L’autre moitié du ciel : une réflexion sur la journée de la femme...

  Le principe d’une célébration de la femme tel jour de l’année me paraît aussi sympathique qu’absurde et insuffisant. Il y a dans cette institution symbolique une condescendance masculine implicite qui me dérange et qui a régulièrement empêché en moi tout lyrisme militant. La femme mérite bien davantage qu’un rite annuel. Pour faire bonne mesure, il eut fallu qu’on institue pareillement une journée de l’homme avec un petit « h »… Du fait qu’elle a été arrachée par des féministes radicales, cette concession me parait aussi porter irrémédiablement la marque d’une sensibilité, d’une représentation des rapports hommes-femmes et d’un style de combat datés, dont le credo mériterait d’être reformulé. La lutte des féministes pour l’égalité juridique, politique et économique, qui a globalement porté ses fruits aujourd’hui, est probablement très, très ancienne. On aurait tort de le faire remonter aux vociférations des féministes américaines des années 60, ou à Olympe de Gouges, figure humaniste de la Révolution française, à laquelle ses écrits avant-gardistes valurent la pendaison. Sans être historien, je peux affirmer qu’il y a eu, à toutes les époques, des féministes, c’est à dire des femmes soucieuses d’équité et de justice et sceptiques quant au fondement divin de la domination masculine. Qu’elles aient assumé en conscience le risque d’être châtiées ou qu’elles se soient emmurées dans un silence réprobateur, ces femmes lucides dont l’histoire n’a pas gardé trace doivent se compter par millions. Les Arabes du VIIème siècle n’étaient pas en reste. Le très beau livre de l’écrivaine algérienne Assia Djebbar, « Loin de Médine », en atteste. Tordant le cou aux stéréotypes usuels (occidentaux et islamistes) de la femme musulmane éternellement voilée et cloîtrée, et rappelant que le féminisme n’est pas l’apanage de l’Occident, elle y brosse le portrait de contemporaines du prophète...

My Close Death, my blessing...

Many people from my entourage criticise me for the fact that I am not getting a job, any job I find, with a steady income and all of that in order to be, as they say, « a normal person »; and that it is dangerous that I do not think seriously to prepare for the future aged life that is usually full of problems and hardship (that money will magically solve); and that I will face great risks of having a future miserable life without big savings… I do not blame them. They are sunk in the bubble of conformism. I am not against the idea of having a job and a routine life. However, I guess sitting 8 hours in an office doing things we do not like to do every day, complain about it, pretend it’s gonna be okay after, and still do it anyway for years doesn’t seem as a good deal for me. Yet there is a reason behind all this, besides being lazy or financially fulfilled that some of you might think is the reason.. It is not ! Back in the days during my childhood, I was taught about the fundamentals of my religion, Islam, by my grandfather (may he rest in peace). He was the only one in my family talking to me about this, maybe because my parents were not that religious or because they preferred to leave the matter for a wiser man. I have been taught by my grandpa that life goes on, then it ends. It is precious, because it ends. The time is important and is to be spent doing the right things. Nobody knows when it is going to end and there is wisdom in that by the Creator so...

Regarder le racisme et la racialisation en face Août20

Regarder le racisme et la racialisation en face...

 Hicham Tahir et le corps vulnérable de « Mama Africa » Dans son recueil de nouvelles intitulé Jaabouq (2013), Hicham Tahir a raconté l’histoire tragique d’une immigrée Burkinabée qui arrive au Maroc. Elle cherche à économiser suffisamment d’argent pour payer les passeurs de Tanger et gagner les côtes espagnoles. « Mama Africa » est arrivée à Rabat avec son jeune fils né durant les deux années qu’elle a mis à parcourir le désert avant d’arriver au Maroc. La nouvelle de Hicham Tahrir donne la voix aux personnes sans voix de l’immigration clandestine, victimes de stigmatisation racistes et de mépris social. C’est en tant que femme, pauvre et noire que « Mama Africa » doit faire face aux différentes violences qui s’exercent sur la vulnérabilité de son corps. Celle-ci a parfaitement intériorisé que le fait « d’écarter les jambes » est une façon de surmonter provisoirement les difficultés : « On avait beau me dire que quand Dieu fermait une porte, il ouvrait une fenêtre…C’était la seule façon pour nous, ici, de nous faire accepter cette vie carnivore qui nous tuait dès notre naissance […] il ne fallait pas toujours croire ce proverbe parce que, jusqu’ici, Dieu fermait une porte, ça finissait toujours avec moi ouvrant mon vagin ». Dès l’enfance, « Mama Africa » a été confrontée à la violence des rapports transactionnels entre les sexes. Pour avoir la protection de son père, de son oncle et du marabout de son village, elle avait dû coucher avec eux. Arrivée à Rabat, elle avait commencé à mendier mais pour gagner davantage d’argent elle avait été contrainte de se prostituer, en laissant son jeune fils dormir seul dans l’appartement : « Mes quelques heures de mendicité dans les rues de l’Agdal à Rabat se sont prolongées en journées complètes, parfois 24h/24h. Quand je décidais que la somme récoltée n’était...

Homme et Femme : égalité des genres dites-vous ? Août14

Homme et Femme : égalité des genres dites-vous ?...

C’est vrai que je ne me suis jamais vraiment arrêté sur cette question. À remémorer les différentes étapes de ma vie. Étant passé dans différents bords politiques et idéologiques à l’époque où je me cherchais une appartenance à quelque chose. Pouvoir exister tout court. Tout ce que je sais, c’est que quand je me penche sur cette question, il y a toujours l’image de ma mère qui couvre mon esprit, son sourire pudique et surtout sa force à faire face à toutes les difficultés qu’on peut imaginer. Elle a bien élevé et éduqué une fratrie multiple et a su gérer de mains de maître une maison comme il se doit. Cela, depuis le jour où le destin s’est décidé de cueillir l’âme de mon père (Dieu ait son âme). Peut-être que c’est parce que j’étais éduqué par une mère veuve qui a eu à affronter son destin toute seule que je ne me suis jamais posé la question: Si on doit parler d’égalité entre l’homme et la femme ou non ? Car, me concernant cette question n’avait même pas lieu d’être et c’est toujours le cas. Ayant grandi à la marge d’une société qui se satisfait à elle-même, avec ses dogmes révolus et ses soi-disant traditions qui n’ont de sens que l’ampleur de la bêtise qu’elles comportent, je n’avais jamais «réussi» à m’y voir ou à m’y identifier, ou à me dire que c’est bien la vérité sacrée qu’il faut perdurer au grès des vents et marées de tout ce que l’humanité a pu atteindre en terme de civilisation et de progrès. Dans une société où tout le monde croit encore à la légende du mâle alpha (ou « mâle dominant ») désigné par le divin et qui se doit de faire preuve de...

Mohamed, 14 ans : j’ai été violé Août12

Mohamed, 14 ans : j’ai été violé...

Une fois dans mon lit, j’essaye de bouquiner un peu pour arriver à dormir ,mais mes pensées m’empêchent de me concentrer. Celles-ci me conduisent à la grande silhouette blanche, flamboyante au milieu de l’obscurité, se dirigeant vers moi puis m’étranglant une fois de plus dans les bois ténébreux. Je sens le contact du métal froid avec la peau de mon coup frissonnant de frayeur. J’entends encore une fois sa voix rauque lourde de menaces. Son autre main rugueuse me cogne le crâne à chaque fois que j’essaye d’aligner deux mots dans une petite tentative de communication qui finit par échouer et par me fracturer la tête. J’entends pour la énième fois dans ma tête ce grognement assourdissant de la moto de mon ami qui s’en va, me laissant seul avec pour seule compagnie ma douleur sourde et l’agresseur. Mon Agresseur. Ce dernier me réclame tout ce que j’ai ,mais dans mon ahurissement total, je n’arrivais plus à parler, je ne faisais plus que zozoter des phrases incompréhensibles découpées par la douleur. Ce fut tellement brusque, irréel et… affreux. Il me débarrasse de tout ce que j’ai, ma paire de lunettes médicales inclue. Son complice, qui venait de débarquer, le violeur si mes souvenirs sont justes, s’en charge pour les tenir et tout planquer dans mon sac-à-dos tandis que l’autre me conduit sur une de ces tables en ciment conçues pour les familles qui viennent y pique-niquer le jour. Me mettant à plat ventre là-dessus, il s’assit sur mon dos et recommence brutalement ses taquineries avec le manche de son coteau. Ensuite, je le sens me débarrasser de mes converses, mon pantalon et mon caleçon. Mon esprit part dans tous les sens. Mon cœur bat la chamade. Je frissonne comme une feuille, mais je n’ai...

L’islamisme, une machine politique rouillée...

Il ne date pas d’hier le combat des islamistes égyptiens pour ce pouvoir, pris, il y a un an. On se souvient qu’il y a trois décennies déjà, ils investissaient les universités, prédicateurs enthousiastes et patients. Hormis quelques chercheurs, personne ne les prenait très au sérieux, quand eux prenaient très au sérieux l’idée d’un grand soir. C’est ainsi qu’en 2011, après ce que le monde, – et le monde arabe avaient traversé de guerres, d’horreurs, d’ismes et de fins, – celle, supposée de l’Histoire, celle avérée, du Communisme, du moins celui des origines – les islamistes, en 2011 donc, furent les seuls à disposer d’une machine idéologique à même de produire la critique sociale, morale et croyaient-ils, les instruments à même de réformer et refonder l’ordre d’une Egypte dont il faut dire, au passage, qu’elle se portait, à ce moment-là, économiquement mieux que deux ou trois années auparavant… Alors, aujourd’hui, l’islamisme, – cette autre histoire de dialectique, des croyants contre les incroyants, mais aussi des pauvres contre les riches, de la fin et du début de quelque chose, avènement d’un califat ou d’une société pure, retour de la Vraie Loi… Oui, l’islamisme ne tombe-t-il pas à son tour dans le vide où s’écrasa la grosse machine de fer du communisme ? Parenthèse : même vision de l’état, fort. Même vision du pouvoir, unique. Même rapport à une idéologie devant tout expliquer et tout définir : le passé, le présent, l’avenir, soi et les autres, les hommes et les femmes, le travail, et surtout, la place, le rôle, et la morphologie de l’ennemi. Même usage, aussi, d’un népotisme visant à gratifier les frères et à faire taire les ennemis… Ainsi la nomination à Louxor comme gouverneur d’un ancien djihadiste repenti, ou niant l’avoir jamais été,...

Le vrai nom des petites bonnes...

  Quel est le vrai nom de celles qu’on appelle petites bonnes ? De ces fillettes. Elles peuvent avoir huit ans, et se voir confiées à de bonnes familles, ces employeurs qui promettent qu’ils s’en occuperont bien, de ces petits corps féminins. Corvéables, sans merci… Des fillettes, qui n’iront jamais l’école, n’apprendront pas à lire, à écrire leur nom sur une ardoise. A dessiner un soleil. Ne sauront jamais ce qu’est une récréation… Des fillettes de huit, neuf, dix ans, levées à six heures, debout avant les enfants de la maison. Car il faut, à ses enfants-là, qui possèdent une enfance, préparer le petit déjeuner. Après, on passera la serpillère, on fera les lits et la poussière… Alors, quel est le nom de ces petites bonnes, vendues par la campagne à la ville, que leurs parents croient tirer de la pauvreté en les confiant à la misère, celle de misérables intermédiaires, praticiens horribles d’un deux métiers les plus vieux du monde… Celui d’un autre, d’un second commerce des corps. Celui qui consiste à vendre de la peine et de la sueur de gosse, à être un commerçant, encore trop impuni, de l’inhumanité, être le maillon encore trop fort, de la chaine du travail des enfants dont on fait des domestiques… Et pas seulement… Que dire d’enfants autorisés à ne manger que deux fois par jour. A sept heures. A minuit. Mais à la seule condition que le travail soit fini. Que dire d’enfants qui acceptent les coups en silence, n’en disent rien parce qu’il faut se taire, si l’on veut aider les parents, trop pauvres, et n’ayant pas les moyens, ni le cœur à se voir encore asséner une énième vérité sur l’état de leur pauvreté… Que penser, enfin, de ces petites, qui disent...

Pourquoi le viol ?

  Violer une femme. Décider de la suivre, de la pister, alors qu’elle marche, peut-être dans une rue étroite, au grand jour, jusqu’à l’isoler du monde. L’isoler de tout… La connaître. Ou, sans la connaître, avant tout, déjà, vouloir qu’elle paie.La frapper. Arracher ses vêtements, comme on arracherait sa peau. La tuer presque. Mais en veillant à la garder vivante. L’assommer, lui casser la gueule, pour la pénétrer de force. Les hommes, jeunes ou dans la force, ou la rage de l’âge, ils sont des milliers, des millions, à violer ! Alors, le violeur, un guetteur ? Et le viol, une pulsion ? Et la guerre ? Lorsqu’on entre dans une ville, lorsqu’on la prend d’assaut, qu’on la bombarde, jusqu’à ce qu’elle tombe. Comme un humain. Comme une femme. Et qu’alors, on se sert sur les corps de ses filles, sur la chair de ses femmes, qu’on prend, là aussi, de force… Et souvent à plusieurs ! Le viol, un tribut de guerrier, un droit des vainqueurs. Oui, les soldats violent, parce qu’ils ont gagnés. Et si, au fond, c’était cela. S’il était là, le vrai, peut-être le seul théâtre d’ombre, théâtre des opérations où tout se joue, dans cette affaire de viol… Dans cette histoire trop longue. Et si, au fond, c’est d’une guerre qu’il s’agissait ? D’une guerre contre les femmes ! Menée depuis le début par les hommes. Une guerre sans merci, sans quartier, sans prisonniers, contre le mystère de ce corps qui les produit tous, les Hommes. La femme, un continent noir, – dira le pater noster de la psychanalyse… Une terre obscure. Une nuit salée, dira le poète, éperdu, que ses vers, que ses quatrains rassurent, mais n’en perdent pas moins. Une guerre, donc. De l’inachevé contre le fini…...

Lettre ouverte à Allah au sujet de la lecture...

(Cette missive m’est inspirée par le colloque organisé par l’AMEF (Association Marocaine des Enseignants de Français) à Guelmim du 24 au 26 janvier 2013 sous le thème : Lire et faire lire) Allah, Étant désespéré de bénéficier de l’écoute de mes compatriotes, je m’adresse directement à Vous. Cela fait des lustres que personne ne bouge le petit doigt pour inciter à la lecture et pour montrer les bienfaits d’une telle pratique. Je m’adresse donc à Vous en dernier recours. Vous êtes Omniscient, Vous devinerez aisément mes intentions et décèlerez mes vœux même quand je ne trouverai pas le mot juste. Vous êtes Omnipotent, Vous saurez faire aboutir ma requête. Faites que ceux qui gouvernent ce pays béni daignent  accorder à la lecture la place qui lui est due, que les yeux des chérubins qui courent les rues se décillent et les esprits des adultes qui glandent se désaveuglent. Faites que les responsables qui s’introduisent dans toutes les chaumières via les petits écrans se présentent un livre à la main car Votre volonté fait de l’homme demeure un animal imitateur. Faites que les parents, en remplissant leurs cadis ou leur cabas, y glissent un livre comme nourriture de l’esprit de leur progéniture.  Et que le mamelon sème une sève nourrie de l’esprit des lettres et de la curiosité des savoirs. Faites que le voyageur, qui passe des heures à scruter le vide ou qui papote avec son voisin, finisse par plonger son regard amoureusement dans un livre pour découvrir d’autres horizons en dehors des sentiers battus qui s’offrent généreusement à lui. Faites que le citoyen lambda accorde à ce petit objet, que nous nous égosillons à défendre ici, un statut privilégié et lui portent plus d’amour et d’affection. Allah, Vous êtes témoin des diverses tentatives avortées....

Ô soleil tu n’éclaires plus mon cœur – Chants tourmentés des femmes d’Aït Atta...

Félix Mora est une légende. Il a marqué à jamais la mémoire collective des habitants du sud-est et du sud-ouest du Maroc. Cet ancien officier des affaires indigènes au Maroc devenu cadre des houillères et chef de service de la main d’œuvre étrangère du Nord-Pas-de-Calais, a parcouru tout le sud marocain et recruté au cours des années 1960 et 1970 quelque 78 000 mineurs dans ces régions transformées en un véritable « marché aux esclaves ».   Parmi les régions marquées par le passage de Mora figurent les vastes territoires des Aït Atta au sud-est du Maroc. Notre intérêt portera dans ce texte sur un domaine peu exploré par les chercheurs. Il s’agit de la réaction des femmes face au départ de leurs maris ou de leurs frères dans les mines du Nord sans pouvoir rien faire pour les retenir.   Les femmes des Aït Atta n’étaient pas muettes. Elles avaient leurs voix pour chanter leur désespoir et leur désarroi. Des poèmes appelés localement « Timnadin » sont chantés loin des oreilles masculines. Ces femmes étaient traumatisées par ce départ massif des jeunes de la région. Leurs chants tourmentés témoignent de l’humiliation qui leur a été infligée par Félix Mora. Timnadin sont de très courtes pièces, tristes et mélancoliques, que les femmes improvisent lors de fêtes ou de rencontres. A travers ces chants, elles donnent leurs points de vue sur ce départ massif des jeunes. Elles se transforment en chroniqueuses. Leurs chants, malicieux, sont frappés d’une impressionnante sagesse. Ces femmes décrivent ce qu’elles voient avec une incroyable fidélité, critiquent, se moquent et conseillent aussi. Et se mettent dans la peau de ces jeunes et parlent de leurs craintes et de leurs angoisses. Timnadin sont chantées uniquement par les femmes des tribus Ait Atta. On ne trouve pas ce...

Le cercle des gars sympas (abonnez-vous !)...

La ville est peuplée de satyres. Ils sont légion. Où que l’on aille, ils sont là, marchant à travers rues et boulevards, furetant partout en quête d’un peu de phéromone féminine, scrutant les façades grises en vue du moindre relief femelle. Voilà, ils sont partout, et j’en fais partie, à ma honte toute bue. Je l’écris ici, parce qu’il serait malhonnête et hypocrite de ne pas avouer que j’ai aussi tendance à perdre le contrôle de mes yeux, de les laisser divaguer, au gré de pensées tout aussi libres, que je marche ou conduise ma voiture. C’est mon péché mignon, dont j’ai conscience qu’il n’est pas si mignon que ça. Le zyeutage systématique des femmes, des filles qui passent, traversent le champ de vision masculin, aimantent les regards distraits, les captent et les transforment en contemplation assidue, rêveuse, rêveuse mais rarement poétique… La poésie n’est d’ailleurs qu’un alibi, un faux prétexte (à nous-autres), un justificatif minable en somme. Je ne saurais par exemple m’extasier devant une passante, en  termes aussi adorables que ceux du poète connu : La rue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d’une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;   Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,  Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue…    Ce serait d’autant plus faux-c… de ma part – si je me réfugiais derrière ces mots – que je chercherais à aseptiser mon acte, à l’édulcorer par un peu de littérature… trop facile (non pas ladite littérature, mais ledit prétexte ). Or, c’est rarement littéraire, cette inspiration, – que dis-je ? –  cette pulsion, de déshabiller...

La mort de Socrate

Ce que je crains le plus c’est de me réveiller un matin et de trouver que tout cela soit normal… Aucune fibre en moi ne réagira aux événements que des fous provoquent et que des menteurs, à leur solde, présentent comme légitimes. Cela peut commencer par ce papier que l’on attend pendant une semaine au pot de vin versé pour l’obtenir, à ces voitures qui explosent dans les marchés, aux meurtres planifiés et exécutés froidement par une armée étatique contre des civiles. C’est l’indifférence administrée à dose homéopathique trois fois par jour avant les repas. Cela ne s’est pas fait en un jour. Mais, aujourd’hui, les moyens de désinformation ont exacerbé ce sentiment de peur qui cloue chacun à sa place. Où sont ces gens qui ont défendu leurs convictions au prix de leur vie ? Je sais que le monde s’est fait en opposition à toutes les idées révolutionnaires. Mêmes les découvertes scientifiques ont été mal reçues et ont provoqué la mort de leurs auteurs avant d’être détournées du bien qu’elles auraient pu apporter à l’humanité, mais utilisées contre elle. D’où viennent nos idées ? Quels sont les moyens que nous avons pour réfléchir ? Quels sont les éléments objectifs que nous avons pour prendre ou pas une décision ? Chomsky écrivait que la plus grande réussite de la bourgeoisie est d’avoir persuadé les gens que ses idées sont celles de la majorité. Mes idées sont elles celles de la bourgeoisie ? Mais dans ce fatras de concepts qui couvre le monde de quelle bourgeoisie parle-t-on ? Et le manque de crédibilité des moyens d’information, des partis politiques, de l’école et de tous les relais du savoir qui ont fini par imposer l’indifférence ! Tout, aujourd’hui, montre que les idées de la bourgeoisie ont échoué ? Ou bien est-ce cela qu’elle voulait ?  Personne...

Famme je vous aime!

Comment décrire chez l’homme la perception de la femme sans tomber immanquablement dans l’outrecuidance d’un jugement par contumace ?   Ô narcissisme masculin pourquoi même en tenter l’interprétation là où il est juste besoin d’acceptation de l’autre dans son entière altérité ?   Décrire c’est encore juger et quel besoin de le faire sinon asseoir, encore et toujours, la suprématie d’un sujet qu’obnubile son propre attribut, encore fusse-t-il toujours capable de conjugaison harmonieuse ou d’harmonie conjugale…   Comment aborder studieusement le sujet féminin sans l’enfermer d’une part, en thèse, et lui tendre de l’autre, presque insidieusement, la béance d’un manque de frontières morales ouvrant la voie à toutes les utilisations possibles et inimaginables de ce corps céleste et si leste à enfourcher les dérives inconscientes d’un mâle-être somme toute humain ?   Comment, dans un monde en perte de repères, inscrire le relationnel du genre en dehors des jalons fatalistes de la dualité ? Pour l’exemple, nous avons tellement abusé de cette juxtaposition du voile à la nudité que ça en est devenu caricatural. Ce fusionnement du libre dans l’emballage du voilé n’est qu’une manifestation cutanée de cette ineffable et maladive inconscience de la majorité à appréhender inexorablement les choses dans cette dualité trompeuse. Continuer à mesurer  la zone d’action de la liberté de la femme à l’aune de son étoffe reviendrait certainement à faire peu cas de son essence spirituelle, ramenant ainsi son amas-zone corporel au niveau du steak tatare…   Sans doute faut-il cesser de faire admettre à chaque chose un contraire. La femme n’est ni le contraire ni la contrariété de l’homme, tout comme le bien n’est pas le contraire du mal mais juste son absence,  tout comme concave n’est pas le contraire de convexe mais son complément. Un peu comme les signes du yin...

La foi et le progrès...

Être croyant et profondément signifie pour beaucoup de se couper du monde matériel, des plaisirs et de rejeter un certain nombre de choses comme étant des déviations de la vraie foi. Or la réalité de l’être humain est là et s’impose avec force et obstination. Celui-ci est fait de chair et d’esprit. Il doit être constamment confronté à des besoins matériels, comme le fait de manger, de travailler , de s’amuser , de se défendre  etc… La foi , elle , doit le ramener à sa réalité , à sa dimension humaine , à ses valeurs de bien, de solidarité et de partage, et aussi lui donner une force spirituelle par le lien fort avec Dieu le tout puissant , le créateur et l’éternel. Donc , à mon sens , toute manifestation humaine et tout acte humain ne sont pas à condamner, car non conforme à une vision religieuse ou, je dirais, idéologique. l’être humain doit pouvoir formuler un projet de vie, pour remplir une mission, et œuvrer à sa réussite. Les dimensions de la nature humaine sont multiples : religieuses, artistiques, littéraires, politiques etc… Il faut absolument aider chacun à exprimer et poursuivre cette mission, en respectant sa liberté, en préservant sa confiance en lui même et en mettant à sa disposition les conditions et les outils pour réaliser sa mission. Il n’y a pas de raison de vouloir, coûte que coûte, favoriser et imposer un mode de vie, un mode de culture, un mode vestimentaire, ou un mode artistique, car l’immense variété des caractères et des goûts et des particularités font qu’il est absurde de vouloir contenir les gens dans un cocon ou un périmètre ou un système donne de valeurs. La mission noble consiste à permettre à chacun de s’instruire, de comprendre,...

Le complément « abject » direct...

Deux ans, que je suis en thérapie. Mon psy (un moustachu condescendant) me dit que je m’en sors plutôt bien et que ma guérison (si l’on guérit de soi-même) est en bonne voie. Je matures quoi !!! Ceux qui ont connu ce blog à ses débuts ne le savent que trop bien, je souffrais de misogynie féroce, de machisme outrageux et d’obscurantisme dédaigneux envers le sexe faible. Psy : « attention, rechute…on dit le beau sexe, le genre féminin, notre alter-ego, mais pas sexe faible » Ok d’accord….. je disais donc d’obscurantisme dédaigneux envers le beau sexe. Et voilà que ce matin… que vois-je ? Sur Qandisha, je lis une chronique sur l’infidélité masculine, dans laquelle une des contributrices du Magazwine dresse une typologie des concubines des temps modernes et dissèque les motivations qui animeraient le sexe for…..enfin le genre masculin Psy : « voilà, bien joué…continue ». Hmmm…..Ainsi nous succomberions à la tentation de différents profils allant de la catin à la virtuelle en passant par le gibier…. Je ne suis pas d’accord. Psy : « intéressant !! » Commençons par le début, le texte ne semble parler d’infidélité qu’entre gens mariés. Je considère pour ma part que la fidélité n’a aucun rapport avec un quelconque acte de mariage, il s’agit tout d’abord d’un engagement moral entre deux personnes de sexes opposés… Psy : « rappelle-moi à la fin de ta thérapie sur la misogynie, d’entamer une nouvelle sur l’homophobie ». Euh Ok d’accord….je disais donc que cet engagement est celui par lequel deux personnes choisissent d’associer leurs vies et peu importe le cadre juridique ou social. Psy : « Bravo, c’est très bien dit…la fidélité est d’abord un engagement moral ». Euh….Ensuite, le texte semble déresponsabiliser l’homme, en conférant un caractère « normal » à sa traitrise, et renvoie ses actions répréhensibles au stade de « reflexe naturel » Psy : « Super, plein de bon sens, j’applaudis» hmmm……...

Le monde à côté Août28

Le monde à côté

Pour paraphraser  » Le monde à côté », ce beau récit du feu Driss Chraibi, dédié tout simplement au renouveau,  je projette quant à moi une certaine opinion sur ce « monde à côté » d’aujourd’hui, caractérisé non seulement par ses mutations incessantes, mais aussi à travers la « conjoncture » : ce mot à maux, modelé par les politiciens au gré des humeurs et des situations, embrigadant cette génération dans les espoirs sans lendemain, et des promesses à vau-l’eau! Ce « monde à côté » n’a pas juste cet un arrière goût de l’inachevé, il s’émeut dans une orbite ou le maître mot est désormais : AVENIR. Ce « monde à côté  » est tributaire de ce que fait la folie des hommes ! Or, de ceux et celles qui réclament de la justice sociale, de ceux et celles qui militent pour des droits spoliés, de ceux et celles qui ne sont plus capables de dormir à force de crever de faim, il n’en demeure qu’une seule vérité, celle des intérêts des groupes qui bâtissent des fondations pour mieux générer des profits. Les vraies causes drainent à peine de l’intérêt par rapport à certaines causes, les revendications légitimes passent pour être une litanie aux yeux de ceux qui gouvernent ce monde. Heureusement qu’un certain réveil vient justement d’avoir l’effet d’une onde transmissible qui rase tout sur son passage. Les crises économiques en Europe, les prix flamboyants du gaz, la dette excessive de certains états de plus en plus incapable de payer les rentes de retraites, l’effervescence citoyenne de par le monde sur la donne politique et la crise de confiance entre élus et citoyens, tout cela, se rejoint dans la force du rêve! Oui, tout le monde rêve à son printemps. Tout le monde rêve de plonger dru dans un bouquet...

عصرنة الإدارة خطوة البداية Août16

عصرنة الإدارة خطوة البداية...

 لعلي أبدأ هذا المقال والذي يشكل لبنة البداية لهذه المدونة بالقول وبلغة واضحة وبصراحة لازمة : هو أنني لست من أولئك الذين يسجنون عقولهم وطاقاتهم داخل سجون من الأوهام الكاذبة بأن هناك مجتمعات متطورة وأخرى متخلفة وأن هناك مجتمعات خالية تماما من مظاهر الفساد والرشوة والإنحراف بل هناك فقط مجتمعات وقفت على مكامن خللها وسعت نحوى تجاوزها عبر عمليات تطوير مستمرة وما ذلك بالأمر الهين فالعمل والتشمير على السواعد هي عملة التقدم وخلق الإمتياز .1 ولست بمبالغ إن صرحت أن قضية الإدارة العلمية تظل بالنسبة لبلادنا -المغرب- هي القضية الجديرة بكل الإهتمام هذا إذا كانت هناك إرادة صادقة نحو فهم تام لكل تلك التحديات التي تواجه البلاد والتي تفتح سبل وضع الأقدام ع مضمار النهوض وتوفر الطاقة اللازمة للسير على هذا المضمار بخطى واثقة .1 ولعل من المفاهيم القاصرة المنتشرة على كون الإدارة العلمية تشمل فقط عمليات الضبط والربط بالشكل الذي يضمن إنتظام وإستمرار العمل في المؤسسات والشركات في إطار من المحاسبة النزيهة وإحترام الآليات والقوانين المنظمة للعمل بل إن التجارب الناجحة كالتجربة اليابانية نموذجا تؤكد أن الإدارة العلمية لابد لها من الإستناد على قاعدة معرفية صلبة وواسعة تكتمل بإستغلال أفضل لها بتطبيق فنون القيادة الأخلاقية .1 قد يجمع ويتفق الكل على أن النظام والإنضباط والجدية وإحترام القانون في كل مناحي ومشاهد الحياة اليومية هي أبرز تلك المظاهر التي تعكس التقدم والتحضر وقد يختلفون حول ما إذا كان الأمر فطريا أو مكتسبا أومرتبط بالغنى والثروة أما أنا فإني مؤمن أن كل تلك المظاهر ليست وليدة فراغ أو عادة مثوارثة ولعل دليلي في ذلك وهو ليس بالأمر الغريب عنكم أن كثيرا من الحضارات كانت متقدمة فيما مضى وأصبحت الأن عنوانا للا نظام والتخلف وأن هناك جزءا أخرا  من دول قدمت النموذج الحي و سحرت العالم بقدرتها على صنع المعجزات رغم ضعف إمكاناتها ونذرة مواردها بل حتى ضيق رقعتها الجغرافية فكيف كان لها ذلك ؟ الجواب...

OYE !! OYE !! Les compteurs sont remis à Zéro Août03

OYE !! OYE !! Les compteurs sont remis à Zéro...

OYE !!! OYE !!! Citoyennes, citoyens, au bonheur des bonnes nouvelles, une amnistie générale est annoncée par le chef du gouvernement : Les compteurs sont remis à zéro ! Milles excuses, Milles excuses !!!! Cette nouvelle  vous  a été adressée par erreur. OYE !!! OYE!!!  Corrupteurs et corrompus, vos compteurs sont remis à neuf, vos moteurs sont lavés de la flétrissure et de la souillure d’une graisse dont vous vous êtes gavés à outrance sans jamais en être rassasiés. Sommes-nous dans un compte « parodie du conte » des  milles et une nuit où le crieur public annonce les nouvelles extravagantes qui interpellent les citoyens de tout bord, ou bien sommes-nous dans la cour des miracles, la HALKA de chez nous où le prestidigitateur,  si habile dans son art « propre » d’illusionniste,  use de toute sa ruse pour nous enrober  et nous dérober à l’occasion les sous qui titillent encore nos petites bourses. Voilà où nous en sommes, le comble de l’ironie et de la bêtise politico-politicienne « 3AFA  ALLAH  3AMMA SALAF ».  Une amnistie générale pour ceux qui nous ont dépouillés, ceux pour qui les deniers publics se confondaient avec leurs propres comptes bancaires, ceux qui ont contribué à traire les caisses de l’Etat jusqu’au tarissement des sources et des ressources, ceux qui ont participé implicitement et explicitement au surendettement de notre pays, ceux qui sans scrupules s’engraissaient la panse sur le compte des plus démunis et de nous tous, ceux qui remplissaient des comptes en Suisse et ailleurs à travers la fuite de nos capitaux, ceux qui s’offraient avec l’argent des contribuables amassé sans foi ni loi, des maisons secondaires au-delà de nos frontières dans l’espace Schengen et même chez l’oncle Sam, ceux pour qui le trésor public était la caverne d’Ali Baba où ils pouvaient se servir en toute démesure,...

La sexualité doit être libre !...

Like a bird in a tree, la sexualité must be free! Malgré tous les aspects de modernité qu’on pourrait voire évoluer au Maroc, la société marocaine reste profondément attachée à la tradition. Les marocains d’aujourd’hui vivent leur libertés en débit de lois qui les étouffent ou du moins essayent de le faire. Profiter d’une liberté personnelle dans notre société représente une forme de contradiction flagrante entre la réalité de la pratique et le théorique de la morale, qui se manifeste par une hypocrisie sociale dans plusieurs champs de liberté. La sexualité fait généralement partie de ces champs de liberté individuelle que la société marocaine ne reconnait que dans un cadre légal, moral et religieux, le mariage. Le mariage est donc une forme de contrat social qui stipule que deux personnes sont libres de vivre leur sexualité exclusivement dans le cadre de règles bien précises dictées par la société et la famille. Ce cadre est, à l’origine, un gage de préservation des valeurs de la famille, essentielles à toute société. Mais placer cette liberté qui est fortement individuelle exclusivement dans un cadre moral qui concerne un groupe de personnes, en l’occurrence, toute la famille, est en quelque sorte une forme de liberté biaisée. Une liberté identique à celle que l’on pourrait offrir à un oiseau enfermé dans une cage : « tu es libre, mais ne t’avise pas de t’envoler au delà des limites que nous t’avons fixées. » La sexualité d’un individu devient alors l’affaire de toute une famille. En évoquant la tradition, nous pouvons comprendre ce type de raisonnement lequel, un jour, avait peut- être ses raisons d’être. La stabilité de la société était anciennement fondée sur la stabilité de plusieurs familles évoluant au sein de différents groupements ou tribus. Le mariage avait...

Oui, je suis homosexuel, mais pas que…...

Petit, je n’aurais jamais imaginé que ma vie serait ce qu’elle est maintenant. Je n’aurais jamais imaginé que j’aurais à faire des choix et des compromis que personne ne devrait avoir à faire. Je n’ai jamais voulu que mes choix de vie représentent la moindre cause, quelle que soit sa nature. Je suis quelqu’un d’extrêmement individualiste et j’aurais aimé avoir le droit de le rester. Malheureusement, la vie en a voulu autrement. Devant cette situation, le rationaliste que je me targue d’être, sait qu’il n’y peut rien et que la résignation est la seule façon d’avancer, mais l’être humain que je reste, malgré tous mes efforts de distanciation, ressent une amertume et une aigreur indescriptibles. Cette amertume que l’on ressent devant l’aléatoire des choses, cette aigreur qui vous annihile jusqu’à l’envie de vivre. Je suis en colère. Je suis en colère, et c’est triste, mais ceci ne changera rien du tout. Je suis en colère contre le monde entier. Je suis en colère contre moi-même, surtout. Je m’en veux de ne pas avoir quitté le Maroc quand j’en ai eu l’occasion ; je me console en me disant que, à 18 ans, on ne sait pas vraiment prendre les bonnes décisions. Toutefois, l’amertume demeure. Que c’est malheureux de se retrouver réduit à voir les gens vivre leurs vies ! Et, en tant que jeune homosexuel marocain, c’est essentiellement tout ce que je fais. Mes ambitions, mes désirs sont conditionnés par une pléthore de paramètres que je ne peux contrôler. L’arbitraire est si dur à accepter. Devoir jongler entre famille, connaissances, camarades de classe, amis d’enfance, amis récents, amis tout court, voisins, etc. est consumant. Savoir que toutes ces relations humaines, durement bâties et entretenues, peuvent s’écrouler au moindre  »faux-pas » de ma part est dévastateur....