Je suis l’Africaine Août20

Je suis l’Africaine...

Je suis l’africaine Noire ébène A ma blanche peau Ne prêtez d’importance Je suis la fille des sables Mon âme est tannée Mon cœur bat de sang brun Si noir Ne me parlez plus de Méditerranée Je suis née africaine Marcher nu-pieds Me sied mieux Mon regard pleure l’olive Brune Noire Je Suis Fille Des Sept Collines Tuez-moi encore Je reviendrai demain Noire comme à mon premier jour Ne prêtez guère d’attention A ma langue pure D’arabe, à mon français Châtié ou même A mon sang d’amazighe Je m’alourdis de chaînes Et Marche Vers Mon Afrique Expier les crimes de ma race Je me tiens debout Ensanglantée et ouvre mes bras A mon ami africain Je maudis les négriers De toutes les histoires Anciennes ou si proches Sur le sable je m’allonge Me livre à la marée noire Vigoureuse Ils m’ont spoliée de toi Mon Afrique Mais je te reviens Gorgée de feu Je te reviens Et mon poème Est d’écriture royale Bamoun est mon poème Cousin du Tifinagh Saint Augustin sourit Njoya est assis sur son trône Il bénit la sueur de mes mots Il n’est d’Orient ni d’Occident Mais des deux à la fois Il trace la Bible le Coran Sur un unique parchemin Et les signes anciens Ouvre-moi tes bras Njoya Ouvre-moi Et je dormirai Sur Ton Cœur Moi la fille aux yeux de jais  Moi l’africaine  Que l’on assassine  Qui renais toujours Ma géographie N’est pas simple Mais je ne m’y perds pas Je sais ce que mes courbes recèlent Mon dos plantureux Mes reins Et ce que ma main Supportent Mon viatique est si mince Mais qu’importe ? La Méditerranée me noie Dans ce que je ne comprends pas Je nage et étouffe D’excédent D’iode M’aveugle de blancheur Laissez-moi à...

عَمَلِيَّةٌ انْتِحَارِيَّة Mai01

عَمَلِيَّةٌ انْتِحَارِيَّة...

عَمَلِيَّةٌ انْتِحَارِيَّة Posté par Nouha Abardazzou le 1 mai 2013 dans plume’art | 2 commentaires الحَياةُ حِكاياتٌ هَزلِيَّة نُصُوصُها قِيَمٌ مَنْسِية أبْطالُها كَراكيزٌ بِدون مِصْداقية و عَنْكِ يا بِلادي تُحْكَى قِصَصٌ خُرافِية يُحْكى عَن رُجولَةٍ مُنْتَهِية ٱلصَّلاحية عَن أنُوثَةٍ، ما بَيْن انْحِلالٍ و اضْطِهَادٍ، فَانِيَة عَن أبٍ فَرَضَ الخِمارَ، و لا أسْبابَ مَنْطِقِية عَن أمٍّ قَمَعَتِ السُؤالَ لِدَواعِي اجْتِمَاعِية وَ اسْتِشْهاداً بِتَقاليدٍ باَلِيَة الحِوَارُ مَا يَزَالُ، فيك يا بِلادي، فَضيحَة أخْلاقِيَّة يُحْكَى أيْضاً عَنْ شُيُوخٍ جَعَلُوا مِنَ العِلْم بِدْعَة، مَعْصِيَّة وَ أحَلُّوا زَواج المُتْعَةِ بِدَلَالات شَرْعِيَّة وَ بَعْد يُحْكى عَن شَعْبٍ ذو انتقاداتٍ اسْتِعْباطِيَة ذو مُداخَلاتٍ سْكِزوفرينِيَّة وَ ذو مَواقِف سَلْبية فَفِيك العَدالَة مِنَ الحُقُوق الافْتِرَاضيَّة أمَّا الحَقُّ فَهُوَ مِن القَوانِين النّظَرِيَّة وَ التَّغْييرُ عَمَلِيَّةٌ انْتِحَارِيَّة غَدى الجَهْلُ فيها أسْلِحَة نَوَوِيَّة وَ الظُّلْمُ زَادَها قَنابِل ذُرِّيَّة نَعَم يا بِلادِي، فَعَنْكِ يا أيَّتُها الغَالِية نَثَروا كِتابات ظَنَنْنَاها،إلى حِيننا،...

Étranger Fév20

Étranger

Etranger était passé par là. De la terrasse d’une tour, l’ « étranger » contemplait l’horizon brumeux et lumineux de son monde nocturne. Le temps d’un soir, il se laissait évader paisiblement dans un infini vague à l’âme. D’un geste frémissant, il reboutonna la dernière fermeture de son manteau et remontait de temps à autre le cache-col agrippé à son cou. La brise maritime pouvait jouer dans sa chevelure comme elle voulait. Le vent emportait et rapportait des souvenirs et d’autres bribes à sa mémoire, au rythme las des vagues. De la veille, rien ou presque n’avait changé : l’écume brillait comme des rubis sous le clair-obscur de la pleine lune. Les rempares étaient à leur place, en face des palmiers fraîchement plantés et fortifiés du tronc par des supports en bois. De son éclair enivrant, le phare luisait au cœur d’un regroupement d’habitations insalubres. Il alternait peine-ombre et lumière blanche sur les paupières tombantes de l’ « étranger ». En bas, une discothèque vibrait à ses premières heures de réception. Les convois ne tardaient pas à se multiplier. Des individus déambulaient sur leur trente et un, s’impressionnaient les uns les autres par un costar et des chaussures italiennes, par une micro-jupe et des tallons aiguilles, ou communément par les premiers pétards et trinquettes d’une soirée qui s’annonçait longue. Le tumulte rejoignait des appels à la prière dans un haut-parleur, le minaret n’étant qu’à quelques mètres. A cet instant-là, la vie semblait s’arrêter aux pieds de la tour sacrée. Les boutiques étaient confiées aux apprentis et les cafés furent momentanément désertés. Les commerçants priaient pour davantage de gains, les souffrants pour une meilleure santé, les orphelins pour une vie plus chanceuse, les escrocs pour ne jamais être dévoilés au grand jour. Au milieu du bruit des klaxons en boucle dans l’avenue,...

Anefgou ou la mort subite du nourrisson Déc24

Anefgou ou la mort subite du nourrisson...

Un pays qui laisse ses enfants mourir de froid, quel horizon peut-il regarder encore ?     Un enfant n’est pas toujours heureux Il a parfois peur Il a froid Il marche nu pieds Dans la boue Ou bien le sol sec Enroule un plastique Sur la tête Autour de la poitrine Comme matière de jute Plastique, comprenez Carbonne hydrogène Oxygène azote Souffre et silicium Il tend sa main vers le feu D’une bouilloire noire d’années Trouve refuge devant Un pot d’échappement Je l’ai vu cet enfant Habillé de restes De sacs Matière plastique Pétrole Il a parfois la peau sur les os Le regard si affamé Un autre enfant a des roues A la place des pas Un autre jamais ne soulève la tête L’autre ignore tout du monde Les enfances ne se ressemblent pas Le son de la harpe n’est pas toujours Au rendez-vous Les lits doux le chocolat Et les bras ouverts Il y a des poupées en porcelaine D’autres à la vanille En tissu Il y a aussi des croix de bois Ou celles dans le rêve D’une petite fille Au visage gercé de froid Il y a des béquilles Des fauteuils roulants Des attèles articulées Des sourires de toutes les formes Et beaucoup de larmes De yeux ouverts Sur rien De petits doigts Qui creusent la terre Tirent l’eau du puits De visages noirs de graisses Petits mécanos A Saint Paolo Aux douars Et ailleurs dans le monde De petites mains cousent Des ballons Pour celui qui gagnera le ballon d’or Ils cousent la nuit au jour Pour un bol de riz Il y a des enfances déchiquetées Par d’injustes naissances Elles ne se ressemblent pas toutes les enfances Les enfants ne sont pas tous heureux Mais tous savent sourire...

القنديشة Juin06

القنديشة

 رأسها..الريــــشة !1 كما يقولون امرأة كالدخانِ وهمٌ هــيَ كألف سيجارة.. »كالشيــشة »!1 قنديشـــة أنا أفكر كي أكتب بالقلم..1 بخصلات شعري بفنّي أحيانا ..أنا أغنّي بألم على الكلمات أرقص … »كالريشـــــــــة »1 قنديشــــة أنا التي ترفض أن تكون عائشــة بلا عيشـــة !1 حين أصرخ أثور على قلبي ضد غلاء الأسعار ضد كيد المعيـــــشــــة قنديشـــة أبكي بحرقة كما الرجال أنثر حرفي حبات..على الرمال أعافر الوقت يعاقرُني أصدح بخوفي ألملم صدعي فتارة تراني .. »قافزة »1 و أنا غير « درويشة »1 قنديشة ! Fatima Zohra...

الفصل 475 : قصة البنية الي قتلها القانون Mai14

الفصل 475 : قصة البنية الي قتلها القانون...

كان ياما كان،في سابق العصر و الأوان،1 كان واحد الفصل من القانون، اسمه الفصل 475 فصل يا ناس بحال هذيك الفصول الي كانت في هذاك الزمان تقهر و تضلم و تحكر جميع النساء. 1 هاذ الفصل ا سيادنا تيسمح لشي واحد إلا اغتاصب شي بنت صغيرة يفلت من العقاب !! كيفاش يفلت من العقاب ؟ 1 يتزوجها…  1 بحلا شي ما سار… 1 و هاكذا يحميو شرف البنية و شرف العائلة و القبيلة.1 شحال من بنت عانات و شحال من بنت من الحكرة و الضلم تقتلات… 1 في يوم من الأيام، واحد البنت يا ناس، شابة صغيرة و جميلة و مازال قدامها الحياة، بغات تقرا و تنجح و تزيد لقدام… 1 تغتاصبت… 1 و كان الي كان… الأم ملي ساقت لخبار بكات و حزنات… 1 1  كيفاش ندير ياناس، بنتي تعرضات للاغتصاب، اش نقول لباها واش نقول لأهل الدوار؟ ملي الأب ساق الأخبار، قرر يرفع دعوة القاضي. يرجع حق البنت و يرد ليها الاعتبار… 1 القاضي خمم و اقترح اقتراح، يزوجو البنت لمول الفعلة و هكذا ينقدوا شرف البنت و العائلة و القبيلة. 1 عيب يتسمع بأن البنت تغتاصبات و فقدات العذرية! 1 أما لي اغتاصب فهو راجل ما عليه خطية… و حتى واحد ما ينعت فيه ولا يقول فيه شي كلمة ماشي هي… 1 و هاكذا تزوجات البنية… 1 ودعت المدرسة و صحاباتها و صبحت امرأة، تتشقى و تخدم و تاكل العصا حتى هي… 1 وليديها اديهم مكبلين، بنتهم عايشة الذل و الحكرة و ما باليد حيلة… 1 في واحد النهار من الايام، ضاق بها الحال… لا حد يسمع ليها ولا يأخذ بيدها : صبري أبنتي هاذ هو حال النساء. و ماتنسايش راه طلع ولد الناس و قبل يتزوج بيك و ماخلاكش مرمية. 1 الحاصول يا ناس، البنية من كثرة الضلم شربت السم، باش تموت و تهنى من هاذ العيشة لي ما فيها هنية…...

Ne me jugez pas ! Avr27

Ne me jugez pas !

  Très souvent, on me pose des questions à propos de mon expérience : « Pourquoi l’écriture ? Qu’est-ce qui vous a inspiré ? Est-ce une écriture engagée ? Féministe ou seulement féminine ? Et puis, pourquoi ce titre ?» J’écris parce qu’il y a des choses que je veux dénoncer, réclamer, rappeler. J’écris pour être sûre que ces choses ne deviennent pas banales. Je veux toujours m’indigner, me poser des questions. Écrire, c’est ma manière de réagir. Je fustige les comportements qui nous font régresser. Et puis, je ris, j’ironise, j’exagère, parce que beaucoup de choses passent mieux quand on en rit. Je crie, à ma manière, pour faire changer des choses dans l’esprit des gens. Je ne suis pas QUE féministe. Pour moi, il n’y a pas une seule bataille à mener, mais plusieurs. Mes personnages sont des femmes, des hommes, des enfants, des jeunes, des vieux. Ce qui les relie, c’est qu’ils veulent vivre leurs vies, sans qu’on les juge. Alors oui, je suis engagée ! Je suis engagée à ce que les gens se battent pour leurs idées, pour leurs styles de vie, même si ceux-ci sont différents et qu’ils sortent de la norme. Le titre de mon livre « Ne me jugez pas ! », c’est le cri de mes personnages qui veulent vivre selon leur propre conception. C’est notre grain de folie qu’il faut cultiver. Ce sont nos artistes qui doivent être célébrés, nos femmes protégées, nos hommes radoucis, nos réflexions réformées. J’appelle à la tolérance, à l’amour, à l’entraide, à housn al jiwar*, à l’amitié, au pardon. Je suis romantique et positive, et je pense qu’il y a suffisamment de générosité, de verve et de courage pour faire évoluer notre pays. Alors, à bon entendeur, salut !...

Shamablanca au Maroc Fév16

Shamablanca au Maroc

Sonia Terrab nous rassure. Son livre est non seulement disponible mais il vient d’être réédité au Maroc pour le plaisir de ses fans. La jeune auteure, actuellement présente au Salon du livre, participera à plusieurs tables rondes et séances de lecture.  Dans ce qui suit, des extraits choisis par ses soins de son roman, de son premier bébé, Shamablanca…   (Extraits)   Shama S. Dans la rue, tu marcheras.   – Psst, psst zine, zwina, zine !! – Juste un mot ma jolie, wallah, juste un ?! – Laghzala, tu marches seule ? Mskina, ma daha fik had, nji nawssek ana… – Malek zwina? Malek khayba? Malek mnafkha ?   Dans la rue, tu marcheras. Juste marcher, sans qu’on me prête attention, sans qu’on me dise que je suis belle ou que j’ai un cul d’enfer, sans qu’on commente mes chaussures ou qu’on fixe mes lolos. Marcher et être superbement ignorée, comme un comique qui ne fait plus rire personne, un clodo dont tout le monde se fout, une feuille qu’emporte l’automne. Me fondre dans une foule où les gens sont pressés, courent, ont un but et n’ont pas le temps de tricher sur le temps, en restant assis dans un café, devant une téléboutique, derrière une poubelle. J’aimerais écrire un hymne à la gloire de marcher dans la rue, faire des rimes sur le bonheur de marcher dans la rue. Marcher dans la rue devrait être l’article numéro un de toute constitution qui se respecte, le fondement de toute démocratie qui se proclame, la base de toute communauté qui se crée. Le rythme serein des pas sur l’asphalte, le son de la liberté.   Quand ce ne sont pas des hommes, ce sont des gosses. Des gamins, hauts comme trois pommes, la frimousse qui défie l’innocence,...

في لقائنا القادم Jan21

في لقائنا القادم...

في لقائنا القادم سأدخن لسانك وأثمل بعينيك سأعيد رسم خارطتي بأناملك واغرق في شايك الأبيض…1 كطفلة سأركض بين زنابقك الثلجية وسأنصهر كشمعة على عرقك في لقائنا القادم سأؤذن لك، وآذان لك وستدورني كمسبحتك وتحيلني حطاما كسيجارتك…1 سآخدك موجا وتعيدني زبدا وستصرخ مدد ، مددا !!1 سيموت الزمان بين يدي,1 وبين يدي سيحيى ألم، وأنين، ودخان في لقائنا القادم…1   Lamiaa...

كافرة Jan04

كافرة

أعوذ بعقلي من جنونك و بدموع العذارى و بقصص العشاق و ألعن ضعفي و إيماني بسطور رسالاتك أكذب كتبك و نبوءاتك و أصب جام حقدي عليك…1 أصوم عن عذابك و أطارد سبل الجحيم فأعيث غراما و أبحث لك عن ألف شريك و أكفر بك…1 لأتوب إليك   Par Fedwa...

Un poème interdit Déc25

Un poème interdit

Tu t’insinues entre moi et moi tu pénètres en moi tu progresses en moi tu m’envahis comme un liseron tu te répands dans mes cellules tu frissonnes la jouissance pulvérises dans mon sang la joie tu grandis encore plus tu contractes décontractes ma matrice tu fais se soulever ma peau de sur mes os injectes la délectation dans mes valves tu aères mes sens les habites respires dessus l’ambre et le benjoin tu tires mes cris de leur terreau tu laboures mon sol le fertilises tu me pénètres encore progresses dans moi comme un arbre tu grandis tu me mets en désordre et m’ordonnes à nouveau tu allumes mon ciel d’un arc flamboyant tu ériges mes seins reformes mes fesses d’un galbe de ta main tu me cribles d’impacts tu rentres loin dans moi tu souffles ta salive dans ma bouche tu lustres mes lèvres tu me tiens par en haut par en bas tu tires mes jambes vers toi tu creuses ton baiser au plus lointain de moi mes seins fleurissent contre la rosée de ta poitrine je règle mes battements à tes battements j’explore ton corps je me laisse glisser je suis envahie de toi je n’ai d’autre saveur que la tienne tu rassembles mes cheveux dans ta main ils n’exhalent plus que ton odeur ils suent leur henné leur lavande ne se souviennent que de toi je suis toi je me remplis à plus soif de toi je m’enfonce je ferme les yeux ta chair est ma chair tu m’attires à toi tu rentres aussi loin si loin nous luttons tous deux nous sommes deux et un tu ensemences ma matrice de ton orgasme je bourgeonne je m’ouvre je me referme j’éclos je bats comme un cœur je flamboie je me...

Promenons nous dans les bois Nov23

Promenons nous dans les bois...

« le gouffre désert de mon âme aspira les moindres détails de sa beauté radieuse ». Lolita, Vladimir Nobokov Nouvelle à paraître dans le prochain recueil de Bahaa Trabelsi prévu pour 2012   Ni le confort de mon lit, ni le somnifère ne m’aideront décidément à trouver le sommeil. Une douleur récurrente me traverse les côtes et m’empêche de respirer. Ma femme et mes enfants arrivent demain de Montréal en fin de matinée. Cela suppose contraintes et cachotteries. En ce mois de Ramadan, je n’ai pas envie de jeûner, et c’est encore la seule liberté que je peux m’octroyer. Avec eux dans la maison, je suis piégé. Du plus loin que je me souvienne, tout n’a été que prières et simagrées, le prix à payer quand on est né dans une famille de chorfas. Je regardais mes parents se gargariser du nom de Dieu à longueur de journée. Allah par-ci et Allah par-là. Sur leurs tapis de prières, ils se mettaient à genoux et se tapaient la tête contre le sol, mécaniquement, cinq fois par jour. Mon père avait sur le front la fameuse zitouna, trophée ostentatoire de sa ferveur. Considéré comme un saint homme, on venait des quatre coins du pays lui rendre hommage. Moi, il me donnait envie d’être un truand. En silence, j’ai enduré. En silence aussi, j’ai appris à mentir, tricher, dissimuler. Enfant, j’étais réservé, secret, à tel point que ma mère s’inquiétait pour moi, me couvrant d’attentions de tout genre qui rendaient fous de jalousie mes frères et sœurs. On peut dire que j’étais un enfant gâté, ou encore le fils à sa maman, comme disait mon frère. Plus tard, adolescent, j’avais l’éloquence et le verbiage prolixe du mythomane en herbe. Toute cette hypocrisie qui avait commencé par m’enrager devenait un...

العادة السرية Nov20

العادة السرية...

سأكون كاذبة إن قُلتُ أنّه ليس من عادتي كتابة المواقف بشكلها التراجيدي الحرفي ، بل إني هاوية شقية « زئبقية » تنالُ من المعنى الباطن في غموضه لذة و شهوة و روحانية لا يُضاهيها وضوح ! الغموض وحده..سيد الإثارة و التخفي هو خيط الملوع الباحث عن الأشياء الثمينة من الأزمنة الغابــرة و البحث عن مكامن التّعلي و النُّخب هو في التّرفّع عن كل ما هو مدهون بارز ومألوف ! العادة السّرية هي البحث عن امرأة قادت التاريخ بوصل سحرها كجيش عرمرم مُطيع لحاكمه الناهي و الآمر ! هي « انسانة » باذخة الوصف ، مُختلفة حتى تخلفت عليها طلاسم الخُبث و تعجنت ملامحها بالأرض ..هي امرأة تدعك شعرها ب »الغاسول » و تطمر وجهها بالصباح و لا تسعى أن تكونَ إلاّ هــي.. هكذا كانت الفكرة ، أن لا تكون غيرها.. العادة التي مارستها السيدة « عائشة » التي لُقبت بعدها برعب تام ب »القنديشة » لم تكُن إلا ملامحاً للمرأة التي تلتحف الرجل وقت المحن ، تسخر نفسها و حياتها للتاريخ و تُسدل خلفها باب الخوف _ نفس الخوف الذي اجتره بعدها الشعب_ و تحكم قبضة القلب بكف مُقاوم دافع بحب و أنثوية عن أرض الوطن و مارس الغِواية و الرّقص على أوتار الوجع و ترمي الشهوانية سيفاً غامداً مسلولا في وجه المعتدين حتى تُضاجع في سقف الليل حُلما في مغربٍ غير مُغتصب حر أبيّ.. سيدةُ المستنقعات، تلك التي أرهقت عرش الجان و دوّخت كتب المُأسطرينَ و سادت في دماء الشعب تتجول كهروين مُرعب خفيّ لا جدور له..حتى أصبح اسمها مزلزلا ينام على وقعه الأطفال المشاغبون و تُتمتم به النساء على بعضهن ألقاب سبٍّ و قدفٍ و تُلقب به الزوجة « النّاشز » في نشازٍ تامّ للمعنى و جوهره و في اللقب و صحّته ! العادة السرية ..هي أن تصنع تناقُضاً يُحرك عقل المخيلة و يرهقها في الزائف و اللامنطقي ..هي أن تصنع لك « إسماً » و « مجداً » و صورة سوريالية تُحاكي الأذهان في تثاقل الأسئلة و تناغمها مع التفكر في...

Misogynie 2.0 Nov14

Misogynie 2.0

« I want you to notice when I’m not around… You’re so fuckin’ special, I wish I was special » Creep, Radiohead Malek est incolore. Pour le distinguer dans le tumulte urbain, il faut être un profiler à la retraite. Même pas sûr que tu le remarques dans un désert texan, Malek. Il fait de son mieux pourtant, ce pauvre garçon, pour conjurer la malédiction de la transparence. Pour que toi, piéton affairé, et surtout toi, piétonne à la si jolie chute de reins, arrêtiez de le confondre avec le gueux sur le dernier 4 par 3 estampillé « Appartements à 250.000 dirhams, cuisine équipée offerte ». Malek est inodore. Il a beau pulvériser son petit polo Boss Green à coup de Pschitts Hugo l’Homme assortis, tu le sens à peine frotter son épaule contre la tienne, toi, ingrate promeneuse. Éthérée, insouciante, tu ne t’imagines pas les trésors de méticulosité et de coquetterie qu’il déploie avant d’aller à ta rencontre. Un beau gâchis. Honte à toi, inaccessible promeneuse. Inodore, incolore, oui. Mais indolore, il ne l’est certainement pas, le faquin. Malek a une carnation minérale, si j’ose dire, mais il a un goût de lait tourné. Le truc que tu dégobilles dans la seconde, tant ça te révulse les entrailles. Sauf que Malek ne fermente pas depuis trois jours au fond du frigo. Il fermente depuis bientôt trente-cinq ans, le bougre. Tu ne peux pas non plus le déglutir dans la seconde. Tu dois le laisser s’agiter une ou deux heures dans ton estomac. Politesse oblige. Polie comme une pierre de lune, Sonia a testé pour vous les vertus émétiques de son « vieil-ami-de-bientôt-trois-ans ». Même qu’elle en a frôlé la coloscopie, la pauvre âme. Totalement prise au dépourvu, la petite. Au café, pas même le quart d’heure de civilités d’usage. On ne flanque...