta consternation en en me voyant manifester ma joie sur les gradins pour encourager mon équipe favorite ou en entendant des insultes ou injures qu’un automobiliste me force à proférer. Toi qui me regardes du coin de l’œil quand je mets mon voile après une séance de sport déchainée ou de soins chez le salon de coiffure. Qu’est ce qu’elle a ma tête voilée, toi la vendeuse de la boulangerie huppée qui balbuties pour demander, dans un français approximatif, la commande aux clients devant moi et qui une fois, mon tour arrivé, me dis en arabe/darija « oui lalla ». Encore cette situation me fait sourire ainsi que celle du Stewart de notre compagnie nationale qui avec un faux sourire demande aux passagers ce qu’ils désiraient dans la langue de Molière, sachant que le vol desservait un pays germanique et bien sur une fois à mon niveau, me lance sèchement « chrifa djaj oula lham » autrement « poulet ou bœuf ». J’ai manqué de lui répondre : « Chiken for me...

À qui appartient le corps de la femme? Août26

À qui appartient le corps de la femme?

À qui appartient le corps de la femme? Posté par Sanaa Takhssait le 26 août 2013 dans Focus | 22 commentaires Le visage découvert, couvert. Civilité ? Soumission ? Il me semble que si nous voulons comprendre et mieux poser le débat, il faut que nous partions aussi d’un point fondamental qui consiste à discuter du corps des femmes telle qu’il a été envisagé par la société, en nous posant une question mi-empirique mi-théorique : À qui appartient le corps des femmes? Il est nécessaire de rappeler que tous ces débats tournent autour d’un seul élément : le corps des femmes. Un corps couvert et effacé tel qu’il est représenté dans la photographie de la photographe Yéménite Bouchra Almutawakel, ou un corps nu, objet des revendications des Femen. Depuis toujours, le corps des femmes est l’objet d’un traitement très différent de celui réservé au corps des hommes. Recueillant autant de louanges émues quand il est jeune, dégoûté en cas de non-conformité à un idéal de séduction jamais atteint, étalé nu ici, honteusement couvert et recouvert là, cet « éternel féminin » semble cultiver la contradiction. Depuis les travaux des champs jusqu’à ceux de l’usine et de la maison, depuis les soins aux enfants jusqu’au soutien aux anciens et aux malades, depuis le poids de la culpabilité des désirs « illégitimes » des hommes jusqu’à leur satisfaction même non consentante, depuis la virginité réelle ou simulée jusqu’à la mise au monde d’enfants qu’elles ne désirent pas, la construction sociale d’un corps féminin problématique (compliqué, faible, malade, uniquement centré sur ses fonctions reproductrices…) et pourtant bon à tout faire, supporte des assignations qui deviennent à la fois cause et conséquence du statut inférieur des femmes, de leur dévalorisation symbolique et de leur exploitation et marchandisation économique, notamment dans le champs médiatique. Qu’on les veuille voilées ou dévoilées, les unes comme les autres dans la rue, dans l’espace public, sont ramenées à cette dure réalité : elles ne valent qu’en tant que «sexes» et pas en tant que personnes ayant des intérêts et des fonctions multiples, vaquant simplement à leurs occupations. Leur corps ne leur appartient pas tout à fait, puisque n’importe quel inconnu peut se permettre d’en commenter les caractéristiques ou l’accoutrement. Cantonnées dans ce rôle/organe de « sexe », elles sont à chaque instant susceptible d’être évaluées, désirées ou agressées par un homme. Dans le viol, dans la prostitution, dans les films X, dans les mutilations sexuelles, dans l’obligation de se cacher sous un voile, dans les publicités, et tout bonnement dans la pression constante prônant la beauté, la minceur et la jeunesse, c’est toujours la même chose qui est rappelée aux femmes : la société, régie par les hommes, a un droit de regard, et même un droit d’usage sur leur corps, à des fins de reproduction ou de guerre, à des fins religieuses ou...

A ma fille… Juin24

A ma fille…

A ma fille… Posté par Rabiaa Moueden le 24 juin 2013 dans Focus | 39 commentaires Je n’ai jamais autant pleuré que lors de cette journée de grand nettoyage. Pourtant, je ne suis ni allergique aux acariens ni au ménage. Lorsqu’on naît femme, on se prémunit contre les corvées du quotidien, mais pas contre l’insoutenable légèreté de la mémoire. J’ai sorti de l’armoire les vieux albums. A chaque grand ménage, j’envoie mes deux ados chez leur tante paternelle qui se fait une joie de renifler les enfants de son défunt frère et de leur construire une mythologie sur un père imaginaire. En tout cas, c’est loin d’être celui que j’ai épousé, mais les histoires drôles qu’elle leur raconte et leurs yeux qui brillent innocemment me donnent un sourire sincère aux choses. Pourquoi rompre un charme inoffensif? Cette fois-ci, ma fille est partie seule. Mon fils, lui, est parti rejoindre ses camarades de classe dans une petite excursion improvisée et encadrée par un prof dans son école. Avant de partir, il lui a sorti sa langue, exaspérant sa frustration de ne pas pouvoir l’accompagner. Je l’en avais empêchée. Pourquoi? Elle a 14 ans. Elle est jolie comme un coeur. Les regards des hommes qui s’attardent sur son corps me révulsent et m’effraient au plus haut point. Et comme je désespère de la responsabilité de son frère ainé, je ne peux lui confier de la protéger comme il se doit. De plus, je ne suis pas dupe sur ce qui se passe lors des excursions. Alcool et débauche sont au rendez-vous à chaque fois. Elle m’a regardée avec des yeux humides, le coeur brisé de mon « manque de confiance ». Elle qui a bossé studieusement toute l’année, pendant que je devais justifier l’absentéisme régulier de...

Proposition indécente… Juin10

Proposition indécente…...

Proposition indécente… Posté par Ilhame Amarro le 10 juin 2013 dans Focus | 19 commentaires « J’aimerais savoir si vous êtes intéressée par devenir accompagnatrice de personnes ? » Cette phrase résonne dans ma tête depuis deux jours. Après un dîner parisien, je me dépêche pour prendre mon train de 22h30. Malheureusement, mon karma a décidé autrement et je l’ai raté à une minute près. Quelle chance !!! Je vais devoir attendre encore une demi-heure. Habillée d’un jean, d’une veste et de chaussures à talons, j’avais un look chic et décontracté, rien de choquant !! Debout face aux quais, j’essaie de tuer le temps en checkant mon facebook. Soudain, un homme surgit de nulle part et me dit : « Excusez-moi, je veux vous poser une question ». Je le fixe un laps de temps avant qu’il rajoute « ce n’est pas un plan de drague donc ne vous inquiétez pas ». L’homme est habillé en jean et pull, il devait rentrer chez lui avant de me repérer et s’arrêter pour me faire une proposition indécente voire humiliante. Je prononce une seule phrase : « Allez-y, je vous écoute ». Avec une assurance surprenante, il me sort « J’aimerais savoir si vous êtes intéressée par devenir accompagnatrice de personnes ? » Ma naïveté ou peut-être mes problèmes auditifs m’ont fait comprendre que la personne devant moi est accompagnatrice de personnes et qu’elle cherche un travail jusqu’à ce qu’elle m’explique : « C’est pour accompagner des hommes d’un certain âge et c’est rémunéré 1000 euros la soirée » Je fronce mes sourcils, je sens la colère m’envahir et je lui dis « Escort girl? Je suis ingénieur ». Je ne sais pas pourquoi je lui ai sorti ces mots, sans doute pour exprimer un sentiment...

Réveillez-vous les femmes : « la police » des mœurs est de retour ! Mai22

Réveillez-vous les femmes : « la police » des mœurs est de retour !...

Réveillez-vous les femmes : « la police » des mœurs est de retour ! Posté par Majda Saber le 22 mai 2013 dans Focus | 133 commentaires Réveillez-vous les femmes, « la police » des mœurs est de retour ! Oui ! Détrompez-vous ! On n’est pas en Iran, on est au Maroc, je suis marocaine. Au pays, où je n’attends l’autorisation de personne pour conduire un vélo ou une voiture. Et pourtant, je me rends compte que là, on m’interdit plus. On m’interdit de prendre les rênes de ma vie, de vivre en citoyenne jouissant de tous ses droits d’Etre humain, sans être renvoyée à la case de Pute. Je n’ai rien contre les putes. Mes respects à Vous Mesdames ! Voilà, c’est la troisième fois qu’on m’interdit de rentrer chez-moi. Oui vous avez bien entendu : « chez-moi ! Là où j’habite ». Une bande de mecs, nommés membres du syndic ont donné l’ordre de m’interdire l’accès chez moi à chaque fois que je serai accompagnée d’hommes. Là où il y a hommes, il y a baise, et mes chers membres du syndic de la résidence se sont attribués le droit de juger mes mœurs, mes relations et de tout mettre dans la case « Cul/baise ». Je demande une réunion qui dure presque deux heures, où je débats avec trois hommes qui m’expliquent que l’interdiction est pour me protéger et que mon statut de célibataire me mets au pied du mur. « Madame ! Vous êtes déclarée célibataire alors vous n’avez pas le droit à des visites d’hommes étrangers ! Bien entendu à part votre frère, père et les femmes ! ». Je tente de garder mon sang froid avant de cracher mon feu. J’explique que je suis majeure et vaccinée...

Femmes…mais violentes Avr22

Femmes…mais violentes...

  Admettons ensemble qu’on commence à en avoir assez de ces slogans stériles qui dénoncent la violence physique contre les femmes. « Stop à la violence contre les femmes » ; « Non à la violence contre les femmes » ; « soyons à l’écoute des femmes battues» … Une multitude de slogans qui versent tous, certes, dans la dénonciation d’un grave phénomène que nous partageons même avec les sociétés et pays les plus développés, les plus civilisés, les plus égalitaires. Un phénomène qu’il faut continuer à décrier et à dénoncer. Un phénomène qui est loin d’être atténué. Quoique dans les pays dits « développés » et qui nous devancent en tout, des associations ont parallèlement vu le jour pour protéger les hommes battus par leurs épouses. Je n’ose pas encore imaginer l’existence d’une association similaire dans notre société si machiste, ni imaginer les milieux dont lesquels elle interviendra et quels slogans elle osera diffuser. En attendant, je préfère aborder d’autres formes de violence, une autre forme de maltraitance et de nuisance à la gent féminine : notamment celle qu’elle subit de la part de ses semblables. Et oui, chères mesdames il faudrait reconnaître qu’il nous arrive d’être très violentes entre nous, qu’il nous arrive de dégager une violence que même le plus féroce des machos ne pourrait contenir. Sinon comment pourrait-on qualifier : Les discours de certaines extrémistes féministes qui conditionnent la pensée de leurs jeunes disciples en faisant de l’homme leur ennemi. Un antagoniste à qui il faudrait livrer bataille sur tous les terrains. Des extrémistes qui me donnent l’impression d’agir dans un monde virtuel. A ceux-ci ou plutôt à celles-ci, je demande réponse à une seule question : pourquoi je paye les mêmes cotisations au régime retraite et assurance maladie et...

إفك الوسطية أو ميساء سلامة الناجي Avr02

إفك الوسطية أو ميساء سلامة الناجي...

إفك الوسطية أو ميساء سلامة الناجي Posté par Hanane Guennoun le 2 avr 2013 dans Focus | 67 commentaires Hanane Guennoun خرجت منذ فترة من حيث لا أحد يدري، أقبلت علينا بثوبٍ درامي، كمن يُريد أن يعيش و أن يُعاش معه « ريميك » لرائعة هرم السينما يوسف شاهين، فيلم « عودة الابن الضال ». لكن في الواقع، لا يهم من أين أتت و من تكون، بقدر مايهم أن أفهم حيثيات و أهداف جرمها المكتوب، الذي لا تمل من اقترافه في حق الحرية و المرأة و الفن و حتى في حق الإسلام نفسه. لا أحد يعي ماهية العلاقة الخفية المخفية بين ادعاء هاته الآنسة الدفاع عن الوسطية و الثورة لكرامة الدين، و بين العنف و الحث عليه، و سيوف الحيف التي تقفز من « مقالاتها » لتضرب رقاب قيم مهمة، أريقت من أجلها الدماء، و ذاقت في سبيلها شعوبٌ من القهر و الذل ألواناً. ما هي يا ترى الرسالة الكاملة السمو، التي تحملها « سيزيف » العصر الإسلامي الحديث على عاتقها؟ بعد متابعتي، على مضض، لانفعالات الميساء، التي غالباً ما تنجم عنها كتابات تدخل في عداد التطرّف الفكري، و العنف ضد الإنسانية، أظنني فهمت أن فريستها الوحيدة، و عدوها اللدود، ما هو إلا ذاتها كامرأة، و في جموع النساء تنتقم من نفسها لضحايا نجهل هويتهم. فتارة تأتي بالعفو و الخلاص لكل مختل جنسي بغيض، و ترمي بالمسؤولية أكملها على أم رأس القاصرات، قائلة أن في زواجهن أو تزويجهن خير كثير و سلام ,و تحصين لهن من الشهوات و إثمها، و من الخطيئة و عارها، و تارة أخرى تضرب عرض الحائط بمبادىء المساواة و الأحقية و العدالة المهنية المبنية على المؤهلات و الكفاءات، صارخة على أعلى الأسطح و بأعلى صوت، أن مكان المرأة و مآلها هو المنزل، مهما تعلمت و تكوّنت و فهِمت و علِمت. بل و ذهبت ربة الصون و العفاف إلى أبعد من...

Diplôme, boulot, mari ! Mar25

Diplôme, boulot, mari !...

  Lors d’un entretien d’embauche, une amie a eu droit à une question surprenante : « Envisagez-vous de vous marier dans les trois prochaines années ? ». Le RH rajoute : « Je vous pose cette question, car le poste est soumis à des astreintes et vous seriez amenée à travailler la nuit et certains weekends, bien évidemment pas tout le temps… ». Cet échange m’a fait réfléchir sur l’équilibre entre la vie de famille et l’évolution professionnelle. Pourrions-nous sacrifier quelques années de notre existence, pour s’imposer dans le monde du travail et booster rapidement notre évolution avant de réfléchir au mariage et aux enfants ? La femme marocaine a évolué au fil des décennies. On est passé d’une grand-mère qui n’a pas eu de scolarité et qui s’est consacrée à son mari et à ses enfants, à une mère cultivée, mariée jeune et qui a réussi à trouver un équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, même si la balance penche en faveur de la famille. Enfin, on trouve les jeunes femmes de notre génération qui s’engagent dans des cursus universitaires assez longs, afin d’acquérir un diplôme, assurant ainsi un certain rang social ( ingénieur, médecin, docteur, avocate…). Jusque-là tout est normal, mais une fois le diplôme en poche, la jeune femme se lance dans un combat périlleux : « Chercher un travail », ou le vrai parcours du combattant au Maroc. Les plus chanceuses (ou les pistonnées) se trouvent une place dans le marché du travail et se consacrent au but ultime de leur existence : TROUVER UN MARI! Personne ne peut nier que l’aspiration à fonder une famille est jugée unanimement légitime. Toutefois, plusieurs questions me tracassent : Pourquoi s’engager dans de longues études sans chercher derrière à les...

Non je ne zapperai pas! Mar19

Non je ne zapperai pas!...

  « Je t’attraperai par ton vagin et je te pendrai. C’est ce que tu mérites ». Pour ceux qui ont raté la phrase en arabe, c’est littéralement la traduction de la déclaration qui m’a été faite en pleine rue de Rabat et en plein jour. Entendre une telle phrase heurte votre « sensibilité »? Vous trouvez cette expression vulgaire? Si c’est le cas, vous avez raison de réagir, d’être insupportés. Mais attention, ne vous trompez pas de cible. Ne vous attaquez pas à la personne qui vous rapporte ces mots mais à celui qui les a proférés en plein public. La réaction qu’elle devrait créer est de souhaiter que cela ne se reproduise plus, et non pas d’en vouloir à la citoyenne qui rapporte ce qu’elle a enduré. Dans chacun de ces commentateurs bien-avisés qui me demandent, choqués, comment j’ose écrire de telles choses, je vois ce passant et ce spectateur qui assiste à mon harcèlement et à celui de toutes les femmes sans ouvrir la bouche, voire qui sourie devant la scène. Ce même spectateur intervient dès que j’ »ose » m’arrêter et interpeler mon agresseur. Ils accourent tous pour me dire: « ne fais pas attention à lui », « continue ta route et fais comme si de rien n’était », « ne lui réponds pas, ça peut mal finir », « tu as l’air d’une fille bien, d’une fille respectable, ne t’abaisses pas à son niveau », « s’il t’agresse, baisse les yeux et accélère le pas ». C’est à en créer bien des troubles psychologies! On t’agresse, mais tu dois faire semblant de n’avoir rien entendu, rien ressenti, pire tu dois garder tout ça pour toi. Car si tu le répètes, TU es vulgaire, TU n’es plus respectable. En...

La vieille femme marocaine : une précarité dessinée par le patriarcat Mar11

La vieille femme marocaine : une précarité dessinée par le patriarcat...

  Le cercle des vieux marocains s’élargit ! Les études statistiques de l’HCP l’ont prouvé : D’ici 2050 ils seront (nous serons) 10 millions de personnes âgés dans le Royaume. Cette mutation de la société marocaine aggrave d’avantage la situation de la gent féminine : La vieille femme d’aujourd’hui était une jeune femme analphabète et totalement dépendante d’un mari beaucoup plus âgé qu’elle. La vieille femme d’aujourd’hui est donc généralement une veuve pauvre, vulnérable, perdue, probablement atteinte d’une maladie chronique et continue de dépendre de ses enfants, vu que sa maigre pension ne peut en aucun cas couvrir ses besoins. Une simple confrontation des avancés concernant l’autonomisation des femmes marocaines avec les études sociodémographiques démontrera qu’on est loin de mettre fin à cette situation désastreuse. Il parait que le patriarcat continue à s’imposer, continue à faire en sorte que les femmes finissent mal leurs vies ! Je ne comprends guère la myopie de nos politiciens vis-à-vis les retombées culturelles et éducatives sur les affaires économiques du royaume et le bien-être de ses citoyens. Pourquoi sont-ils incapables d’agir et d’accélérer un peu la vitesse des reconfigurations socioculturelles ? La réponse est assez claire : Le patriarcat reste beaucoup plus puissant que la volonté politique. Je dirai même que le patriarcat reste soutenu par une sorte de volonté politique d’un gouvernement piloté par des conservateurs. Le gouvernement promet de revoir la pension des veuves marocaines à la hausse : Elles toucheront 1000 Dhs… oui 1000 Dhs ! Mr Benkirane n’avait pas honte de le déclarer. Que voulez-vous qu’il fasse ? Tirer ces femmes par leurs mèches blanches pour qu’elles redeviennent jeunes, instruites et actives ? Il est plus judicieux de jeter un coup d’œil sur les taux de chômage, d’alphabétisation des jeunes marocaines d’aujourd’hui et tirer...

L’ambition au féminin Fév26

L’ambition au féminin...

  Retour au bureau! Collègues souriants. Vous, pimpante de la tête aux pieds et de surcroît jeune maman. Ok, vous avez droit à une heure de « r’daâ »(allaitement) par jour. Le bébé est bien pris en charge par mamie ou belle mamie, bref : ça va. Tout est bien réglé pour être tranquille au bureau. Heureuse de retrouver vos dossiers et vos collègues. Mais voilà, tout ne peut pas être rose comme on le voudrait. Après plusieurs semaines d’arrêt de travail pour congé de maternité, une pénalité vous est donnée : les collègues sont là mais les dossiers partis… où ??? Allez savoir. Il faut vous faire regretter ce bébé tant attendu et espéré. Revenons au bureau ; vous cherchez vos dossiers, naturellement, personne ne sait quoi, qui, où, comment… Vous affichez une annonce « wanted mes dossiers ! ». Non, tout le monde est atteint d’Alzheimer comme par hasard. Fini les considérations, les promotions, en cadeau, vous êtes devenue une dévalorisée intellectuelle. Eh oui, désormais, vous raisonnez en système BB « bébé-biberon ». Pour vos collègues mâles qui s’étaient débarrassés de vous pendant 3 mois, et encore vous n’avez pas cumulé vos jours de vacances comme prolongation… Les 90 jours sans votre bon parfum qui embaumait le bureau sont devenus 90 jours de joie et bonheur. Désormais pour ces « homo sapiens » vous sentez le talc, le lait et toutes les crèmes contre les irritations…Vous sentez le « bébé » et les leurs, ils n’existent que quand ils veulent une promotion. À l’avenir, Vous n’êtes plus à leurs yeux qu’une mère sans cervelle, qui de surplus se joint à leurs « chères épouses » restées à la maison pour s’occuper des enfants, évidemment, puisque les femmes mettent au monde des bébés...

Une femme sans couverture Fév18

Une femme sans couverture...

Oui c’est ce que je suis : une femme sans couverture. Ma personne, mon vécu, mon âme et mon existence… bref, ma vie se limite à ces deux mots : sans couverture. Ce matin mon amie ou plus justement ma vieille amie m’a appelée pour me demander très gentiment et, avec les mots les plus doux, de ne pas assister à sa petite fête d’anniversaire. Cela fait plus de 10ans que je suis à la tête de la liste des invités, les invités qui sont presque toujours les mêmes depuis plus de 10 ans aussi. La liste s’est bien élargie au fil du temps. C’est normal, nous nous sommes tous mariés… Erreur ! Pas tous : moi je ne fais plus partie du clan, je ne suis plus mariée, ou plus justement ma couverture a sauté comme dans les films policiers. Je ne suis plus à l’abri. Je dois courir me cacher ou me trouver une nouvelle couverture ! La deuxième option reste la meilleure, pour pourvoir réintégrer à nouveau le monde des personnes à l’abri …. À l’abri de je ne sais quoi. Mon amie cherche des explications… encore. Elle n’en trouve pas et finit par s’aplatir et dire la chose la plus cruelle et la plus absurde : tu n’es plus la bienvenue dans le groupe des personnes couvertes. Je suis une femme divorcée, voilà mon crime. Plus mon amie parle et plus je me rends compte des mes erreurs. J’étais couverte, il n’y a pas très longtemps, j’étais comme elles, un être normal, un être couvert. Oui, à la demande de mes amis, de la société, du monde entier, je me suis couverte d’un homme que je n’aimais pas et qui ne m’aimait pas non plus. Nous avons cherché à nous couvrir...

Enfin Libérée Jan29

Enfin Libérée

Chez nous, comme chez la majorité des familles maghrébines, Toute fille pubère est perçue comme une « 3awra » (partie honteuse). Et le hijab joue la fonction de voile (couverture) qui lui a été assigné depuis longtemps. J’ai donc été obligée de le porter sans opposer de refus, puisque mon père ne cessait de me demander  quand est-ce que je comptais le faire…  j’avais à ce moment là 14 ans. J’étais dé-personnifiée, d’autant plus qu’à cette époque je n’étais pas la seule à me voiler en famille, et qu’on avait toutes le même âge. Une fois voilée, mes parents étaient heureux et il me suffisait de les voir intensément joyeux, pour accepter la situation qui me semblait pénible. Au-delà de mes parents, j’ai constaté aussi que je grimpais dans l’estime de tout le monde : famille, amis, voisins… Mais au fond de moi, je n’étais guère satisfaite, j’étais simplement contrainte à faire semblant de l’être pour préserver l’honneur de la famille. Mais ce n’est qu’après quatre années de soumission, que j’ai commencé à comprendre les choses : pour commencer, ce voile que je portais a été une entrave pour mes études, sans pour autant me protéger du harcèlement et des pervers. Et c’est à ce moment là, que ma souffrance a commencé. Je me suis rendu compte que je n’étais pas sur la bonne voie. Mais l’idée qui me hantait toujours était que : tant que je portais un voile sur la tête et ma virginité entre les cuisses, c’est la virilité des mâles et la réputation des autres femmes, membres de la famille, qui sont préservées… et je me disais aussi à chaque fois que j’avais un doute, que la jeune fille Marocaine est particulièrement victime de commérages… Et l’on sait quel enjeu représente « l’honneur » pour une famille dans...

المرأة المغربية بين الصورة الإعلامية والواقع الاجتماعي Jan25

المرأة المغربية بين الصورة الإعلامية والواقع الاجتماعي...

« المرأة الجسد، المرأة الضحية، المرأة التقليدية، هي الصور الطاغية على الإعلام المغربي في غياب إستراتيجية إعلامية واضحة، تكسر دونية المرأة واضطهادها في ظل العادات والتقاليد السائدة في المجتمع. إستراتيجية إعلامية تنفض الغبار عن الدور الكبير الذي تلعبه المرأة المغربية في شتى المجالات الأدبية، الاجتماعية، الاقتصادية، السياسية، العلمية والفنية… » لقد كثر الحديث عن المرأة المغربية وحقوقها ومساواتها بالرجل، إلى أن صار موضوعا متداولا ومستهلكا في مختلف المنابر الإعلامية الورقية والالكترونية، السمعية والبصرية. غير أن الحديث عن المرأة ظل موضوعا عاما وموسميا، ولا يحتل سوى حيز ضيق في بعض المقالات التي تتخذ المرأة موضوعا لها. وهي مقالات غالبا ما تُنشر على هامش جريدة يومية أو مجلة نسائية، هذه الأخيرة التي تولي أهمية كبيرة للمواضيع المتعلقة بالطبخ، الجمال، الديكور، الأزياء التقليدية والعصرية، الأبراج، الأخبار الفنية وكل المواضيع التي من شأنها شد انتباه القارئات من النساء اللواتي ينتمين إلى الفئة الاجتماعية الميسورة. في حين تظل المرأة الخادمة والمرأة العاملة والمرأة المهمشة والمرأة القروية، مجرد موضوع لمقالات موسمية يروج لها خلال اليوم العالمي للمرأة (8 مارس)، هذا اليوم الذي يعتبر مناسبة للاهتمام بالمرأة ومناقشة همومها وقضاياها الشائكة بشكل لا يرقى إلى المستوى المطلوب في بعض الندوات والتحقيقات التلفزية أو الإذاعية. خاصة وأننا في ظل مجتمع ذكوري، يعتبر المرأة كائنا ضعيفا يحتاج إلى وصاية الرجل (الزوج، الأب، الأخ، الابن،…)، الذي يُحدد لها مساحة معينة للمشاركة في مختلف مناحي الحياة العامة، لتتماشى مع الأعراف والتقاليد السائدة في المجتمع، والدور النمطي للمرأة، بغض النظر عن المكتسبات المميزة التي حققتها في مختلف المجالات الاقتصادية والاجتماعية والسياسية والفكرية… إذ إن المجتمع المغربي لا يزال مصرا على إعادة إنتاج الصورة التقليدية للمرأة واختزالها في الجسد والمتعة الجنسية والإنجاب. ويعتبر الإعلام بمختلف أشكاله، وسيلة فعالة لتسويق الأفكار وزرع القيم والمبادئ بين الأفراد، وكذا الترويج لمفاهيم تنال من الحقوق الأساسية للمرأة المغربية وترسخ صورتها التقليدية (الأم، الزوجة، الخادمة…) وتبعيتها للرجل، فيساهم الإعلام بشكل مباشر في إعادة إنتاج...

Marocaine et PAS fière de l’être ! Déc05

Marocaine et PAS fière de l’être !...

Je suis la première à le regretter, mais je suis devenue au fil du temps et des désillusions incapable de revendiquer ma marocanité avec fierté. En effet, et au risque d’imiter Hollande avec sa célèbre anaphore « moi président » : – Je ne suis pas fière d’être marocaine dans un pays où des hommes disent « lmra » suivi d’un « hachak » insultant en parlant de leurs épouses. – Je ne suis pas fière d’être marocaine quand siège une seule femme au gouvernement. (et Dieu sait que les compétences féminines ne manquent pas). – Je ne suis pas fière d’être marocaine là où une justice absout le violeur lorsqu’il fait amende honorable en épousant sa victime. QUELLE ABERRATION ! Et notre Ministre de la famille qui enfonce le clou… – Je ne suis pas fière d’être marocaine lorsque mes concitoyennes risquent leur vie par milliers en recourant à des faiseurs d’anges, faute de bénéficier d’un avortement médicalisé. – Je ne suis pas fière d’être marocaine dans un pays où les filles mères ou mères célibataires sont traitées comme des parias, parfois emprisonnées et où les pères ne sont même pas contraints par la loi de reconnaître leur paternité et d’assumer leurs responsabilités. – Je ne suis pas fière d’être marocaine quand nos rues sont envahies par des hordes de mendiants, souvent professionnels, et d’estropiées, parfois simulateurs. Que fait notre gouvernement pour contenir ce flot de misère ? – Je ne suis pas fière d’être marocaine dans un pays où le malade indigent doit filer un bakchich à l’infirmière pour la consultation, payer son IRM, apporter le consommable nécessaire à son opération et se faire livrer son repas par ses proches pendant son hospitalisation. Et s’il n’arrive pas à se débrouiller pour tout ça, qu’il crève ! – Je ne suis pas fière...

Pssssss! Nov22

Pssssss!

Question existentielle du jour : Quelle est l’origine du « psss, psss » dans la rue marocaine ? Comment est née cette spécialité locale ? Je me suis toujours demandée comment l’auteur du premier « psss » a eu l’idée d’inventer cette onomatopée. Et est-ce que ça a vraiment marché pour que tout un pan de notre société l’ai hérité et rendu si populaire ? Je ne sais pas si j’arriverai à avoir des réponses à mes questions, mais en attendant, je me penche un peu sur ce phénomène. « Psss » ? Un son ni beau à émettre, ni beau à entendre ! C’est un effet plus ou moins long, ca va du « ps » au « psss » au « pssssssssssst » (attention le « t » montre que le sujet, appelons-le « psssteur », insiste), qui semblerait signifier à la femme à laquelle il est adressé que ses charmes ne laissent pas indifférents. Le « psss » peut-être utilisé seul ou accompagné d’artifices verbaux indiquant l’état d’esprit de son auteur : Voici les différents cas de « psss » : – Le psss isolé, plutôt discret : vous marchez, vous l’entendez mais il est très bas, voire étouffé. Technique d’un psssteur pas très sûr de lui, qui aurait aimé tenter une approche plus subtile, mais qui, sous le coup de la timidité, préfère se rabattre sur du classique vu et revu. – Le « psss » suivi d’un joli diminutif de femelle ou d’aliments: 9tita, la gazelle, kawkawa, ka3b ghzalla… Le psssteur vous trouve plutôt jolie et pense naïvement que cela vous touche (j’essaie de comprendre le parallèle entre une belle femme et ka3b ghzala, mais j’avoue que je sèche) – Le psss suivi de descriptifs pas très flatteurs : el begra,...

Salariés ou esclaves? Nov19

Salariés ou esclaves?...

Lorsqu’on passe huit heures par jour ou plus dans la peau d’un robot, on perd un peu ses repères au moment où on souhaite changer de casquette et revenir à notre nature humaine. Tu as de plus en plus la certitude que le salariat n’est autre que l’esclavage des temps modernes, un esclavage hautement et soigneusement réglementé, à tel point que l’on croirait que la retraite est une espèce de récompense pas très méritée, que les congés sont le fait de la bonté des employeurs. Les jours se ressemblent et passent un peu trop vite. Tu  te réveilles le matin, non pas parce que c’est un phénomène biologique mais parce que c’est une obligation professionnelle. Tu t’habilles presque dans le noir, tu zappes le passage devant le miroir les jours où tu te permets cinq minutes de sommeil supplémentaires, tu ne prends pas de petit-déjeuner ou alors tu le fais dans l’ascenseur, en dégringolant les escaliers, en traversant la route, tu voles des gorgées de café dans les feus rouges. Tu arrives au boulot fatigué, déjà… Commence alors une  journée interminable où productivité et efficacité sont les mots d’ordre. Pas droit  à l’erreur, à la fatigue, tu traînes la patte, on te regarde de travers, tu te permets une petite pause histoire de relancer ta concentration, tu as droit à tous les commentaires possibles (et pas possibles)… Sans parler des petites parties de « rêveries », quoi? oublies ! C’est un crime contre l’humanité le capitalisme. À midi, tu grignotes un truc à la va vite quand ton agenda le permet et rebelote, entre meetings, coups de téléphone et toutes les autres tâches rébarbatives qui consomment tout ton temps et te consument… Tu ne penses qu’à une chose : sortir de ce trou au plus vite. Quand tu sors : olééééé, à moi la vie ! Tu hésites entre partir à...

Capelli Satani Oct17

Capelli Satani

« Cachez ces cheveux que je ne saurais voir », semblent nous dire ces yeux pleins de reproches face à notre chevelure libérée. Oui, désormais, lorsque je me promène dans les rues de mon pays, vais au marché, au salon de thé, je me sens de plus en plus esseulée, étouffée, asphyxiée par l’idée que bientôt je ferais partie des exceptions. Serais je devenue, moi adepte des cheveux coiffés décoiffés, dévoilés, moi traqueuse des cheveux négligés, cassandre châtain – pour ne pas dire catin – source de tous les pêchés ? Non contentes de m’offrir leurs regards pleins de mépris, certaines osent même m’interpeller, croyant me culpabiliser, voulant me materner, me sauver « Allah yehdik » (que Dieu te ramène au droit chemin) qu’enfin tu couvres ces capelli satani – ces cheveux sataniques que tu mets sous le nez, les yeux, la b… de nos sexes forts de mâles, de maris, si faibles devant telle maléfique tentation, inspiratrice de leurs plus viles obsessions ! Dieu que ces cheveux font rage, ils sont la source de tous les maux qui rongent notre société. Mais oui cela est bien sûr : Education à l’agonie ? C’est la faute aux capelli satani, Culture moribonde ? C’est la faute aux capelli satani ! Incivisme, routes qui tuent, corruption etc, etc.., toujours à cause de ces capelli satani qui aveuglent, décontenancent, déstabilisent tous les mâles du comté ! A bas peignes, séchoirs, brosses, barrettes (non pas de shit, çà c’est bon pour le business !) ; à mort les shampouineuses, les coloristes, les coiffeuses, les coiffeurs visagistes (et doublement ceux là car les trois quart sont des homo sapiens comme dirait Ahmedi – Stafreulah, stafreulah) ; Sus (non pas sus que tu crois) –  sus aux dermatologues spécialistes des implants capillaires, au diable extensions...